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 Cupidon chapitre 21 - SPN, destiel, pas de spoil

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Tu es une licorne, Harry


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Maeve
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Date d'inscription : 17/08/2012

MessageSujet: Cupidon chapitre 21 - SPN, destiel, pas de spoil   Sam 16 Sep - 20:44

Fandom : Supernatural.

Disclaimer : Rien n'est à moi.

Prompt : "Tout est bien qui finit bien". Et aussi, le prompt du précédent marathon : "Elle peut être terrifiante quand elle veut".

Couples : Destiel, Terry et Carla, et Sam leur ange gardien. Smile

Note : Vuuuu sa taille, on va dire que c'est celui-ci, le dernier chapitre, ahaha. :'D Pas d'épilogue, donc, mais un chapitre bonus à venir! o/

Bonne lecture!!




Cupidon chapitre 21 - Dimanche

.

Oliver s'effondra dans un bruit mat, son revolver lui échappant des doigts. Carla, adossée contre l'autel, tremblait de tous ses membres, son regard sombre foudroyant, plus vivant qu'il ne l'avait jamais été. Ses cheveux noirs étaient sortis de leur voile, ses épaules maculées d'ecchymoses sous forme de doigts; les mains d'Oliver. Les serpentins mauves et or autour d'elle sifflaient dans leur juste colère, indignés, réclamant Terry à cor et à cri.

- Je ne. Deviendrai. Jamais ton épouse. Jamais.

Reprenant lentement son souffle, certainement trop serrée dans sa robe, elle les observa les uns après les autres.

Elle s'était libérée toute seule du sortilège.

Apercevant Gabriel, elle se redressa soudain, manquant tomber. Dean la rattrapa de peu, une main sous son épaule. Sam en profita pour contrôler le pouls d'Oliver.

Il ne respirait plus. Sam n'arrivait pas à en être déçu.

Carla rétrécit soudain ses yeux, braquant son arme sur Gabriel. Dean se recula brusquement, tentant de la calmer :

- Wow wow wow, doucement !

- Où est Terry?

Gabriel rit bêtement, se grattant la nuque d'une main, comme gêné. Sam rétrécit les paupières à sa réaction. Cas finit de les rejoindre, sa main en avant, déjà préparé à soigner carla.

Carla gronda, rauque, furieuse comme un dragon :

- Où. Est. Terry ?

Un sourire illumina le visage d'emprunt de Gabriel, large, pétillant comme celui d'un enfant à Noël. Il pointa la porte d'entrée de l'église du doigt, sautillant sur ses jambes :

- Là. Elle arrive.

La porte s'ouvrit violemment sur une jeune femme à bout de souffle.

- JE M'Y OPPOSE! JE M'Y-

Toutes les têtes se tournèrent vers elle. Terry, débraillée, en chaussons, s'immobilisa brutalement sur le seuil de l'entrée.

Puis, elle éclata en sanglots. Et se mit à courir.

- CARLA !

Carla se laissa glisser sur le sol. Terry se jeta sur elle, et elle la serra dans ses bras de toutes ses forces. Elle pleura avec elle, essoufflée, rassurée, ses serpentins noués autour d'elles deux.

Quand Sam regarda derrière lui, Gabriel avait disparu.

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xxx

La police arriva peu de temps après. Sam, Dean et Cas, reprenant leurs fausses identités d'agents du FBI, plaidèrent la folie soudaine d'Oliver, l'intolérance, et la légitime défense. Ils ne mentirent quasiment pas, excepté pour cacher l'implication de Gabriel. Les ecchymoses toujours sur les épaules de Carla, Cas n'ayant pas eu le temps de la soigner, corroborèrent leur histoire. Le prêtre, choqué mais fixant Cas avec des yeux émerveillés (il devait avoir vu la grâce derrière ses iris lors de son face-à-face avec Oliver...), hocha la tête à tout ce qu'ils racontèrent sans ajouter un mot de plus.

Carla allait pouvoir rentrer avec Terry. Elle serait convoquée au commissariat les jours prochains.

Sam et Dean discutaient à voix basse en observant les jeunes femmes. Elles n'arrivaient plus à se lâcher, murmurant entre elles des mots qui sonnaient doux même à cette distance, les serpentins de Carla dans les cheveux de Terry, gracieux autour de ses épaules, se redressant pour caresser ses yeux humides. La rivière de Terry clignotait or au rythme de son rire, clapotant contre les joues de Carla avec une douceur indicible.

Dean remarqua :

- Dis donc, la Carla, il faut pas l'embêter. Elle peut être terrifiante, quand elle veut.

- On dirait bien, oui.

Sam sourit. Il lui dit :

- Terry m'a raconté que Gabriel avait débarqué chez elle, ayant déjà revêtu son apparence, et avait simplement posé deux doigts sur son front. Quand Terry s'est réveillée, elle a foncé ici.

Dean étudia Sam :

- Est-ce que tu as toujours la Vision du Cupidon - ou plutôt de Gabriel?

Il grimaça. Le sourire de Sam s'élargit :

- Ouip. Terry et Carla sont adorables entre elles, tu verrais !

- Non, merci.

Dean grommela sa réponse, se détournant. Ses particules rosirent, essayant de se cacher à la vue de Sam.

Sam rit.

Cas les rejoignit :

- J'ai un peu parlé avec les policiers. Ils croient notre version... Le prêtre n'a pas arrêté de me regarder pendant que je parlais, par contre.

Dean grogna de nouveau. Sam sourit de toutes ses dents :

- Ca ne m'étonne pas.

Certaines particules de Dean se gonflèrent d'émotion, soleils fiers.

Cas prit alors un air sérieux, attrapant doucement les mains de Dean. Il le fixa dans les yeux, intense.

Les oreilles de Dean foncèrent, mais il ne le repoussa pas. Il serra ses doigts en retour, maladroit :

- ...Cas?

Cas entrouvrit la bouche. Et puis, son regard se plissa, étincelant et bleu, bleu :

- Il avait tort. Oliver. Cet amour n'est pas "contre-nature".

Dean se figea. Son souffle se coupa dans sa gorge avec un bruit audible. Ses particules restèrent suspendues en l'air, un instant parfaitement silencieuses.

Comme Carla et Terry se rapprochaient d'eux, main dans la main, Castiel répéta à leur encontre, plus fort :

- Cet amour n'est pas contre-nature : il est la chose la plus précieuse que je connaisse. Et croyez-moi, mon Père...

Il planta ses yeux dans ceux de Dean :

- Dieu ne pourrait qu'en être fier, de cet amour. Et même si ce n'était pas le cas, je me battrais jusqu'au bout pour qu'il reste possible.

Sam égrena les secondes dans sa tête : trois, deux, un...

Dean se pencha en avant et embrassa Cas, à pleine bouche, devant tout le monde. Terry siffla, joues rouges de joie, criant : "Il était temps!". Carla hocha la tête, satisfaite, son sourire allumant des yeux qu'elle tourna vers Terry avec espièglerie, sa main se resserrant autour de la sienne.

Les policiers clignèrent des paupières, embarrassés mais tolérants, tolérants. Ignorant ses collègues, l'un d'entre eux applaudit et siffla aussi, ses yeux brillants et complices, son sourire étiré d'une joie tremblante. Le prêtre les observait tous avec un regard large qui finit par s'adoucir. Un pli compréhensif se dessina lentement sur ses lèvres, une décision nouvelle allumant ses iris d'un éclat bienveillant.

Sam secoua la tête puis rit, son coeur un tambour heureux.

Gabriel. Est-ce que c'est ce que tu voulais?

La main droite de Dean se perdit dans les cheveux de Cas, ses particules laissant des trainées or dans toute l'église. Cas souleva légèrement Dean pour le rapprocher encore, son gaz lui dessinant des ailes.

Sam se crispa :

- Euh... Il faudrait peut-être vous calmer un peu?

Dean lui adressa un doigt d'honneur sans cesser d'embrasser Cas. Terry et Carla éclatèrent de rire.

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Sam, Dean et Cas, laissèrent par la suite les jeunes femmes éprouvées rentrer chez elles, promettant de les retrouver le lendemain.

Le lendemain, ils se retrouvèrent donc chez Terry et Carla pour manger ensemble.

Dean adressa un rictus goguenard à Terry :

- Dis donc, c'est beaucoup mieux rangé que la dernière fois que je suis venu. Aucune chaussette rose à pois verts qui traîne, cette fois-ci !

Terry lui balança un oreiller dans la figure.

Il se trouvait qu'hors situation dangereuse, et surtout quand Terry était en sécurité, Carla était une jeune femme calme et timide, voire réservée.

Dean la fixa dans les yeux, sincère :

- T'étais une mariée badass.

Carla s'illumina comme un phare. Terry vint passer un bras autour de son épaule, embrassant sa joue. Un serpentin de Carla se noua autour de son poignet.

Quelques minutes auparavant, Carla avait entraîné Sam dans la cuisine pour personnellement le remercier :

- C'est parce que vous m'avez tout raconté. Vous m'avez donné les armes nécessaires pour me défendre, et vous avez cru en moi.

Sam avait secoué la tête, démentant :

- Je n'ai pas fait grand-chose, c'est vous qui avez vaincu le sortilège. Merci à vous. Et à Terry, aussi. Toutes les deux, je pense que vous ne le réalisez pas bien, mais vous avez fait beaucoup, pour nous...

Carla avait hésité, puis avait saisi ses mains :

- Dans ce cas... Même si on m'a appris à me méfier des Chasseurs, on pourra peut-être rester amis?

Sam avait souri, large :

- Avec plaisir. Commençons par nous tutoyer, alors.

Les yeux de Carla s'étaient allumés, comme s'ils n'avaient jamais été frappés par aucun sortilège.

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Cas et Carla avaient beaucoup de points communs. Ils avaient longuement parlé de leurs histoires respectives, des sorciers, et du Paradis. Le dialogue avait tout de suite été aisé, entre les deux.

Dean se tourna vers Sam, ses yeux émerveillés :

- Ils s'entendent bien !

Terry fit de même, une expression similaire sur le visage :

- Géant Vert, ils s'entendent bien !

Sam rit.

Un peu plus tard, il surprit Dean prendre Cas à part :

- Tu me raconteras? Ce qu'a sous-entendu Gabriel avec le Paradis, tu me raconteras?

Cas sourit. Il fit un pas en avant pour embrasser Dean, une fois. Son gaz clignota or de plaisir.

"Pouf!", firent les particules de Dean en sautant, ses bras se resserrant autour de lui avec une douceur indicible.

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Pendant que Terry faisait rire Carla avec des histoires embarrassantes sur Dean et que Dean essayait de se venger en cherchant à la chatouiller, Cas se rapprocha discrètement de Sam :

- Gabriel va finir par te recontacter, à mon avis... Il doit te débarrasser de la Vision. Mais, je pense qu'il ne tentera rien d'autre.

Sam croisa son regard. Il pensait la même chose.

Dean les interpella :

- Venez m'aider ! Tant qu'elle rit pas à pleurer, j'ai pas gagné !

Carla retroussa ses manches à ces mots, un sourire taquin sur son visage. Ses serpentins venaient déjà taquiner les joues de Terry :

- Attends. Moi aussi, je vais t'aider.

- NAOOOONNNNN, c'est pas juuuuuste !

Cas entraîna Sam, et ils les rejoignirent.

Dean gagna. Et puis, quand tout le monde se retourna contre lui pour le chatouiller lui, il perdit, perdit, perdit.

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Gabriel apparut quand Sam se retrouva seul dans la cuisine; il s'était levé pour prendre un verre d'eau - et aussi, pour être honnête, pour s'éloigner un peu des deux couples d'amoureux.

- C'est insupportable, pas vrai? Toutes ces âmes dégoulinantes de miel et ronronnantes d'amour. Elles ne savent pas mentir, elles. Elles dénoncent à chaque fois leur propriétaire. Même le déni de Dean ne fait pas le poids.

Sam se figea, son verre toujours à sa bouche. Il le reposa lentement sur le comptoir, redressant la tête pour apercevoir Gabriel, avec l'apparence qu'il lui connaissait le mieux, debout dans l'embrasure du couloir menant à l'étage.

Gabriel poursuivit :

- Enfin, même si là, je dois dire que Dean m'a impressionné. Je souhaitais qu'il dépasse son déni, mais j'avais quand même de tout petits, petits, petiiiiiits doutes qu'il y arrive.

A "petiiiiiits", il montra son index et son pouce droits à Sam, la distance entre eux très resserrée. Sam se renfrogna, glissant sa main dans sa poche droite, où se trouvait sa Lame d'Ange. Gabriel l'observa, laissa couler son regard vers sa main dans sa poche, puis lui adressa un sourire large en réponse, toutes dents dehors.

Sam soupira, agacé :

- Si Dean te voit, je pense qu'il aura du mal à se retenir de te massacrer.

Gabriel fit "Aaaaw" avec un geste d'apaisement dans sa direction, condescendant à souhait :

- Oh, t'en fais pas pour moi! Je crois bien qu'il est occupé...

Il jeta un coup d'oeil dans le salon, et Sam suivit son regard malgré lui. Dean était assis sur le canapé à côté de Cas, en face de Terry et Carla. Il dévorait Cas des yeux, sa posture rigide comme quand il s'apprêtait à partir au combat. Les paillettes de son aura enveloppaient Cas comme dans une couverture, déposées sur ses épaules, contre ses joues et ses lèvres. Le "Cas" qu'elles murmurèrent en choeur les parcourut tel un soupir, audible depuis le poste d'observation de Sam et de Gabriel, tremblant et tendre et terriblement sincère.

Dean inspira à fond, comme pour se donner du courage. Puis, il saisit la main de Cas dans la sienne. Sur le canapé. A l'abri des regards derrière un coussin.

Les particules éclatèrent de victoire; Cas lui sourit doucement et certaines explosèrent.

Gabriel s'éloigna de l'entrée du salon, son regard blasé :

- Je retire ce que j'ai dit, il m'impressionne pas du tout. Il fait tout ce foin rien que pour lui donner la main ?

Sam rétrécit les paupières, sur la défensive :

- Si tu es là que pour te moquer de Dean, tu ferait bien de simplement récupérer ta Vision et déguerpir.

Gabriel pencha la tête sur le côté, dans un geste qui fit bouger Sam d'un pied sur l'autre tant il lui rappela Cas et le mit mal à l'aise :

- Oh... Toi, tu veux pas me "massacrer", alors?

Sam renifla. Il se pinça l'arète du nez, excédé :

- J'avais oublié combien tu étais énervant, en face à face...

Gabriel haussa les épaules :

- Hé...

Il montra sa propre poitrine du pouce en lui adressant un clin d'oeil, son sourire vulpin et fier et à baffer :

- Trickster !

Sam jura entre ses dents.

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- Alors?

Gabriel bailla puis eut le toupet d'examiner ses ongles avec ennui, ne se donnant même pas la peine de regarder Sam dans les yeux :

- Pourquoi est-ce que le Grand Et Redoutable Sam Winchester ne veut pas me donner une leçon comme il le devrait?

Sam l'observa en fronçant les sourcils, refusant de se laisser provoquer. Gabriel aimait créer le spectacle et attirer l'attention, mais si on voulait entrevoir la vérité, il fallait chercher derrière ses tours de magie et son masque de plaisantin insupportable.

Sam répondit :

- Je n'ai pas dit que je ne voulais pas te donner une leçon : juste que je ne voulais pas aller jusqu'au "massacre".

Gabriel s'immobilisa, consentant enfin à le fixer dans les yeux :

- Aha, très drôle. C'est bien une réponse d'intello, ça...

Sam soupira. Il se passa une main dans les cheveux, son regard déviant sur le côté :

- ...Je crois qu'à ta manière louche et insensible, tu as réellement voulu aider les gens de cette ville.

Gabriel se plaqua une main sur la poitrine, faussement choqué :

- "Insensible", je ne dis pas, mais "louche"? Tu me blesses, Sam, franchement!

Sam le fusilla des yeux. Gabriel eut un geste de recul :

- Ok, Samsagace, j'ai compris : un peu de sérieux...

Il fit mine de réfléchir, et puis :

- Sans blague, Sam ! C'est maintenant que tu le remarques? Ce sortilège était sympa pour torturer les humains, c'est vrai, mais j'ai pas pour habitude de torturer les gens gratuitement. Je suis un trickster donneur de leçons, moi ! J'ai une réputation à défendre !

Sam lui jeta un regard las :

- ...Tu es un ange.

Gabriel le regarda très sérieusement :

- Est-ce que tu sous-entends que tous les anges torturent les gens gratuitement? Parce que si c'est le cas, tu me déçois profondément, Sam, parce que c'est du racisme.

Sam serra les dents. Il avait plus de patience que Dean, mais si Gabriel continuait, il allait réagir violemment.

Sentant probablement son énervement (ou son aura meutrière, au choix), Gabriel soupira. Il se gratta l'arrière du crâne :

- ...Ils valent plus que nous. Ils sont censés valoir plus que nous, les humains. Les préférés de Père. Ils sont censés être meilleurs que les anges.

Sam cligna des paupières. Gabriel releva la tête, et ses yeux étaient durs comme du granit :

- Lors de l'Apocalypse, j'ai choisi le camp des humains, le vôtre. Et j'y ai laissé la vie. Mais cela n'a rien changé : les humains ont survécu au pire, et pourtant, il se déchirent toujours. Ils se permettent de faire croire aux anges, et même à ceux qui les ont défendus, qu'ils valent moins. Et c'est faux. Je sais que c'est faux, qu'ils sont capables de mieux. Mais, j'ai pas supporté. Moi qui me suis sacrifié pour eux, qui ai participé à leur Salut, j'ai pas supporté, de continuer à les voir fomenter des guerres et se tuer les uns les autres. Parce qu'alors, qu'est-ce qui les différencie vraiment des anges? Est-ce que mon sacrifice a été vain? Est-ce que finalement, j'ai choisi le mauvais camp?

Sam écarquilla les yeux. De toutes les raisons pour lesquelles Gabriel avait pu ensorceler cette ville, il n'avait pas imaginé celle-ci; pas imaginé se retrouver face à un ange désillusionné, désespéré de retrouver la foi qu'il avait trouvée en la race humaine pour laquelle il avait tout sacrifié.

Brusquement, il revit Mr Quentin, sur son banc au mariage, répétant des mots qui lui avaient été murmurés par quelqu'un d'autre : "De manière parfaitement inattendue, ils ont survécu. Et ils sont censés valoir plus, et apprendre, et pourtant, ils s'entre-déchirent toujours."

Sam secoua la tête. ll prit la parole, prudemment :

- ...Tu as voulu que les humains te prouvent à nouveau que tu avais choisi le bon camp. Alors, tu as jeté ce sort sur cette ville.

Gabriel lui sourit, et pour la première fois, Sam remarqua combien ce sourire était factice :

- Oui. Je voulais qu'ils me prouvent à nouveau qu'ils valaient mieux, comme le pensait mon Père. Alors, j'ai choisi la ville où les gens s'entendaient le moins, la ville avec le plus de divorces, et j'ai lancé un sort d'amour.

- Mais, je ne comprends pas !

Sam avança d'un pas vers Gabriel, et se retint de l'atteindre. A la place, il serra les poings.

Gabriel l'observait sans un mot, impassible, et les mâchoires de Sam crissèrent :

- Qu'est-ce que tu voulais prouver, avec ce sortilège? Toute la souffrance qu'il a provoquée, tous les couples-

Sam s'interrompit brusquement, ses yeux larges. Qu'avait dit Gabriel à Carla, déjà? A l'église, alors qu'elle luttait contre le sort...?

Tu y es presque, ma grande. Tu y es presque.

Sam plaqua une main contre sa bouche. Il fixa Gabriel, dont les yeux, en l'observant, s'adoucirent étrangement.

Ses lèvres tressautèrent, presque un sourire :

- ...Ah. Tu as compris, on dirait.

Sam entendit des pas dans le salon. Il attendit qu'ils s'estompassent, puis poursuivit à voix basse :

- Tu voulais qu'ils rompent le sortilège seuls, de leur propre volonté. Et c'est aussi pour ça que-

Terry. Terry, qui n'avait pas été touchée par le sortilège. Et Gabriel qui avait utilisé son apparence à l'église, pour pousser Carla à réagir.

...Est-ce que c'était aussi valable pour les autres couples? Est-ce que pour tous les autres couples, il y avait aussi une personne non envoûtée, pour aider la première à se libérer du sort?

Le sourire de Gabriel s'élargit légèrement :

- Je voulais qu'ils se battent pour qui ils aimaient vraiment.

Ses yeux étincelèrent :

- Je voulais, une fois de plus, qu'ils me prouvent leur Libre Arbitre.

Cela expliquait aussi pourquoi les "nouveaux couples", les deux personnes qui s'aimaient de manière artificielle, n'avaient aucune relation physique entre eux. Le but n'avait jamais été de torturer les gens et de détruire leurs relations amoureuses; le but était de pousser des personnes comme Terry et Carla, ou comme Dean et Cas, à reconnaître leurs sentiments et se battre pour ce qui leur était précieux. Le but était de leur faire comprendre que cet amour, ils pouvaient le perdre, et de voir ensuite s'ils allaient décider d'agir. Gabriel avait voulu faire renaître sa foi en l'être humain en le poussant à s'unir plutôt que se détruire.

C'était un pari insensé. C'était cruel. C'était...

Sam redressa la tête :

- C'est totalement tordu.

Gabriel rit.

Vu l'éclat dans ses yeux, son pari, il l'avait gagné.

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- La petite Carla a bien résisté au sortilège, tu sais...

Gabriel venait, tranquillement, de se servir une bière dans le frigidaire. Sam jeta un coup d'oeil au salon, où les deux couples étaient toujours absorbés par leur conversation et par leur partenaire respectif, et, résigné, il s'adossa au comptoir en soupirant.

Gabriel poursuivit comme s'il n'avait pas réagi :

- Le jour où elle est rentrée chez Terry pour prendre ses affaires et vous a croisés, elle a bien failli rompre le sort une bonne fois pour toutes. J'ai dû intervenir.

Sam haussa un sourcil :

- Pourquoi, vu que c'est ce que tu souhaitais ?

Gabriel le regarda comme s'il l'avait déçu, et Sam sentit ses joues chauffer d'indignation. Après quelques secondes de silence, l'archange consentit à répondre :

- Parce que c'était trop tôt. J'avais encore besoin d'elle... C'est la même raison pour laquelle tu as encore la Vision alors que Dean et Cas se sont mis ensemble, d'ailleurs : j'avais besoin que tu l'aies. Non seulement c'est amusant que tu puisses voir leurs âmes se faire des mamours, mais en plus, la Vision t'a permis de continuer à te méfier d'Oliver.

Oliver... Gabriel avait utilisé Sam et Carla envoûtée pour arrêter Oliver.

Sam écarquilla les yeux. Gabriel lui offrit un sourire métallique :

- Les victimes préférées du trickster ont toujours été les salopards.

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- Cela n'explique pas pour moi, tout ça, Gabriel...

Gabriel pencha la tête en arrière, finissant sa bière d'une traite. Sam entendit Dean qui appelait depuis le salon : "Ohé, Sammy! Tu es coincé aux toilettes??"

Gabriel ricana. Il tapota l'épaule de Sam :

- Toi, t'étais un bonus, mon petit Sammy. Comme vous étiez là, je me suis dit que j'allais te pousser à m'aider... et aider les deux autres, aussi. Ils en avaient bien besoin.

Sam se recula, repoussant Gabriel. Il le fixa avec suspicion, un fond de rage dans ses entrailles :

- ...J'ai failli mourir. Ta "Vision" a failli me tuer.

Gabriel cligna des yeux, impassible :

- Non.

Laissant échapper sa colère, Sam agrippa son col, ses yeux plissés dangereusement :

- J'ai failli mourir... Et l'état de Dean, Gabriel. Ta satanée "Vision" a causé beaucoup de tort.

Les iris de Gabriel se glacèrent :

- Et l'état de Castiel, l'as-tu vu?

Sam resta bouche bée. Il ne lutta pas quand Gabriel se dégagea de sa prise, son coeur figé dans sa poitrine.

Gabriel le fixa, sévère :

- C'est le déni de Dean qui a causé du tort, pas la Vision... Quant à toi, tu ne serais pas mort.

Sam ouvrit des yeux incrédules :

- Je peux t'assurer que-

- Non.

La voix de Dean retentit de nouveau depuis le salon : "Sammy?"

Les pupilles de Gabriel étincelèrent :

- Si on peut croire en Dean Winchester pour une chose, c'est qu'il fera tout pour sauver son petit frère.

- Quand il a "tout fait" pour me sauver, ça n'a pas marché.

- Parce que, idiot, j'ai pas fait ça pour vous !

Ce fut au tour de Gabriel de saisir son col, et Sam se retrouva plaqué contre le comptoir. Les iris de Gabriel brillaient d'un éclat dangereux :

- Toi et ton frère, vous n'êtes pas le centre du monde. Je t'ai donné la Vision pour m'aider et aider Dean et Castiel, mais je n'ai pas fait ça pour toi et Dean. Il reste qui, à ton avis, crétin?

Cas...

Castiel.

Sam étudia le visage de Gabriel. Le chasseur se dégonfla, la colère quittant son corps, une excuse au bord des lèvres.

Gabriel s'éloigna, dégoûté de sa réaction :

- Tu as vu ce qu'il a de plus que moi, non?

Une âme. Cas avait une âme, là où l'espace autour de Gabriel restait désespérément vide.

Gabriel sourit, sans aucune amertume. Ses pupilles brillèrent même de fierté :

- Un ange qui s'est construit sa propre âme... et il ne le réalise même pas. Il croit qu'il ne fait aucune différence, alors qu'il a déjà réécrit l'Histoire et montré aux anges ce qu'était le Libre Arbitre... Quel imbécile.

Gabriel passa une main sur son visage avec un rire sourd, et Sam réalisa avec stupeur la véritable affection pour Cas qui l'animait, si semblable à celle qu'il éprouvait pour son propre frère.

Son frère...

Gabriel riva son regard sur le sien, intense et fervent :

- Un être tel que Castiel est précieux et mérite de passer au premier plan pour une personne et d'être choisi pour qui il est. Il le mérite. Donc, non : l'embrasser juste pour te sauver n'a pas marché. Mais le choisir et le chérir pour qui il est, oui.

L'air de Sam se bloqua dans sa gorge. Gabriel lui sourit, large et heureux :

- Dean a intérêt à prendre soin de mon petit frère, Sam Winchester. C'est moi qui te le dis.

Et puis l'ange tendit la main, et la Vision quitta Sam. Sam poussa un cri.

- SAMMY !

Dean déboula dans la cuisine, suivi de près par Castiel. Terry et Carla observaient la scène, protégées derrière eux.

Les yeux de Dean se rétrécirent aussitôt. Il sortit sa Lame :

- Toiiii...

- Non Dean, non !

Cas empêcha Dean d'avancer, ignorant le regard incrédule du chasseur. Il se tourna vers Gabriel, dont les pupilles pétillèrent en l'étudiant :

- Gabriel.

- Bonjour, petit frère...

Les prunelles de Cas s'arrondirent. Si Sam avait toujours eu la Vision et si Gabriel avait eu une âme, il pensa qu'elle aurait été enveloppée avec affection autour de Castiel.

Le sourire de Gabriel s'élargit encore :

- Tu as l'air heureux. C'est bien. Même si je ne sais pas ce que tu lui trouves.

Dean piqua un fard :

- Je vais te-

Cas posa une main sur son épaule et il s'interrompit, contrit. Cas enlaça leurs doigts et regarda Gabriel presque avec timidité, comme pour avoir son approbation. Gabriel ferma les paupières, doux. Il haussa les épaules et se détourna :

- Aaaahh... Tout est bien qui finit bien. Je suppose.

Sam l'arrêta d'un geste :

- Attends.

Gabriel s'immobilisa. Sam le fixa :

- Tu ne nous as toujours pas dit comment tu t'en es sorti...

Gabriel rit. Il se rapprocha de Sam, comme pour lui dire un secret :

- Tu veux savoir à quoi elle ressemble, ton âme, Sammy? C'est un oiseau. Un petit aigle sur ton épaule au plumage bleu profond et à l'oeil perçant, qui veille sur sa famille.

Sam vit la distraction pour ce qu'elle était, mais ne put s'en empêcher :

- Dean a des abeilles, et moi j'ai un aigle?

Dean s'étouffa.

Gabriel adressa un clin d'oeil à Sam.

Dans un battement d'aile, il disparut.

XXX

XXX

FIN - bonus à venir!!


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