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 Les cent états de mon sang

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Saving people, hunting things, the family business


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CacheCoeur
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Date d'inscription : 28/10/2017

MessageSujet: Les cent états de mon sang   Sam 24 Fév - 19:23

Un texte lié à ma nouvelle 28 Lésions. Si vous vous êtes perdus, en gros, Nolanne, Gaël, Sybille/Laure (ça dépend des versions j'arrive pas à me fixer), Agnès et Clément sont étudiants en FAC de droit et on suit leurs petites aventures. 28 lésions traite exclusivement du personnage de Nolanne. Mais vu que je songe trés sérieusement à écrire sur les quatre personnages... Voici une petite ébauche du personnage de Gaël. Trés brièvement, son père est malade et a besoin d'une greffe. Lui, n'est pas compatible, mais on lui apprend que dans sa folle jeunesse, son père batifolait un peu partout et qu'il a notamment eu un enfant. Gaël est chargé par sa mère de le retrouver pour lui demander de passer le test et éventuellement sauver la vie de son père. Voilà voilà...


C’est le genre de moment que j’ai toujours aimé, et plus que jamais, j’en avais besoin. Tôt ce matin, nous nous étions retrouvés sur le parking en face de la FAC. Nous avions chargé les voitures, les coffres de ma Twingo et de la Clio de Sybille avec nos provisions pour cette semaine, nos couvertures, nos jeux de sociétés et nos manuels. Nolanne avait fait le trajet avec Agnès, qui nous avait suivi de prés. Dans mon rétroviseur, je l’avais regardé en train de chanter à tue-tête avec notre amie. Je m’étais retenu de rire, pour Sybille, qui nous expliquait sérieusement qu’Antoine avait enfin accepter de rencontrer ses parents.

- Enfin ! Cela fait trois ans que nous sommes ensemble et il a toujours refusé !

Clément avait hoché et la tête, et moi, je m’étais contenté de l’écouter. Antoine n’est pas une personne que je porte particulièrement dans mon cœur. Une fois arrivés, nous avons tous retrouvé avec bonheur la maison de vacances de Clément qui s’était empressé de l’ouvrir. L’odeur du renfermé s’y était réinstallé et nous avions pris soin de faire le tour de toutes les pièces pour ouvrir les fenêtres, malgré le froid automnal. Nous avions tous choisis nos chambres, rangé les courses dans le frigo et allumer un feu dans la cheminée.

Le bruit des vagues ne m’apaise pas et m’empêche de dormir. Je me tourne, me retourne sur mon matelas, essayant toutes les positions possibles et imaginables. Je décide finalement de me lever et constate qu’il y a encore de la lumière dans la chambre de Nolanne. J’entrouvre la porte, et la regarde, en tailleur sur son lit, son ordinateur entre les genoux et ses feuilles de cours éparpillées tout autour d’elle. Elle relève la tête et me sourit.

- Nolanne, il est trois heure du matin… Pourquoi tu ne dors pas ?

Elle jette un œil à sa montre et soupire, avant d’attacher ses longs cheveux en un chignon maladroit qui ne ressemble à rien et ou la plupart de ses mèches refusent de s’y faire emprisonner. Elle me fait signe de m’installer à ses côtés et commence à ranger et trier ses feuilles. Des cernes mangent ses grands yeux chocolats.

- Je n’arrive pas à dormir.
- C’est fréquent en ce moment, je lui fais en m’inquiétant.

Elle hausse les épaules comme si ce n’était pas important, puis pose son ordinateur sur le côté. Elle s’allonge et plonge sous sa couette. Je l’imite, et m’étend à ses côtés, sur le dos. Nolanne pointe un doigt vers le plafond, avant d’éteindre la lampe de chevet :

- Regarde Gaël !

Il y a un velux dans cette chambre. Un grand velux dont Nolanne n’a pas fermé le volet. La nuit est dégagée, sans nuage. La première fois que nous sommes venus tous ici, après nos partiels en première année, Nolanne avait découvert cette chambre, minuscule et avait exigé de l’avoir. Elle n’est pas du genre à faire des caprices, alors nous l’avons laisser faire… Nous n’avions pas compris son intérêt pour la plus petite chambre et surtout, la plus éloignée de la salle de bain et sans chauffage. Nolanne avait alors montrer le grand velux, qui trouait le plafond de la pièce. Je souris en y repensant…

Les étoiles brillent dans le ciel et se reflètent dans ses yeux. Nolanne et les étoiles… une longue histoire ! Je souris, et je l’écoute me parler des constellations. Nos mains se sont attachées l’une à l’autre.

- Pourquoi tu ne dors pas, toi ? me demande-t-elle.
- Est-ce que tu crois que c’est bien ?

Je fronce les sourcils et elle se relève à l’aide de ses coudes pour me fixer droit dans les yeux. Son chignon est totalement défait et ses cheveux tombent en cascade.

- Qu’est-ce qui est bien ?
- De reprendre contacte avec le fils de mon père…
- Ton frère, Gaël.

C’est l’habitude. Je l’ai appelé comme ça trop de fois dans ma tête pour qu’il en soit autrement si rapidement. Moi, qui avait toujours été aux côtés de mon père, dans les pires et dans les meilleurs moments. Et je ne peux pas l’aider dans sa maladie parce que la loterie de la vie à fait que je ne suis pas compatible. Ce… frère, l’est peut-être.

- Que tu veuilles savoir qui il est, ou que tu attendes de lui qu’un morceau de son foie Gaël, ça ne fait pas de toi une bonne ou une mauvaise personne. Ça fait juste de toi quelqu’un qui aime son père inconditionnellement. Il peut peut-être sauver ton père, et je pense que tu devrais au moins lui laisser le choix à lui.

Elle a raison. Lui, il ne savait rien de tout ce qui était en train de se passer. Peut-être que si c’était le cas, il aiderait mon père sans se poser de question. Ou alors, peut-être qu’il lui en voudrait, et refuserait la greffe. C’est une possibilité. Il n’y a pas de solution, et je n’aime pas avancer dans le vide.

- T’as toujours voulu avoir un grand-frère…

Je grimace. Elle a raison. Je me suis toujours senti seul et j’ai toujours envié Clément, Mia et Léon que je connais depuis l’enfance. Sybille et moi, quand nous étions petits, nous nous étions même promis d’être toujours ensemble. Tous les deux enfants uniques, nous avions trouvé en l’autre le frère et la sœur que nous n’aurions jamais…

- Ce n’est pas pareil Nolanne.
- En quoi est-ce différent ? Parce que vous êtes adultes et que vous n’avez pas grandis ensemble, vous avez perdu le droit de vous connaître ?
- Peut-être…

Elle me tape sur l’épaule :

- Non ! Vous avez encore le temps…

Je l’attire contre moi et elle vient se coller contre mon corps, sa couette nous séparant. Mon cœur bat fort et je continue de regarder les étoiles. Le sommeil ne veut toujours pas de moi, et pourtant au fil des minutes, je sens la respiration de Nolanne ralentir. Son souffle prés de mon oreille me chatouille légèrement.

- Et toi Nolanne, pourquoi tu ne dors pas ? je lui demande.

Elle se tortille, comme une chenille dans son cocon de couvertures. Elle cligne légèrement des yeux. Elle s’apprête à me mentir…

- Tout va bien ne t’inquiète pas Gaël ! marmonne-t-elle.

Elle ferme paresseusement les yeux. J’ai toujours détesté son entêtement à vouloir nous faire croire que tout va bien dans sa vie alors que ce n’est pas le cas… je le vois bien. Je la connais par cœur. Nolanne, elle s’est imposée à moi au fil de ces trois années. Nous avons travaillé ensemble, des heures et des heures, discutés, de tout et de rien, nous nous sommes baladés dans tous les recoins de la FAC et de la ville, nous avons partager nos quotidiens… Elle m’a offert Gardien, une épaule sur laquelle me reposer nuit et jour. Je ne comprends pas pourquoi elle ne se confie toujours pas, pourquoi il y a encore ses secrets entre nous. Pourquoi…

- Je n’ai jamais bien dormi…, ajoute-t-elle la voix un peu enrouée.

Je le sais bien…

- Comment tu fais, quand tu n’arrives pas à dormir ?

Elle ouvre les yeux, mais cache son visage sous les couvertures. Ça ne suffit pas à cacher ses cheveux, qui reposent en couronne sur son oreiller. Elle lève ses prunelles et je suis son regard.

- Je compte les étoiles…

Nolanne me donne les armes dont j’ai besoin. C’est elle, c’est « l’effet Nolanne ». C’est elle, c’est moi, c’est nous, c’est ça mais c’est déjà beaucoup, et quand j’y pense ça me rend heureux. Je caresse distraitement ses cheveux, en réfléchissant… Je prends une décision. Celle de connaître mon frère. Il a bien plus à m’apporter qu’un bout de foie qui sauvera la vie de mon père… J’attends que Nolanne s’endorme, avant de la laisser dormir. Je me retire tout doucement de son étreinte et dépose une autre couverture sur son corps endormi. Ses poings se serrent quand elle dort et je la regarde une dernière fois avant de partir. A côté de son sac, une lettre est tombée. Je la ramasse et sans le vouloir.
C’est une convocation pour le tribunal de Nantes. Mes yeux s’écarquillent et mon cœur rate un battement alors que Nolanne s’agite dans son sommeil. La pluie commence à tomber et se fait entendre. Je garde la lettre entre mes mains, et quitte la chambre.

Nolanne…

Nolanne, que t’arrive-t-il ?

Moi je lui dis tout et elle ne me dit rien… Et quand j’y pense, elle a tant insisté pour qu’on aille loin de Nantes, qu’on parte tous les cinq, loin de tout. Peut-être que Nolanne en avait besoin elle aussi… Peut-être même qu’elle en avait plus besoin que moi.

Est-ce qu’elle a peur de me déranger avec ses problèmes ?

***
L’odeur âcre de la fumée est désormais présente dans toute la maison…On a allumé un feu de cheminée ce matin sur la demande des filles. J’arpente les couloirs, regardant distraitement les photos accrochées aux murs. La plupart, sont celles de Clément, de Léon et de Mina. Ils sont beaux tous les trois. Ils semblent si proches… Je songe à ce demi-frère, à cette autre personne qui partage à cinquante pour cent, le même sang que moi. J’aurai pu connaître ça aussi, et ne pas vivre seul. Ne pas rester sans camarade de jeu, orphelin de fratrie, à regarder les frères et sœurs s’amuser.
On m’avait caché l’existence de ce membre de ma famille trop longtemps, et il était trop tard pour prendre des clichés de nous deux en train de jouer sur la plage de Noirmoutier avec des casquettes oui-oui visées sur les têtes. Des doigts me frôlent l’intérieur du poignet et me font me retourner. Je reconnais le parfum de fleur de pomme de Nolanne avant même de la voir. C’est comme évidence… Je la sens quand elle est là, tout proche. Ma peau et comme radar qui la localise et qui s’alarme dès qu’elle entre dans ma zone de confort, dans ma bulle privée. J’agrippe sa main alors qu’elle pose sa tête entre mon épaule et mon cou :
- A quoi tu penses Gaël ? murmure-t-elle. Tu as l’air triste…
- Je pense à mon frère…
C’est la première fois que je l’appelle « frère » depuis que je connais son existence. Ce mot, il devient plus réel, et ma bouche est comme brûlée de colère après l’avoir prononcé.
- Est-ce que je t’ai déjà raconté la fois ou mon frère et moi, nous nous sommes poursuivis dans toute la maison ? commence-t-elle en me regardant faire non de la tête. J’ai fini par le semer et j’ai décidé de continuer notre course à l’extérieur de la maison. J’ai emprunté la baie vitrée et pour le ralentir je l’ai refermée derrière moi. Il se l’est prise en pleine tête… Mais, moi, je ne me suis rendue compte de rien, et j’ai continué de courir.
Je respire l’odeur de la fumée qui se mélange avec celle des fruits, me demandant ou elle veut en venir. Elle fonctionne toujours par métaphore, ne dit jamais rien directement, et parfois je me dis que ça serait plus simple. Sujet, verbe, complément… Mais c’est Nolanne. Sujet, verbe, complément c’est trop simple ! Un jour ou nous étions à la bibliothèque universitaire, elle nous a tous sortis que le plus important, ce n’était pas de toucher la cible mais c’est de la viser. On s’est tous regardé dans le blanc des yeux, alors qu’elle avait déjà replongé son nez dans l’un de ses précieux romans. Pourtant j’ai appris de presque tous ses mots, il faut croire.
- J’ai continué de courir, jusqu’à ce que je l’entendre pleurer et m’appeler, Gaël.
La voici, sa petite morale. La phrase cachée que je dois comprendre.
- Est-ce que tu essayes de me dire qu’il faut je pleure et que j’appelle mon grand-frère ?
Elle a ce petit sourire espiègle qui me donne presque envie de rire malgré mes pensées sombres, qui me donne presque envie de faire taire mes doutes, qui me donne presque envie, d’enfin, l’embrasser contre ce mur, entre les photos de souvenirs de la famille Bultot.
- Tu mérites de le connaître Gaël pour d’autres raisons que celles qui te poussent à le faire réellement.
Mais si lui n’a pas envie de me connaître ? Après tout, même s’il a répondu à mon mail, rien ne me garantit qu’il en ait quelque chose à faire de moi… Et puis, c’est tellement malsain. Je ne veux qu’il pense que je souhaite faire sa connaissance à cause de la maladie de notre père. Qu’il lui donne ou non une partie de son foie, il reste mon frère. Un frère étranger. J’embrasse le cuir chevelu de Nolanne.
- T’es trop sage pour commun des mortels Nolanne…, je plaisante.
Je lui ébouriffe les cheveux et elle se débat, sa tignasse châtaine toute emmêlée et sans dessus dessous. Ses iris pétillent, elle a l’air moins fatiguée que la veille :
- Je sais… , finit-elle par rétorquer.
Elle me tire par le bras, jusqu’à la cuisine ou Agnès et Sybille sont occupées à préparer la pâte à crêpes. Je me penche vers le saladier, pour constater que la substance est pleine de grumeaux :
- J’ai jamais vu une pâte aussi ratée les filles !
Agnès fronce les sourcils et pointe son fouet vers moi :
- Rattrape le coup, au lieu de critiquer !
- Mets-y un peu d’huile de coude, Gaël ! ajoute Sybille en me fouettant les fesses avec un torchon de cuisine.
Les filles s’esclaffent et je m’exécute, sous leurs regards soucieux. Je sais que cette semaine, ils l’ont tous prévue pour me changer les idées, me faire penser à autre chose et oublier la maladie de mon père et mon incapacité à pouvoir faire quoique ce soit. Si seulement j’étais compatible… J’ai cette bouffée de culpabilité qui m’enserre le corps tout entier. Mes amis, sont un peu comme ce souffle que l’on retrouve après être remonté à la surface. Ils me surveillent et attendent le moment où je vais craquer. Mais ce ne sera pas le cas… Je ne craquerai pas. Je resterai sur la limite, la fine limite au bord de laquelle je ferai toujours semblant de rester en équilibre. Sauf que j’ai le vertige… Alors je me raccroche aux sourires de Nolanne, aux rires de Sybille, aux fausses bouderies d’Agnès et aux accolades maladroites de Clément. C’est eux, qui me maintiennent ancré au sol.
Nous mangeons tous en silence. Mais ce n’est pas grave. Le silence est parfois plus riche qu’une multitude de paroles. Ils sont tous autour de moi et je n’ai besoin que de ça pour le moment. Après avoir fait la vaisselle, Clément et Agnès s’installent à la vieille table en bois et commencent à sortir le plateau d’un jeu de société. Nolanne bouquine, emmitouflée dans un plaid et Sybille, parle avec animation à Antoine, au téléphone. J’en profite pour monter à l’étage, et me rendre dans la chambre de ma meilleure-amie. La lettre n’a pas bougé. Elle me brûle les doigts. J'ai mille doutes dans la tête. Et ils sont de retours.. Ces cent états de mon sang, qui bout, qui gèle et parcoure mes veines, parce qu'il n'est bon qu'à ça. Si j'avais été compatible... Je ne saurais rien de tout ça. Ce demi-frère n'existerai pas, tout du moins pour moi. La vérité, c'est la mort d'un mensonge, d'une illusion dans laquelle on nous a enfermé. Et cette lettre, que je tiens entre mes mains, c'est l'une des vérités de Nolanne.

Je suis tenté de l’ouvrir, de lire son contenu. Je pourrai aider Nolanne de cette façon… Je pourrai savoir ce qui la tourmente, ce qui l’empêche de dormir… Je pourrai connaître les raisons pour lesquelles elle murmure toujours des choses que je n’ai jamais réellement voulu comprendre. Cette lettre, elle pourrait m’aider à l’aider. Nolanne est si introvertie… Je soupire. Tous mes sens sont en alerte. Je devrai ouvrir cette lettre…. Alors, pourquoi je ne le fais pas ?

Peut-être que c’est à elle de me parler de tout ça. Peut-être que je dois juste me montrer patient. Je ne veux pas trahir ses secrets qu’elle souhaite garder, quand bien même ils la dévorent. Je repose la convocation de Nolanne au Tribunal de Nantes sur le sol, à l’endroit exact ou je l’ai trouvé hier. Je me sens un peu plus léger, et pourtant, je regrette déjà ma décision. Nolanne m’a donné les armes pour me battre, mais elle, quel combat mène-t-elle depuis tout ce temps ?
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Maliae
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MessageSujet: Re: Les cent états de mon sang   Mar 6 Mar - 15:11

J'ai lu malgré ton interdiction et je trouva ça très intéressant. Tes personnages sont vivants du fait qu'ils ont tous leur histoire, leur vie. Même si elle peut s'avérer compliqué et que les problèmes sont differents. On sent que la relation de Gaël et Nolane est mimi et un peu inégale puisque Nolane lui cache encore des choses (en même temps ça peut se comprendre).
C'est très bien écris aussi Smile

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Un koala équivaut à deux Sam Rodrick Jonty. (Plus du Galek qui reste haha)
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