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 [Les 100 - Mega gros spoil saison 2 complète] Six ans et demi.

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On a eut pleins de belles journées, mais on a un seul Perry


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Maliae
Messages : 1657
Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [Les 100 - Mega gros spoil saison 2 complète] Six ans et demi.   Sam 25 Juin - 16:41

Fandom : Les 100
Prompt : C'était la dernière chose à faire.
Note : Jonty (enfin... pas dans ce chapitre), normalement ça devait être un OS,mais pas le temps alors je coupe en deux tant pis, je continuerai demain. Ah et j'ai pas relu, pas eu le temps. J'espère que ça vous plaira. Ce premier chapitre est assez triste,mais ça devrait s'améliorer au fur à mesure, promis.

***

Ils retrouvèrent Monty sous un tas de cadavres. Ils étaient recroquevillés sur lui-même, les dents qui claquaient et les yeux grands ouverts sur un autre monde que celui-ci. Il était vivant, mais visiblement en état de choc. Ils n’eurent aucun mal à le soulever du sol, mais il ne répondit à aucune de leurs questions quand ils demandèrent ce qu’il s’était passé. Bellamy (qui faisait partie de l’équipe) ne l’avait jamais vu comme ça. Les autres connaissaient assez peu Monty, mais ils pouvaient facilement voir que l’adolescent était traumatisé. Et en même temps qui ne le serait pas ? Seul survivant d’un massacre ? Planqué sous des morts ? Le sang de leurs blessures recouvrant Monty. Il en avait sur lui, sur ses mains, son visage, ses cheveux. Peut-être que ça avait été une stratégie, un moyen de survivre, jouer aux morts pour qu’on ne le tue pas, mais tous les autres s’étaient fais tuer, et ne restait que la culpabilité d’être encore en vie.
Sauf que ce qui s’était réellement passé, seul Monty pourrait le dire et il n’était pas en état de parler.

Ils le ramenèrent à Arkadia sans qu’il n’ait aucune réaction. Monty avait les yeux dans le vide, et quand Abby l’examina, il se laissa faire sans opposer la moindre résistance. Réagissant à peine quand elle lui mit une lumière dans les yeux pour essayer de le sortir de l’intérieur de lui-même. Elle lui servit une tisane, quelque chose pour l’apaiser. Monty accepta de boire mais ne parla pas, n’eut pas l’air plus présent. Son corps semblait bouger sans avoir besoin de son esprit, connaissant les gestes par cœur sans y réfléchir.
Abby le fit ensuite s’allonger sur une des couchettes de l’infirmerie, le recouvrit d’une couverture et le laissa se reposer. Monty garda longuement les yeux ouverts, avant que la fatigue n’ait raison de lui et qu’il ne s’endorme.

Bellamy demanda à Abby comment il allait.
- Il est en état de choc.
Il n’avait pas besoin d’elle pour le savoir.
- Il va s’en remettre ?
- Je ne sais pas, il lui faudra peut-être du temps et du soutien. Où est Jasper ?
- Vous comptez sur Jasper pour le soutenir ?
- C’est son meilleur ami, je ne vois pas de meilleure personne pour ça.
- Vous avez vu l’état de Jasper en ce moment ? Il n’est pas en état de soutenir qui que ce soit, il n’arrive pas à se soutenir lui-même.
- Peut-être que justement ça lui fera du bien, ils pourront se soutenir mutuellement.
- Je ne pense pas que Jasper ait très envie de soutenir Monty dans tous les cas, ils ne sont pas vraiment les meilleurs amis du monde ces derniers temps.
Abby fronça les sourcils :
- Et bien il faudra peut-être que Jasper se force, on ne peut pas laisser Monty comme ça.
Bellamy soupira :
- Je vais essayer de lui parler, dit-il.
- Merci Bellamy.

xxx

Jasper avait vaguement entendu les rumeurs, Monty était revenu, il y avait eut un massacre. Sérieux, ça l’avait fait rire.
Monty et un massacre. Quelle bonne blague.
- Vous devriez l’empêcher de sortir, ça va devenir une habitude sinon.
On l’avait regardé de travers. Bah quoi ? C’était vrai ! Monty était le roi pour les massacres non ? Il était responsable de la mort des montagnards et de celle de Maya. Et voilà que maintenant on le trouvait sur les lieux d’un autre carnage. Quelle ironie.
Bellamy le retrouva alors que Jasper en était à son… Combientième verre ? Il n’en savait plus rien, il ne les comptait pas. On comptait les moutons, pas les verres. Peu importe, il boirait jusqu’à tomber, pas besoin de compter. C’était plus efficace que les moutons, ça c’était sûr.
- Monty est en état de choc, lui dit Bellamy.
Jasper leva un sourcil et bu un autre verre. Il voulu s’en resservir un nouveau mais Bellamy lui vola la bouteille.
- Rends moi ça.
- Je te parle de Monty, il va mal.
- Et alors ? Qu’est ce que tu veux que ça me fasse ?
Bellamy eut franchement envie de le frapper, de le secouer, et de le frapper à nouveau.
- Alors c’est Monty, ton meilleur ami tu te rappelles ?
- Tu veux dire avant ou après qu’il butte Maya ?
- Il ne l’a pas… Enfin pas exactement. C’est Clarke et moi qui avons appuyé sur le bouton au final.
Jasper lui jeta un regard noir, peu importe l’alcool qui lui coulait dans les veines, il paraissait soudain de glace.
- Jasper…
- Dégage Bellamy, laisse moi tranquille.
- Tu iras voir Monty ?
- Non.
- Tu es sûr que c’est ce que tu veux ?
Jasper ne répondit pas et tendit la main pour que Bellamy lui rende la bouteille.
- Tu devrais arrêter de boire, souffla Bellamy.
- Vous avez tué la personne que j’aimais, tout ce que je demande, c’est qu’on me laisse boire, rends moi cette bouteille.
Bellamy n’avait pas envie de se battre, ça ne servait à rien. Il rendit la bouteille à Jasper, qui continua de s’alcooliser. C’était peine perdue, Jasper ne viendrait pas en aide à Monty, à moins d’un miracle.
Et depuis qu’il était sur terre (ou même bien longtemps avant), Bellamy ne croyait plus aux miracles.

xxx

Jasper fut réveillé par un hurlement. Il avait sombré peu après la conversation avec Monty, dont il ne se rappelait que des bribes, à moins qu’elle n’ait jamais vraiment eu lieu, il n’était plus sûr. Parfois il se faisait des conversations tout seul, des conversations où il insultait Monty et Bellamy de tous les noms qu’il connaissait avant de leur cracher sa haine au visage. A moins que ça ait vraiment eut lieu ? Il confondait tout par moment, l’alcool n’aidait pas à garder prise dans la réalité. Et c’était exactement ce que Jasper désirait, ne pas rester coincé dans cette réalité trop blessante et douloureuse.
Le hurlement se répéta et Jasper grogna. Il avait mal au crâne, mais il réussit à se lever quand même. Il se traîna jusqu’à un point d’eau et en fit couler sur son visage, pour essayer d’éloigner le mal de crâne. Quelques minutes plus tard, Octavia vint le chercher. Si Jasper avait du mal avec la présence de Bellamy, celle de sa sœur était beaucoup plus supportable. Elle posa gentiment une main sur son épaule et il la laissa faire :
- Comment tu te sens ? Demanda-t-elle.
Il se passa une main sur son crâne rasé d’un air un peu nonchalant, sans répondre. C’était une question rhétorique, elle savait la réponse, elle ne demandait que par gentillesse, ou politesse, ou les deux.
- Dis moi Octavia, est-ce qu’on égorge quelqu’un en ce moment ?
Il parlait des hurlements.
- C’est Monty, répondit-elle en comprenant de quoi il parlait.
Jasper eut un rire :
- Vous égorgez Monty ? Fallait m’inviter au spectacle.
Octavia n’eut pas l’air de se marrer.
- Jasper, dit-elle d’un ton énervé.
- Oh ça va, si on peut même plus plaisanter.
- Ce n’est pas drôle !
- Bon, il a quoi Monty ? Il s’est vu dans un miroir ?
- Non, soupira Octavia, on ne sait pas. Ce matin il s’est réveillé, a eu peur en voyant Abby et Bellamy, il a crié et s’est caché. Il refuse de sortir de sous la table où il s’est mit.
Jasper bailla comme si ça ne l’intéressait pas.
- Et quel rapport avec moi ?
- Il te réclame.
- Pourquoi ?
- J’en sais rien moi. Ecoute, va le voir. Il paraît qu’il est dans tous ses états.
- Pas envie.
Octavia eut l’air réellement agacé d’un coup :
- Si tu ne veux pas y aller de gré, je peux aussi t’emmener de force.
Jasper but un peu d’eau et se mouilla une nouvelle fois le visage. Puis il essuya ses mains sur son pantalon.
- Allons-y, dit-il.
Octavia fut soulagé qu’il veuille bien venir de lui-même, elle n’avait pas envie de se montrer violente avec lui. Jasper allait mal et il était son ami, elle aurait voulu pouvoir l’aider plus qu’elle ne le faisait, mais pour le moment Monty était la priorité.
Bellamy les attendait devant l’infirmerie, et Jasper se raidit en le voyant. Bellamy lui fit un petit sourire :
- Content que tu sois venu.
Jasper ne répondit pas, mais fit un geste brusque quand Bellamy prit son bras pour l’emmener avec lui.
- Je peux marcher tout seul !
Il s’éloigna de Bellamy et entra dans l’infirmerie. Octavia échangea un regard avec son frère.

Monty était recroquevillé sous la table et pleurait. Non, rectification, il ne pleurait pas, il braillait, et entre ses pleurnicheries il appelait Jasper. Celui-ci s’accroupit devant lui l’air blasé :
- Je suis là, qu’est ce que tu veux ?
Monty se tut d’un coup et écarquilla les yeux, de grosses larmes continuant de couler sur des joues rouges de pleurs. Il avait de la morve pleins le nez, qui dégoulinait sur ses manches, mais il semblait s’en fiche totalement.
- T’es pas Jasper, dit-il.
- Quoi ?
- Jasper il est pas moche et vieux comme toi.
Jasper leva les yeux au ciel d’un air blasé :
- Qu’est ce que tu racontes ?
- La verité ! Dit Monty.
- C’est moi Jasper, putain fais pas chier, dis moi ce que tu veux avant que je t’abandonne là.
- T’es pas Jasper ! Cria Monty.
- Alors c’est qui Jasper ? cria Jasper encore plus fort.
- Ben c’est pas toi, dit Monty plus calmement. Je le sais, Jasper c’est mon meilleur ami et il te ressemble pas du tout.
- Il ressemble à quoi ? Soupira Jasper se demandant pourquoi il rentrait dans ce jeu merdique.
- Il est tout petit Jasper, il a pleins de cheveux et il est très gentil ! Toi t’es juste un vieux méchant…
Monty fronça le nez :
- Et en plus tu pues !
Jasper perdit patience, attrapa Monty par le col et le tira en avant.
- Okay tu m’as fais venir, et je suis venu, alors maintenant t’arrête tes conneries, tu sors de là et tu fais pas chier.
Monty se remit à hurler, de colère mais également de peur.
- Non lâche moi, lâche moi, sale méchant ! Je veux Jasper.
Bellamy prit les bras de Jasper pour qu’il relâche Monty et ce dernier alla se recroqueviller encore plus sous la table, l’air effrayé. Il se remit à pleurer, appelant sa maman cette fois-ci. Sauf que cette dernière était morte, une équipe avait retrouvé son corps dans le village où avait eu lieu le massacre, où ils avaient retrouvé Monty. Jasper était énervé :
- Je n’aurais pas dû venir, qu’il reste là, je m’en fous.
Il entendit Monty ronchonner entre ses larmes :
- Jasper il est plus poli que toi.
Jasper grogna.
- C’est moi Jasper !
- Menteur !
Monty prononça une phrase entre ses dents. Bellamy, Octavia et Abby ne comprirent pas ce qu’il disait, mais Jasper fronça les sourcils. Il s’accroupit à nouveau, fixant Monty, et lui répondit quelque chose, d’aussi incompréhensible pour les autres.
Monty arrêta de pleurer d’un coup.
- Comment tu sais parler le JaMon toi ?
- C’est nous qui l’avons inventé, je me souviens encore de quelques trucs.
C’était un langage qu’ils avaient mis au point sur l’Arche quand ils étaient gamins, pour pouvoir parler sous le nez des adultes sans qu’on ne les comprenne. Ca faisait des années qu’ils ne l’avaient pas utilisées, mais Jasper se rappelait toujours de la plupart des mots. Ce n’était pas si compliqué, juste un langage enfantin. La plupart des mots étaient un simple mélange de syllabes, par exemple « vaisseau » se disait « sové ». Pour autant, personne n’avait jamais réussi à les décoder, ou personne n’avait pris le temps d’essayer.
Monty se pencha un petit peu vers Jasper et demanda :
- Jasper ?
- Oui c’est moi.
- Mais… Je ne comprends pas. Tu es tellement grand.
Jasper leva les yeux au ciel :
- Pas plus qu’hier, grogna-t-il.
Monty secoua la tête :
- Oh si ! Beaucoup beaucoup plus. On dirait que tu as cent ans, pas six ans.
- Quoi ?
- On dirait que tu as cent ans, pas six ans. Répéta Monty l’air innocent.
- J’ai quel âge ?
- Six ans presque et demi.
- Et toi ?
- Six ans et demi !
Jasper se frotta les tempes l’air vraiment agacé et soudain il explosa :
- Je ne joue plus Monty, maintenant tu sors de là et tu arrêtes tes conneries où je te jure que je te cogne !
Monty se mit à quatre pattes et sortit de sous la table, l’air absolument pas effrayé, comme s’il était impossible que Jasper lui fasse du mal.
- Pourquoi tu t’énerves comme ça Jasper ? Si tu as trouvé une machine pour te grandir, tu aurais pu me le dire, c’est tout.
- J’ai pas trouvé une machine pour me grandir, continua Jasper sur le même ton.
Abby intervint à ce moment là :
- Allons du calme.
Monty se cacha derrière Jasper quand elle s’approcha.
- C’est qui la dame ? Elle ressemble drôlement à la copine du chancelier !
- C’est la chancelière, répondit Jasper.
- N’importe quoi, le chancelier c’est Jaha !
Jasper semblait sur le point d’exploser à nouveau. Bellamy et Octavia se rapprochèrent pour l’empêcher de frapper Monty si jamais l’envie lui prenait. Abby essaya de désamorcer la situation.
- Tu dis que tu as quel âge Monty ?
- Six ans et demi, répéta-t-il.
Elle hocha la tête et s’éloigna pour aller chercher un petit miroir, puis elle lui donna. Monty le prit et se regarda dedans. Il eut l’air tout perdu.
- Je ne comprends pas, dit-il. J’ai l’air très vieux.
- Tu as dix-huit ans, lui dit Abby.
- Arrêtez de jouer son jeu, dit Jasper, il veut juste attirer l’attention.
- Je ne crois pas, fit Abby, je pense que le choc qu’il a vécu l’a renvoyé en enfance.
- C’est possible un truc pareil ? Demanda Jasper sceptique.
- Je pense, dit Abby. Comme Monty a été traumatisé, son esprit a préféré se réfugier à un âge rassurant, où tout allait bien.
Abby s’approcha de nouveau de Monty qui continuait de se regarder dans le miroir.
- Monty, tu comprends ce que je dis ?
- J’ai pas vraiment six ans et demi mais je crois que j’ai six ans et demi parce que je suis traumatisé, dit-il.
- Tu es très intelligent Monty, sourit-elle.
- Oui ! C’est aussi ce que dit maman ! En tout cas maintenant je sais pourquoi Jasper a l’air aussi vieux et moche ! Parce que moi c’est pareil.
Monty avait l’air rassuré, un peu. Jasper accepta finalement l’explication, même si ça ne l’enchantait pas plus que ça.
- Ok ! Dit-il. Bon, maintenant qu’il est sortit de sous la table et que vous avez les explications, vous n’avez plus besoin de moi, je me casse.
Jasper commença à s’éloigner mais Monty s’accrocha à sa manche.
- Je peux venir avec toi Jasper ?
- Non !
- Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe, dit-il. Mais je veux rester avec toi.
- Pas moyen !
- Mais Jasper tu es mon meilleur ami.
- On n’est plus amis !
Monty eut l’air réellement blessé par les mots de Jasper. Il se remit à pleurer.
- T’étais un chouinard pareil quand t’avais six ans ? Je m’en rappelais plus.
- J’ai six ans et demi ! Corrigea Monty entre ses larmes. Et je suis pas un chouinard. C’est toi qui est méchant ! Pourquoi t’es devenu si méchant ? Hier t’étais gentil et maintenant je sais pas pourquoi tu es méchant.
- C’était pas hier, c’était il y a des années.
Abby dit :
- Mais pour lui c’était hier.
- Putain ! Merde ! Gueula Jasper.
Monty essuya ses larmes et eut un petit rire :
- Tu dis vraiment beaucoup de gros mots !
- Ce qui serait bien, ajouta Abby, c’est que tu t’occupes de lui Jasper.
- Pourquoi je ferais ça ?
- Parce que c’est un enfant, même s’il n’en a pas l’air et qu’il n’a que toi.
Jasper se mordit les lèvres et regarda Monty. Il avait encore les joues très rouges, les yeux tous mouillés, la bouche plissée, il semblait sur le point de se remettre à pleurer. Pourtant c’était bien le Monty de dix-huit ans qui était là, on ne pouvait pas en douter. Celui qui avait tué Maya. Et Abby lui demandait de s’occuper de lui ? Sérieusement ?
- Trouver lui une autre baby sitter.
Jasper regarda Bellamy :
- Bellamy fera l’affaire, dit-il. Ils pourront apprendre ensemble à faire fondre les gens.
Bellamy s’approcha de Jasper de façon un peu menaçante. Monty sembla alors trouver du courage et se mit devant son meilleur ami, comme pour le protéger. Abby posa une main sur le torse de Bellamy pour le repousser un peu et lui demanda de se calmer. Puis elle fixa Jasper :
- Il a besoin de toi, il te connaît bien, il te fait confiance et tu pourras lui expliquer ce qu’il se passe.
- Je n’ai pas envie, dit Jasper.
- Je ne te laisse pas le choix, dit Abby, c’est un ordre.
Jasper grogna :
- Et si je refuse, vous me mettez en prison ?
- Oui, dit-elle, et tu auras largement le temps de gamberger et de penser à ton comportement. Sans alcool, bien sûr.
Jasper grimaça. Il n’avait pas envie d’avoir du temps pour penser, penser lui faisait mal. Il poussa alors Monty devant lui pour l’emmener hors de l’infirmerie :
- C’est dégueulasse ça chancelière.
- Si c’est ce qu’il faut pour que tu t’occupes de Monty…
- Ouais ouais, j’ai compris.
Il sortit avec Monty.

Octavia avait l’air dégoûté de ce plan, même si elle voulait que Jasper et Monty redeviennent amis, les menaces de la chancelière l’écoeurait.
Bellamy s’approcha d’Abby :
- Vous êtes sûr que c’est une bonne idée ?
- Je l’espère dit-elle.

xxx

Monty suivit Jasper partout. Ce dernier lui expliqua à demi-mot pourquoi ils étaient sur terre mais Monty n’écoutait pas grand-chose. D’un coup il prit le bras de Jasper et le tira avec lui :
- Regarde Jasper, regarde, c’est des arbres !
L’adolescent pointait du doigt la forêt qu’on voyait au loin avec un air complètement émerveillé. Jasper en revanche resta blasé :
- Oui Monty, ce sont des arbres.
- C’est des vrais ? Ils sont pas en carton ?
- Non. C’est des vrais.
- Wouaaah, on peut aller voir, dis on peut ? S’il te plait, dis oui, dis oui, dis oui !
- Non.
- Maiiiiiiiiiiiiiiis !
- C’est dangereux Monty.
Jasper fixait Monty, tellement enthousiaste, tellement… Innocent. Mais bordel, qu’est ce que ça changeait ? Il l’avait trahis ! Peu importe qu’il se réfugie dans un autre âge, pour Jasper il était toujours celui qui était responsable de la mort de Maya.
Soudain, Monty le tira encore avec lui.
- Jasper il y a des chevals !!!!
- Des chevaux, corrigea machinalement Jasper, et oui il y en a.
Monty s’approcha de l’écurie et regarda les animaux avec des yeux tout arrondis.
- Je peux les toucher ?
Jasper haussa les épaules et Monty posa doucement sa main sur le museau de l’un d’eux. Octavia arriva à ce moment là et Monty se cacha derrière Jasper. Octavia lui sourit :
- Sois pas timide Monty, je m’appelle Octavia, on est amis.
Monty resta derrière Jasper mais hocha la tête.
- Il voulait voir les chevaux, dit Jasper.
Le sourire d’Octavia s’agrandit.
- Viens, je vais te les présenter !
Monty parut hésiter. Jasper lui dit :
- Ben vas-y, tu voulais les voir !
Monty hocha la tête et suivit Octavia dans l’écurie. Elle lui dit les noms des chevaux et il put les caresser à volonté et même leur donner à manger. Jasper en avait profité pour s’éclipser. Octavia saurait mieux s’occuper de Monty que lui.
Octavia proposa à Monty de faire un tour à cheval avec elle :
- C’est vrai je peux ?
- Oui.
Monty chercha alors des yeux Jasper, sans le trouver.
- Jasper ne m’a pas dit que je pouvais !
- Je pense qu’il serait d’accord. Dit-elle.
Monty hésita, puis finit par hocher la tête.
- Alors je veux bien.
Octavia l’aida à monter sur un des chevaux les plus gentils, et elle grimpa derrière lui.
- C’est super haut, dit Monty.
- Oui.
Elle fit avancer l’animal au pas. Ils se promenèrent autour du camp, Octavia expliqua quelques trucs à Monty. Qu’ils étaient à Arkadia, qu’il y avait plusieurs clamps sur terre, et que parfois ça pouvait être dangereux. Monty acquiesça à ce qu’elle disait. Puis elle ramena le cheval vers l’écurie et aida Monty à descendre.
- Je pourrais faire d’autres ballades ? Demanda-t-il.
Elle accepta.
Monty la remercia. Octavia voulu l’accompagner pour retrouver Jasper, mais elle lui tourna le dos deux secondes, le temps de s’occuper un peu du cheval, et Monty avait disparu.

Jasper était assit sur un banc et passait son agacement en plantant un couteau dedans.
- Je t’ai retrouvé Jasper ! Entendit-il alors.
Il releva les yeux, Monty était là, tout sourire. Jasper aurait voulu le poignarder, il enfonça plutôt la lame dans le banc.
- Tu m’as retrouvé, dit-il d’un ton blasé.
- On a fait du cheval avec Octavia, elle est très gentille.
- Oui. Tu aurais dû rester avec elle.
- Mais je voulais être avec toi.
Jasper regarda Monty quelques secondes, puis soupira, jouant de nouveau avec son couteau, les yeux fixés sur la lame.
- Viens t’asseoir, dit-il en montrant le banc.
Monty obéit :
- Depuis quand tu es aussi excité, demanda Jasper, je croyais que tu étais le plus calme de nous deux.
- C’est vrai, dit-il. Comment tu as réagis quand tu as vu des arbres toi ?
Jasper se rappelait de la beauté du paysage, de comment tout en lui s’était retrouvé scotché. Il avait eut envie de courir, de sautiller, de rire. Il s’était senti heureux, d’être là, et de partager ça avec Monty.
Et puis ensuite tout avait mal tourné.
- Les choses ont changé, dit Jasper, je n’ai plus envie de m’exciter pour rien.
- Pourquoi ? Demanda Monty dans toute son innocence.
- Parce que tout ça, c’est de la merde. Tout ce qu’il y a ici, c’est de la mort et c’est tout.
Monty pencha la tête sur le côté :
- Pourtant toi et moi on est en vie, et il y a des chevals !
- Des chevaux !
Monty eut un petit rire et Jasper le regarda à nouveau.
- Quoi ?
- Hier tu t’énervais parce que j’arrêtais pas de te reprendre quand tu parlais, et aujourd’hui c’est toi.
- C’était pas hier.
- Ben un peu si quand même.
- Tu n’as pas vraiment six ans.
- Et demi, corrigea Monty.
- C’est vraiment important ?
- Très important, dit Monty.
- En tout cas on dit, des chevaux.
- D’accord professeur Jasper.
- Ta gueule.
Monty recommença à rire.
- Tes parents te laissent dire tous ces gros mots ?
- Mes parents sont morts.
Monty arrêta immédiatement de rire, et sans laisser le temps à Jasper de comprendre ce qu’il se passait, il le prit dans ses bras.
- Je suis désolé. C’est pour ça que tu es devenu si méchant alors.
Jasper repoussa Monty :
- Lâche moi ! Ne me touche pas !
Monty laissa tomber ses bras sur le côté de son corps et garda une moue triste.
- Tout ça c’est de ta faute Monty, dès le début. On est arrivé ici par ta faute, parce qu’on était en prison par ta faute ! Rien ne serait jamais arrivé sans toi, alors n’essaie pas de faire comme si ça te touchait !
- Je ne comprends rien Jasper. Je voulais juste te consoler parce que ton papa et ta maman…
Des larmes montèrent aux yeux de Monty.
- Ne chiale pas, cria Jasper faisant sursauter Monty qui se mit à pleurer mais essaya de ravaler ses larmes pour ne pas plus énerver Jasper.
Jasper planta rageusement la lame de son couteau dans le banc.
- Putain !
Monty sembla se recroqueviller sur lui-même, essuyant de plus en plus vite les larmes qui lui coulaient sur les joues.
- Tu me détestes, finit-il par comprendre.
- Oui. C’est exactement ça. Je te déteste.
Monty se leva et ne supportant pas la douleur que ces mots créaient en lui, il s’enfuit.

C’est Bellamy qui le retrouva des heures plus tard, caché sous un cheval. Il dormait roulé en boule sous l’animal, le pouce dans la bouche, le visage ravagé par les larmes. Bellamy le souleva délicatement du sol, essayant de ne pas le réveiller et l’emmena avec lui. Il l’allongea sur la couchette de l’infirmerie, et prévint Abby et Octavia.
Puis il alla retrouver Jasper, qui avait déjà commencé à boire et lui colla son poing dans la figure.
- Il a seulement six ans tête de con, c’est un enfant !
- C’est trop facile, cria Jasper en posant sa main sur sa joue.
- Non ce n’est pas facile, tu es entrain de blesser un enfant et tu es juste un connard. Maya détesterait ce que tu es devenu.
Jasper eut l’air abasourdi. Comment Bellamy osait lui dire ça ?
- A qui la faute ?
- En tout cas pas celle d’un gosse de six ans !
- Il n’a pas réellement six ans, ça ne change rien.
- Donc tu peux le blesser et lui faire du mal gratuitement c’est ça ?
Jasper croisa les bras.
- J’avais dis que je ne voulais pas être son baby-sitter.
Bellamy l’attrapa par le col, la rage se lisait dans ses yeux :
- C’est ton meilleur ami pauvre type, tu ne vaux vraiment rien. T’as raison continue de te noyer dans l’alcool, Maya doit tellement avoir honte de toi.
- Ne parle pas d’elle, arrête ça.
- Elle doit se dire que tu n’es qu’un minable, peu importe où elle est.
Jasper se mit à pleurer et Bellamy n’en fut même pas satisfait. Il le relâcha.
- Minable, répéta-t-il. Ne fais plus de mal à Monty, où tu le payeras.
Puis il abandonna Jasper qui ne trouva rien d’autres à faire que de verser des larmes alcoolisés sur son sort.

Le lendemain, Monty arriva devant Jasper accompagné par Octavia.
- Abby a dit que votre marché compte toujours, sois tu t’en occupes, sois elle te met en prison pour réfléchir.
Monty tenait le bras d’Octavia et avait une tête très peiné.
- Crois-moi ça ne me fait pas plaisir de te le ramener, j’aurais préféré qu’il reste avec moi, dit-elle.
Jasper haussa les épaules puis fit un geste montrant à Monty qu’il pouvait venir s’asseoir à côté de lui. Monty regarda Octavia qui lui sourit et frotta gentiment son dos :
- Tu peux y aller, s’il te fait du mal, il aura à faire à moi, d’accord ?
Monty hocha la tête et à petit pas vint s’asseoir à côté de Jasper. Ce dernier lui tendit une brochette de viande :
- Petit déjeuner, dit-il.
Monty prit la brochette entre ses doigts. Octavia les observa un moment et Jasper soupira :
- Si tu comptes rester, assieds toi et mange !
Octavia secoua la tête, mais pointa Jasper du doigt :
- Fais lui du mal et…
- J’ai compris, dit-il.
Octavia hocha la tête, elle vint décoiffer Monty :
- Tu pourras venir voir les chevaux si tu veux.
Puis elle les laissa, un peu à contre cœur. Monty tourna la brochette entre ses doigts.
- Octavia dit que tu voulais pas vraiment être méchant mais que tu as beaucoup de chagrin. Murmura-t-il.
Jasper resta silencieux, étonné qu’Octavia l’ait défendu au vu de sa réaction il y avait deux secondes. Monty demanda :
- C’est à cause de moi ?
- Oui, répondit Jasper.
- Je suis désolé.
- Les excuses ne suffisent pas toujours Monty.
Monty ferma sa bouche. Il tenait toujours la brochette.
- Mange ! Lui dit Jasper. Sinon tu vas rester minus.
- Je suis pas minus, dit Monty.
- Ah ouais vraiment ?
Il était évident que Jasper était plus grand que lui désormais.
- Avant c’était toi le minus, dit Monty l’air un peu vexé.
Jasper hocha la tête, c’était vrai. Quand ils étaient enfants, Monty était plus grand que lui.
- C’est quoi ? Demanda finalement Monty en pointant la brochette.
- De la viande de lièvres.
- On mange du lapin ?
- Oui.
- Il y a des lapins ?
- Oui.
- Et on les mange ?
- Oui.
- Mais… C’est trop mignons les lapins, fit Monty en repoussant la brochette.
Jasper la prit et la remit dans les mains de Monty.
- Ceux-ci sont vraiment moches, ils ont deux têtes hideuses.
- C’est vrai ? Je pourrai en voir ?
- Non.
Monty poussa un soupir de gosse déçu.
- Mange ! répéta Jasper.
Monty fini par obtempérer et grignota la viande. Goûtant d’abord. Ne trouvant pas ça mauvais, il continua de manger.
- C’est bon, dit-il.
- Oui, fit Jasper.
- Est-ce qu’on mange les chevals… vaux ?
- Non.
- Tant mieux, je les aime bien, je veux pas les manger.
Il mangea la brochette puis but le verre d’eau que Jasper lui tendit.
- Tu es plus gentil aujourd’hui, constata Monty.
Jasper haussa les épaules. Les paroles de Bellamy l’avaient blessé profondément, mais il n’avait pas tort, il se comportait comme un minable.
- Tu as encore faim ? Demanda-t-il à Monty.
- Non c’est bon.
Jasper se leva et entraîna Monty avec lui :
- Ici tout le monde travail, dit-il. Normalement toi et moi et d’autres on fait surtout des missions, mais vu la situation tu vas rester dans le camp et moi aussi.
- Qu’est ce qu’on fait quand on reste dans le camp ?
- En général tu aides Raven et Wick.
- Et toi ?
- Pas grand-chose, avoua Jasper.
- Pourquoi ? Parce que tu as trop de chagrin ?
Jasper hocha la tête. Puis il emmena Monty dans la pièce où bossait Raven et Wick. Monty se cacha derrière lui. Raven dit :
- Alors il parait que Monty est devenu un bébé ?
- Je ne suis pas un bébé, s’offusqua Monty, j’ai six ans et demi !
- C’est ça, fit Raven amusé.
- L’embête pas, dit Wick, c’est juste un môme !
Monty fit la moue.
- C’est avec eux que tu travaillais, dit Jasper.
Monty chuchota :
- Ils ont pas l’air très gentil.
- Ils sont très gentils, dit Jasper, ils se croient juste très drôles.
Wick se marra.
- Bonjour Monty, je suis Kyle Wick, lui dit-il, et elle c’est Raven Hayes.
- D’accord, dit Monty.
- Tu veux venir voir ce qu’on fait ?
Monty s’approcha timidement et Wick lui présenta leur travail. Monty ne comprit pas tout mais dis :
- Ma maman elle dit que comme je démonte toujours tous les objets de la maison je deviendrai sûrement mécanicien !
- Oui Monty, et tu es très doué.
- C’est vrai ?
- Oui.
Monty eut l’air très content.
- Alors je peux aider ?
Wick et Raven s’échangèrent un regard.
- C’est peut-être trop compliqué pour toi maintenant, comme tu as six ans.
- Et demi, j’ai six ans et demi.
- Ah oui, pardon. Dit Wick.
- Alors je peux pas aider ?
- On va réfléchir à un petit travail qu’on pourrait te faire faire d’accord ? Lui dit Wick.
- D’accord, merci !
- Tu reviendras plus tard alors, on aura sûrement trouvé quelque chose.
Monty eut l’air vraiment content.
Jasper l’emmena voir d’autres gens, Monty se retrouva à pouvoir aider certaines personnes en balayant ou en ramassant du bois, et Jasper donna à son tour un coup de mains. La journée passa vraiment très vite bizarrement. Octavia passa les voir plusieurs fois et Monty eut le droit de monter à nouveau à cheval et nargua Jasper :
- Tu as vu, je suis plus grand que toi, je ne suis pas minus.
- C’est ça, minus !
Monty lui tira la langue et Jasper en fit autant, avant de se rendre compte de ce qu’il faisait, de toussoter et de secouer la tête.
- Bon Octavia, je te le laisse, tu me le ramèneras plus tard.
- Tu vas pas aller boire ? Demanda Octavia méfiante.
Jasper hausa les épaules :
- On verra. Bon tour Monty.
Monty lui fit un signe de la main et Jasper s’éloigna.

Octavia fit encore une fois le tour d’Arkadia avec le cheval.
- Jasper est plus gentil aujourd’hui, dit Monty.
- Ah ?
- Oui. Il a pas crié et il a pas dis de gros mot.
- Tu es content ?
- Oui. Sourit Monty. Peut-être il me déteste pas finalement.
Octavia ne dit rien. Monty changea de sujet :
- J’ai mangé du lapin !
- Et tu as aimé ?
- Oui. C’est très bon. Jasper m’a dit que les lapins ils étaient très moches et que je devais pas m’inquiéter de les manger.
- Il a raison. Tu ne dois pas t’inquiéter.
Monty sourit. Ils continuèrent de discuter et Monty parla énormément de Jasper. Jasper par ci, Jasper par là, et avec Jasper on a joué à cache cache l’autre fois et même que c’était trop marrant et Jasper il l’a défendu quand y a des gens ils étaient méchants avec lui et puis ils ont réussi à sortir en cachette la nuit sur l’Arche à un moment et personne les a attrapé. Octavia avait le cœur qui se serrait en l’entendant parler, mélanger des souvenirs lointain à ce qu’il s’était passé aujourd’hui. Monty et Jasper semblaient vraiment proches, mais Octavia les avait vu se déchirer ces derniers temps.
- Tu as d’autres amis que Jasper ? Demanda-t-elle.
- Pas trop, répondit Monty.
- Mais maintenant tu as d’autres amis que lui, dit Octavia.
- Qui ?
- Miller, Bellamy, moi aussi, Harper, Monroe, Raven, Wick…
- Ah oui, j’ai vu Raven et Wick ! Dit Monty. J’ai vraiment tous ces amis ?
- Oui.
Monty eut l’air content. Mais il tint à ajouter :
- Jasper est mon préféré.
Octavia eut un petit soupir, mais ne le détrompa pas. Quand ils finirent le tour, elle montra à Monty comment s’occuper d’un cheval, puis le raccompagna vers Jasper. Ce dernier était en train de donner un coup de main pour la cuisine et Octavia fut surprise. Ca faisait longtemps qu’elle ne l’avait plus vu aussi occupé. Peut-être que ce qui arrivait à Monty avait une bonne influence sur Jasper, finalement.
- Jasper ! Fit Monty en le voyant. Octavia m’a dit que j’avais pleins d’amis.
Jasper hocha la tête. Octavia laissa Monty avec Jasper et s’éloigna. Puisqu’ils parlaient des amis de Monty, il y avait justement Harper et Monroe étaient là et qui le saluèrent. Monty eut l’air timide au début, et resta tout prêt de Jasper mais au bout d’un moment ce fut plus facile de leur parler. Monty aida aussi pour la cuisine et Jasper dut faire attention qu’il ne se coupe pas avec un couteau ou qu’il ne se brûle pas. Voir Monty comme un enfant n’était pas si difficile finalement, puisqu’il avait totalement le comportement d’un enfant.
- Arrête de bavarder, lui dit Jasper, et fais attention à ce que tu fais !
Monty hocha la tête et obéit. Quand le repas fut près, Jasper prit leur part et s’éloigna.
- Je voulais rester avec Harper et Monroe, dit Monty.
- Alors va manger avec elle, dit Jasper.
- Et avec toi ! Insista Monty.
Jasper leva les yeux au ciel mais obtempéra. Ils allèrent manger avec les filles. Celles-ci trouvaient Monty trop adorable et faisait n’importe quoi pour le faire parler.
- Chest vraiment bien ichi ! On mange bieeeeen !
- Monty ! On ne parle pas la bouche pleine.
Monty avala son bout de viande.
- Oui Jasper.
- Et ne mange pas que la viande, il y a des légumes aussi !
- Oui Jasper.
Harper et Monroe gloussèrent et Jasper les fixa :
- Quoi ?
- Rien, c’est mignon, on dirait un poussin et sa mère.
Jasper eut l’air blasé.
- Arrêtez vos conneries.
- Oui Jasper, dirent-elles en cœur.
Puis elles éclatèrent de rire et Jasper grogna. Monty avait un grand sourire amusé. Il voyait bien que les filles taquinaient Jasper. Quand ils eurent finis de manger, Jasper l’emmena avec lui pour qu’il se lave. Monty se déshabilla devant Jasper sans aucune pudeur, exactement comme le ferait un enfant.
- Tu peux m’aider à me laver ?
- Tu as six ans et demi, tu sais te laver tout seul !
- Mais tu peux m’aider s’il te plaiiiiit ?
- Non ! Dit Jasper.
Monty prit l’air boudeur mais se lava tout seul. Jasper lui ramena un tissu qui leur servait pour se sécher.
- Il est où mon pyjama ? Demanda Monty.
- On n’a pas de pyjama.
- Alors on dort tout nu ?
- Non, en sous vêtement et en tee-shirt.
- Mais c’est nul, je veux un pyjama !
Jasper soupira.
- Je te dis qu’il y en a pas.
- Mais j’en veux un !
- Ne fais pas de caprice Monty, tu n’auras pas de pyjama.
- Je fais pas de caprice, je veux juste un pyjama. A la maison j’ai toujours un pyjama, et toi aussi tu as un pyjama, et des fois on l’échange pendant la nuit et c’est rigolo parce que toi tu nages dans mon pyjama alors que les tiens ils sont tous serrés.
- C’était y a longtemps Monty.
Monty fit la moue :
- Ben si c’est comme ça, je reste tout nu !
Et il commença à sortir de la salle qu’ils utilisaient pour se laver, les fesses à l’air. Jasper eut envie de le frapper, il faisait vraiment chier. Jasper s’en foutait, qu’il aille se balader à poil dans le camp si ça lui chantait, il en avait marre. Il ne voyait pas pourquoi il devait baby-sitter ce gosse, qui avait tué Maya.
Il grinça des dents. Il en avait assez fait. Bien assez.
Monty fit coulisser la porte, prêt à sortir quand Jasper l’appela :
- Monty stop ! On va te trouver un pyjama.
Et merde quoi.

Jasper finit par dégotter une vieille chemise de nuit dans les habits qu’ils avaient récupéré à la montagne. Ca le faisait vraiment chier d’utiliser ces vêtements, il se faisait l’effet d’un vautour. Cette chemise de nuit avait appartenu à quelqu’un, une personne qu’ils avaient tuées gratuitement, une personne dont Monty lui-même était responsable de la mort, et maintenant il allait porter son vêtement.
Jasper eut un haut le cœur. Il aurait dû le laisser se trimballer tout nu.
Il jeta le vêtement au visage de Monty :
- Maintenant habille toi et je veux plus t’entendre.
Monty regarda la chemise de nuit et failli dire que c’était « pour les filles », mais devant l’air implacable de Jasper, il se tut, et enfila le pyjama.
- Remet ton caleçon, ordonna Jasper.
Monty obéit.
- Maintenant on va se coucher !
La nuit était tombée sur le camp. Jasper et Monty croisèrent Bellamy. Jasper regarda ailleurs, sentant le regard de Bellamy sur lui. Monty se rapprocha de Jasper, Bellamy l’effrayait.
Depuis qu’ils étaient à Arkadia, Monty et Jasper ne partageaient pas le même dortoir. Mais quand Jasper voulu s’éloigner de Monty pour rejoindre son lit à lui, ce dernier le retint :
- Où tu vas ?
- Dans mon lit.
- Tu dors pas ici ? Demanda Monty en pointant le lit à côté.
- Non.
- Mais je veux pas dormir tout seul avec quelqu’un que je connais pas.
- Faudra t’y faire, s’énerva Jasper.
Monty se recroquevilla sur son lit. Putain de bordel de merde.
Cinq minutes plus tard, Jasper avait réussi à obtenir un emplacement avec deux lits pour eux deux. L’avantage du chantage de la chancelière, c’était qu’elle était prête à tout accepter, pourvu que Jasper accepte de s’occuper de Monty.
- Merci Jasper, dit Monty, tu es gentil. Finalement.
Jasper se déshabilla et se coucha sous la couverture de son nouveau lit. Il ne s’était même pas lavé du coup, lui. Tant pis.
- Ouais ben faudrait pas que tu t’habitues, parce que dès que tu retrouves ton état normal, on récupère nos lits.
Monty acquiesça. Il se mit lui-même sous sa couverture. Puis soudain sembla remarquer quelque chose.
- Je n’ai pas mon doudou.
Jasper poussa un terriblement grognement et s’enfouit la tête sous son oreiller. Ca ne s’arrêterait donc jamais ?
- Tu as six ans ! T’as plus besoin d’un doudou.
- J’ai six ans et demi ! Et je ne peux pas dormir sans mon doudou.
- Hier tu as réussi à dormir sans.
- Mais pas ce soir.
- Tu fais vraiment chier !
Jasper balança son oreiller contre le mur puis se leva.
- Ne bouge pas ! Je vais te chercher un doudou !
- Je veux le mien.
- Le tien on s’en est débarrassé depuis longtemps, alors t’en auras un autre.
Monty se mordit les lèvres, mais décida de faire confiance en Jasper pour lui trouver un doudou convenable.
Jasper alla dans la salle de mécanique. Raven était toujours là.
- Ca t’arrive de dormir ? L’interrogea Jasper.
- Tu n’es pas avec le môme ? Répondit-elle.
- Il veut son doudou.
- Oh ? Et tu vas le trouver ici peut-être ?
- Oui, fit Jasper.
Il fouilla les yeux et finit par trouver ce qu’il cherchait.
- Je vous emprunte ça, dit-il.
- Attend ! Qu’est ce que tu vas faire avec cette pince ?
- La donner à Monty pour qu’il dorme et me foute la paix.
- Je croyais que tu lui cherchais un doudou.
- C’est ça son doudou ! Dit Jasper en sortant.
Jasper lança la pince sur le lit de Monty.
- Tiens.
- C’est pas mon doudou, ronchonna Monty, le caoutchouc est pas pareil !
- Je t’ai dis qu’on n’avait plus le tien, tu as finis par tellement mâchouiller les bouts que tu l’avais bousillé et au bout d’un moment on l’avait jeté. Donc tu te contenteras de ça ou tu n’auras pas de doudou.
Monty serra la pince dans ses doigts.
- Merci Jasper.
Jasper récupéra l’oreiller qu’il avait jeté dans le coin, puis se coucha. Monty avait toujours été bizarre, différent. Son doudou n’était pas quelque chose de doux, mais quelque chose qui le rapprochait des choses qu’il aimait. De toute façon, Jasper n’avait pas été mieux, son doudou a lui ça avait été un chiffon dont son père s’était servis une fois pour nettoyer ses armes. Il sentait la poudre et Jasper avait adoré l’odeur.
- Jasper…
- Quoi encore ?
- Tu peux me raconter une histoire.
- Non. Dors.
- S’il te plait.
Jasper serra ses doigts sur l’oreiller :
- Je ne connais pas d’histoire !
- Invente.
Jasper ferma un instant les yeux pour éviter d’étrangler Monty, puis raconta finalement :
- Il était une fois un garçon qui avait un meilleur ami.
- Wouah comme nous !
- Si tu me coupes je raconte pas.
- Bon. Vas-y continue, je me tais.
- Donc, ce garçon adorait son meilleur ami. Même si des fois ils se disputaient, c’était jamais grave. Le garçon savait qu’il pouvait compter sur son meilleur ami, qu’il serait toujours là et qu’il l’aiderait et que tout irait bien tant qu’ils étaient ensemble. Son meilleur ami c’était la personne la plus gentille du monde, il était drôle, et ils faisaient pleins de bêtises des fois, mais encore une fois ce n’était pas grave parce que ce qui comptait c’était qu’ils s’amusaient beaucoup. Le garçon aurait fait n’importe quoi pour son meilleur ami, il aurait préféré qu’on lui passe sur le corps plutôt que quelque chose lui arrive. Et il pensait que c’était pareil pour son meilleur ami, il lui faisait confiance, il pensait que jamais jamais jamais son meilleur ami ne le trahirait.
Jasper s’arrêta pour regarder Monty. Ce dernier serrait la pince contre son torse.
- Un jour le garçon trouva une amoureuse.
Monty poussa un petit gloussement. Jasper grinça des dents.
- Elle était très gentille et très belle. Le garçon se disait que ce serait bien s’ils pouvaient être heureux. Tous les trois. Quelque part.
Monty était hyper attentif, à quoi s’attendait-il ? A ce que le garçon trouve ce quelque part ? Il allait être déçu.
- Mais le meilleur ami du garçon a fait quelque chose d’horrible.
- Quoi ? Demanda Monty avant de se poser la main sur la bouche se souvenant qu’il ne devait pas parler.
Jasper sentit les larmes lui monter aux yeux. Il les ferma, essaya de se calmer, souffla, puis rouvrit les yeux et lança froidement à Monty :
- Il a tué l’amoureuse du garçon. Il a trahit celui qui avait tellement confiance en lui. Simplement comme ça. Le garçon croyait tellement en lui, mais à ce moment là il a comprit qu’il ne fallait jamais croire personne. Les gens mentent et vous trahissent. Voilà. Fin de l’histoire. Dodo maintenant.
Monty se mit à pleurer d’un coup.
- Mais pourquoi il a fait ça le meilleur ami ?
- Parce que c’est un connard !
- Mais pourquoi ?
Jasper fixa Monty dont les larmes recommençaient à couler de ses yeux. Il poussait des petits gémissements en même temps.
- J’en sais rien, dit-il. Mais le garçon ne lui pardonnera jamais.
- Mais c’est triste, ils étaient les meilleurs amis, le meilleur ami avait sûrement une raison.
- Peu importe la raison, ça n’excusera jamais ce qu’il a fait, cria Jasper.
Monty serra plus fort la pince et continua de pleurer.
- Je veux pas, cria-t-il aussi, je veux pas, je veux qu’ils soient toujours amis pour toujours !
- Ca n’arrivera pas.
- Mais sinon c’est trop triste, sinon… Sinon le meilleur ami il est seul et le garçon il est seul, alors qu’ils ont partagé tellement de choses.
- La ferme Monty, peu importe ce qu’ils ont partagé, le meilleur ami l’a trahi, il a claqué une porte à toutes ces choses justement. Alors maintenant tant pis pour lui.
- Mais le garçon…
- Le garçon est mieux sans lui.
- Non ! C’est impossible.
- Et pourquoi ?
- Il l’aimait tellement ! Il ne peut pas être mieux sans lui ! S’il était mieux sans lui, il ne serait pas si triste à cause de cette trahison. Il s’en ficherait, il arriverait à l’accepter, il serait triste d’avoir perdu son amoureuse, mais il ne s’occuperait pas de son meilleur ami.
Jasper se leva furieux.
- Tu ne sais pas de quoi tu causes ! Tu n’es qu’un bébé !
- Je suis pas un bébé !
Monty pleura de plus belle.
- Arrête de chialer.
- Mais c’est trop triste !
- Tu m’as pas demandé une histoire heureuse !
Monty hurla :
- C’est moi qui ai tué ton amoureuse c’est ça ? C’est pour ça que tu es si méchant ?
Jasper hurla plus fort encore, se brisant la voix :
- Oui c’est toi !
Monty eut l’impression que Jasper l’avait frappé de toutes ses forces. Il pleura encore plus fort, d’un chagrin infini.
- Ce n’est pas possible !
- Si Monty, tu m’as trahis.
- On n’est plus amis alors ?
- Non on ne l’est plus !
- Ce n’est pas possible !
Monty pleurait tellement fort qu’il avait du mal à respirer. Pour lui l’amitié qu’il partageait avec Jasper était grande comme l’univers, elle était belle comme les étoiles, elle était absolument indestructible. Il y a deux jours, lui et Jasper étaient les meilleurs amis du monde pour la vie, et maintenant on lui disait que tout ça c’était terminé. C’était trop inacceptable, surtout pour un enfant si petit. Monty ne s’arrêtait pas, et Jasper resta debout à le regarder en se demandant pourquoi Monty lui paraissait si minuscule et si fragile et pourquoi il avait envie qu’il arrête de pleurer.
- Arrête de pleurer.
Mais ça ne fonctionnait pas comme ça. Pas avec un enfant.
- C’est ta faute ! Dit Jasper, alors arrête de pleurer.
- Je suis désolé, je suis désolé, gémit Monty.
Désolé à propos de quelque chose qui n’était même pas encore arrivé pour lui. Parce que lui, il venait à peine d’atterir sur terre, et son souvenir le plus récent, c’était celui d’un petit Jasper avec lequel il riait aux éclats à propos de n’importe quoi.
Jasper avait été stupide, Monty n’arriverait jamais à dormir à maintenant. Raconter ce qu’il s’était passé, ça avait été la dernière chose à faire, et pourtant il l’avait faite.
Il soupira.
Monty était inconsolable, horriblement malheureux et Jasper commençait à ne plus le supporter. Il se posa sur le lit de Monty :
- Arrête de pleurer Monty, arrête donc de pleurer !
Mais Monty n’arrêtait pas et Jasper sentit les larmes lui monter aux yeux. Parce que c’était trop de chagrin, même pour le corps d’un Monty de dix-huit ans. Et Jasper craqua, il passa son bras autour de Monty et l’attira contre lui et se ficha que Monty répande toute sa morve sur son tee-shirt.
- C’est bon, chuuuut Monty, c’est bon.
- Je suis désolé.
- Je sais.
- Je suis désolé.
L’étreinte de Jasper se resserra et Monty s’accrocha à lui et pleura, pleura, pleura. Un enfant dont le chagrin ne prendrait jamais fin. Jasper le garda dans ses bras et pleura avec lui, mais plus doucement.
Monty avait raison.
Jasper était malheureux d’avoir perdu Maya, mais il était plus malheureux encore de ne pas supporter la trahison de son meilleur ami, de ne plus savoir comment lui pardonner. Monty pleura des heures – du moins cela paru être des heures. Quand il s’arrêta, il avait le hoquet, le nez dégoulinant, les yeux rouges et mouillés, les joues dévastés par les larmes.
- Tu me détestes, dit-il d’une toute petite voix entre deux hoquets.
- Je ne te déteste pas, soupira Jasper.
Monty tenait toujours le tee-shirt de Jasper dans ses mains. Il s’essuya le nez sur la chemise de nuit et Jasper râla :
- C’est dégoûtant ça Monty, faut prendre un mouchoir.
Et il lui donna un bout de tissus qui pouvait servir de mouchoir. Monty se moucha et s’essuya le nez, puis Jasper lui dit de s’allonger sur son lit et il obéit. Jasper le borda, remontant la couverture jusqu’à son menton. Il prit la pince et la posa dans la main de Monty.
- Tiens ton doudou.
Monty se frotta les yeux avec son poing libre.
- Tu me détestes pas c’est vrai ?
- Oui c’est vrai. Mais je t’en veux. Beaucoup.
Monty grimaça.
- Mais tu me détestes pas hein ?
- Non. Dors maintenant.
- La prochaine fois tu me raconteras une histoire plus joyeuse ?
- D’accord.
Monty ferma les yeux, s’amusa à serrer plusieurs fois la pince avec sa main, puis s’arrêta. Pleurer l’avait épuisé, alors il s’endormit vraiment très vite et Jasper aurait dû se coucher aussi.
Mais là maintenant, il n’avait qu’une envie.
Boire un coup.
Ou plusieurs.
Il laissa Monty seul pour aller se saouler quelque part.

A suivre.

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MessageSujet: Re: [Les 100 - Mega gros spoil saison 2 complète] Six ans et demi.   Mar 28 Juin - 13:59

Alors, le concept: j'adoooooore, je te l'ai déjà dit mais j'aime trop l'idée que le traumatisme l'ait ramené à 6 ans et demi, mais quand même... le pauuuuvre :'(

J'aime bien comment tu fais Jasper, même si AIE PUNAISE ! J'aime pas Maya et je déteste qu'à cause d'elle il soit aussi désespéré... Le Jasper d'avant me manque, celui là me fait trop de peine :'(
Heureusement que Monty l'attendrit un peu vers la fin parce qu'il est sacrément vache avec lui quand même, à lui raconter leur histoire de façon aussi brusque, j'ai eut trop mal au coeur pour eux deux quand ils se serrent dans les bras l'un de l'autre bouhouuu

Et Jasper qui file boire un coup... grrr alcoolique va snif

J'espère qu'il va perdre cette habitude sérieusement... bon, jvais lire la suite maintenant ! Smile

PS: si c'était pas évident: j'ai adoré !!!

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MessageSujet: Re: [Les 100 - Mega gros spoil saison 2 complète] Six ans et demi.   Mar 28 Juin - 14:03

PPS: ET PTDR LE DOUDOU !!! LE DOUDOU QUOI ! XD

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C'est chouette non ????
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MessageSujet: Re: [Les 100 - Mega gros spoil saison 2 complète] Six ans et demi.   

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