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 [Les 100 - UA] Clef de sol (1)

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Maliae
Maliae


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MessageSujet: [Les 100 - UA] Clef de sol (1)   [Les 100 - UA] Clef de sol (1) Icon_minitimeSam 30 Mar - 18:52

Fandom : Les 100
Prompt : Bien joué, connard.
Note : Pas relu

***

1. Solfège.

Deux petits garçons assit par terre dehors. Le premier a des cheveux longs bruns tout emmêlés sur sa tête qui ne doivent pas voir une brosse souvent. Le deuxième a des origines asiatiques, les cheveux noirs et raides, courts.  Leurs habits sont sales, parce qu’ils se sont roulés dans l’herbe deux minutes avant, mais ce sont des enfants et ils s’en moquent. L’un d’eux gratte la terre avec un cailloux, l’autre demande :
– Qu’est-ce que tu fais ?
– J’écris nos noms.
Jasper et Monty.
– Pourquoi tu fais ça ? Demande l’asiatique.
– Parce que je lance un sort.
– Un sort ?
– Pour qu’on reste toujours ensemble.
Les deux enfants se sourient et se font un câlin. Puis ils se promettent de rester ensemble pour toujours pour de vrai.

xxx

Monty ouvrit les yeux. Ça faisait longtemps qu’il n’avait pas fait ce genre de rêves. Il espérait que c’était bon signe. Cela faisait sept ans. Sept ans qu’il avait été séparé de Jasper. Ça avait été comme subir un écartèlement, comme s’il avait perdu la meilleure moitié de lui-même. Il n’avait même pas pu lui dire au revoir. Monty ne savait pas où pouvait se trouver Jasper désormais, ni même s’il le reverrait un jour. Sans doute jamais. Il l’avait recherché sur Facebook et Twitter sans le trouver, soit Jasper ne s’en servait pas, soit il y était sous un autre nom. Peut-être n’était-il tout simplement pas destiné à être ensemble.
Alors ce rêve.
Et bien ça faisait mal.

Depuis sept ans qu’il déménageait sans cesse avec sa mère, c’était la première fois qu’il revenait vivre dans sa ville natale. Il pensait ne jamais y revenir après la mort de son père, mais Hannah s’était sentie nostalgique tout à coup et avait décidé d’y chercher un travail et un appart. Monty savait que c’était sa seule chance de retrouver Jasper. S’il n’était plus là, s’il ne vivait plus ici, alors Monty abandonnerait. Ce serait dur, ce serait douloureux, mais il saurait à ce moment là qu’il n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas passer sa vie à courir après un souvenir.

Monty fit le trajet jusqu’à son nouveau lycée à pied. Il avait besoin de se dégourdir les jambes. Dans son dos, il portait sa guitare, car le seul endroit où il aurait le droit d’en jouer serait à l’extérieur et au lycée. Sa mère détestait la guitare.
Monty était habillé avec l’uniforme qu’il était obligé de porter, pantalon noir, pull de la même couleur sur une chemise blanche, et finalement cravate rouge. Le blason de l’école collé sur son haut. Monty avait l’impression que le pull le gratait, il n’était pas habitué à devoir porté un uniforme. De tous les lycées où il était passé, c’était le premier qui l’obligeait.
Monty n’aurait su dire s’il était de bonne ou de mauvaise humeur, il avait une boule d’angoisse logé dans son ventre et lui qui n’avait jamais été religieux, priait et suppliait n’importe quel Dieu de lui faire retrouver Jasper. Dernière chance, se répétait-il sans cesse.

Le lycée était à cinq kilomètres de chez lui, mais Monty ne les vit pas passer et il se retrouva devant un immense bâtiment aux briques rouges et aux nombreuses fenêtres. Voilà, il y était. C’était le seul lycée de toute la ville, alors si Jasper n’était pas là, Monty saurait qu’il ne le retrouverait jamais. Le ciel était bleu parsemé de quelques nuages, l’un d’eux paraissait former une vache, et Monty bloqua dessus, le regardant petit à petit se transformer en autruche. Il essayait de gagner du temps ou d’en perdre. Des lycéens rentraient dans le bâtiment sans se préoccuper du tout de lui. Ils parlaient forts, riaient, ils étaient tous insouciants. Certains râlaient parce que c’était la fin des grandes vacances, d’autres avaient l’air super content de se revoir. Monty les enviait. Depuis sept ans, il ne faisait que se tenir à l’écart des autres. À quoi bon tisser des liens si sa mère le forçait à déménager du jour au lendemain sans jamais pouvoir dire adieu ? Il s’était accoutumé de la solitude. Il avait sa guitare. Elle était son rocher, son ancre, quasiment sa petite amie. Il lui avait même trouvé un nom. Opalyne.
– Okay Go, souffla-t-il pour lui-même.
Il entra dans le bâtiment.

xxx

Il y avait plusieurs Terminal S et Monty chercha son nom sur les listes pour trouver sa classe. Il chercha aussi à tout hasard celui de Jasper mais ne le trouva pas. La boule dans son ventre prit de l’ampleur. Il espéra que ce n’était qu’une erreur administrative.
Monty avait tellement l’habitude de changer d’école qu’il avait appris à se repérer facilement dans chaque nouvelle, afin de ne pas se retrouvé perdu au hasard d’un couloir. Au pire, il savait demander son chemin.
Monty se retrouva devant la salle de classe indiquée après avoir déambulé dans les couloirs. La porte était ouverte et il entra dans la pièce déjà bondée de lycéens. Tout le monde avait déjà l’air de se connaître, ça parlait fort. Monty repéra une place tranquille dans le fond, se faufila comme une ombre entre les autres élèves et s’assit à sa place.
La classe était comme toutes les classes, des tables, des chaises, un tableau blanc, et le bureau du prof. Monty sortit des affaires, une trousse, une feuille. Il avait laissé sa guitare à côté de lui, contre le mur. Ses yeux passaient de lycéens en lycéennes. Tous portait l’uniforme, certaines filles étaient en jupes, pas toutes. Il n’y avait pas Jasper. Ou en tout cas, personne qui lui ressemblerait sept ans après.
Ça ne voulait rien dire. S’il n’était pas dans cette classe, il y en avait d’autres. Peut-être avait-il redoublé ? Monty se força au calme.
Une femme noire entra finalement dans la pièce et elle posa les papiers qu’elle avait dans les bras sur le bureau dans un claquement. Monty observa ses cheveux court et son air sévère. Cette prof n’était pas là pour rigoler et ça se lisait sur son visage. Les autres durent le sentir aussi, car chacun retrouva sa place assise et le silence se fit.
– Bonjour, je suis Indra Trikru, votre prof principale et prof de sciences.
Elle commença par faire l’appel et Monty bondit quand il entendit le nom Jasper Jordan. Ce n’était pas le même nom de famille, mais c’était son prénom, alors Monty avait réagit malgré lui. Il chercha du regard celui qui allait lever la main, mais personne ne répondit. Indra passa à la suite, sans se préoccuper de cette absence.
Ensuite elle distribua les emplois du temps, répondit à quelques questions, puis elle commença son cours seulement vingt minutes après la présentation.
C’est à ce moment-là qu’on toqua à la porte et qu’elle s’ouvrit. Deux gars entrèrent. Un mec de taille moyenne aux cheveux châtains et l’autre…
– John Murphy, Jasper Jordan, je suis ravie que vous ayez décidé d’assister à mon cours.
Le ton d’Indra était mordant, Monty n’aurait pas osé répondre, cela ne parût pas déranger le dénommé John Murphy :
– Salut Indra, t’a passé de bonnes vacances ?
– Allez-vous asseoir avant que je décide de vous virer de cette classe vingt minutes après la rentrée.
John Murphy et Jasper Jordan obéirent. Monty n’avait d’yeux que pour le deuxième. Le nom ne collait pas mais le reste…
Monty se souvenait d’un garçon plus petit que lui, avec des cheveux broussailleux toujours en pétard, des joues toutes rondes et yeux marrons foncé plutôt chocolat noir. Jasper Jordan en revanche était un grand échalas un peu maigrichons, qui marchait le dos un brin vouté comme s’il ne savait pas tout à fait quoi faire de son corps trop ample pour lui. Certes, il avait grandi et perdu ses rondeurs enfantines, mais Monty le reconnaissait. Ses yeux, son visage, c’était les siens. Jasper Jordan était le meilleur ami de son enfance. Il avait juste changé de nom.

xxx

Murphy avait jeté son réveil sonnant à l’autre bout de la pièce, le faisant taire à tout jamais, et il s’était rendormi, avant de se réveiller à nouveau et de gueuler un gros « merde » en se rendant compte qu’il allait être en retard en cours. Il poussa par terre Jasper qui dormait sur son lit et Murphy entendit un boum sonore quand l’autre atterrit.
– Debout la larve, on va en cours.
– M’man, encore deux minutes steuplait.
Murphy lui jeta son coussin à la figure :
– J’suis pas ta mère, debout !
Jasper redressa finalement la tête et fit une grimace significative.
– Désolé mec j’ai plus d’aspirine pour ta gueule de bois. Va falloir que tu supportes.
Jasper grogna, mais se mit debout.
– Bouge ! On est déjà en retard.
Même s’il avait entendu, Jasper ne fit pas plus vite. Murphy le mit dehors à coup de pieds aux fesses et lui lança son jean et son tee-shirt à la tête.
– Va te changer, on se retrouve à l’arrêt de bus.
Puis il claqua la porte.
Jasper et Murphy vivait dans des immeubles accoudés l’un à l’autre. Il ne fallait pas longtemps à Jasper pour rentrer chez lui. À moitié à poil, ne portant qu’un boxer, il traversa la cour pour se rendre chez lui, se fichant des regards que les lèves-tôt pouvaient lui jeter.
Murphy se lava et s’habilla en quatrième vitesse. Il n’était pas le genre de personne à se presser, mais disons que c’était la rentrée et qu’il voulait faire un effort au moins pour ce jour. Il mit plus de temps à se coiffer qu’à faire le reste, puis il attrapa son sac de cours, embrassa sur la joue sa mère qui dormait sur le canapé et partit.
Jasper arriva quelques minutes après lui, un peu plus en forme. Il avait prit une douche froide, ça l’avait réveillé.
– Rappelle moi un truc Murphy.
– Quoi donc ?
– De plus me murger le jour avant la rentrée.
– Je t’avais prévenu, mais monsieur n’écoute jamais les conseils de sa bonne conscience.
– Comme si tu étais un ange toi, tu as bu quasiment autant que moi.
Murphy haussa les épaules.
– Je tiens mieux l’alcool que toi.
– Tu vois ça, c’est ce qui me fait dire que y a pas de justice en ce monde.
Murphy ricana. Ils montèrent dans le bus qui arrivait.

Les deux adolescents avaient donc encore Indra en prof principale. Pas génial. Cette femme était féroce, elle ne laissait rien passer. Jasper et Murphy étaient persuadés qu’elle les détestait, mais ce n’était sans doute qu’une impression. Parce qu’Indra ne faisait de faveur à personne.
Ils trouvèrent une table dans le fond, à côté de la fenêtre et ils s’assirent sur les deux chaises restantes. Jasper aimait bien les sciences, mais il avait la flemme, alors il posa sa tête dans ses bras et tenta de faire une sieste, jusqu’à ce qu’il sente le stylo de Murphy rentrer dans ses côtes et qu’il se redresse d’un coup, faisant crisser sa chaise en bougeant. Indra lui jeta un regard noir, et Jasper lui fit un sourire contrit, avant de se pencher vers Murphy pour murmurer :
– Qu’est-ce que tu fous ?
– Je fous que le mec là bas à notre droite arrête pas de te mater.
Pas discret pour deux sous, Jasper se pencha pour regarder, au moment où l’autre détournait les yeux. L’adolescent fronça les sourcils, il avait comme un déjà vue. Mais il ne voyait pas suffisamment bien depuis là pour savoir d’où venait cette impression.
– J’ai une touche dès le matin, murmura-t-il, quelle chance.
C’était ironique, Murphy le savait, et laissa l’autre se recoucher sur sa table jusqu’à ce qu’Indra le réveille en cognant une règle en métal sur le bureau.
– Jasper, vous avez besoin d’un oreiller peut-être ?
– Non merci, répondit bêtement Jasper.
Indra eut l’air si furieuse que le garçon baissa immédiatement la tête et murmura des excuses, en jurant qu’il allait prendre des notes. La prof reprit son cours sans le lâcher du regard.

xxx

Le son de sa voix n’était pas le même. Jasper avait mué, il avait une voix plus grave, moins enfantine que dans les souvenirs de Monty, du moins ce qu’il en avait gardé. Pourquoi était-ce si facile d’oublier la voix de quelqu’un ? On commençait par ne plus se rappeler de ça, puis doucement c’était le visage qui disparaissait des souvenirs, et il ne restait qu’un grand flou. Monty se demandait ce qui était le plus douloureux, ne plus voir la personne jamais, ou commencer à l’oublier. Mais Jasper était là. Son Jasper. Et c’était dur pour Monty d’arrêter de le fixer. Leur prof parlait et le jeune homme n’entendait rien, il ne voyait rien d’autre que le visage endormi de celui qui avait été à une autre époque son meilleur ami.
Quand le châtain réveilla l’endormit, leurs yeux se croisèrent une demi-seconde, mais Monty avait soudainement eu peur et avait détourné le regard. Et s’il se trompait ? Et si ce n’était pas le bon Jasper ? Il ne portait pas le même nom que son Jasper, et il avait grandi et changé aussi, peut-être que ce n’était qu’une malheureuse coïncidence. Il avait voulu voir une ressemblance à cet ado.
Monty doutait.

À la pause, il aurait voulu aller lui parler, pour être sûr, mais Jasper et son pote s’évaporèrent, ils quittèrent la classe si vite que Monty ne put pas les suivre. Il eut beau les chercher, il ne les trouva pas. Il soupira. Pourquoi est-ce qu’il paniquait de toute façon ? Il saurait bien assez tôt qui était ce Jasper Jordan. Si c’était le sien ou un autre.

Du temps de midi, Monty fut plus rapide, mais encore une fois Jasper lui échappa. Monty soupira et après avoir mangé rapidement un bout dans le self, il chercha la classe de musique pour jouer un peu de guitare. Il trouva la pièce vide. Le piano trônait au centre et contre le mur, d’autres instruments étaient posés, un banjo, un djembé, et même un Didgeridoo. Monty s’assit par terre dans un coin, sortit sa guitare et commença à gratter les cordes n’importe comment avant d’entamer un air bien connu, qu’il appréciait. Il en était au milieu de la chansons quand quelqu’un ouvrit soudainement la porte de la salle. Monty s’arrêta de jouer en apercevant Jasper Jordan et son ami. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Jasper fonça sur lui, l’attrapa par le pull pour le soulever du sol et approcha son visage du sien.
– Qui es-tu pour croire que tu peux jouer cette musique, ici, dans cette pièce ?
Monty ouvrit la bouche mais l’autre ne le laissa pas en placer une :
– Je te préviens, ne viens plus ici, ne touche plus à ta guitare, où je te ferai bouffer les cordes !
L’asiatique fronça les sourcils, énervé. Non ce n’était pas son Jasper, ce n’était pas possible, il était si gentil avant. Il repoussa la main qui tenait son pull :
– Lâche-moi, t’es qui pour me dire ce que je dois faire ?
– Tu vas le regretter si tu ne fais pas ce que je te dis.
– Cause toujours, marmonna Monty.
Il se rassit fâché et Jasper donna un coup dans le mur :
– Je t’aurai prévenu !
Et il sortit de la pièce comme une furie. Son ami resta une seconde :
– Ne fais pas attention à lui, il crie beaucoup mais il ne mord pas tout le temps.
Monty haussa les épaules et laissa l’adolescent rejoindre son pote fou.

xxx

Murphy l’avait vu venir, le mec à la guitare qui n’arrêtait pas de regarder de leur côté, il allait causer des problèmes. Après être allé acheter un sandwich en ville – parce que la bouffe du self était dégueu – Murphy et Jasper s’étaient rendus dans leur coin à eux. La classe de musique. Et puis Murphy l’avait entendu et il avait bien essayé de retenir Jasper mais c’était trop tard. Quelqu’un était en train de jouer Blackbird dans leur endroit sacré. Ou en tout cas sacré pour Jasper. Et pourquoi cette chanson bon sang ? Pourquoi celle-là alors qu’il y en avait tant d’autres ? Jasper était parti comme une furie, il avait menacé le pauvre garçon à la guitare, celui-là même qui n’avait pas arrêté de le mater toute la matinée. Il aurait bien retenu son ami mais c’était trop tard, Jasper l’avait prit pour cible et menacé. L’autre ne s’était pas laissé faire et heureusement Jasper avait préféré frapper le mur que le mec. Puis il était reparti comme une tornade, et Murphy l’avait retrouvé assis par terre dans la cour en train d’émietter son sandwich au lieu de le manger.
– Tu sais que c’est moi la terreur normalement ? Faudrait voir à pas inverser nos rôles, fit Murphy en s’asseyant à côté de lui.
Les autres lycéens autour d’eux fumaient, parlaient, rigolaient, mais ils étaient dans leur bulle et n’y faisait pas trop gaffe.
– Y paraît que le pain tue les oiseaux, fit Jasper, je suis en train de commettre un génocide.
Murphy eut son petit air chafouin. Alors que Jasper continuait de mettre son sandwich en pièce, Murphy décida de manger le sien. Un silence entre eux s’installa, mais ils avaient l’habitude, ça ne les dérangeait pas. Souvent, c’était Jasper qui faisait la conversation, Murphy était plus taiseux. Aujourd’hui, il semblait que ni l’un ni l’autre n’avait envie de parler. Jusqu’à ce que Jasper ait fini de massacrer son sandwich et murmure :
– Elle me manque.
Qu’est-ce que Murphy aurait pu répondre à ça ? Il préféra ne rien dire.
– Il n’y a pas que ça, ajouta Jasper.
Murphy leva un sourcil.
– Quoi d’autre ? Demanda-t-il.
– Ce mec, j’ai l’impression de le connaître. J’ai pas fais attention quand le prof de maths a fait l’appel tout à l’heure, tu sais comment il s’appelle ?
– Nope, répondit Murphy, j’ai pas fais gaffe non plus.
Évidemment.
– Et tu le connaîtrais d’où ? Interrogea Murphy.
Jasper haussa les épaules sans répondre. Murphy se moqua :
– Depuis quand je ne suis plus le seul homme dans ta vie ?
– Tu oublies Evan Peters, fit Jasper en retrouvant un peu le sourire.
– Je suis quand même plus mignon, assura Murphy.
– C’est ça !
Murphy secoua la tête amusé, au moins Jasper avait moins l’air déprimé.

xxx

Monty ne joua plus rien, il ne pouvait pas, plus maintenant. Il ne comprenait pas ce qu’il avait fait de mal pour se faire agresser par ce mec qui ressemblait à son meilleur ami mais qui n’était pas lui. Ce n’était vraiment pas lui. Impossible. Cette incartade lui avait passé l’envie de jouer pour l’instant, mais il reviendrait. Personne ne pourrait l’empêcher de faire ce qu’il avait envie au lycée, parce qu’il n’avait déjà pas le droit de le faire chez lui.
Il soupira, sortit son carnet de son sac et commença à réfléchir aux paroles d’une chanson.

Quand ce fut l’heure, il retourna en cours et s’assit tout devant. Il avait remarqué que Jasper et son pote avait tendance à se mettre dans le fond, il voulait les éviter pour le moment. Si c’était l’effet rechercher, c’était bien joué. Connard.
Monty était dégoûté, complètement dégoûté et carrément déprimé. Ça ne pouvait pas être Jasper, mais si ce n’était pas lui, alors ça voulait dire qu’il n’avait toujours pas retrouvé son meilleur ami. Et si c’était lui quand même, alors en sept ans, il avait bien changé Jasper. Monty se rappelait de ses grands sourires, de ses jeux stupides. Jasper riait toujours plus fort que les autres et il entraînait Monty dans son monde imaginaire, de dragons à sauver de méchants chevaliers qui voulaient les tuer.
Évidemment, maintenant ils avait dix-sept ans, finit les dragons. À quoi s’était-il attendu franchement ? À retrouver Jasper et qu’ils se tombent tous les deux dans les bras ? Ils n’étaient pas dans un film bon sang. Bien sûr que ça ne se passait pas comme ça, dans la vie réelle.
Ce n’était plus Jasper Lewis, mais Jasper Jordan (1).

Un nouveau prof entra dans la pièce, il se présenta comme étant prof stagiaire d’histoire. Bellamy Blake. Vingt-cinq ans. Quand il fit l’appel et arriva à son nom, Monty leva la main.

***

Jasper frappa ses deux mains sur sa table. Monty Green. C’était lui. C’était bien lui. Ça faisait combien d’années ? Sept ans, ouais sept putain d’années où ce type avait disparu du jour au lendemain sans laisser de messages. Jasper ne pensait pas éprouvé de rancoeur, juste de la tristesse, mais tout à coup une colère bouillonnante remonta en lui. Ce mec, non seulement osait jouer Blackbird comme si de rien n’était, mais en plus … En plus… Il osait revenir comme ça, comme une fleur, après toutes ces années. Jasper lui en voulait. Il lui en voulait à mort.
C’était sans doute injuste, mais la colère que Jasper éprouvait pour lui-même, se dirigea vers cette cible qui n’avait finalement rien fait de mal.
Murphy le remarqua à peine, ses yeux étaient rivés sur le prof stagiaire. Un nouveau, un petit bleu. Une cible parfaite. Murphy n’aimait rien de plus au monde que de faire chier son prochain, et les profs avaient souvent le malheur de devenir ses proies. Plus ils étaient jeunes et inexpérimenté, mieux c’était. Murphy avait le don de les dégoûter du job pour la vie. Okay, c’était méchant, mais Murphy était méchant, c’était comme ça.
Bien avant que son nom ne soit appelé, il avait posé ses pieds sur la table et jouait avec son portable.
– John Murphy ?
– Présent, dit-il.
Quand les yeux de Bellamy Blake se posèrent sur lui, Murphy eut un rictus.
– Peux-tu poser tes pieds par terre ? Demanda le prof.
– Hmm je sais pas, vous me donnez quoi en échange ?
Professeur Blake leva un sourcil, et Murphy n’effaça pas son sourire de son visage, et laissa ses pieds où ils étaient. Jasper à côté de lui était perdu dans ses pensés et ne faisait pas attention à ce qu’il se passait.
– Je vois, fit le prof, tu es l’élément perturbateur de la classe.
– C’est mon deuxième prénom.
Murphy était fier de lui, il se comportait comme un gamin, il le savait, mais c’était plus fort que lui. Il avait besoin de ça. Se faire remarquer. Montrer qu’il existe. Même si ce n’était pas en bien. Bellamy resta songeur un instant, puis recommença à faire l’appel jusqu’au dernier nom, jouant la carte de l’indifférence.
Ensuite, il présenta sa matière et commença son cours.
Murphy froissa une feuille et lui lança au visage. Bellamy la rattrapa avant qu’elle n’atteigne sa tête. Les élèves en furent sacrément ébahis. Comme si aucun prof au monde n’avait réussi ce qu’ils prenaient pour un exploit. Murphy fronça les sourcils, ça ne devait pas être comme ça.
Le prof le regarda et demanda une nouvelle fois :
– Retire tes pieds de la table.
Jasper lui mit un coup de coude, pour qu’il arrête, mais Murphy était déjà allé trop loin. Alors il ne bougea pas. Il voulait voir jusqu’où le prof irait avant de perdre patience. Bellamy s’avança alors jusqu’à sa table, puis il mit un coup dans la chaise pour la faire tomber et Murphy avec. Il rattrapa l’adolescent avant qu’il n’atteigne le sol, et le mit droit sur ses pieds. Puis il emporta la chaise avec lui.
– Tu finiras le cours debout, dit-il. Ah, et tu es collé aussi !
Murphy foutu un coup de poing dans l’épaule de Jasper qui osait se marrer, comme le reste de la classe.
Ce n’était pas du tout comme ça que les choses devaient fonctionner.

xxx

Monty conclue de cette première journée qu’elle était pourrie. Jasper Jordan et John Murphy lui avait enlevé à peu près tout espoir de retrouver son meilleur ami un jour. Le premier l’avait menacé, le deuxième était un con qui faisait chier les profs. Il était venu à pied, il repartit en bus.
Il laissa sa guitare contre sa fenêtre et rentra chez lui. Sa mère était encore au boulot, mais il ne voulait prendre aucun risque. Elle ne devait pas savoir pour Opalyne. Il ouvrit la fenêtre de sa chambre, récupéra sa guitare et la planqua dans son placard. Heureusement qu’il vivait au rez de chaussé.
Monty se laissa tomber sur son lit et se frotta les tempes. Il avait espéré que son rêve ait été un bon signe, mais il avait bien l’impression que sa vie allait sombrer un peu plus, son espoir tué dans l’œuf. Et merde.

À suivre.


(1) j’ai volontairement changé le nom de naissance de Jasper, se sera expliqué dans l’histoire, à vous de voir.

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I'm Sexy

Un koala équivaut à deux Sam Rodrick Jonty. (Plus du Galek qui reste haha)
 
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