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 La fin de chaque histoire

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Normal people scares me


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Swato
Messages : 1015
Date d'inscription : 08/08/2013

MessageSujet: La fin de chaque histoire   Sam 18 Aoû - 23:22

Fandom: Original
Prompt: Est-ce que tu me crois, maintenant ?
Note: L'histoire est un peu compliquée à expliquer alors lâchement: je laisse tomber mdrrr cette histoire peut être lues séparément du reste donc...
Juste: Ottawa est un oiseau, elle appartient à Moineau Smile





La fin de chaque histoire





Ottawa sautilla sur le haut de son crâne, passant d'une patte à l'autre, intenable. Moineau n'en menait pas large, s'il avait pu se comporter de cette manière sans avoir l'air d'un gars avec la vessie sur le point d'exploser, il aurait fait la même chose. Tout était vrai. La moindre histoire, chaque vie. Moineau fixa la porte blanche sans oser toquer. Depuis le début, il avait écouté Siam avec une distance causée par son scepticisme, il l'avait pris pour un affabulateur, un mythomane pathologique. Les joues de Moineau s'enflammèrent de honte. Quelques uns de se commentaires avaient été incroyablement condescendants, c'était humiliant à la lumière de ce qu'il avait appris. Avec un soupir, Moineau fit rapper ses articulations contre la porte.

Entrez !

Moineau poussa le battant, Ottawa prit son envol... et se posa sur la tête de Siam. La tête rentrée dans les épaules avec étonnement, ce dernier cessa de bouger pour ne pas déranger la moinelle sur son crâne et lança un sourire abasourdi à Moineau.


Bonjour, l'ami, sourit-il.
Ottawa, sérieusement..., grogna Moineau.
Ah, ce n'est rien. Je ne suis juste pas habitué à ce qu'on me prenne pour perchoir, rit Siam.

Chip chip chip. Ottawa donna un coup de bec dans sa direction, Moineau leva les yeux au ciel et alla s'asseoir sur le fauteuil que Siam occupait dans ses bons jours. Aujourd'hui n'était apparemment pas un bon jour. Les lunettes nasales étaient de retour et un sifflement aiguë résonnait dans ses poumons, ses lèvres étaient sèches et craquelées, son teint pâle faisait ressortir le violet de ses cernes prononcées. Siam haussa un sourcils en le regardant du coin de l’œil :
Tu penses que je peux tourner la tête sans la déranger ?

Moineau haussa une épaule :
Si elle perd l'équilibre, elle s'envolera, voilà tout.
Mais je ne veux pas qu'elle s'envole..., se plaignit Siam.

Il se tint donc immobile, Ottawa en profita pour arranger ses cheveux comme elle le voulait avec son bec avant de se tapir contre comme s'il s'agissait d'un nid. Moineau croisa les bras, dérouté par son propre familier.
Je pense que raconter quoi que ce soit va être très compliqué aujourd'hui, plaisanta Siam.
Vous pouvez respirer, vous savez, sourit Moineau.

Les épaules de Siam se redressèrent lorsqu'il prit une inspiration, Ottawa se tassa un peu plus dans ses cheveux jusqu'à ce qu'il relâche son souffle. Moineau se mordit l'intérieur de la joue et s'enfonça un peu plus dans le fauteuil. Quelques fois, les réactions de Siam étaient désarmantes.
Est-ce qu'elle prend tes cheveux pour son perchoir très souvent ? Lui demanda Siam.
Presque tout le temps. Elle est en hauteur et elle peut voir tout ce qui se passe sans avoir à s'accrocher.
C'est adorable. Je n'ai jamais eut d'animaux de compagnie...
Vous viviez avec des loups, lui rappela Moineau.
Des moitiés de loups, rétorqua Siam avec un sourire.

Siam leva les yeux, conscient de la présence d'Ottawa. Difficile de se dire que cet homme avait vécu à l'ère des Vikings, avait traversé de multiples vies, était mort de façons atroces. Plusieurs fois.
Est-ce que vous avez eut au moins une bonne vie ? De toutes celles que vous avez vécu... Toutes celles que vous m'avez raconté finissent mal.
Ce n'est pas parce qu'elles se sont mal terminées qu'elles étaient nécessairement mauvaises... Dans chacune d'entre elles, je me souviens de moments où j'étais heureux, même si ça ne compensait jamais totalement les moments de tristesse.
Vous revivriez toutes vos vies si c'était à refaire ? S'étonna Moineau.
Chacune d'entre elles, affirma Siam avec force de conviction.

Siam était sérieux. Il pensait sincèrement que les petits bonheurs valaient le coup, même s'ils croulaient sous les grands instants de tristesses. Moineau comprit mieux pourquoi Lion s'évertuait à les ramener, c'était une terrible injustice. Siam fronça soudainement les sourcils et pencha légèrement la tête sur le coté avant de se souvenir qu'Ottawa s'y trouvait et de s'arrêter.
C'est drôle...
Quoi ?
Je ne sais pas, quelque chose a changé chez toi, répondit Siam, intrigué.

Moineau baissa les yeux sur son propre corps. Sa chemise était la même, sa veste aussi, l'écharpe rouge pendait toujours à sa ceinture et il supposait que ce satanée maquillage rouge était toujours bien en place sur ses paupières. Distraitement, Siam lissa les plis des couvertures sur ses genoux et joua avec le tuyau sous son nez.
Je pense... Est-ce que tu me crois, maintenant ?
Pardon ? S'étouffa Moineau, interloqué.
Je ne sais pas, répéta Siam. Tu as l'air moins suspicieux, plus ouvert d'esprit...

Était-il si transparent ? Moineau grommela dans sa barbe inexistante et releva le menton pour défier Siam de se moquer de lui. Ce dernier n'en fit rien, un sourire radieux étira ses lèvres, il joignit les mains sur ses genoux et serra si fort que ses articulations blanchirent.
Tu me crois, souffla Siam doucement.
Peut-être, marmonna-t-il.

Les doigts de Siam se serrèrent encore plus fort, il inclina le menton légèrement et une mèche de cheveux retomba en travers de son front, dissimulant ses yeux. Dans la poche de Moineau, le morceau d'Âme lui chauffa la cuisse et une vague d'allégresse se réverbéra contre sa peau à travers le tissus.
Alors il est temps que je reprenne le cours de mes histoires, décida Siam.
Est-ce que celle-ci se termine bien ?
Je te laisse en juger par toi-même, sourit-il.

Sur son fauteuil, Moineau campa fermement ses pieds sur le carrelage, s'accouda à ses genoux et posa ses joues au creux de ses paumes, attentif. Siam s'appuya contre ses oreillers avec précaution, ferma brièvement les paupières et commença :
Je suis né en 1919 dans un orphelinat au sud de la Norvège, dans un comté qu'on appelle Telemark, un endroit où la population n'est pas très nombreuse à cause de son paysage vallonné et très accidenté. D'ailleurs, ce n'était pas tant un orphelinat qu'un rassemblement de jeunes enfants abandonnés, vraiment. Nous vivions chez les Pettersen, un couple aisé. La maîtresse de maison était stérile, une tragédie pour elle qui n'avait eut d'autre ambition dans la vie que de se composer sa propre famille, ce que nous étions devenus par procuration. Maud Pettersen était une femme triste mais très gentille, elle nous a élevé comme si nous étions ses propres enfants, nous étions dix : Hilde, Sebastien, Torunn, Freya, Elias, Ida, Nora, Mathias, Sigrid et moi. Six filles et quatre garçons de un ans à quatorze ans. Entre nos jeux d'enfants, les corvées et nos devoirs, nous étions tous très occupés, nous n'avions pas le temps de nous ennuyer, il y avait toujours quelque chose à faire et c'est dans cette ambiance chargée mais joviale que j'ai passé mon enfance.
Heureuse jusqu'ici, apprécia Moineau.
Vraiment très heureuse, renchérit Siam. Monsieur Pettersen nous considérait plus comme ses aides que comme ses enfants mais il n'était pas souvent à la maison, il travaillait beaucoup, partait tôt le matin et rentrait tard le soir. En fait, nous avions beaucoup plus d'interactions avec le boulanger de la ville qu'avec lui, c'est pour dire. Nos chambres d'enfants étaient déjà pleines à craquer, nous dormions les uns sur les autres mais nous étions loin de nous plaindre. L'année 1930 a marqué un nouveau tournant chez les Pettersen. J'allais sur mes onze ans, je me souviens que Maud nous avait ordonné de vite filer dans nos chambres, ce qui nous avait tous mis la puce à l'oreille. Les plus petits avaient obéis de peur de se faire gronder et Elias, notre aîné, avait décidé de les surveiller tandis que mes deux grandes sœurs adoptives espionnaient les grands du haut de la cage d'escalier. Curieux, je m'étais glissé sur la marche entre elles deux pour écouter. Freya avait posé l'index sur sa bouche pour me dire de me taire mais elle ne m'avait pas renvoyé dans ma chambre. Nous nous sommes blottis les uns contre les autres dix minutes de plus sans que rien ne se produise. Maud discutait en chuchotant avec Monsieur Pettersen, ils se disputaient, ils n'étaient pas d'accord. « Nous ne pouvons plus, il n'y a plus de place ! » a râlé notre bienfaiteur en faisant les cents pas devant sa femme. Puis quelqu'un a toqué à la porte et Maud s'est précipitée pour ouvrir. Deux personnes ont été invité à entrer et avec Freya et Torunn, nous nous sommes dévissés le cou pour mieux voir ce qui se passait. « Vous êtes là ! J'ai eut peur qu'ils vous aient eut... » a soupiré Maud, soulagée. Il s'agissait de deux femmes. De notre poste, nous avons presque failli manquer la troisième présence qui se tenait entre elles. En le voyant, Maud a souri et s'est agenouillée devant le petit garçon qui accompagnait les deux femmes « Bonjour, je m'appelle Madame Pettersen mais tu peux m'appeler Maud si tu veux. Est-ce que tu as faim ? ». A coté de moi, Torunn sautillait comme une puce « Un nouveau frère ? » a-t-elle chuchotée, tout excitée. Freya a grogné sourdement à mon oreille « Une nouvelle bouche à nourrir et un peu moins de place pour dormir la nuit... ». Je leur ai fais chhhhhuuuut. Parce qu'en bas, les adultes s'étaient tus en nous entendant. Maud a secoué la tête entre exaspération et tendresse en apercevant nos museaux à la rampe d'escalier « Bande de petits curieux, filez dans vos chambre tout de suite ! ». Comme nous avions été repéré, il ne nous a resté qu'une chose à faire : nous avons pris nos jambes à notre cou et nous avons rejoins nos chambres en quatrième vitesse, en gloussant et en nous poussant dans les couloirs.
C'est la première fois que vous aviez des frères et sœurs, lui dit remarquer Moineau.
C'est vrai, c'est étrange. J'avais toujours été fils unique ou orphelin, jamais un enfant parmi tant d'autres. Et je peux dire pour avoir vécu les deux que vivre entourés d'une multitudes de frères et sœurs... C'est ce que j'ai préféré, sourit Siam. Cette même nuit, alors que j'étais sur le point de m'endormir, j'ai entendu Maud chuchoter dans le couloir, la porte de notre chambre s'est entrouverte et elle est entrée en guidant gentiment le garçon d'une main sur l'épaule. Nous dormions tous les dix dans la même pièce.
Tous ? S'exclama Moineau.
Tous, confirma Siam. Hilde et Sebastian, les faux jumeaux de un ans, dormaient dans leurs berceaux ; Torunn, Freya et Ida partageait un lit ; Nora, Sigrid et Elias dormaient dans l'autre et Mathias et moi dormions dans le dernier. C'est vers notre lit que Maud a poussé le nouvel arrivé. A ce moment-là, je n'ai pas su s'il était petit où s'il s'efforçait de prendre le moins de place possible sur le matelas. Il s'est recroquevillé sous les couvertures, a évité la main de Maud lorsqu'elle a voulu lui caresser les cheveux et n'a plus bougé. Le lendemain, à mon réveil, la place à ma gauche était vide, si bien que je me suis demandé si j'avais tout rêvé. Ce n'est qu'en descendant et en le voyant attablé avec ceux qui étaient réveillés que j'ai eut la confirmation que ce n'était pas un rêve. Maud a attendu que nous soyons tous à table pour tenter de poser une main sur l'épaule du garçon mais ce dernier s'est dégagé en fusillant son bol de lait chaud du regard. Notre mère adoptive ne s'est pas vexée pour autant, elle a souri et nous a dit « Je vous présente Aksel, il nous vient d'un peu plus loin au sud et il va rester avec nous à partir d'aujourd'hui. Soyez gentil et ne le bousculez pas trop, d'accord ? », ce à quoi nous avons tous acquiescé. Maud a fait un tour de table pour citer nos prénoms à Aksel, ça devait faire beaucoup pour un gamin, de recevoir dix prénoms d'un seul coup de cette manière.
Et quel était votre prénom dans cette vie ? L'interrogea Moineau.
Jintana, sourit Siam. Tout le monde m'appelait Jin.
Et vous ne sous souveniez de rien, supposa-t-il.
Non, pas du tout. J'étais juste un gamin insouciant, comme mes frères et sœurs.

Ottawa se réveilla de sa sieste, étira ses ailes et se redressa sur la tête de Siam. Chip chip chip. Elle s'envola et revint se percher sur l'épaule de Moineau. Siam eut l'air déçu qu'elle soit partie.

Notre nouveau frère n'était pas causant, en fait il n'a adressé la parole à personne et il semblait déterminé à ne pas se mêler à nous, même à Ida et Sigrid qui avaient sensiblement le même âge que lui. Sept, huit ans. C'était un petit bonhomme aux cheveux sombres et aux yeux bleus, tout maigre, aussi discret qu'une souris. Maud lui a confié quelques corvées pour le faire participer à la vie de famille, des choses simples comme mettre la table, faire la vaisselle, ranger la chambre... Puis quand mettre la main à la patte ne lui a pas fait desserrer les lèvres, elle a essayé de l'amadouer avec des douceurs, des gâteaux, des bonbons... Mais rien. Notre fratrie était soudée depuis quelques années, le petit nouveau bouleversait nos habitudes avec son comportement particulier. « Peut-être qu'il est sourd » a émit Ida. « Ou alors muet » a renchéri Sigrid. « Ou peut-être bien les deux » s'est moquée Freya. Leurs suppositions ne me paraissaient pas si stupides que ça. Peut-être bien qu'Aksel ne pouvait ni parler, ni entendre. Toujours est-il que les plus grands se sont désintéressés très vites et que les plus petits l'ont exclus sans vraiment s'en rendre compte.
Et que faisiez-vous ? Dans quelle catégorie étiez-vous ?

Siam se mordit pensivement les lèvres et grimaça lorsqu'il écorcha une gerçure, il haussa une épaule.
J'aurais aimer dire que je ne faisais parti d'aucune catégorie mais j'avais mes propres tâches et mes propres jeux, je ne l'ai pas mis de coté consciemment mais... je ne lui ai pas accordé l'attention qu'un frère aurait mérité. Ça faisait un mois que nous vivions sous le même toit sans nous côtoyer vraiment quand notre dynamique a évolué. Une nuit, j'avais mis plus de temps à monter me coucher parce que je n'avais pas sommeil et Aksel avait pris ma place au milieu du lit, je me suis allongé à gauche sans y penser à deux fois, j'ai fermé les paupières et je me suis endormi. Un bruit m'a réveillé au beau milieu de la nuit. Nora et Elias ronflaient dans leurs lits respectifs, ça ne pouvait être que ça alors j'ai refermé les yeux pour me rendormir quand je l'ai entendu une seconde fois. Quelqu'un était en train de pleurer et ce n'était pas les bébés jumeaux. En clignant des yeux pour éloigner le sommeil qui me collait les paupières, je me suis tourné sur le coté et...

Avec un petit soupir, Siam releva les yeux vers Moineau et hocha la tête.
C'était Aksel. Il était silencieux, il essayait de faire le moins de bruit possible et s'il n'avait pas été à coté de moi, je ne l'aurais pas entendu. C'était horrible, de le voir pleurer et de ne pas savoir quoi faire. Je suis très mauvais pour consoler les gens alors je me suis mis à paniquer « Non, non, non, ne pleure pas » lui ai-je murmuré. Est-ce que je devais lui tapoter l'épaule ? Aller chercher Maud ? Lui parler ? « Tout va bien, ne pleure pas... Tu as fait un cauchemar ? Tu veux que j'aille chercher Maud ? ». Aksel m'a dévisagé avec des yeux ronds, il avait l'air aussi paniqué que moi à l'idée d'avoir été surpris en train de pleurer. Mes chuchotis frénétiques ont réveillé Mathias qui s'est redressé sur un coude en grognant « Pourquoi vous faites du boucan, est-ce que... Oh, il pleure comme un bébé » a-t-il raillé.
Quel con, marmonna Moineau.
Mathias, quatre ans, soupira Siam en levant les yeux au ciel. Je lui ai donné une pichenette sur le front pour le faire taire « Retourne dormir au lieu de dire des bêtises » lui ai-je murmuré. Mathias a boudé, m'a tiré la langue et nous a tourné le dos en grommelant le mot « bébé ». J'ai soupiré et j'ai souri à Aksel pour le rassurer « C'est rien, on peut pleurer quand on est triste, c'est normal ». Et comme il pleurait encore en silence, j'ai tiré sur mes manches longues pour effacer ses larmes avec. « Est-ce que tu veux que j'aille chercher Maud ? » lui ai-je répété doucement. Aksel a secoué la tête. C'était la première réponse directe depuis son arrivée chez les Pettersen mais j'étais tellement fatigué que je l'ai à peine remarqué. Il a pleuré encore un peu et encore une fois, j'ai ressuyé ses joues avec mes manches jusqu'à ce que les larmes arrêtent de couler. Puis on est resté éveillé en silence. J'ai piqué du nez une seconde avant de rouvrir les yeux. Il me regardait toujours avec les sourcils froncés. Je lui ai suggéré de fermer les paupières et de dormir mais je ne sais pas s'il a suivi mon conseil, je me suis endormi pour de bon pas longtemps après. Le lendemain, au petit-déjeuné, j'ai décidé de faire mes corvées le matin pour pouvoir passer l'après-midi à fabriquer mes appâts de pêche à la mouche, mes bijoux de l'époque.
Pas de bracelets, ni de colliers ?
Quand j'étais petit, je passais mon temps à voler les perles colorés de Freya, répondit malicieusement Siam. Mais en grandissant, mes activités de filles ne faisaient pas l'unanimité et j'ai cédé quand Monsieur Pettersen a déclaré que les garçons allaient à la pêche pendant que les filles enfilaient des perles. Je détestais pêcher mais la fabrication d'appâts... C'était autre chose. Et là, il ne pouvait pas se plaindre que c'était une activité de filles. Je m'étais donc décidé à passer mon après-midi dehors, avec mes outils, je me suis dépêché de finir mes corvées et de manger pour pouvoir filer dehors et être tranquille. Et à mi-chemin vers la porte, une main a agrippé mon bras. Pressé de sortir mais poli, je me suis retourné pour voir qui voulait me parler et je me suis retrouvé face à Aksel. Il m'a relâché le bras et il a penché la tête sur le coté en m'examinant de la tête aux pieds, comme si j'étais celui qui l'avait arrêté en plein élan. « Je n'ai pas le temps de jouer, je sors » lui ai-je annoncé gentiment. Aksel a froncé les sourcils et a regardé ma boite à outils, une petite caisse en bois que m'avait offert Maud à mon anniversaire. Ma main s'est resserrée dessus, je lui ai dis que j'allais fabriquer des appâts et puis mû d'une brusque impulsion je lui ai demandé s'il voulait venir avec moi. Les yeux de Aksel ont fait un allé-retour entre moi et la caisse en bois avant qu'il ne hoche la tête avec incertitude. Nous sommes allés près de la rivière où Elias pêchait parfois avec mes appâts, Aksel a enlevé ses chaussures et a mis ses pieds dans l'eau tandis que je le surveillais du coin de l’œil. J'ai posé mes affaires sur une grosse pierre plate pas loin de lui et je me suis mis au travail. Il m'a regardé faire longtemps, ça devait être ennuyeux. « Tu veux essayer d'en faire un ? » lui ai-je proposé. Aksel a secoué fermement la tête et a fait tourner les deux appâts que je venais de terminer précautionneusement entre ses doigts. J'avais déjà mis un bouchon de liège au bout des crochets pour éviter qu'il ne se fasse mal, le premier était bleu et l'autre rouge, ils n'étaient pas fait pour la pêche, ils étaient purement décoratifs. « Tu les aimes bien ? » lui ai-je demandé timidement. Aksel a acquiescé en reposant le rouge doucement sur la pierre plate. Un oiseau a poussé un cri strident derrière moi et j'ai détourné la tête une seconde, ça lui a sûrement suffit pour empocher l'appât avec les plumes bleus. J'ai fait semblant de rien, j'avais déjà pleins d'appâts à la maison et s'il l'aimait bien, ça me plaisait qu'il le garde.

Moineau cligna des yeux et pencha la tête sur le coté, un soupçon le fit sourire :
Est-ce que c'était Grim ?
Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Demanda Siam curieusement.
Cette manie de toujours voler les choses que vous fabriquez, répondit Moineau.
C'est vrai qu'il avait cette fâcheuse habitude, admit-il.

Un silence se prolongea. Chip chip chip.
Vous n'avez pas répondu à la question, dit Moineau.
Non, c'est vrai, sourit Siam.


Un autre silence.
Nous sommes rentrés à la maison en...
Ah ah ! Le coupa Moineau. Sérieusement ? Vous n'allez pas répondre ?

Siam lui adressa un grand sourire espiègle, remit correctement le tuyau derrière son oreille et haussa une épaule l'air de dire « qui sait ! ». Moineau souffla, amusé par son audace malgré lui.
Nous sommes rentrés à la maison en début de soirée, reprit Siam. Maud avait eut la peur de sa vie, je n'avais pas pensé à la prévenir qu'Aksel me suivait, elle avait passé l'après-midi à le chercher et à courir le village en pensant qu'il avait fugué. Lorsque nous sommes revenus, elle était partagée entre nous passer un savon et nous serrer dans ses bras, elle a fait les deux.





A suivre...

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