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 [Les 100 - UA] Devant l'école (3)

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God ! No, I'm Dean.


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Maliae
Messages : 1783
Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [Les 100 - UA] Devant l'école (3)   Sam 2 Sep - 18:29

Fandom : Les 100
Prompt : Trouve toi quelqu'un de bien.
Note : Ce chapitre est moins léger, je me suis laissée emporter, désolé.

***

3. Je ne suis pas un gosse.

(John Mbege)

Murphy a boudé toute la matinée et s’est fait viré de cours après avoir répondu au prof, et quand celui-ci lui a dit de prendre la porte, Murphy l’a pris au mot, a démonté la porte et l’a embarqué avec lui. C’était à mourir de rire, vraiment. Le prof a pas ri, Murphy non plus et il s’est pris des heures de colle en plus. Il n’a pas sourcillé pour autant. Murphy sait bien qu’il va se faire enlever les heures de colle parce qu’il doit s’occuper de Jasper, lui en donner c’est un peu juste pour lui rappeler qu’il est un élève normal. Ce qu’il n’est pas. Rien n’est normal chez Murphy. Il vit seul avec sa mère qui coule, et c’est lui qui rame pour l’aider. Il joue à être un parent pour son voisin. Son ex-petite-amie Emori l’a largué alors qu’elle est encore amoureuse de lui et elle cherche à garder son cœur à tout prix (ça a plutôt l’air de fonctionné en plus). Son meilleur ami (moi) s’appelle John, du coup tout le monde l’appelle Murphy. Et finalement il ose répondre aux profs, et balance des sarcasmes à tout va, tout en étant un élève modèle (sauf peut-être en orthographe).
Bref il a boudé, et boude encore en jouant avec la nourriture du self.
- Bon dis-moi ce qui te tracasse !
Il me jette un regard et baisse à nouveau les yeux.
- John Murphy quel est votre problème ? Insisté-je.
- J’ai aucun problème, grogne-t-il.
- Il s’est passé un truc avec Emori ?
Il relève les yeux d’un coup et je me dis que j’ai touché juste, mais il hausse les épaules.
- Emori n’a rien à voir là-dedans, dit-il.
- J’ai du mal à te croire, quand tu fais la gueule, c’est qu’il y a eu un truc avec elle.
- Je fais pas la gueule, dit-il en boudant.
- Mon cul, souris-je.
- Il est beau ton cul, marmonne-t-il.
Ça me fait marrer, mais lui il ne se déride pas.
- Murphyphyyyyy, insisté-je.
- Ta gueule, on croirait entendre Jasper. Ça me fiche les boules.
Je rigole encore, mais encore une fois tout seul. Il finit par relever ses yeux vers moi et me demande l’air très sérieux :
- Est-ce que j’ai l’air d’un gosse ?
- Ben…
- Quoi ça veut dire oui ? J’ai pas l’air d’un gosse okay ? J’ai pas du tout l’air d’un gosse.
- Comme tu veux, dis-je pour aller dans son sens, tu n’as pas l’air d’un gosse.
- Je suis pas un gosse.
- Tu n’es pas un gosse.
- John ?
- Oui ?
- Va crever.
Parfois mon meilleur ami est quelqu’un de très méchant.

xxx

Un peu plus tôt.
(Bellamy)

- Est-ce que tu m’aimes ?
Tout se fige en moi. Même l’air et le temps me donnent l’impression de s’être arrêté. Je ne sais pas d’où sort cette question, je sais juste qu’elle est dangereuse, aussi dangereuse qu’une bougie allumée près d’une montagne de TNT. Je sais que j’ai pas le droit à l’erreur et que je dois agir comme il faut, comme un adulte responsable que je suis :
- Tu rigoles ? Dis-je en me tournant pour le regarder. Murphy, tu es un gamin du collège et j’ai fini le lycée depuis longtemps, tu pourrais être tout juste un petit frère pour moi. Désolé mais les gosses me branchent pas.
Bonne réponse, bravo, tililing, vous gagnez 100 000 euros, sans passer par la case prison. Murphy reste de marbre, je me demande à quoi il pense, j’imagine qu’il doit être soulagé de pas être poursuivis par un vieux type pervers. Pourtant, pendant une demi-seconde, j’ai l’impression que son visage devient incroyablement triste. Une hallucination sans doute. Il se lève et marmonne :
- Évidemment je m’en doutais, dit-il, mais je suis pas un gosse.
Puis il me plante là, et quelques minutes plus tard Octavia me rejoint :
- Murphy a dit qu’il allait faire ses devoirs avec Jasper et qu’on devait y aller.
Murphy ne vient pas nous dire au revoir. Je l’ai peut-être vexé. Tant pis. Tant mieux. C’est beaucoup mieux ainsi.
N’est-ce pas ?

xxx

(Murphy)

Je finis par cracher le morceau à John.
- Admettons qu’un de tes amis est super intrigué par quelqu’un.
- Hm et ?
- Et cette personne, il est possible, qu’elle soit un tout petit peu plus âgé que lui, et qu’elle le voit du coup comme un gosse.
- Pas possible, t’es amoureux d’une fille du lycée ?
- J’ai pas dis moi.
- Oui bon, donc un de mes amis est amoureux d’une fille du lycée ?
- En fait disons plutôt qu’elle a … Vingt ans.
- Ah ! Une vieille.
Je lui file un coup de pied sous la table :
- C’est pas vieux, arrête tes conneries.
- Mais aïe, espèce de démon !
- C’est ta faute !
- Ouais ouais bon. T’es amoureux d’une vieille c’est ça ?
- Je t’ai dit que c’était pas vieux et que c’était pas moi.
John en croit pas un mot, ça se voit bien. Je suis grillé. Je pose mes deux mains sur mon visage
- Je suis pas un gosse, grogné-je.
- Ça c’est à ta vieille que tu dois le dire.
Je lui fous un autre coup de pied et il se masse la jambe en grommelant.
- Est-ce que t’es un espèce de cougar, demande-t-il, tu aimes les vieilles ?
Je lève les yeux au ciel et il enlève sa jambe avant que je puisse lui remettre un coup de pied, du coup je frappe son crane avec mon poing :
- T’as la tête vide ou quoi ?
- Espèce de sale type violent ! Pourquoi tu es mon meilleur ami hein ?
- Parce que la vie est injuste, bougonné-je. Ça veut pas dire ça cougar en plus, puis d’ailleurs arrête d’utiliser des mots comme « cougar » c’est sexiste.
- Qui l’a dit ?
- Ma mère.
- Elle n’est même pas lucide.
- Je vais te butter John si tu continues tes conneries. Dis-je en mettant vraiment en colère.
- Okay désolé pour ce que je viens de dire. Revenons-en à ta vieille.
- C’est pas ma… Oh et puis laisse tomber.
Je me sens soudainement hyper épuisé.
- Et puis je suis pas amoureux, juste un peu intrigué.
John me sourit.
- Quoi ? Grogné-je sur mes gardes.
- Et ben je sais pas, je suis content.
- Pourquoi ?
- De voir que tu peux t’intéresser à d’autres filles qu’Emori. Tu sais, tu as toujours l’air de t’en foutre des autres, des sorties, des potes, des filles. Tu te laisses pas approcher. Y a qu’avec Emori et moi que tu sors un peu de ta coquille. Et Jasper bien sûr, mais c’est un gosse. Alors tu vois, je m’inquiétais, parce qu’Emori te fait tourner en bourrique. Et voilà que tu t’ouvres à quelqu’un d’autre, c’est plutôt une bonne chose.
Je lève un sourcil étonné, puis hausse les épaules.
- C’est pas la peine de t’en faire, dis-je.
- Alors, cette vieille, elle est comment ? Demande-t-il.
- Je sais pas. Plutôt canon.
- Oh je vois, alors tu es du genre à te préoccuper du physique d’abord.
- Pas toi ?
- Si si, j’aimerais bien me trouver une fille canon.
Je souffle :
- Enfin c’est pas ça. C’est juste… Elle est bizarre, tu vois ?
- Bizarre ?
- Hm. Je ne sais pas comment dire.
- Une vieille bizarre et canon alors ?
- Ouais. Mais elle est pas vieille.
Et c’est même pas une femme, mais ça je lui dirai pas, il détient déjà trop d’information.
- Elle est… Je ne sais pas trop. Je ne la connais pas beaucoup en fait.
- Et tu craques pour elle.
- Elle m’intrigue.
- Je vois je vois.
- Mais elle me voit que comme un gosse, c’est la honte.
- Dans ce cas, tu dois te montrer plus adulte avec elle.
- Plus adulte comment ?
- Genre… Tu mets une fausse barbe, tu mets des semelles compensées et tu essaies de parler avec une voix plus grave, puis tu dis des choses comme « bonjour ma belle, vos yeux sont magnifiques, je me noie dedans », tu vois le genre ?
Je lui mets un nouveau coup sur le crâne.
- Espèce d’abruti, laisse tomber, je te demanderai plus jamais aucun conseil.
Il se frotte la tête et hausse les épaules :
- Essaye au moins la fausse barbe ?
Je lève le poing et il ricane :
- Okay okay pas de fausse barbe. Dans ce cas il ne reste plus qu’une seule solution.
- Laquelle ? Demandé-je sur mes gardes.
- Bois du lait, mange de la soupe, et grandis !
Je vais vraiment finir par le tuer.

xxx

(Bellamy)

C’est un gros problème, je ne peux plus emmener ou aller chercher Octavia à l’école l’esprit serein. Je voudrais pouvoir, mais sans arrêt j’entends la question de Murphy à mon esprit. Est-ce que tu m’aimes ? Et mon con de cerveau répond en écho : oui oui oui oui.
Non.
Pas un gamin de quatorze ans. Non non et non.
Jamais.

J’ai remarqué aussi ces derniers temps qu’il y a une mère vachement insistante avec moi. Gina. Elle m’a dit qu’elle avait vingt-cinq ans, qu’elle était divorcée, que son gosse avait cinq ans, qu’elle trouvait Octavia vraiment mignonne et m’a proposé plusieurs fois d’aller boire un verre chez elle.
- Nos enfants pourraient devenir ami, et nous pourrions le devenir aussi.
Je ne sais pas ce qui l’intéresse le plus, les enfants ou nous. Je suis pas vraiment intéressé, alors je détourne souvent le sujet. Je suis même pas sûr qu’elle me dise toute la vérité au sujet de son mari divorcé. J’ai entendu quelqu’un dire qu’il était souvent en voyage d’affaire. Je sais pas qui a raison, qui ment, mais bon ce sont pas mes oignons.
Aujourd’hui elle m’attrape le bras alors que je me dirigeais vers Murphy pour lui dire bonjour. Je suis pas serein, mais j’ai mis les choses au clair entre lui et moi, et j’ai envie de lui parler. J’en ai pas l’occasion, Murphy me voit mais ne vient pas, sans doute parce qu’il ne veut pas me déranger alors que je suis en pleine conversation privée avec Gina.
Octavia me demande sur le chemin du retour :
- C’est ta copine la madame ?
- Hm. Non.
- D’accord. Ça fait longtemps que t’as pas eu de copine.
Deux ans environ, parce qu’il fallait que je m’occupe d’Octavia et que je pouvais pas me préoccuper de ma vie sentimentale.
- Avant tu ramenais toujours pleins de filles à la maison, elles avaient jamais le même prénom et toi tu te trompais jamais.
Je sais pas quelle image ma sœur a de moi franchement.
- Tu te souviens de ça ? Demandé-je.
- Oui. Maman disait que t’étais pas trop fidèle en amour.
- Ah ouais, elle disait ça.
Octavia hoche la tête et je soupire. Sérieux, elle pouvait bien parler, elle aussi ramenait toujours un mec différent, jusqu’au jour où elle a décidé de partir avec l’un d’entre eux et de nous planter là Octavia et moi.
- O, dis-je, c’est juste que j’étais pas vraiment amoureux de ces filles tu vois ? Mais maintenant j’ai plus le temps de m’amuser et je voudrais quelque chose de plus sérieux.
- T’as plus le temps à cause de moi ?
- Non. Dis-je un peu trop rapidement.
Elle ne me croit pas du coup.
- Je sais que c’est à cause de moi.
Je me baisse pour me mettre à sa hauteur et la regarder droit dans les yeux :
- C’est pas à cause de toi O, simplement je suis moins intéressé qu’avant, voilà tout. Tu ne dois pas penser à tout ça d’accord ? Si je tombe amoureux je te le dirai, mais pour le moment, c’est très bien comme ça.
Elle me sourit et hoche la tête pour montrer qu’elle comprend. Puis elle pose sa petite main sur mes cheveux et les ébouriffe.
Je me redresse et j’ai honte de moi, comment je pourrais dire à ma sœur que je suis amoureux maintenant ? Comment je pourrais lui dire alors que je suis surtout un gros malade ?

La fois d’après, c’est Murphy qui n’est pas tout seul. Il est avec une fille, de son âge. Je l’ai déjà vu et je me dis que c’est sans doute sa petite copine, parce qu’ils ont l’air plutôt proche et que la fille le touche beaucoup. Je décide de ne pas les regarder parce que ça me fait trop mal, parce que je voudrais avoir six ans de moins, parce que je voudrais être à la place de cette fille. Jasper sort en premier, je lui fais un signe qu’il ne remarque pas. En fait il voit d’abord Murphy avec la fille et il a une drôle de réaction. Il prend la pose d’un gamin en colère, les bras tendus comme s’il voulait griffer et il grogne vers la fille sans l’approcher. On dirait un lionceau fâché. La fille se marre et s’écrie :
- Jasper, tu me détestes toujours ?
- Va-t-en méchante !
La fille se rapproche de lui et Jasper semble à deux doigts de la griffer et de la mordre, mais à la place il se recule. Je ne comprends pas bien sa réaction, mais elle, elle continue de rire, et elle s’écrie « bouuuuh » et Jasper retourne dans le cours de l’école et se met derrière Monty en continuant de grogner après la fille. Elle se plie en deux de rire alors que Murphy pose sa main sur son épaule :
- Arrête de l’emmerder, dit-il assez sévèrement.
- Oh ça va, je m’amuse c’est tout.
- Ouais ben arrête.
La fille arrête de rire et se met en colère :
- Voilà pourquoi je t’ai largué tu le sais non ? Dès que t’es avec ce gosse tu deviens un emmerdeur de première.
J’ai dans l’idée qu’elle dit ça pour blesser Murphy qui ne dit rien. Elle prend doucement ses mains :
- Si tu le lâchais un peu… Tu sais que je t’aime toujours… On pourrait… Tu vois.
Je sers les dents, je suis jaloux, j’ai aucun droit d’être jaloux. Au-delà de ça, j’aime pas le comportement de cette fille. Murphy enlève ses mains et les mets dans ses poches :
- Emori c’est fini.
- Quoi ?
- C’est fini, répète-t-il. On ne sortira plus jamais ensemble. Alors laisse Jasper tranquille.
La jeune fille donne l’impression qu’elle va le frapper, mais finalement elle rigole :
- C’est ça oui, dis que tu ne m’aimes plus, je ne te croirai pas.
- Crois ce que tu veux.
- Tu m’aimes encore, s’exclame-t-elle, tu pourras jamais arrêter de m’aimer. Parce que toi et moi, on est pareil !
Murphy hoche la tête et dit :
- C’est peut-être ça le problème en fait.
- Quoi ?
- Toi et moi, on est trop pareil.
Emori le fusille des yeux :
- Je me casse, dit-elle.
Et elle le fait. Murphy ne se tourne même pas vers elle pour la retenir. À la place, il entre dans la cours de l’école et s’accroupis vers Jasper et Monty. Je n’entends plus ce qu’ils se disent mais au bout de quelques secondes, Jasper vient entourer Murphy de ses bras et Murphy lui tapote le dos. Octavia est déjà là depuis deux bonnes minutes au moins, et elle ne comprend pas pourquoi je ne bouge pas. Ou peut-être qu’elle comprend parce qu’elle dit :
- On attend Murphy et Jasper ? On va encore rentrer avec eux ?
Je hoche la tête.

Quand Murphy et Jasper sortent de la cour ensemble, je m’approche d’eux.
- Est-ce que tout va bien ?
C’est Jasper qui me répond :
- Y avait la méchante ! Je la déteste ! Pourquoi elle est viendu ?
- Elle viendra plus je t’ai dis, fais Murphy.
- T’avais déjà dis ça l’autre fois.
- Cette fois-ci c’est vrai.
Jasper hoche la tête et j’interroge Murphy du regard.
- Longue histoire me dit-il.
Il parait hésiter à dire un truc puis finalement se lance :
- Tu veux venir boire un truc chez Jasper, on en parlera …
- Tu as besoin d’en parler ? Demandé-je. Tu n’es pas obligé de me raconter sinon.
Murphy baisse la tête puis finit par dire :
- J’ai envie de te le dire.
- Dans ce cas allons-y.


xxx

Je m’occupe d’abord de faire goûter Jasper et Octavia, comme la dernière fois. Jasper se fout du Nutella partout, comme tout le temps.
- Est-ce que t’as été élevé par des cochons hein ?
- Non t’es pas un cochon Fifi.
Ce qu’il dit jette un peu un froid. Il admet à voix haute que je l’ai élevé et un ange passe, avant que je ne me reprenne et lui essuie la bouche et les mains.
- M’appelle pas comme ça je t’ai déjà dit. Allez, va jouer, on fera tes devoirs plus tard.
- Ouaiiiis, tu viens Octavia ?
La gamine le suit, ils ont plutôt l’air de s’entendre finalement. Je me rassois à la table et me fait aussi une tartine de Nutella :
- Sers-toi, dis-je à Bellamy.
J’imagine que c’est par politesse qu’il le fait, mais il se fait une tartine à son tour.
- Bon… Commencé-je.
Puis je ne dis plus rien. Je mords dans ma tartine. Raconter ma vie c’est pas mon truc, c’est chiant, c’est compliqué, et je ne sais pas comment faire ça. Bellamy semble vouloir me venir en aide et il demande :
- Cette Emori, pourquoi est-ce que Jasper ne l’aime pas ?
Ça me permet de me lancer. J’avale mon bout de tartine et je réponds :
- C’est parce qu’on est sorti ensemble à un moment.
Il hoche la tête et je continue.
- Emori et moi on se connaît depuis le début du collège, on s’est tout de suite vraiment bien entendu. Elle et moi on pense pareil sur pleins de choses, on a les mêmes réactions vis-à-vis des profs, et on est des champions du sarcasme. Elle a été abandonné à la naissance à cause d’une malformation, et du coup elle a des griffes super puissantes et ne vit que pour elle. Elle s’attache difficilement aux autres. Mais avec moi, ça a tout de suite fonctionné. Alors évidemment, on est tombé amoureux et on a commencé à sortir ensemble.
Bellamy reste silencieux, il grignote sa tartine, me regarde, m’écoute.
- Ça marchait plutôt bien entre elle et moi. Elle venait souvent ici pendant que je gardais Jasper, et au début il l’acceptait, mais au bout d’un moment, je l’ai un peu… Laissé tomber. J’arrivais toujours en retard à l’école, je m’occupais plus de lui ici, j’étais sans arrêt avec elle. J’avais treize ans putain, je voulais juste être avec ma copine et arrêté de devoir m’occuper d’un gosse.
Ça sonne comme une pauvre excuse et j’en ai un peu honte mais Bellamy me dit :
- Évidemment que tu voulais ça.
- Jasper a commencé à se sentir très seul, Monty n’était pas là avec lui et je m’étais toujours plus occupé de lui que ses parents toujours absents alors c’était très dur pour lui, comme si sa seule famille l’abandonnait.

xxx

(Bellamy)

Je comprenais ce qu’il me disait, c’était un peu comme si j’avais laissé tomber Octavia. Elle n’aurait plus eu personne. Et pourtant Jasper avait ses parents.
- Alors il a commencé à faire des bêtises pour que je m’occupe de lui. C’était des conneries de gosses, il faisait tomber des trucs, il essayait d’ouvrir des placards trop haut pour lui, il mettait trop fort la télé, il se trimballait tout nu ou dessinait sur les murs. C’est juste un gosse, alors je l’engueulais et je passais à autre chose. Mais ça a commencé à vraiment énerver Emori.

xxx

(Murphy)

Je ne sais pas si j’ai envie de continuer. Je me sens coupable de ce qui est arrivé ensuite. Bellamy ne me quitte pas des yeux, il attend patiemment que je sois prêt alors je reprends :
- Une fois, ça a été la fois de trop, Jasper s’est amusé à vider le pot de mayonnaise sur sa tête. En fait ça m’a fait plutôt marrer, je trouvais pas ça bien méchant, Jasper voulait juste de l’attention même moi je le comprenais. J’ai voulu dire à Emori d’aller prendre une douche, de pas s’inquiéter, mais elle est devenue folle furieuse. Elle a attrapé Jasper par les cheveux, avant que je puisse faire quoi que ce soit et elle la trainé avec elle jusqu’à la salle de bain. Je lui ai dit d’arrêter mais elle m’écoutait plus. Elle l’a mis dans la baignoire puis elle a fait couler de l’eau glacé sur le crâne de Jasper et elle lui a hurlé « alors c’est drôle ça ? C’est vraiment drôle hein ? ». J’ai été obligé de la frapper pour qu’elle arrête, parce que le jet était vraiment fort et Jasper avait du mal à respirer. J’ai vraiment été obligé… Je l’ai frappé de toutes mes forces pour qu’elle relâche Jasper et elle s’est écroulée par terre, le nez en sang. Et ensuite au lieu de m’occuper d’elle, j’ai éteins l’eau, j’ai attrapé Jasper pour le sortir du bain, je l’ai enroulé dans une serviette et je l’ai forcé à se calmer et à respirer en le gardant contre moi. Il ne voulait plus me lâcher, il tremblait de peur, alors j’ai hurlé sur Emori qu’elle était cinglée, que c’était qu’une blague de Jasper, qu’elle pouvait pas faire ça à un enfant. C’était la seule fois où je me suis énervé contre elle, j’avais toujours été d’accord avec tout, je faisais tout pour elle, elle voulait sécher ? Je séchais. Elle voulait aller quelque part ? J’y allais. Elle ne voulait pas que je m’occupe de Jasper et qu’on s’embrasse sur le canapé, je le faisais ! J’ai vraiment regretté de l’avoir frappé de lui avoir crier dessus, de pas avoir trouvé d’autres solutions. Mais après ça, Emori m’a largué et m’a bien fait sentir que c’était ma faute, que j’avais osé me montré violent envers elle, que j’étais un type horrible. Qu’elle m’aimait toujours cependant et qu’elle me reprendrait le jour où je lâcherais Jasper. Je me disais que je le ferais, plus tard, quand il aurait grandi. Mais maintenant…
Maintenant je sais plus. Aujourd’hui elle m’a énervé, elle m’a dégoûté, je ne sais pas. Je l’ai vu autrement, avec d’autres yeux, elle n’était plus cette Emori fantastique avec qui je pourrais faire ma vie parce qu’on était tellement pareil qu’on se comprenait. Elle était juste cette fille capable de faire du mal à un enfant.
Et je l’ai vu comme ça, parce que j’ai rencontré Bellamy. Si doux et tendre avec les gosses, si proche de sa petite sœur.
- Maintenant, il y a quelqu’un d’autre que j’aime, avoué-je.

xxx

Je sens mon cœur s’emballer. Il n’est pas en train de parler de moi. Évidemment. Il y a sûrement une autre fille, une un peu plus sympa que cette Emori, dans son école. Mais Murphy se lève, il appuie ses mains à plat sur la table et s’approche de moi.
- Je ne suis pas un gosse, dit-il, ne me regarde pas comme ça.
Je cligne des yeux, mais c’est ce qu’il est, un gosse. C’est tout ce qu’il est. Je n’arrive plus à respirer alors qu’il s’approche de plus en plus. Ses traits sont vraiment fins, ses yeux vraiment bleus, sa bouche est… Si proche.
Mon cerveau se rebranche au dernier moment, alors que nos lèvres se frôlent. C’est. Un. Gosse. Sale pervers pédophile. J’attrape ses bras et le repousse doucement.
- Tu n’es qu’un enfant, dis-je. C’est ce que tu es Murphy. Je suis désolé.
Je ne regarde pas son visage devenu beaucoup trop triste tout à coup. Je m’éloigne.
- Je vais chercher Octavia, il est l’heure d’y aller.
Quand je reviens, Murphy n’a pas bougé.
- Murphy, appelé-je.
Il ne se retourne pas.
- Trouve toi quelqu’un de bien, de ton âge, une personne qui vaut mieux qu’Emori ou moi. D’accord ?
- Va te faire foutre !
- Je prends ça pour un oui, dis-je. Allez viens O.
J’emmène ma petite sœur avec moi, laissant Murphy seul avec ses pensées, et avec Jasper.

À suivre.

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Swato
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Devant l'école (3)   Sam 2 Sep - 20:07

J'adore cette histoire purée, elle est trop bien... J'ai hate de lire la suite, il me tarde !!!! <3

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C'est chouette non ????
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Maeve
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Devant l'école (3)   Mar 5 Sep - 20:37

Murphy déteste car cela l'empêche d'être avec Bell, mais j'adore le fait que Bell lui accorde la possibilité d'être un enfant. Surtout après une histoire pareille avec Jasper, les parents de Jasper, et Emori.

Pauvre Bell... Mais il sera moins seul pour affronter les épreuves, maintenant, je pense. Smile


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