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 [Les 100 - UA] Clef de sol (3)

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Maliae
Maliae


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MessageSujet: [Les 100 - UA] Clef de sol (3)   [Les 100 - UA] Clef de sol (3) Icon_minitimeDim 31 Mar - 14:37

Prompt : T'as fini tes conneries ?
Note : pas relu.

***

3. Allegro.

Murphy ouvrit les yeux. Aucun rêve ni cauchemar ne l’avaient bouleversé, du moins il ne s’en souvenait pas, et c’était mieux ainsi. Il y avait beaucoup de choses auxquelles Murphy évitait de penser et qui se faisaient un malin plaisir de se rappeler à lui pendant son sommeil. Couché à côté de lui, un autre homme dormait. Murphy se disait qu’il fallait vraiment qu’il arrête de sortir avec Jasper et de ramener les premiers venus avec qui il avait envie de coucher. Il ricana de lui-même. Et puis quoi encore ? Rester vierge jusqu’au mariage ? Non, le sexe était sa drogue à lui, sa petite dose d’amour et de tendresse le temps d’un échange, même s’il n’y avait jamais aucun sentiment là dedans. Jasper buvait comme s’il avait un trou à comblé, Murphy baisait comme s’il essayait de se fondre sous la peau de quelqu’un d’autre. Ils formaient tous les deux une belle équipe de bras cassé.
Murphy poussa le mec qui tomba de son lit, grogna et se réveilla. Il se leva, complètement nu et Murphy pu admirer son anatomie. Pas mal beau gosse. Bien musclé, grosse… Bref. Délicieux. S’il lui demandait son numéro pour se revoir, Murphy dirait peut-être oui. L’homme s’habilla en grommelant :
– Tu aurais pu me réveiller plus en douceur.
– Douceur ? Je ne connais pas ce mot, ironisa Murphy.
L’homme se pencha vers lui et embrassa sa bouche doucement, de manière très agréable.
– Voilà une manière douce.
– Tu voulais que je t’embrasse sans ton consentement pendant que tu dormais ?
– Tu sais, il y en a qui trouverait ça simplement romantique.
– Je ne suis pas de ces personnes.
En fait, Murphy ne lui donnerait pas son numéro, ce gars parlait trop. Ce n’était pas que Murphy ne voulait se lier avec personne – enfin un peu quand même – mais simplement, il ne se voyait pas tisser de vrais liens avec une personne qu’il avait ramené chez lui que pour le sexe.
Murphy s’étira, se fichant de sa propre nudité. L’homme tenta de le tripoter un peu, mais il le repoussa :
– Je dois aller au lycée, pas le temps de m’amuser.
– Au lycée ? Un samedi ?
– Hmhm. Un con de prof m’a foutu une retenue.
L’autre eu l’air déçu.
– Tu ne peux pas sécher ?
– J’aimerais bien, fit Murphy, mais comme je suis très sérieux, je vais y aller.
En fait, il n’était pas si sérieux que ça, mais il n’avait pas non plus envie de pousser à bout les gens et de se faire virer. Emmerder un peu okay, mais il avait besoin du lycée, c’était un peu son échappatoire, même si c’était souvent mortellement chiant.
– Oublie le lycée, jouons.
– Non.
L’homme soupira, tenta de caresser Murphy quand même, mais celui-ci lui mit son pied dans la tronche :
– T’as fini tes conneries ? Tu as du mal avec le mot non toi hein ?
– Allez, juste un peu.
Murphy commença à s’énerver :
– J’ai dis non, bordel ! Non c’est non.
– Tu ne diras plus non quand je t’enverrai au septième ciel.
– Okay mec, là ça devient carrément glauque.
Murphy le repoussa une nouvelle fois, et finit par le frapper au visage, le faisant saigner du nez. Il s’enroula dans son drap, devenant pudique tout à coup.
– Dégage de chez moi ! Cria-t-il.
– Tu faisais pas ta pucelle hier soir !
– Ta gueule et dégage de chez moi, insista Murphy.
L’autre essuya le nez avec sa main, il s’avança très vite vers Murphy qui était près à le cogner encore quand la porte s’ouvrit d’un coup. La femme qui entra portait une vieille chemise de nuit, ses cheveux longs étaient emmêlés dans tous les sens, n’importe qui l’aurait prit pour une folle échappé d’un quelconque asile.
– Bonjour Maman, fit Murphy.
La femme posa d’abord ses yeux sur son fils, puis ensuite sur l’homme qui se trouvait debout à côté de lui. Puis elle leva la main où elle tenait un couteau de cuisine très tranchant :
– Toi là, qu’est-ce que tu fais à mon fils ?
L’homme pâlit :
– Rien, rien du tout, j’allais partir.
Il attrapa ses affaires et quitta la chambre à toute vitesse. Avant de quitter l’appartement, il gueula pour qu’on l’entende :
– Bande de tarés !
Et il claqua la porte. Murphy sourit à sa mère, celle-ci baissa son couteau.
– Tu vas bien ? Demanda-t-elle.
– Ça va.
– J’ai besoin d’une clope, marmonna-t-elle.
Et elle le laissa seul.

Murphy lavé et habillé rejoignit sa mère dans le salon. Elle ne fumait pas une cigarette, elle s’était roulée un joint.
– Tu sais à force de ramener n’importe qui, tu vas vraiment finir par te faire violer.
– Tu sais que culpabiliser la victime plutôt que le coupable c’est dégueulasse ?
– J’ai pas assez d’alcool dans le sang pour supporter tes conneries, grogna-t-elle.
– Ça ça m’étonnerait, tu n’es jamais sobre. Mais merci de m’avoir aidé.
– Tu me fais sacrément chier, dit-elle, mais tu es quand même mon fils alors voilà.
Elle tira une dernière latte sur son joint et l’écrasa dans son cendrier.
– Apporte-moi une bière si tu es reconnaissant.
Murphy leva les yeux au ciel mais fit ce qu’elle lui disait. Il l’ouvrit même pour elle.
– Je vais au lycée, dit-il.
– Hm. Travaille bien.
– Ouais c’est ça.
L’adolescent était persuadé que sa mère ne savait même pas quel jour on était. Il prit ses affaires et quitta l’appartement.

xxx

Le week-end, c’était le plus long. Ne pas pouvoir toucher sa gratte pendant deux jours de suite était par moment une véritable torture. Monty était comme un camé qui avait besoin de sa dose quotidienne. Mais sa mère tenait à ce qu’il passe des moments ensemble. Elle travaillait toute la semaine, il était au lycée, alors le week-end, c’était leur moment à eux. Monty aurait adoré ça, si par exemple, ils avaient regardé des films ensemble, ou était aller se balader en vélo, ou encore joué à des jeux de sociétés, ce genre de choses. Mais sa mère préférait lui faire réviser ses cours, lui donner des exercices en plus à faire, et parfois même lui faire tout un cours elle-même. Dans ses moments de pause, Monty grattait des cordes imaginaires, dans le dos de sa mère, et imaginait une mélodie. Green Eyes de Coldplay par exemple.
Cela faisait une semaine qu’il avait reprit les cours dans ce nouveau lycée, et il avait l’impression que ça faisait des mois. Depuis que Jasper avait accepté de le laisser jouer tranquillement dans la salle de musique le midi, il n’était jamais revenu l’écouter. Il avait sans doute trouvé un autre endroit où aller. Monty ignorait s’il était soulagé et déçu. Alors qu’il avait retrouvé Jasper – peu importe le nom qu’on lui donnait – ils ne se parlaient même pas, se regardaient à peine, s’ignoraient beaucoup. C’était nul. Jamais Monty n’avait imaginé leur retrouvaille comme ça. Ils avaient peut-être trop changé, ils n’étaient plus compatibles, Monty allait devoir faire une croix sur son meilleur ami et simplement garder ses souvenirs d’enfance. Ce serait dur, douloureux, mais la vie était ainsi faite qu’elle savait briser tous vos espoirs, leur passer dessus avec un train, les réduire en bouilli, et quand même se débrouiller pour qu’il vous reste une étincelle qui ne voulait pas s’éteindre, mais qui vous empêchait de totalement abandonner, ce qui faisait encore plus mal. Parce que Monty ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il avait retrouvé Jasper, et qu’il y avait une chance, même minime, qu’ils redeviennent amis. Autrement.
– On reprend, dit sa mère, pause fini.
Monty attrapa son stylo et fit son exercice, sous le regard scrutateur d’Hannah.

xxx

Jasper regardait la belle endormie. Assit en tailleurs sur une chaise à côté du lit, il écoutait les bip de la machine qui disait que son cœur battait régulièrement. Depuis que Maya était allongé là, Jasper détestait le conte de la belle au bois dormant. Parce qu’au fond, un baiser ne suffirait pas à la réveiller et qu’il n’était pas le prince sauveur. Jasper se frotta les yeux pour enlever la poussière qu’il y avait dedans et qui lui mettait les larmes aux yeux. Il commença finalement à parler, il raconta sa semaine. Il parla d’abord de Murphy, de ses conneries avec le prof stagiaire, de leurs sorties nocturnes, sans s’attarder sur ses exploits avec l’alcool dont il avait plutôt honte. Il savait que Maya n’aimerait pas ce qu’il était en train de devenir, mais il n’arrivait pas à s’en empêcher. L’oublie était trop tentant. Quand il eut fini de tout dire, il pensa à Monty. Il ne savait pas s’il était judicieux ou non d’en parler, il avait peur de mettre des mots sur cette situation, comme si ça allait la rendre encore plus réelle et incompréhensible à la fois.
– Il y a quelqu’un au lycée, dans ma classe, qui joue de la guitare, souffla-t-il. Comme toi. Je l’ai un peu agressé d’ailleurs, parce que je l’ai entendu jouer Blackbird. Il joue bien, vraiment bien, ça m’a perturbé. Mais je suis pas étonné, parce que…
Parce que quand ils étaient gosses, Monty grattait déjà avec son père qui lui apprenait. Jasper se mordit les lèvres et se tut.
– Bon en tout cas, on attend tous avec impatience que tu te réveilles. Ça fait longtemps que tu dors maintenant, tu dois être suffisamment reposé non ?
Jasper se tordait les doigts.
– J’aimerais vraiment que tu te réveilles Maya. S’il te plaît. Dans les films, la personne dans le coma ouvre les yeux parce que son ou sa chéri(e) lui parle.
Maya resta sans bouger, ni réagir.
– Évidemment, on n’est pas dans un film soupira Jasper.
Il sortit un livre de son sac et commença à lui lire. Maya aimait lire, il se disait que ça lui manquait peut-être. Jasper n’était pas forcément fan de la lecture, mais depuis un an qu’il lisait à sa petite-amie dans le coma des bouquins, il prenait l’habitude. Il comprenait ce qu’il y avait d’attrayant avec la lecture, cela permettait de s’évader un peu. C’était comme l’alcool, sauf qu’on ne perdait pas le contrôle.

xxx

Murphy était le seul lycéen a avoir écopé d’une retenue dès la rentrée. Il ne plaignait même pas cette pauvre surveillante qui se retrouvait à sacrifier son samedi matin à cause de lui. Il prit la feuille d’exercice que le professeur Blake avait laissé pour lui, et il alla s’asseoir pour travailler. Murphy répondit consciencieusement à toutes les questions. Il n’était pas stupide, il n’était pas fainéant non plus, il aimait juste donner du fil à retordre aux autres. Se montrer plus con qu’il ne l’était comme une tortue qui rentre la tête dans sa carapace en signe de danger. Après avoir terminé le devoir, Murphy sortit un marqueur rouge de sa trousse et dessina un énorme pénis dessus. Puis il plia la feuille en sept, la réduisant à la taille d’un gros confetti. Chieur jusqu’au bout. À la fin des deux heures, il passa la feuille plié à la surveillante et lui dit « au revoir » avant de quitter la pièce. Elle aurait une bonne surprise quand elle aurait déplié le devoir.

Murphy passa le reste du week-end avec Jasper. Ils ne firent rien à part traîner en silence. Jasper avait la tête ailleurs, il pensait à pleins de choses en même temps, et il ne s’agissait que de choses dont il n’avait pas envie de penser. Murphy, lui, riait intérieurement rien qu’en imaginant le prof stagiaire regarder sa copie.
– On sort se soir ? Demanda Jasper qui avait besoin de boire.
– Okay, fit Murphy.
Après ce qui était arrivé le matin même, il n’était pas motivé à lever quelqu’un. Il avait déjà rencontré des abrutis, filles ou mecs, mais jamais sur un cas comme celui-là. Si sa mère n’était pas arrivé, il ne savait pas ce qu’il se serait passé. Murphy n’était pas faible, il savait se défendre, mais quand même, il était soulagé de ne pas avoir eu à le faire. Il ne raconta à Jasper ce qu’il s’était passé que quand celui-ci fut trop saoul pour l’écouter. Et pourtant malgré ça, Jasper se redressa :
– Quelqu’un a osé faire du mal à mon Murphy préféré ?
– Je suis le seul Murphy que tu fréquentes.
– Ben pas grave t’es mon préféré quand même. Viens on va commander un nouveau verre.
Murphy lui prit son verre vide et alla le poser au comptoir du barre.
– Tu as assez bu pour aujourd’hui, dit-il.
Le garçon s’arrangeait toujours pour éviter que Jasper boive jusqu’au coma. Des fois Murphy avait l’impression que Jasper buvait pour se punir. C’était sa façon de se détruire. Trop de culpabilité dans cette histoire.
Murphy ne chercha pas à draguer qui que ce soit, et refusa toutes les avances. Il eut la flemme de faire un petit détour pour déposer Jasper chez lui, alors il le laissa tomber sur son lit à lui, le déshabilla et se coucha à côté de lui. Jasper se mit à ronfler fort et Murphy leva les yeux au ciel. Il connaissait Jasper depuis ses quatorze ans, mais cette année sans Maya l’avait emmené à changer. Jasper était plus froid, moins solide, fragile.
Murphy avait l’impression de n’être attaché qu’à des gens à problème, entre sa mère alcoolique et Jasper qui était tout doucement en train de sombrer. Il n’était pas bien mieux lui-même. Ils étaient tous sur le même bateau à la coque brisé, en train de couler, ensemble.

xxx

Bellamy devait examiner le cas John Murphy. Il savait qu’il aurait à faire à ce genre de gosse en devenant professeur. S’il n’était pas capable de régler ça en tant que stagiaire, c’était que ce boulot n’était pas fait pour lui. Il fallait qu’il ait les épaules pour supporter les fortes têtes, et ça tombait bien, il avait un bon entraînement avec sa petite sœur qui n’en faisait qu’à sa tête. Oh bon sang, Octavia lui en faisait tellement voir de toutes les couleurs parfois. Sa sœur avait presque dix-huit ans, avait déjà sauté une classe et se retrouvait à l’université, elle bossait bien, elle était drôle et intelligente et il était fier d’elle, mais des fois c’était difficile. Comme cette fois-là à seize ans où elle avait fugué, ou bien quand elle s’était rasé la tête en signe de rébellion, sans oublier la fois où il avait dû payer sa caution parce qu’elle avait été arrêté pour s’être enchaîné à un arbre destiné à être coupé dans un mouvement contestataire. Octavia était une mini tornade impossible à contenir, mais son frère l’aimait de tout son foutu cœur et il aurait fait n’importe quoi pour elle.
Donc avec une Octavia à gérer, c’était pas difficile d’en faire de même avec un sale gosse qui se croyait tout permis.

Quand lundi matin il retrouva un gros pénis dessiné sur la feuille de devoirs qu’il avait donné, il soupira. Loucha sur ce que Murphy avait écrit, pour se rendre compte que la plupart de ses réponses étaient justes. Pourquoi tout gâcher avec un dessin stupide ? Bellamy se demandait bien ce qu’il se passer dans la tête des adolescents parfois. Il avait oublié qu’il en avait sûrement été un lui aussi, peut-être parce qu’il avait dû devenir adulte par la force des choses et plus vite que les autres. Bon, il allait devoir régler ce petit problème.

xxx

Monty joua toute la pause du midi, sans s’arrêter, sans prendre le temps de manger, il avait besoin de se remplir de son manque qu’il avait subit tout le week-end. Sa mère s’assurait qu’il soit le meilleur dans toutes les matières, mais elle ne pouvait pas totalement contrôler ses envies et ses besoins. Pas celle-là qui le poussait vers la musique en tout cas. De temps en temps, il chantait avec le morceau, d’autres fois il restait silencieux et se contentait de gratter. Une fois qu’il eut rechargé ses batteries, il se sentit beaucoup mieux.
Il était loin de se douter qu’il avait un témoin de ce qu’il jouait. Il pensait être seul, et ça ne le dérangeait pas. Monty jouait plus pour lui-même que pour un quelconque public. Il le faisait parce qu’il aimait ça, parce que les sons vibraient dans son corps, que les cordes frémissaient sous ses doigts, il avait parfois l’impression de ne faire qu’un avec Opalyne. C’était sans doute ce qu’il y avait de plus proche d’une communion entre deux être totalement différent. L’un en chair et en os, l’autre en bois et en son.
Hannah en l’éloignant de force de la guitare et de la musique, ne faisait que mettre de l’huile sur le feu, réveillant les désirs de Monty de jouer encore plus. Plus elle le contenait et plus il avait envie de jouer. Plus elle le privait et plus il s’attachait à la musique.
Avant que ça ne sonne, Monty entama Dream On d’Aerosmith. C’était comme s’il la chantait juste pour lui. Continue de rêver Monty. Ne t’arrête pas.
Un jour il réussirait à convaincre sa mère de le laisser jouer de la guitare.
Un jour, il redeviendrait meilleur ami avec Jasper.
Dream On, Dream On, Dream On.

xxx

Jasper avait laissé Murphy bouffer seul, lui-même n’avait pas trop faim. Il s’était rendu vers la salle de musique sans trop savoir pourquoi. Il s’adossa contre le mur et écouta Monty jouer. Il ne savait pas si cela lui faisait du mal ou du bien. Depuis que Maya était dans le coma, il avait du mal à écouter une musique, quelle qu’elle soit. Pourtant, il écoutait Monty jouer. Parfois il allait trop vite, parfois il grattait plus fort, il avait l’air en colère à propos de quelque chose, ou peut-être désespéré. Il jouait bien, parce qu’il mettait ses sentiments dans ce qu’il jouait, il entrait lui-même en résonance avec la musique qu’il créait au bout de ses doigts. Jasper ferma les yeux. Et un souvenir de son enfance lui sauta à la face.
Monty enfant en train de gratter la guitare à son père qu’il lui a volé pour pouvoir en jouer. Il joue une comptine à Jasper, une comptine que son père lui a appris. Jasper l’admire. Monty est comme envoûté par ce qu’il joue et il envoûte Jasper avec lui.
Jasper rouvrit les yeux. Ça avait été si vrai, comme s’il y était retourné un instant, dans ce passé. Son cœur eut un accrochage. Il expira comme s’il retenait son souffle depuis le début. Il avait envie de rentrer dans la pièce, il n’avait pas envie que Monty le voit. Alors, il resta simplement là, et quand il entendit la guitare s’arrêter, il s’éloigna.

xxx

Jasper était parti en vadrouille. Ces derniers temps, Murphy avait l’impression qu’il lui cachait quelque chose, mais il n’arrivait pas à déterminer quoi. Murphy mangea seul son sandwich assit sur un banc à l’extérieur. C’était rare, mais il avait hâte de reprendre les cours. Il avait histoire et il voulait voir la tête dépité de son professeur. Quel petit con, s’amuser de faire galérer les jeunes profs. Murphy eut quand même un sourire en coin. Il se disait que ce serait amusant, quoi qu’il se passerait.
Il avait tort.

Jasper vint s’asseoir à côté de lui quand il arriva :
– T’étais où ? Demanda Murphy.
– J’écoutais de la musique.
– Toi ? Tu écoutais de la musique ?
Jasper haussa les épaules, et se donna l’air mystérieux. Murphy lui pinça l’oreille en marmonnant :
– Tu es allé voir Monty c’est ça ? T’en pince pour lui ?
– T’es con, fit Jasper. Mais oui je suis allé l’écouter.
– Il joue comme un dieu ou quoi ?
– Non, pas vraiment.
– Jasper, tu le laisses jouer dans la salle de musique et en plus tu vas l’écouter. Soit il te fait grave bander, soit il a un talent inné pour la guitare.
– Il a du talent, marmonna Jasper.
Murphy n’eut pas l’air convaincu par sa réponse, mais il arrêta de discuter avec son ami, parce que le prof stagiaire venait d’entrer dans la pièce.

xxx

Bellamy fit l’appel d’abord, ignorant délibérément Murphy qui avait reposé ses pieds sur la table. Finalement, quand il s’assura que tout le monde était bien là, il sortit le devoir de Murphy et le posa à plat sur son bureau.
– Avant de commencer le cours, j’aimerais féliciter John Murphy pour ses talents en dessin, dit-il.
Murphy ne sut pas comment réagir. Froncer les sourcils ? Les lever ? Pincer les lèvres et faire la moue ? Sourire en coin ? Bellamy n’avait pas l’air perturbé, c’était comme s’il savait ce qu’il faisait, et qu’il n’était pas du tout intimidé parce cet ado qui voulait le faire tourner en bourrique.
– C’est un très beau portrait de lui-même, ajouta Bellamy en montrant finalement le gros pénis dessiné sur le devoir.
Alors il se passa une chose horrible. Tous les élèves se mirent à rigoler se moquant ouvertement de Murphy. Les seuls qui ne disaient rien étaient Monty, Jasper et Murphy lui-même. Il avait l’impression d’être pris au piège, comme dans un cauchemar. C’était comme se retrouver nu devant tout le monde, sauf qu’il avait ses vêtements mais qu’il venait de se faire humilier en public. Dégoûté, vexé, et blessé, Murphy poussa sa table de colère, se leva et quitta la pièce en claquant la porte.
Bellamy regarda son élève quitter la pièce, la fureur se lisant dans ses yeux bleus, et aussi une fêlure. Alors Bellamy qui avait cru régler le problème en le retournant contre l’adolescent comprit qu’il venait de faire une bourde. Il s’était montré immature, et il le regrettait déjà. Encore plus quand il vit l’ami de Murphy se lever pour le suivre. Il venait de merder, il le savait. Il espérait juste que c’était rattrapable.

À suivre.

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I'm Sexy

Un koala équivaut à deux Sam Rodrick Jonty. (Plus du Galek qui reste haha)
 
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