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 Belulu - Eclats entrechoquants - Chapitre 14

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Ohana signifie famille. Famille signifie que personne ne doit être abandonné, ni oublié


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Yuuki
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MessageSujet: Belulu - Eclats entrechoquants - Chapitre 14   Sam 10 Mar - 17:41

Le trajet fut long. Il fallait croire que la relation que j’avais avec mon père nous empêchait de se parler correctement. Quand il ouvrait sa bouche, c’était pour me poser des questions si banales, que je levais les yeux au ciel.
Et je voyais bien que comme il me voyait, il mourrait d’envie de me réprimander. C’était mon père. J’avais été trop longtemps été parfait pour lui, donc il voulait sûrement que je sois de nouveau cet enfant modèle que j’avais été.

Sauf que non. J’avais trop changé pour ça.
Mais du coup, j’avais quand même tenté de lui parler. Je sais plus bien ce que j’avais pu tenter de raconter. Peut-être parler de la peinture à côté du bureau de Bélial. Peut-être de Claunech. Toujours-est-il que pour une raison qui m’échappait je n’avais pas parlé un seul instant de Bélial.

Comme si ça me bloquait.
C’était vraiment con. J’étais vraiment con.

Au final, je me suis endormi pendant le trajet. C’est mon père qui m’a réveillé. On était sur l’autoroute, il voulait savoir si je voulais à bouffer. J’ai haussé les épaules. Il s’est arrêté et on est allé grailler.
Même là on semblait si séparé. C’était comme si on n’était pas père et fils. Parce que ce qui avait existé entre nous s’était envolé.
Je n’aimais pas cette situation de malaise qui subsistait entre nous. Mais je n’étais pas sûr de vouloir me réconcilier. J’étais comme un animal sauvage, méfiant, avançant lentement, et difficile à apprivoiser.
Et si mon père voulait que je sois de nouveau sympa avec lui, il allait devoir faire toujours plus d’efforts.

Même si pour le coup, m’emmener au musée était une des meilleures choses auquel il pouvait penser. Bien que je l’avais aidé.
Mais il aurait pu refuser. Il avait accepté.

Le trajet fut pourtant si long, que je me surprenais à repasser en boucle ses derniers temps, dans ma tête. Les moments avec Bélial. Avec Claunech. Même ceux avec Théophile ou avec Alec.
Ces derniers jours avaient été tellement animés. J’avais appris beaucoup de choses, et je m’étais pas mal amusé.
Mais « l’amour » avait tout gâché. L’amour, le cul, la baise, la jalousie, Bélial. Il avait tout gâché.
Je songeais à tout cela quand on a fini par arriver. Je reconnaissais la façade du musée sans soucis. Je me suis laissé à sourire doucement.
Ca faisait du bien de sourire mine de rien. Mais quand mon père est sorti aussi de son côté, j’ai vite arrêté. Je n’avais aucune envie que ce type me voit sourire. Je n’avais aucune envie qu’il comprenne que j’étais content d’être là.
Il était peut-être mon père, mais je doutais qu’un jour il redevienne un ami.

Alors, j’ai fini par le suivre jusqu’à l’entrée du musée. J’avais l’impression de retomber en enfance. Je me rappelais, il y a longtemps, quand je lui tenais encore la main. Je me rappelais même avoir demandé qu’est ce que c’était que cet endroit.
Il avait répondu juste « Tu verras », et en effet j’ai vu.

J’ai vu et j’ai apprécié.
Et j’avais envie de faire la même, parce que ça me manquais.

Alors, comme il y a des années, je suis entré dans le hall plutôt gigantesque. Là se trouvait l’accueil, les gens pour nous guider, les gens pour acheter les billets.
Immensité grandiose et lustré, brillant de mille feux tellement tout y était propre.

La seule différence avec la dernière fois, fut que mon père ne prit pas de billet enfant. Pas de tarifs réduits. Nous étions deux adultes. En costume. Si sérieux, qu’on aurait pu penser qu’on allait à un enterrement plus qu’à une visite de musée.
Je me demandais une seule seconde si le fait que mon père était venu me parler c’était parce que j’avais un joli costume.
Je ne savais pas. Et je n’avais pas envie de lui demander.
Nous finîmes par entrer officiellement.
Là se tenait les longues salles, leurs tableaux, leurs œuvres diverses. Plus que des peintures se trouvait également des sculptures.
Salles parfois blanches ou étrangement colorées. Salles silencieuses, solennelles, à m’en foutre des frissons tellement c’était terrible.

Au début, je restais vers mon paternel. On faisait quelques commentaires, mais le silence nous gagnait vite.
Au début, je ne savais pas trop où aller, je savais plus où le trouver. Ce que je cherchais avec tant de ténacité. Alors je faisais l’enfant restant près de son père. J’imaginais que celui-ci devait être ravi de ce fait.
Moi pas tellement. Et en même temps je me rendais compte que je m’en foutais un peu.

Mais quand on a fini devant le tableau, je me suis écarté.
On est rentré dans la salle, et il était là.

Et j’étais l’homme qui contemplait l’homme qui contemplait la mer de nuages. Et j’ai su que tout cela était bon. Je retrouvais le même frisson que j’avais eut la première fois. La vague de plaisir. De mystère. De doute.
Les nuages et leur liberté, et l’homme devant. Allait-il sauter ? Se contenterait-il de faire demi-tour ?

J’esquissais un sourire, doucement.
Je mourrais d’envie de toucher la toile mais ne pouvais pas. Alors, l’image de la même toile affichée chez Bélial me revint.
Je me demandais même ce que lui voyait quand il voyait cette peinture. Ce qu’il ressentait. Aurait-il le même frisson devant la véritable œuvre ?

Je l’ignorais, et je restais devant la toile.
Je sentis la présence de mon père, et me sentit presque étouffer.
Ou pas. En fait, je ne savais pas. Peut-être que finalement c’était moi l’imbécile.

Ce tableau avait cet effet sur moi. Me faire réfléchir.

Et comme par magie, je replongeais dans une infinité de souvenirs.
J’avais quitté mon père. Parce que j’avais l’impression qu’il m’abandonnait. Je ne voulais tellement pas qu’il m’oublie, qu’il me voit comme son larbin. Je me disais que je ne voulais pas. Je me disais que je voulais avoir ma propre vie.
Je savais pas où aller. J’ai jamais eut vraiment d’amis. Je voulais tout lâcher.

Et comme un abruti, j’étais parti. Je me disais que de toute façon, c’était bon. Que j’étais le plus fort, que je m’en sortirais.
J’avais servi de pute à des connards. Et je m’en étais plains.
Et je n’étais même pas revenu vers mon père. Parce que j’étais un gros con.

Peut-être que c’était ça.
Je voulais contempler la mer de nuage, et moi, j’avais rencontré le bitume. Parce que j’avais sauté. Peut-être que la mer de nuages, je l’avais déjà devant moi depuis longtemps.

- Lucifer, il y a d’autres tableaux.
Je l’ai entendu, et je me suis tourné vers lui.

- Sûrement, mais c’est celui là que je voulais voir. Tu peux aller voir les autres. Je bouge pas d’ici.

Il avait pas l’air de me faire confiance, on s’est échangé un long regard, et il a fini par soupirer et partir.
J’étais tout seul devant la peinture, et je la contemplais toujours. Mains dans les poches.

Faut croire que j’avais pas fini de réfléchir sur tout ce qui pouvait sembler important.

J’avais rencontré Bélial, et j’avais cru à mon salut. Il était pas si mal. Il était même plutôt cool avec moi. Je veux dire, j’étais le seigneur de sa maison autant que lui l’était. Y se la jouait pas Barbe Bleue, et le seul truc qu’il semblait exiger, c’était l’exclusivité de mon postérieur.
C’était toujours moins pire qu’un connard de proxénète vendant mon cul.

Et pis on s’était parfois bien marré pour des conneries. Genre un jour où Alec avait répondu au premier degré. Un autre jour où il m’avait parlé d’un client stupide.
On avait pleins de points communs.

Et moi, je sais pas. J’avais eu l’impression d’être enfermé. Je me disais que sortir avec Claunech c’était comme embrasser la liberté. C’était un petit copain que j’avais choisi moi, et qui s’était pas imposé à moi.
Je m’en foutais de coucher avec et de coucher aussi avec Bélial.
J’avais oublié que dans notre monde, il parait que la fidélité est importante. J’avais oublié qu’aux yeux de Bélial sûrement, on était plus que… Que quoi au juste ?

Deux cons qui se foutaient en l’air dans un lit pendant que l’autre partageait sa maison ?
Bizarrement, je me suis éloigné du tableau. Comme si j’avais envie de voir ailleurs, comme si je voulais pas poursuivre ce qui était en train de se creuser en moi.
Mes yeux dérivèrent sur les autres œuvres, mais aucune n’attisait clairement mon œil comme celle que j’adorais tant.

Pis là, mon regard croisa une autre œuvre.
C’était juste une mariée, qui semblait s’enfuir du tableau.

Je la fixais. Elle aussi, était de dos. Comme le mec qui regarde les nuages.

Je restais immobile.
Moi aussi je faisais ça en fait.
Je tournais le dos. Tout le temps. Par peur de quoi ? Etait-ce déjà par peur ?
Peut-être que finalement, si je m’éloignais de mon père c’était par peur d’être seul.

Mais au final, cette femme et le type, qu’est ce qu’ils étaient ? Seuls. Seuls et y avaient rien d’autre que le vide ou leurs nuages pour les consoler.
Ca devait être chiant à mourir.

Moi je n’étais pas seul. Et plus encore, j’étais lié à quelqu’un. Quelqu’un qui me trouvais amusant, et qui aimait mon côté rentre dedans. Quelqu’un qui m’avait offert ce qui me manquais, et quelqu’un que j’avais déçu parce que j’étais un connard.
Je soupirais.

Puis souriais.
Puis me reculais.
Puis fit demi-tour.

Faisant dos aux tableaux, je me dirigeais vers la sortie. J’avais pas grand-chose sur moi, voire même rien du tout. Mais sûrement juste assez. Parce que même sans le voler, il m’avait offert ce dont j’avais besoin pour m’envoler.
Pour m’arrêter de contempler.
Et pour profiter.

Je pris mon téléphone, je composais un numéro. Son numéro.
Il a décroché, je m’y attendais pas. Mais avant qu’il parle, j’ai lâché :

- Allo ? C’est Lucifer. Je sais pas quand je rentre, mais je rentre. Prépare moi ton lit. Notre lit.
Je raccrochais.

Et alors que je commençais à courir pour partir, j’entendis une voix m’appeler. « Lucifer, où vas-tu ?! »

Je me suis retourné :
- Je vais arrêter de tourner le dos. Merci pour la visite, et à plus, le vieux !

J’avais un sourire enfantin sur mon visage, je m’amusais bien, je m’amusais déjà. Je m’amusais à nouveau.
Et j’ai filé en lui tournant le dos à lui aussi.
A suivre

_________________

Sujet inquisition : 158/200


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