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 [Les 100 - UA] Devant l'école (4)

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On a eut pleins de belles journées, mais on a un seul Perry


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Maliae
Messages : 1685
Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [Les 100 - UA] Devant l'école (4)   Sam 2 Sep - 21:25

Fandom : Les 100
Prompt : Il fait froid, soudain.
Note : Bon ben voilà quoi.

***

4. Deux garçons.

(Bellamy)

J’ai bien dormi. Cela faisait quelques temps que je dormais mal, que j’avais l’esprit encombré par Murphy qui n’aurait pas dû être là, mais cette nuit c’est différent, j’ai dormi comme un bébé. Ça fait du bien. Je m’étire, puis je me tourne sur le côté et passe mon bras autour du corps à côté de moi. J’embrasse l’épaule dénudée, je caresse le ventre sur la couverture, j’entends un petit soupir et j’embrasse sa nuque. J’ai vraiment bien fait de me laisser aller, je n’ai aucun regret. Je n’aurais pas dû résister, j’aurais été soulagé bien plus vite.
- Bien dormi ? Je souffle à son oreille.
Elle se retourne et m’embrasse, puis ses mains se font caressantes :
- Il nous reste un peu de temps avant de devoir nous lever, murmure-t-elle.
Je lui souris.
- Bien sûr Gina, dis-je.
Elle me mordille les lèvres et ce qui se passe ensuite contribue à me détendre complètement.

xxx

(Murphy)

La vie a toujours été morne, je vois pas pourquoi ça serait différent de d’habitude. Emori essaie encore de me séduire mais ça ne m’intéresse plus. John me demande des nouvelles de la vieille bizarre, je lui ai répondu que j’avais laissé tomber. Il est venu à l’école avec moi, il a pas capté le type canon qui se faisait draguer par toutes les mères, il n’a pas compris.
Jasper a été le plus perspicace.
Je sais pas comment il a su. On rentre un soir, il me tient la main et bavarde comme toujours :
- Monty et moi on a prit une grande décision, me dit-il.
- Laquelle ?
Je me dis que ça va être un truc du genre « faire un château sur la lune quand on sera grand » ou bien « faire une immense partie de cache cache dans la forêt ». À la place il me sort :
- On va se marier ensemble !
- Quoi ?
- Ouais on a décidé ça, on va se marier et après on va avoir des bébés et on sera toujours ensemble.
- Tu sais comment on fait les bébés au moins ?
- Ouais super fastoche.
- Comment alors ?
- On se fait un gros câlin d’amoureux après être marié et hop le bébé il arrive !
Cette andouille me fait rire.
- C’est ça, ouais, me moqué-je.
Il est très fier d’avoir trouvé tout seul comme un grand comment on faisait les bébés.
- Et toi et Monty vous vous faites des bisous ? Demandé-je.
Jasper rougit, puis finit par avouer :
- Ouais dans les toilettes.
- Vous allez aux toilettes ensemble ?
- Ben oui. Dit-il comme si c’était logique.
- On était tout seul alors on s’est fait un bisou sur la bouche.
- Et t’a aimé ça ?
Jasper hoche la tête.
- Alors comme ça, t’es amoureux de Monty.
- Oui !
Je suis pas si étonné que ça, j’ai même pas envie de le taquiner sur le fait qu’il n’est qu’un gamin, parce qu’au moins ils sont honnêtes envers leur sentiment. Et pourquoi les gamins auraient pas le droit d’aimer hein ?
Sale con de Bellamy.
- Et toi t’es amoureux de Bellamy, ajoute alors Jasper sans que je le vois venir.
Je m’arrête au milieu du trottoir.
- Qu’est ce que t’as dis ?
- J’ai dis que t’étais amoureux de…
- Et qu’est ce qui te fait dire ça ? Demandé-je en recommençant à marcher.
- C’est super facile à deviner, tu es toujours content quand il te parle, et tu es toujours triste quand il te parle pas. En ce moment t’es souvent triste.
- Je peux pas être amoureux de Bellamy, dis-je, il est trop vieux pour moi.
- Je comprends pas trop, dit Jasper. Il est trop vieux comment ?
- Il va plus à l’école, il a déjà un travail.
- Ça fait quel âge ?
- Vingt ans.
Jasper se met à rigoler :
- Il n’est pas vieux du tout alors, mes parents ont trente-sept ans, eux ils sont très vieux.
Je soupire. Si seulement Bellamy pouvait voir les choses de cette façon.
- Mais pour lui, je suis trop jeune, insisté-je.
- Parce que tu vas encore à l’école ?
- Oui.
- Alors c’est super simple fifi.
- Quoi, qu’est ce qui est simple ?
- Tu dois arrêter d’aller à l’école.
Cette idée débile vient bien d’un gamin de huit ans tiens. J’éclate de rire.
- T’as raison Jasper, c’est vraiment simple.

xxx

(Bellamy)

Maintenant je sors avec Gina, on se voit de temps en temps le soir. J’ai trouvé une baby-sitter pour garder Octavia et ça m’a fait penser à Murphy malgré moi. Mais j’ai déjà décidé d’oublier Murphy. Devant l’école on ne se parle plus, en fait je parle surtout à Gina maintenant, on ne s’embrasse pas devant tout le monde, mais je crois que c’est plutôt évident qu’on est ensemble. C’est bien que ce soit visible, ça aidera Murphy à abandonner plus facilement. J’espère qu’il ne retournera pas vers Emori pour oublier, j’espère qu’il va trouver une bonne personne (et pourtant cette idée me sert le cœur, mais je dois la surmonter). Gina et moi, on va bien ensemble. Elle est gentille, drôle, on s’entend bien. Je la connais bien mieux que je ne connaissais Murphy, par exemple je sais la musique qu’elle écoute, je sais sa couleur préférée, je sais qu’elle aime lire. Et elle sait beaucoup de choses aussi sur moi.
Ce qui s’est passé avec Murphy (d’ailleurs, il ne s’est rien passé) c’était une bêtise, une erreur. Nous ne connaissions rien l’un de l’autre, il n’y avait aucune raison pour nous de nous aimer.

Octavia aime bien Gina, c’est le plus important aussi. Elle n’aime pas trop son fils, ils se disputent souvent parce que le gamin prend ses jouets. Mais à part ça, tout se passe bien, tout va vraiment vraiment bien. Je me sens beaucoup mieux. Je ne me prends plus la tête.
Il n’y a rien à regretter.

Et Murphy ne me manque pas.
Je ne le cherche pas du regard des fois. Je ne suis pas déçu quand je ne le trouve pas. Je ne me sens pas triste quand Jasper vient me dire bonjour et repart vers Murphy. Je n’espère rien du tout. Je n’attends rien non plus. Rien du tout.

- Bell ?
- Hm ?
- Est-ce que t’es amoureux de Gina ? Me demande Octavia un soir alors qu’on est tous les deux.
- Pourquoi ? Tu ne l’aimes pas ?
- Si je l’aime bien, dit-elle. Mais tu sais Lucas il dit que t’es pas son papa.
Lucas c’est le fils de Gina.
- Il dit que son papa il est en voyage.
- Ah bon, il dit ça ?
- Oui.
- Tu sais O, c’est parce que je suis pas le papa de Lucas, c’est vrai. Sa maman et son papa sont séparés, ils s’aiment plus.
- Mais toi tu es amoureux de Gina ? Insiste ma sœur.
- Je me sens bien avec elle, lui répond-je finalement.
Octavia s’énerve :
- C’est pas ce que je demande ! Est-ce que t’es amoureux de Gina ?
Qu’est-ce que je peux répondre à ça ? Je peux juste dire la vérité. J’attrape ma petite sœur et je commence à coiffer ses cheveux pour lui faire une natte. Finalement j’avoue :
- Non O, non, je ne suis pas amoureux d’elle.
- Alors pourquoi t’es avec elle ?
- Parce que des fois, l’amour ça suffit pas. Parce que des fois, les adultes ont envie d’être ensemble sans même s’aimer.
Octavia reste silencieuse. Je prends un élastique qui traine sur la table basse pour accrocher ses cheveux. Puis elle finit par dire :
- Tu vas faire comme maman ?
- Quoi ?
- Tu vas faire comme maman ? Tu vas partir avec quelqu’un un jour ?
Je tourne doucement Octavia pour qu’elle me regarde. Je laisse mes mains sur ses épaules. Je la regarde droit dans les yeux.
- O, jamais je t’abandonnerai. Jamais. Je te le promets. Même si je tombe amoureux, tu passeras toujours en premier pour moi.
Elle passe bras autour de mon cou.
- D’accord, je te crois. Dit-elle.
Je la serre dans mes bras.
- Je t’aime O.
- Je t’aime aussi Bell. Et si un jour tu tombes amoureux, tu me le diras, promis ?
- Promis.
Et désolé O, de ne pas pouvoir tenir cette promesse. Pas maintenant. Plus tard. Une autre fois.

xxx

Les parents de Jasper sont rentrés plus tôt. Pour dîner avec lui. Jasper s’est transformé en étoile filante tellement il était heureux, il a sauté sur sa mère, puis sur son père, il m’a à peine dit au revoir. Je ne suis que son baby-sitter après tout. Je suis rentré chez moi. J’ai pensé à Bellamy qui était agrippé au bras d’une bonne femme, comme tout le temps en ce moment, toujours la même. Je la hais, parce qu’elle est assez vieille pour lui plaire, qu’il la voit comme une femme, pas comme une gamine. Je la déteste et je me déteste d’avoir que quatorze ans. J’ai jamais eu autant envie de grandir plus vite. Comment faire pour qu’il ne me voit pas comme un gosse ? Mettre une fausse barbe, des semelles compensées et lui dire des conneries ?
Non laisse tomber John, ça ne marchera jamais.

Pourtant j’ai pas l’impression d’être si jeune que ça. Surtout quand je vois ma mère étalée par terre, serrant une bouteille d’alcool comme si c’était un doudou. Je soupire.
- Maman, lève-toi, je vais te préparer quelque chose à manger.
- Pas faim, marmonne-t-elle.
- Je vais quand même te faire quelque chose, un truc facile à avaler.
- Met de l’alcool dedans.
- Non.
- Comme tu veux.
Je la laisse trainer par terre et je vais dans la cuisine. Je prépare un truc vite fait. J’ai l’habitude, normalement c’est pour Jasper que je fais ça. Il me réclame toujours les trucs qu’il aime :
- Des frites.
- De la purée.
- Des pâtes avec des knackies !
Et moi je râle et je fais l’adulte :
- Et les légumes hein ?
- C’est pas booooooooooon.
J’ai fait du riz bouilli, j’ai soulevé ma mère pour l’asseoir sur le canapé. Elle est plus grande que moi, mais pas si lourde, vu qu’elle est toute maigrichonne à force de boire au lieu de manger.
- Tiens maman.
Et je lui donne la becqué comme si j’étais son père.
Y a bien que Bellamy pour me voir comme un gosse, sérieusement.

Je vais l’aider à se coucher ensuite. Je lui retire sa bouteille qu’elle a pas lâché. Je la borde. En cinq minutes elle ronfle. Et je me sens vraiment épuisé. Je me laisse tomber au pied du lit, assis, je replis mes jambes et pose mon front sur mes genoux. Je me sens seul, je me sens seul, je me sens seul. Je suis à deux doigts d’appeler Emori, elle au moins elle me comprendrait, elle saurait ce que je ressens. Elle saurait…
Je sors mon portable pour composer le numéro que je connais par cœur quand j’entends la porte d’entrée claquer. Je l’ai pas fermé à clé, j’ai oublié. Je me mets à flipper. Je cherche une arme un truc et je trouve que la bouteille de ma mère. Puis je sors de la chambre sur la pointe des pieds. J’entends des bruits de pas dans le salon, j’y vais la bouteille en l’air, prêt à frapper l’intrus. Jusqu’à ce que le dit intrus remarque ma présence et gueule :
- Fifiiiii !
Avant de me sauter dessus bras tendu et de m’enlacer. Je pose la bouteille par terre et je serre Jasper contre moi.
- Qu’est-ce qu’il y a petite tête ?
- Je veux que tu viens me raconter une histoire.
- Demande à tes parents !
- Y font déjà dodo, y zont dit que j’étais grand et que j’avais qu’à lire tout seul.
- Et pourquoi tu l’as pas fait ?
- Parce que je veux mon histoire du soir et mon bisou.
- Ils t’ont pas fait de bisous ?
- Non.
Je soupire. Je porte Jasper contre moi, en tenant ses cuisses. Il enfouit son visage dans mon cou. Je l’emmène jusque chez lui, il est lourd, mais je ne le lâche pas. Une fois dans sa chambre, j’allume la lampe de chevet et le pose sur son lit bateau pirate. Ses parents ont super bien décoré sa chambre, ils lui achètent toujours pleins de trucs, mais ils sont juste jamais là pour lui. S’ils l’étaient, ils sauraient que Jasper aurait préféré un lit « la reine des neiges ».
- Tu veux quoi comme histoire ?
- Cendrillon !
- Je te l’ai déjà lu dix mille fois.
- Encore une fois steuplet steuplet steuplet.
Je soupire :
- Tu sais que dans la réalité ça ne se passe pas comme ça hein, le prince il en a rien à foutre de la fille qui fait la bonniche, lui il épouse une princesse riche qui le rend encore plus riche et puissant, et tout le monde applaudit.
- Tu connais un prince ?
- Non.
- Alors comment tu sais ?
Je souffle.
- Bon laisse tomber. Lisons Cendrillon.
Il applaudit et pose sa tête sur l’oreiller, les yeux grands ouverts, super attentif, et je lui lis Cendrillon. Il le connaît tellement par cœur, qu’il dit certaines phrases avant moi. Je roule des yeux. Puis je lis le mot fin :
- Maintenant dodo.
Il est déjà tout endormi. Je lui fais un bisou sur le front et il me tient la main :
- Tu restes un peu ? Le temps que je m’endorme d’accord ?
- D’accord.
Il est content et il ferme les yeux. Il lui faut moins de cinq minutes pour s’endormir, mais je reste plus longtemps. Je me sens moins seul ainsi. Je me souviens pourquoi je ne veux plus appeler Emori. Peut-être qu’elle ne me comprend pas tant que ça, finalement.
Sans m’en rendre compte, je m’endors dans le lit auprès de Jasper.
Bon d’accord, peut-être que des fois, je ne suis qu’un enfant.

xxx

(Bellamy)

Par hasard, j’ai appris que le meilleur ami de Murphy s’appelait John comme lui. Par hasard encore, j’ai entendu que Murphy aimait les films d’horreur.
Je ne veux pas en apprendre plus.
Je veux tout savoir.

xxx

Aujourd’hui Monty est venu chez Jasper. Il a fallu longtemps pour réussir à convaincre la mère de laisser son cher fils aller chez ce sauvage, mais on a fini par avoir gagne cause. Les parents de Jasper ne rentrent pas cette nuit alors c’est moi qui m’occupe des deux monstres. Monty et Jasper sont intenables, ils sautent partout, et ont déjà cassé une lampe à faire les cons.
- Calmez-vous où je vous fais dormir dehors !
- Woh trop cool, s’exclame Jasper.
- On va vraiment dormir dehors ? Demande Monty.
- On pourra regarder les étoiles.
- Oui et si on voit une étoile filante on fera un vœu
- Y a pas d’étoile filante en hiver, je m’énerve. Et non vous n’allez pas vraiment dormir dehors, c’était censé être une menace !
J’installe un matelas dans la chambre de Jasper, et bien sûr Jasper se couche avec Monty dessus :
- C’est comme si on campait.
Je le laisse faire, ça n’a pas d’importance. Je leur lis deux histoires, une choisie par Jasper, une choisie par Monty, et je leur fais un bisou. Et ensuite je suis obligée de revenir dix fois dans la chambre pour leur dire de se taire et de dormir !
Je dors sur le canapé de mon côté.

Je me réveille le matin, je réveille les sales mômes, ils sont excités presque tout de suite. Ils s’habillent et j’attrape Jasper pour le coiffer.
- Tes cheveux commencent à être long je dis.
- Pas aussi long que ceux de Finn, ils tombent jusque sur ses épaules ses cheveux.
- Ah ouais.
Je lui fais un palmier sur la tête et Jasper est content. Monty vient timidement vers moi et je lui dis :
- Toi aussi tu veux une couette ?
Il hoche la tête, et je le coiffe avec une petite couette sur le côté. Il a les cheveux plus court que Jasper alors la couette est toute petite mais c’est mignon. Jasper ça le fait marrer :
- Ça te va super bien Monty.
Et Monty rougit. Alors Jasper l’embrasse simplement sur la bouche. Et Monty rougit encore plus.
- Ma maman elle a dit que deux garçons pouvaient pas s’embrasser et être amoureux et se marier, avoue-t-il.
- Bah c’est pas vrai, boude Jasper. Deux garçons y peuvent faire ça. La preuve.
Et Jasper l’embrasse encore.
- Tu vois ? T’es pas en train de fondre ? Donc c’est qu’on peut.
La logique de Jasper est tout simplement parfaite. Monty me regarde et je lui souris :
- Bien sûr que des garçons peuvent s’embrasser, être amoureux et se marier. Y en a pleins qui le font.
Monty paraît rassuré et embrasse la joue de Jasper.
- Bon c’est fini les bisous ! On va manger maintenant.
Franchement je suis un peu jaloux d’eux. Pour eux ça a l’air juste vraiment simple. Ils se prennent la main, et ils se font des bisous et ça fonctionne. Peut-être que la mère de Monty est une connasse homophobe, mais en attendant elle n’a toujours pas réussi à les séparer, parce qu’ils en ont un peu rien à foutre de ce que les grands racontent. Ils veulent juste être ensemble et ils le sont.
Pourquoi Bellamy et moi ça peut pas être pareil ? Parce qu’on a six ans de différence ? Parce que je suis encore au collège et qu’il a vingt ans ? Et si moi je suis d’accord avec ça, est-ce que c’est vraiment mal ? J’imagine que oui. Que peut-être que c’est mal quand même. Que les gens le verront d’un mauvais œil et maltraiteront Bellamy.
Et pourtant, je peux pas m’empêcher de penser à lui.

J’emmène les petiots à l’école primaire, avant de me rendre au collège. John m’accueille, Emori veut me parler. Je n’en ai pas envie moi.
- Ressortons ensemble, me dit-elle, j’accepterai Jasper, je ne lui ferai plus jamais de mal, je te le jure. C’est ma faute, je l’admets, et je n’aurais jamais dû réagir comme ça et te larguer. Je voulais te punir mais c’est moi que je punissais. Je veux être avec toi John, laisse-moi une autre chance.
Je lève un sourcil, puis je hausse les épaules :
- J’ai pas envie.
- John…
- Je ne t’aime plus.
- Tu peux pas me dire ça, tu sais à quel point on se comprends, à quel point on se complète. Avec qui tu pourras retrouver ça ?
- Personne, j’admets. Avec personne.
- Alors, tu vois, on est fait l’un pour l’autre.
- C’est sans doute vrai, dis-je. Mais je n’ai plus envie d’être avec toi.
Puis je plante le couteau :
- J’aime quelqu’un d’autre.
- Ah oui, John m’a parlé de ça, une vieille bonne femme de vingt c’est ça ?
- Ah, il a dit ça, souris-je.
- Ouais il l’a dit, mais je le crois pas.
- T’as raison de pas le croire.
- Oui, parce que tu m’aimes moi, parce que tu peux pas me remplacer par une autre garce plus vieille.
- Non, dis-je. Parce que c’est un homme.
Je lui ai cloué le bec, elle est incapable d’ajouter quoi que ce soit. Et quelque part ça me fait plaisir de la voir perdre tous ses moyens d’un coup, douter. Comprendre que peut-être elle se trompe, que peut-être elle m’a vraiment perdu.
Je lève le nez et je passe devant elle avec un sourire en coin.

Ce soir-là, je suis de tellement bonne humeur que je me sens invincible. Je marche droit vers Bellamy, j’ignore la meuf qui lui tient le bras.
- Tu veux bien rentrer avec moi ce soir ?
Et je mens :
- Jasper t’a réclamé.
Je sens que ça le touche. Il n’a pas envie de blesser Jasper, ça se voit bien, peut-être même qu’il a envie de rentrer avec moi. Il se tourne vers la bonne femme et lui dit :
- Ça te dérange si ce soir on ne se voit pas ?
- Qui est Jasper ?
- Un ami d’O, elle sera contente de passer un peu de temps avec lui.
- Et puis moi avec toi, dis-je, grand-frère, ajoutai-je avec beaucoup d’ironie dans la voix.
Il me regarde et je ne le quitte pas des yeux. Il se mord les lèvres, je pense à ce moment où j’ai failli l’embrasser. Peut-être qu’il y pense aussi. La bonne femme accepte de le laisser tranquille pour la soirée, c’est ça, qu’elle dégage la vieille.
Elle s’éloigne avec son gosse. Je suis toujours en train de regarder Bellamy quand Jasper me saute dans les jambes :
- Oh nooon t’es déjà là, je veux rester avec Monty, steuuuuuplet !
- On rentre avec Bellamy ce soir, c’est lui qui décide, je dis à Jasper tout en continuant de regarder Bellamy.
Il hausse les épaules et détourne les yeux quand sa petite sœur arrive. Jasper glousse et s’exclame à mon encontre :
- Ce soir on rentre avec ton amoureux !
Des fois je hais les gosses.

xxx

J’ai le cœur qui bat trop vite, les yeux de Murphy ne veulent pas me lâcher, les paroles de Jasper me brûlent, et pourtant j’ai déjà tourné le dos à tout ça. Je regrette d’avoir accepté la proposition de Murphy, ce n’était pas une bonne idée. Je regarde Jasper mais je sens toujours les yeux bleus posés sur moi.
- Je ne suis pas son amoureux. Dis-je pour que les choses soient clairs.
- Si on se marie et qu’on se fait un gros câlin d’amoureux, on aura des bébés, lâche Murphy avec un sourire en coin.
J’ai les joues qui me brûle et je les cache derrière ma main.
- Quoi ?
- C’est Jasper qui me l’a expliqué, n’est-ce pas Jasper ?
- Oui c’est trop vrai. Ah attend, y a Monty qui s’en va, je vais lui dire au revoir.
Jasper court dans les bras de son meilleur ami et l’embrasse pile sur la bouche. Alors la mère de Monty lui choppe violemment le bras et le gifle devant tout le monde. Il fait vraiment froid tout à coup. La claque résonne et tout le monde regarde la scène sans tout à fait comprendre ce qu’il vient de se passer. À part moi. À part Murphy qui se crispe à côté de moi. Je le sens sur le point d’éclater alors je pose sa main sur son épaule :
- Reste calme.
Il bouge les épaules pour que je retire ma main et s’approche de la mère de Monty :
- Touchez encore une fois Jasper et je vous éclate la gueule.
- Quelle manière de parler aux adultes ! On voit que vous et Jasper n’avez reçu aucune éducation.

xxx

(Murphy)

J’ai vraiment envie de la frapper cette sale conne. Jasper se frotte la joue et retient ses larmes. Bellamy s’approche pour intervenir. Et finalement c’est Monty qui réagit avant lui. Il attrape Jasper par la nuque et pose sa bouche sur la sienne. Et il appuie, il appuie, il appuie, le bisou n’en finit plus. Et la mère pâlit, choppe son fils, lui tort à moitié le bras pour qu’il arrête et elle doit tirer Monty en arrière de force. Après ça elle lui hurle dessus et lui met deux grosses baffes. Ce sont les professeurs qui interviennent cette fois-ci. Ils demandent à la mère de se calmer et de relâcher son fils, qu’elle lui fait mal.
- Vous n’allez pas me dire comment éduquer mon enfant.
- Non, mais s’il vous plaît, vous êtes devant une école, et vous vous montrez violente envers votre fils. Devant d’autres enfants. Nous sommes obligés d’intervenir.
La mère se met à rougir de honte quand elle comprend à quel point son comportement ne colle pas, elle relâche le bras de Monty, mais lui prend la main de force, puis elle nous ignore et relève le nez :
- On y va. Jasper ne viendra plus jamais à la maison.
Monty nous fait un petit coucou triste. Quand elle est loin, Jasper marmonne :
- Sale conne.
Et je ne songe même pas à le reprendre sur le gros mot.
Parce qu’il a raison.

xxx

Le chemin du retour est assez silencieux. La scène qui vient de se passer nous as un peu tous chamboulé. Murphy tient la main de Jasper dans la sienne et l’autre est serrée en poing. Il donne l’impression d’avoir envie de frapper. Finalement c’est Octavia qui ouvre la bouche pour demander :
- Je comprends pas pourquoi la maman de Monty elle a frappé Jasper et Monty ?
- Parce qu’ils se sont embrassés, dis-je.
- Pourquoi ? C’est mal de s’embrasser ?
- Non ce n’est pas mal, soupiré-je, mais certaines personnes pensent que deux garçons ou deux filles ne peuvent pas s’embrasser. Et la maman de Monty pense comme ça.
- Mais moi j’aime Monty, s’exclame Jasper.
Puis il fond en larmes. Il devait se contenir depuis qu’il a reçu une baffe. Murphy pose sa main sur sa tête et le décoiffe pour le consoler.
- Pleure pas pleurnicheur.
- Mais elle a dit que je viendrais plus jamais à la maison de Monty.
- Alors c’est Monty qui viendra d’accord ?
Jasper hoche la tête et essaie d’essuyer ses larmes. Je pense que Murphy ment, Monty n’aura sûrement pas le droit d’aller chez Jasper, mais c’est pas le moment de lui dire. Murphy s’arrête finalement puis il essuie les joues de Jasper avec sa manche.
- Si tu aimes vraiment Monty tu vas devoir être très courageux d’accord ?
- D’accord.
- Il y a des gens méchants qui vont vouloir vous faire du mal et vous séparer.
- Comme la maman de Monty ?
- Oui. Mais toi et Monty vous allez être très courageux, et vous pourrez rester ensemble pour toujours.
- C’est promis ?
- C’est promis.
En fait je me dis que Murphy n’en sait rien, mais je le regarde faire, et mon cœur se serre. Il a l’air vraiment triste et fatigué. J’ai l’impression qu’il doit porter des poids et qu’un autre vient de s’ajouter sur ses épaules. Pourtant il se relève, il me défie du regard, puis il recommence à marcher. Et avant que je comprenne ce qu’il fait, il attrape ma main et la serre dans la sienne.
Et je dois enlever la mienne.
Je devrais le faire.
Je vais le faire.

Je lui laisse ma main et serre ses doigts.

À suivre.

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Maeve
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Devant l'école (4)   Mar 5 Sep - 21:02

Ton Jasper est juste génial. Quant à la mère de Monty... -___-

Bell, s'il te plaît. Que ton lien avec Murphy ne soit pas physique, soit. Mais ne le laisse pas tout seul. Il a besoin d'un allié ou il va craquer. Il ne peut pas tout porter tout seul. TT

J'adore voir la famille se construire progressivement : Murphy et Jasper en forment déjà une d'un côté, et Bell et Octavia aussi bien entendu... Mais les liens se resserrent doucement. Et Monty est là aussi, ne l'oublions pas. Wink

Maeve

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