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 Belulu - Eclats entrechoquants - Chapitre 3

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Ohana signifie famille. Famille signifie que personne ne doit être abandonné, ni oublié


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Yuuki
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MessageSujet: Belulu - Eclats entrechoquants - Chapitre 3   Sam 16 Déc - 20:40

Je savais pas s’il était prêt à m’accueillir, à vrai dire, je m’en foutais un peu, je me foutrais sur le canapé, qui à mon souvenir avait l’air bien confortable, et s’il appelait la police, je… Ouais là j’étais dans la merde en fait.
Au pire je lui dirais que je lui ferais autant de gâteries qu’il voudrait tant que je restais vers lui. Il payerait rien, je suis sûr que ça lui plairait, parce qu’il avait l’air d’avoir bien aimé nos derniers ébats.

Toujours est-il que j’avais ma veste, une tenue pas si courte, mais un peu, mon sac rempli de pas grand-chose, et mes couilles. Je dis mes couilles, parce que j’étais capable de l’affronter sans aucune peur.
En vrai le seul truc qui me ferait vraiment chier ça restait mon taux de liberté. Mais j’avais un plan. Je saurais m’en sortir. Je resterais pas tant de temps que ça.

Il pourrait pas faire son connard et me foutre la laisse au cou.
J’arrivais donc devant sa baraque, sa gigantesque, énormissime, beaucoup trop énorme baraque. Je sonnais, parce que de toute évidence, c’était le seul moyen qu’il me remarque, vu que sinon je restais planté devant un portail.
Je songeais un instant au fait que s’il ne m’ouvrait pas le portail, j’étais toujours dans le pétrin, mais au pire, je pratiquerais un autre sport que des parties de jambes en l’air et je rentrerais par effraction.
A cette pensée, s’ajouta l’idée qu’il y ait des alarmes, des caméras, des chiens, et je fis la moue. Putain, Lucifer, tu as vraiment pas bien réfléchi à ton plan. T’aurais pu attendre qu’il réponde quelque chose avant de raccrocher.

Mais non, je sais pas, sous la précipitation, l’envie de donner un effet de surprise, j’avais raccroché après avoir annoncé que je venais.

Pis merde, c’est lui qui m’avait filé sa carte, il avait plutôt intérêt à m’accueillir chez lui, et me traiter comme le prince que je rêvais d’être !
Alors que j’étais plongé dans ce bordel de pensée, je vis la porte s’ouvrir. J’avais entendu aucune voix, pourtant y avait la possibilité de parler via l’interphone du portail. Mais je savais qu’il y avait aussi une caméra. J’imaginais que quelqu’un m’avait vu et m’avait ouvert.
Sympa.

Je me demandais juste si c’était un de ses domestiques, ou lui.
J’avançais sur le long chemin. Au fond c’était assez facile de se diriger vers l’entrée, c’était tout droit et point barre. Les architectes des grosses maisons s’ennuyaient pas trop au fond, niveau extérieur. Je suis sûr qu’ils faisaient tout pour que l’allée soit bien dégagée histoire que les badauds passant devant, puissent baver en voulant être dans cette maison de rêve.

Moi je m’en foutais toujours. Ou presque. Le côté friqué m’intéressait.
J’arrivais devant la porte immense de la maison immense. Porte qui s’ouvrit à mon arrivé, et je pus apercevoir non pas un domestique mais bel et bien Bélial.
Il m’attendait, apparemment.
Je savais pas trop quoi en penser. Il avait tellement envie de me voir ? Je voyais pas trop pourquoi. Pour moi, la seule chose qui pouvait l’intéresser que je pouvais avoir, c’était mon joli cul.

- Je suppose que ça veut dire que tu as de la place dans ton lit, et dans ton placard.

Il me souriait comme il m’avait déjà souri la dernière fois, avec cet éclat de malice dans les yeux. J’étais sûr et certain que c’était de la malice. Mais ce n’était pas de la malice malsaine comme mon connard de mac. C’était autre chose.
Quelque chose dont je n’avais pas l’habitude.

- Entre donc. On va aller poser tes affaires. Me fit-il en guise de réponse
- Et s’enquiller dans un coin ? répondis-je, un sourire narquois sur les lèvres.

Il secoua la tête, et je fus quand même surpris. J’étais persuadé quand même qu’il me voulait surtout pour mes fesses, mais si c’était le cas, il aurait voulu qu’on baise sur l’instant.
Et pas là.
Ou alors c’était la politesse du riche. Ça pouvait aussi. Dans tous les cas, je le suivis dans la maison.

Je reconnaissais vaguement les couloirs dans lequel il m’avait déjà emmené. C’était toujours aussi propre, brillant, avec des peintures sur les murs.
Sans le vouloir, j’oubliais un instant où je me trouvais, pour m’arrêter devant une, appréciant la vue.
Il y avait une chose que je ne disais à personne, et que même mon père ne savait pas. J’adorais l’art. Mais une pute ne profitait pas des musées, et ne devenait pas le futur Picasso.
Sauf que là, la maison était tellement grande qu’il y avait des coins dignes de musées, avec des œuvres d’arts hyper classes.

Comme celle-là. Avec cet homme, devant des nuages. La peinture semblait un peu pressée, pas hyper précise, même si le dessin en lui-même avait des anatomies bien respectées.
Je connaissais cette peinture, je savais comment elle s’appelait.

- Tu aimes cette peinture ? me sortit Bélial, alors que j’avais oublié son existence
- Hein ? Ah, ouais. Répondis-je comme si elle n’avait pas tant d’intérêt à mes yeux
- Elle se nomme « L’homme qui contemplait la mer de nuages ». Tu le savais ?
- Nan, mentis-je, en tournant le dos à la peinture, pour faire comme si on pouvait repartir

Je vis Bélial recommencer à sourire, comme il en avait l’habitude, et enfonçait ma tête dans ma maigre écharpe. C’était une écharpe que j’avais récupéré vite fait d’un client qui l’avait oublié. Elle avait pué son odeur pendant un temps, mais au moins, ça me tenait un peu plus chaud. Je l’avais pas encore enlevé en entrant, vu qu’apparemment je pourrais poser mes affaires ailleurs.
Finalement, nous arrivâmes devant une pièce. C’était pas sa chambre de sûr. Mais quand il l’ouvrit, ça restait une chambre.
Et je mis pas longtemps à comprendre que ça serait ma chambre. Moi qui pensais qu’il préférerait me garder dans son lit et pas m’en enlever.

- Je couche pas avec toi ?
- Oh si, sûrement, mais il te faut bien un endroit à toi pour poser tes affaires, non ? me répliqua-t-il tout sourire

Je pouvais surnommer ce mec « monsieur sourire », parce que j’avais l’impression qu’il s’arrêtait jamais. En un sens, c’était presque effrayant. Qui sait ce qui pouvait se cacher derrière tout cet amoncellement de joie ?

Je finis par répliquer un « ouais », et me rentrais finalement dans la chambre. Là, j’ouvris le placard, qui s’avérait être en fait un dressing. Mais l’endroit entier était vide. Je me demandais un instant si quelqu’un avait déjà posé ses affaires ici. Si Bélial accueillait souvent les gens comme ça. S’il était comme mon père, a récupérer toutes les âmes perdues pour les garder sous ses ailes.
Si comme mon père, Bélial finissait par en oublier les éléments les plus importants à ses côtés. Si comme mon père, il finirait par m’oublier, par ne plus faire attention à moi, par m’assurer que si si il était là, alors qu’il en avait plus rien à foutre…

- Lucifer ? m’interpella la voix de Bélial

J’avais oublié à nouveau où je me trouvais. Depuis que j’étais à ses côtés, j’étais presque trop rêveur. Il fallait sincèrement que je me ressaisisse.
Merde, c’était pas parce que je touchais plus le trottoir glacial que je devais m’endormir dans la chaleur dans un grand logis.
J’avais quelque chose à faire, quelque chose en tête, je ne devais pas me laisser aller.

Je me retournais vers lui. Je constatais que machinalement, j’avais déjà ouvert mon sac pour fourrer des affaires de façon totalement hasardeuse dans le dressing. J’avais pas grand-chose de toute façon, alors je ne pourrais pas y mettre beaucoup d’affaires.

- Ouais ?
- Je viens de te demander si cette chambre te convenait.
- Ah, ouais.

Certains auraient remercié Bélial, lui aurait embrassé les pieds, aurait juré fidélité. Moi, je refusais de me soumettre à ce genre de merde, alors je continuais de faire mon ingrat.
C’était marrant quand même. Il avait tout du riche hyper poli, brillant, et admiré. Moi j’étais le pauvre machin dans la rue, qui ouvrait juste un peu trop sa gueule, et qui faisait tout pour ne jamais être considérer comme le pauvre machin dans la rue justement.

Et il m’avait accueilli moi, qui était son total contraste.
A ce moment-là, je me disais qu’il était vraiment con.

- En même temps c’est mieux que ce que j’avais, lâchais-je avec relâchement
- Qu’est-ce que tu avais, là-bas ?

Je rigolais un coup, même si ce n’était pas un rire sincère, pas un rire joyeux. C’était un rire plus amer, noir comme l’essence de mes yeux, noir comme ma vie ou comme le trottoir la nuit.

- Une latte sous le plancher, et le sac que tu vois. Par contre, c’est vrai que souvent je changeais de lit, du coup je suis limite devenu un professionnel des matelas pourris, répondis-je, avec sarcasme, comme si j’étais très sérieux.
- Je vois. Tu pourras devenir un professionnel des matelas confortables, maintenant, alors, me lâcha-t-il en se remettant à sourire

Avec amusement, je m’approchais de lui, me mettant dans une position sensuelle, attrapant son menton, doucement :

- C’est sûr que si tu visites les lits avec moi…

Il se recula, toujours avec le sourire.
Mais j’avais l’impression que ce n’était plus le même genre d’émotion, qu’il laissait passer sur les lèvres. Je fronçais les sourcils, l’observant, comme pour tenter de le déchiffrer, et fini par abandonner, soupirant :

- Ou pas, vu ta réaction. Tes domestiques sont ouverts d’esprits et du cul, sinon ?
- Lucifer…
- Ouais ?

Ses yeux prirent un air sérieux. C’était pas la première fois que je le voyais prendre ce visage du type qui a quelque chose de très important à dire.
Mais ce n’était pas de la colère, de la froideur, de la haine, ou du mépris, qu’il faisait passer. C’était juste…Du sérieux.
Enfin j’en étais presque sûr, vu que toutes ces émotions qu’il n’avait pas, je savais les déceler, à force de bosser comme putain.

- Lucifer. Tu n’es plus sur le trottoir. Tu n’es pas obligé de coucher avec tout le monde.

Je haussais un sourcil, et me laissais à sourire :

- Ah ouais, alors pourquoi tu as voulu que je vienne ?
- Tu pensais que c’était juste pour qu’on couche ensemble ? me demanda-t-il en échange, l’air surpris.

En fait, son air surpris me laissa surpris moi-même. Comme ça c’était cool, on était surpris tous les deux.
Il pensait quoi ? Que j’imaginerais quoi comme raison pour qu’il vienne m’inviter chez lui ? Je veux dire, ça faisait des années que je faisais le tapin. Et c’était un client de base.

- Ben ouais.

Il secoua la tête, et recula :

- Non, ce n’est pas pour ça.

J’avais l’impression qu’il était un peu plus froid, un peu plus distant. J’avais envie de lui demander les raisons qui l’avait poussé à prendre un type comme moi sous son toit, mais au lieu de ça, il recula encore, sortant du dressing. Je l’entendis juste me dire :

- Quand tu auras fini de ranger, je serais dans mon bureau. C’est la pièce à côté du tableau.

Je ne répondis rien, parce que je l’entendis partir.
Je restais un peu con, là dans le dressing. A assimiler le fait que ce mec ne m’avait pas accueilli ici pour baiser comme des chiens. Et le plus frustrant c’est que je savais toujours pas ce qu’il voulait de moi.

Mais moi je savais ce que je faisais ici. J’étais là pour piquer son fric, et pouvoir me barrer. Avant qu’il ne puisse me couper mes ailes, avant qu’il ne me brise ma liberté que je comptais bien récupérer. Parce que les gens étaient toujours comme ça avec les types comme moi, qui n’avaient pas d’études, pas tant de connaissances, qui vivait avec rien.
Ils les exploitaient.
Comme mon père avait exploité mon admiration pour lui, comme il avait cru pouvoir me faire aimer des gens que je ne connaissais même pas, me faire devenir comme lui.
J’enlevais l’écharpe que je portais, et la fourrais en boule dans un des placards.
J’eus presque le vertige du nombre d’endroit où je pouvais poser des affaires, et du nombre d’affaires que j’avais qui ne remplissait pas grand-chose.
Je n’étais pas grand-chose, dans un trop grand plein, et c’est pour ça que je devais me dépêcher de piquer un bout de cet endroit, pour être ce que je voulais être, et pas une décoration d’une trop grande maison.

A suivre.

_________________

Sujet inquisition : 158/200


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