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 [Les 100 - UA] Devant l'école (2)

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God ! No, I'm Dean.


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Maliae
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Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [Les 100 - UA] Devant l'école (2)   Sam 2 Sep - 15:51

Fandom : Les 100
Prompt : Un parent doit d'abord penser au bien-être de ses enfants.
Note : Et bien ça continue éhé

***

2. Le fou.

Ma mère dort sur le canapé. Dix mille fois que je lui dis de pas s’endormir là, qu’elle va se chopper froid, autant parler à un mur. Il est tard, j’ai gardé Jasper jusqu’à vingt-deux heures, j’ai fait mes devoirs chez lui, ça faisait plus d’une heure qu’il dormait quand ses parents sont arrivés. J’ai dit bonsoir, tout s’est bien passé, au revoir. Ils n’ont pas posé de question, ils n’en posent jamais. Je suis presque sûr que Jasper était un accident, qu’ils n’ont jamais voulu de gosse, où s’ils en ont voulu un, ils le cachent vachement bien.
- Pas la peine de venir demain matin, je pourrai l’emmener, m’a dit son père.
C’est tout.
Un parent doit d’abord penser au bien être de son enfant hein ? Mon cul.  
Je réveille ma mère, elle pue l’alcool.
- Va te coucher dans ton lit m’man.
Elle cligne des yeux et me sourit, elle s’excuse d’une toute petite voix.
- Désolée je t’attendais, j’ai pas fais attention que je m’endormais. Jasper va bien ?
- Ouais. Allez viens.
Je l’aide à se lever, je l’aide à enlever sa robe qui a une grosse tâche dû à l’alcool, je la couche dans son lit. Je la borde. Je suis le baby-sitter de Jasper et de ma mère.
C’est pas grave, j’ai l’habitude.

J’avais six ans quand nos voisins ont eu Jasper. Je me souviens bien de ce moment parce qu’ils sont arrivés chez nous avec un tout petit bébé et ont demandé à mes parents s’ils pouvaient le garder, qu’ils avaient des trucs à faire. Mes parents ont dit oui. Mon père était encore en vie et ma mère pas encore tombée dans la bouteille.
Maman m’a demandé :
- Tu veux tenir Jasper ?
C’était hyper stressant. En plus il bougeait beaucoup et chouinait, mais elle m’a fait asseoir et l’a presque mis de force dans mes bras. C’est devenu comme dans un film. Jasper s’est calmé, il m’a regardé les yeux et la bouche grande ouverte et sa petite main a attrapé mon doigt. J’ai pensé qu’il était mignon avec ses petits cheveux tout noir sur sa tête. Mais je l’ai pas dit à voix haute. Mes parents ont pris une photo. Puis Jasper a fait caca dans sa couche et c’est devenu beaucoup moins glamour. À l’image de la suite.
Quand j’ai eu huit ans mon père est mort dans un accident de voiture.
Ma mère s’est consolé dans l’alcool.
J’ai dû grandir tout de suite. Je suis devenu le baby-sitter officiel de Jasper.
C’est ma vie.
Je n’ai jamais pensé que ça pourrait changer un jour.

xxx

(Bellamy)

Je dois vraiment être devenu fou. Octavia fête bientôt son anniversaire. Elle va avoir neuf ans donc. Trois mois qu’elle a repris l’école, presque autant que mes yeux s’attardent où il ne faut pas. C’est pour ça que je dois être devenu fou, j’ai demandé à Octavia si elle ne voulait pas inviter Jasper à son anniversaire.
- Oh non pas lui, a-t-elle râlé.
- Pourquoi ?
- Parce qu’il est chiant ! Il a voulu me coller une limace dans le dos. Mais comme je suis plus maligne j’ai attrapé la limace et j’ai essayé de lui faire manger.
Elle se marre, les deux poings sur les hanches, très fière d’elle. J’attrape la balle au bond :
- Justement, tu dois te faire pardonner, invite-le.
- Pfffff même pas juste.
- Tu n’as qu’à inviter son ami aussi.
- Monty ?
Je n’ai aucune idée de s’il s’agit bien de cet ami là, mais j’acquiesce :
- Oui.
- Bon okay. Monty je l’aime bien. Il a peur des limaces, c’est marrant.
C’est donc à ça que se résout l’amour des enfants, l’attachement ou non aux limaces.
Pour ma part, l’attachement vient de nulle part. Je suis fou, fou, fou. Mais c’est comme être dans un grand huit, je ne peux plus stopper la descente, je fonce tout droit.

J’inspire et j’expire longuement, je me suis entraîné comme un con devant mon miroir, je tiens l’invitation dans mes mains. Octavia n’est pas encore arrivé, Jasper non plus, mais Murphy est bien là, à attendre. Je me lance (je suis fou), je m’approche (je suis complètement fou), je m’adresse à lui en essayant de ne pas faire trembler ma voix (je suis foutu) :
- Excuse-moi.
Est-ce que j’aurais dû le vouvoyer ?
Murphy lève ses yeux assassins vers moi et je déglutis. Il faut que je me calme, que je fasse comme si tout était normal (bordel, rien n’est normal, j’ai forcé ma sœur à inviter quelqu’un à son anniversaire juste pour pouvoir parler à un ado) :
- Ma petite sœur fête bientôt son anniversaire, elle aimerait inviter Jasper, je… Voici l’invitation.
Murphy tend ses doigts, toujours aussi long, toujours aussi fin, les ongles toujours rongés. Il prend l’invitation. Il la lit.
- Octavia ?
- Oui.
- C’est votre sœur ?
Je ricane bêtement en me frottant les cheveux. Il fronce les sourcils l’air de dire « j’aurais pensé que c’était ta fille ». Ouais, je sais, on dirait.
- C’est ça, dis-je.
- Okay.
Je ne sais plus quoi dire, le silence me pèse, je me sens stupide. C’est lui qui reprend la parole.
- C’est samedi prochain ?
- Oui.
- Les parents de Jasper sont en déplacement, ils ne pourront pas l’emmener.
- Ah.
Il regarde l’adresse puis ajoute :
- On habite pas loin, je l’emmènerai, ajoute-t-il.
Il habite pas loin ? Comment ça il habite pas loin ? Est-ce que ça voudrait dire qu’on est proche ? Ou bien est-ce que pour lui « pas loin » signifie quatre bus et deux arrêts de métro ?
- D’accord, ce serait super, Octavia serait vraiment contente.
- Okay.
Mon cœur martèle mes côtes, alors qu’il tourne la tête en range l’invitation dans sa poche. J’imagine que ça veut dire que la conversation est finie. J’ai pourtant envie de continuer à lui parler. Je me gifle mentalement, calme toi Bellamy, et retourne à ta place. Tu es un adulte responsable, pas un sale pervers qui court après un lycéen. Jasper sort de l’école à ce moment en gueulant :
- Fifiiiiii ! Devine quoiiiii, Octavia m’a invité à son anniversaiiiiiiiiiiire !
Il s’arrête devant Murphy, me regarde et penche la tête :
- T’es le frère d’Octavia, dit-il.
- Oui.
- Elle m’invite à son anniversaire éhéhé ! Dit le môme super fièrement en se frottant le nez.
- Je sais.
Murphy me jette un coup d’œil et je détourne les yeux. Octavia sort à son tour et me rejoint.
- J’ai invité Atom et Lincoln, ils ont dit qu’ils voulaient venir, je suis trop contente ! S’exclame-t-elle.
Jasper se pointe du doigt et dit :
- Et pi moi.
Elle fronce les sourcils, agacé :
- Oui toi aussi !
Jasper tourne sur lui-même.
- Une jolie fille m’a invité à son anniversaire !
- Et j’ai invité Monty aussi, ajoute ma sœur pour le corriger.
- Normal, Monty et moi on est inséparable.
Murphy pose sa main sur son crâne et le décoiffe :
- Vous vous prenez pour des piafs hein ? Sale môme. Allez on y va.
Jasper hoche la tête, il nous fait au revoir avec la main et s’éloigne avec Murphy. Je soupire et ma sœur me regarde faire l’air intrigué. Je me frotte le visage comme si j’avais un truc dessus puis je lui prends la main :
- On rentre ! Dis-je.
Mais qu’est-ce que je suis en train de foutre ?

xxx

(Murphy)

Je trouve l’invitation dans mon jean en plongeant par hasard ma main dans ma poche. J’ai oublié de la donner aux parents de Jasper, bah… Peu importe vu que c’est moi qui vais m’occuper de lui ce week-end là. Je la regarde. Je pense que l’écriture est celle du type canon. « Octavia Blake est très heureuse de t’inviter à son anniversaire ». Blake. C’est comme ça qu’il s’appelle le type canon.
J’ai cru que c’était le père d’Octavia, mais c’est son frère. C’est vrai qu’il a l’air jeune. Mais je sais pas quel âge il a en fait. C’est bizarre qu’il m’ait donné cette invitation alors qu’Octavia en a parlé à Jasper. Elle aurait tout aussi bien pu lui donner le carton aussi, non ? Ou bien il préfère faire ça lui-même, pour être sûr que les parents soient au courant ?
Je l’ai pas vu parler à la mère de Monty pourtant.
En tout cas il a une belle écriture, un peu ronde et penché, assez régulière, rien à voir avec mes pattes de mouche, rien à voir avec l’écriture catastrophique de Jasper.
- Qu’est-ce que tu regardes ? Me demande maman en s’asseyant à côté de moi sur le canapé.
Dans sa main une bouteille de bière. De l’autre, elle me caresse doucement les cheveux. Elle a toujours l’air de s’excuser pour ce qu’elle fait, et pourtant elle continue à le faire, j’ai du mal à comprendre. Je range l’invitation dans ma poche :
- Rien, dis-je.
J’attrape la télécommande de la télé et je l’allume.
Blake hein ?
Je ne pensais pas qu’il habitait si près.

xxx

(Bellamy)

Je ne suis pas stressé du tout. J’ai aidé Octavia à décorer l’appartement, elle ne voulait pas le faire.
- C’est ridicule, on s’en fout de la déco, l’important c’est le gâteau et les jeux.
- La déco c’est pour montrer qu’ils sont bien accueillis.
- Ils s’en foutent de la déco, boude-t-elle.
Et pourtant j’y tiens, j’accroche des guirlandes, et un « joyeux anniversaire Octavia », j’ai cuisiné le gâteau, j’ai préparé des jeux. Octavia voulait un cours de karaté donné par elle-même, un concours de force, un combat en direct, et mater un match de catch à la télé. J’ai dû discuter longuement avec elle pour la convaincre d’annuler le combat et le concours de force, et d’ajouter une pêche à cadeaux, un cache-cache et une course de sac (même si l’appart’ est petit pour ce genre de trucs, j’ai déplacé des meubles exprès).
Et vraiment, je ne suis pas stressé du tout. Octavia a mis son kimono de karaté, pas moyen de la faire changer d’avis, et moi j’ai enfilé une chemise noire et un jean de la même couleur. Et j’ai essayé de dompter mes cheveux, en vain. Je cherche quoi en fait ? C’est juste l’anniversaire de ma sœur, j’aurais été mieux en jogging pour être prêt à courir partout pour rattraper les gamins. En même temps, ils ne seront pas si nombreux. Atom, Lincoln, Jasper et Monty. Que des garçons. Est-ce que ça va bien se passer ?
Octavia fait son échauffement dans le salon, et je ne suis pas du tout stressé, je ne tressaille pas quand la sonnerie de la porte d’entrée retentit. J’inspire et je vais ouvrir. Il s’agit de Lincoln et de sa maman, très ponctuel.
- Merci pour votre invitation me dit la femme.
- De rien, Octavia est très contente.
Lincoln rentre dans l’appartement après m’avoir salué et donne son cadeau à Octavia qui embrasse sa joue pour le remercier. La maman me dit :
- Je reviens donc le chercher à dix-sept heures.
Je hoche la tête. La porte sonne à nouveau deux minutes plus tard. C’est Monty et son père. Il me salue, donne son cadeau à Octavia aussi. Ensuite arrive Atom. Jasper est le dernier à se montrer. Murphy est là, devant ma porte, quand je l’ouvre pour la dernière fois, complètement essoufflé.
- Désolé on est retard, dit-il. Ce sale gosse arrivait pas à trouver où il avait mis le cadeau pour Octavia.
Je souris nerveusement :
- Aucune importance, dis-je, avant d’ouvrir plus grand la porte pour les laisser entrer.
Jasper se faufile sans problème, Murphy hésite. Je ne sais pas ce qui me prends mais je lâche :
- Tu as l’air d’avoir couru, entre boire un truc.
Il obtempère et je suis à la fois fou et heureux. Je devrais vraiment me tuer pour ça, mais tant pis. Je lui propose coca ou jus d’orange, la boisson prévue pour les mômes, il prend le jus d’orange. Octavia s’occupe de tout sans moi, elle donne son petit cours de karaté et engueule Jasper qui fait n’importe quoi avec Monty :
- Pas cette position tête de nœud !
Puis elle lui fait une prise et le fait tomber par terre.
Et moi j’arrive pas à me concentrer sur ce qui se passe ni à réprimander ma sœur, parce que Murphy est assis à côté de moi à siroter son verre de jus d’orange en regardant les mômes s’amuser. Il faut que je parle, il faut que je dise un truc, n’importe quoi, parle Bellamy, reste pas là comme un con à pas savoir quoi dire.
- Au fait je m’appelle John Murphy, dit-il finalement. La plupart des gens m’appellent Murphy.
- Moi c’est Bellamy, dis-je.
Il hoche la tête et demande :
- Vos parents sont absents ? Demande alors Murphy brisant le silence.
- On peut dire ça.
Il doit voir ma tête parce qu’il hausse les épaules :
- Ce sont pas mes affaires.
- Ma mère est partie quand j’ai eu dix-huit ans, dis-je, depuis Octavia et moi on vit ensemble.
Je ne raconte pas que ma mère était déjà tout le temps absente avant, de toute façon. Il reste silencieux. Puisqu’il m’a posé une question personnelle, je me lance et demande :
- Tu gardes Jasper depuis longtemps ?
- Depuis toujours, me répond-il.
- Et tu gagnes de l’argent ?
- Non. Je le fais gratuitement. Qui le ferait sinon ? C’est ça où Jasper devra se débrouiller tout seul.
Et Jasper n’a que huit ans. Octavia est à moitié en train d’étrangler Jasper et je finis par réagir :
- O, lâche le, tu es en train de lui faire mal.
Elle obéit et grimace :
- Mais y fait rien de ce que je dis.
Murphy se lève et je me dis qu’il va partir, mais il s’approche de Jasper et frotte son crane avec ses deux poings :
- Sois sage crapule où on rentre à la maison !
- Naaaan je vais m’ennuyer à la maison.
- Alors tu dois faire tout ce qu’Octavia te dit. Okay ?
Jasper hoche la tête :
- Okay !
Murphy revient alors s’asseoir à côté de moi et je le regarde :
- En tout cas tu sais y faire.
Il hausse les épaules.
- Pareil que vous avec votre sœur, non ?
Je hoche la tête. Je ne trouve que ça à faire.
- Tu peux me tutoyer, dis-je finalement. Ça me fait bizarre que tu me vouvoies, je suis pas si vieux.
- Au moins trente ans non ?
J’ai l’impression qu’une pierre me tombe dessus et m’exclame :
- Non mais ça va pas ? J’ai que vingt ans, vingt ans !
Murphy sourit et ricane, une flèche me transperce le corps et je sens mon âme s’envoler.
- Je me doute, dit-il, je plaisantais.
- Tu as quel âge toi ? Demandé-je l’air de rien.
- Quatorze ans.
- Ah… Quatorze… QUOI ?
QUATORZE ANS ? Oh bordel, je suis encore plus mal barré que je ne le pensais. Stop Bellamy, on remballe tout, maintenant. Ce mec est un gamin. De seulement. Quatorze ans.
- T’es pas au lycée ?
- Non, je suis encore au collège, dit-il, pourquoi ? Tu croyais que j’étais au lycée ?
- Euh ben ouais, tu fais plus vieux que ton âge…  
Je me sens vraiment mal tout à coup. Ce gamin est vraiment un gamin, il est au collège, AU COLLEGE ! Qu’est-ce qu’il me prend de courir après un collégien ? Est-ce que je ne suis qu’un vieux pervers pédophile ou quoi ? J’ai vraiment envie de pleurer là et de me cacher.
- Bah encore un an et je serai au lycée, dit-il sans remarquer mon désarroi.
- Ouais.
Et alors ? Ce n’est pas comme si je pouvais sauter sur un gamin de quatorze ans. Je file vraiment un mauvais coton, je fais totalement n’importe quoi.
- Tu devrais rentrer chez toi, dis-je, je vais m’occuper des mômes t’inquiète pas.
J’ai trop envie qu’il reste, bien sûr, mais il a quatorze ans. Je peux pas. Déjà seize c’était limite.
- Non c’est bon, je vais rester, dit-il. Sauf si je dérange.
- Ben non c’est pas ça, mais j’imagine que t’as des trucs à faire ?
- Pas spécialement.
- Bon ben reste alors.
Je me lève et m’approche d’Octavia pour la séparer de Jasper à nouveau. Ça ne va pas le faire, faut que je me calme. Il faut absolument que je me calme.
- O, et si vous faisiez un autre jeu hein ? La course de sacs par exemple.
Ma sœur hoche la tête. Je me dis que je vais m’occuper d’elle et que ça me permettra de passer à autre chose, mais Murphy nous rejoint, il taquine Jasper et Monty, il embête même Octavia, fait un bras de faire avec Lincoln et entame un concours de grimace avec Atom. Il s’entend bien avec les gosses et c’est sans doute parce que s’en est un lui-même, un gamin qui rentre tout juste dans l’adolescence et qui n’a rien à faire avec un adulte.
Et pourtant.
Pourquoi est-ce que je n’arrive toujours pas à le quitter des yeux ?

xxx

(Murphy)

Bellamy Blake donc. Le type canon a désormais un nom, un prénom et semble-t-il une histoire. Il a vingt ans, pas si vieux alors, plutôt jeune même. Il me parle normalement, mais me regarde pas beaucoup, je me demande si ça le fait chier que je sois là mais en même temps c’est lui qui m’a dit d’entrer. Et comme j’ai rien d’autre à foutre de tout l’après-midi je suis mieux ici qu’à rester avec ma mère. J’arrive à m’imposer, et tant pis si ça l’emmerde. Je suis sûr qu’il aurait préféré qu’une jolie maman passe l’après-midi avec lui plutôt que moi et une bande de gosse dégénéré.
Octavia est une sacrée gamine, elle sait se battre et se défendre et se laisse pas faire. Elle a du caractère et arrête pas de se bagarrer avec Jasper qui la fait tourner en bourrique. Ils sont mignons ensemble, et Monty doit penser comme moi parce qu’à un moment il attrape le bras de Jasper comme pour lui dire « je suis là moi ». Monty est plus calme que son meilleur ami mais c’est toujours lui qui arrive à lui faire faire ce qu’il veut au final. Comme là maintenant, où Jasper accepte de partager un sac avec lui et qu’il se retrouve tous deux emmêlés comme deux abrutis. Et mort de rire en plus. Lincoln est celui qui gagne la course. Atom se pète la tronche en pleins milieu et Bellamy l’emmène vite dans la salle de bain pour arrêter le saignement de nez. Il a l’air de savoir y faire avec les gosses, en même temps si c’est lui qui élève sa petite sœur, c’est pas étonnant. Jasper vient vers moi et me tends un sac :
- À toi.
- On y croit.
- Tu dois jouer toi aussi, insiste-t-il.
Bellamy revient avec un Atom qui a cessé de pleurer et dont le nez va mieux. Et ça a l’air de beaucoup l’amuser de voir Jasper me tendre un sac alors je lance :
- Je le fais que si Bellamy le fait aussi.
Et là il déchante un peu. Bien fait. Pourtant il le fait vraiment, il prend un sac et me défie du regard. Très bien, tu veux jouer à ça ? Jouons. J’attrape le sac que me tend Jasper et je me retrouve comme un con à faire cette maudite course de sac avec Bellamy.
Et le pire ?
C’est que j’aime ça.

Il va vachement vite, j’essaye de le pousser avec la main, c’est de la triche, mais je m’en fous. Jasper et Monty m’encouragent, Octavia gueule « Bell Bell Bell », les deux derniers se taisent et regardent. En fait on franchit la ligne d’arrivée quasiment en même temps, je perds mon équilibre en arrivant et Bellamy essaie de me rattraper. Du coup on se vautre tous les deux, et ma chute est arrêtée par le corps (super musclé) de Bellamy. Je relève un peu la tête pour le regarder alors que j’ai la joue sur son torse et que je suis à moitié étalé :
- Est-ce que ça va ? Je demande.
Il se frotte la tête avant de remarquer ma présence. Son visage est plus prêt que je ne le pensais. Ça me fait bizarre de le voir de si près, je peux y voir tous ses défauts, les trous de sa peau, le petit bouton sur son front. Je le trouve parfait.
Et surtout, je n’ai jamais vu quelqu’un rougir à ce point.
Bellamy me pousse et se relève d’un coup, enlevant ses jambes du sac. Je reste assis par terre, les yeux levés vers lui alors qu’il évite mon regard et me tourne le dos pour s’occuper des gosses. Je me sens drôle, un peu bizarre, comme si j’avais pris un coup sur la tête, comme si la chute avait déréglé un truc en moi. C’est pas tant la beauté de son visage, c’était plus, la rougeur de ses joues, comme s’il était super gêné d’un coup. Est-ce qu’il est du genre timide en fait ? Ça m’intrigue.

Je ne peux pas m’empêcher de le regarder le reste du temps, et chaque fois que nos regards se croisent, il détourne la tête violemment. C’est à la fois troublant et amusant et vexant. Est-ce que j’ai une énorme verrue sur le visage qui me rend si hideux qu’il est incapable de poser ses yeux sur moi, ou est-ce qu’il y a autre chose ?

xxx

(Bellamy)

L’après-midi passe à la fois trop vite et trop lentement. Je revois Murphy si près de moi pendant un instant et mon esprit se bat entre « c’était vraiment super » et « va crever pervers pédophile ». Je n’arrive plus à le regarder et quand je croise ses yeux par erreur je tourne la tête, je l’évite à tout prix, c’est même difficile de lui parler et d’être naturel. Je ne suis qu’un idiot. Je m’occupe plutôt de ma petite sœur et de ses amis, c’est moins dangereux. Peut-être qu’il a l’impression que je l’ignore, que je traite mal mes invités, et qu’il va me détester, et à vrai dire, ce serait sans doute bien mieux comme ça.
Qu’il me déteste.
Quand Murphy part enfin avec Jasper, après tout le monde, je suis épuisé, soulagé et malheureux. Pour m’occuper l’esprit je range l’appartement et Octavia se moque de moi :
- Ça servait à rien de décorer, maintenant tu dois tout ranger.
Je suis un grand frère hyper mature. Je lui tire la langue.

Les choses reviennent à la normale quand on se retrouve à l’école. Murphy me salue à peine, il est avec un ami, il ne fait pas attention à moi, et c’est mieux comme ça. Sa place est avec les gens de son âge, pas avec le pervers que je suis. Je dis ça, et pourtant je continue à l’observer de loin. D’autres jours on vient à se parler, parce que Jasper me dit bonjour (et Monty aussi) et du coup, on se dit aussi bonjour, comment ça va, il fait froid aujourd’hui, à la prochaine. Une fois il n’est pas là et Jasper vient m’expliquer qu’il va dormir chez Monty et qu’il est trop content. Je vois alors la mère de Monty récupérer les deux mômes qui se tiennent tout droit, effrayé à l’idée de contrarier la bonne femme, qui me fait un grand sourire avant de s’éloigner.
Je suis déçu mais ça importe peu.

Et puis un jour, je sais pas comment ça se fait, mais on fait une partie du trajet ensemble, Octavia marche devant nous, Jasper tient sa main, et on est côte à côte tous les deux et c’est bizarre et super agréable. Je me sens tellement content que je peux pas m’empêcher de sourire même si je me déteste pour ça. Jasper, lui, il babille sans arrêt et Murphy émet quelques « hm » « oui oui » de temps à autre. Finalement, on arrive à un embranchement, celui où on se sépare.
- J’habite là, me dit Murphy en pointant sa maison du doigt.
- Et moi làààààààà, montre Jasper, la maison d’à côté.  
Ce sont deux petites maisons dans une rue très calme, collée l’une contre l’autre. Murphy se tait un instant, puis demande :
- Tu veux venir boire un verre ?
Je regarde Octavia, elle hausse les épaules.
- Okay, dis-je.
Je sais, je ne devrais pas, je suis une raclure qui ira en tôle un jour. Mais j’ai trop envie de voir comment c’est chez lui. Sauf qu’il ne m’emmène pas chez lui, mais chez Jasper. Alors je vois la maison du gamin :
- C’est mieux ici, explique Murphy, il y a tous les jeux de Jasper. Il pourra s’amuser avec Octavia.
Je hoche la tête, je suis gêné et je ne sais pas sur quel pied dansé, mais Murphy agit naturellement, il me sert à boire (du jus de fruit) et propose un goûter à Octavia et Jasper, il leur fait des tartines de Nutella puis quand ils ont fini de manger, nettoie les mains et la bouche de Jasper. Puis les deux petits vont jouer dans la chambre de Jasper. Nous laissant seul, Murphy et moi. Le silence s’installe petit à petit, mais pas comme quelque chose d’agréable, il est pesant et lourd. Et m’étouffe complètement.

xxx

(Murphy)

Bellamy, il me regarde beaucoup. Quand j’étais avec John l’autre fois, je pouvais sentir son regard sur moi. Avant je pensais que c’était parce qu’il était gêné par Jasper, mais je suis plus si sûr. Alors je lui ai proposé de venir boire un coup, comme pour le tester, comme pour me tester. Je l’ai pas emmené chez moi, pas fou, je voulais pas qu’il voit ma mère. Maintenant qu’on est là tous les deux seuls dans la cuisine de Jasper, on dirait qu’il ose plus me regarder, il fixe une tâche et boit doucement son verre, ça fait au moins un quart d’heure qu’il trempe à peine ses lèvres dedans comme s’il voulait jamais le finir.
Alors j’ai une question qui me taraude vraiment beaucoup, elle me gratte, elle me chatouille, elle me lâche plus. Bon après tout.
- Bellamy, je peux te demander un truc ?
- Hm ? Quoi ?
- Est-ce que tu m’aimes ?

À suivre.

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Swato
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Devant l'école (2)   Sam 2 Sep - 16:40

"C’est donc à ça que se résout l’amour des enfants, l’attachement ou non aux limaces" => ptdr mais j'adore quoi <3

OH MY GOD MAIS S'TE FIN DE CHAPITRE QUOI !!! SADIQUE !!

Plus sérieusement: je kiffe tjrs autant et jvois toujours autant les scènes en manga et j'adoooore l'ambiance <3 (jme répete désolé ><)

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Maeve
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Devant l'école (2)   Lun 4 Sep - 22:07

Murphy a pris des cours chez Xixi. XD

Les interactions entre Murphy et Jasper sont simplement adorables. Et déchirantes, par ce qu'elles sous-entendent vis-à-vis de leurs parents. Je suis contente qu'ils se soient trouvés.

Ton Octavia est excellente. XD Et Bell est toujours aussi mal barré, aha.

Maeve

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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Devant l'école (2)   

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