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 [Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 3)

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Maliae
Messages : 1899
Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 3)   Dim 28 Jan - 18:07

Fandom : Les 100
Prompt : Lâche-moi la grappe.
Note : Jonty, pas relu. Y se passe que dalle dans ce chapitre et c'est répétitif.

***

3. Lâcher prise.

La chambre de ma mère était plus grande que la mienne. Il s’agissait de celle qui lui appartenait quand elle était reine. Elle était composée d’un lit, d’une coiffeuse, et d’un petit salon où nous étions assis à cet instant. Un feu brûlait dans la cheminée et ma mère me fixait d’un regard froid. Je me demandais ce qu’elle voyait. J’étais petit, avec des cheveux noirs tout lisse, les cheveux de Jasper était sans arrêt en bataille quand les miens tombaient droit sur ma tête. J’avais les yeux bridés comme ma mère et noir comme la nuit. Ma peau était mate. J’avais toujours eu l’impression de ressembler à Hannah avec seule différence qu’elle était plus âgée et portait les cheveux longs. Mais je n’avais pas d’autres modèles qu’elle, j’ignorais à quoi ressemblait mon père. Ma mère me le décrivait comme « beau » et « fort », elle disait qu’il était la personne la plus intelligente qu’elle ait connu et que je tenais de lui. Mais la plupart du temps, quand elle en parlait c’était pour me rappeler qu’il avait été trahi et que je devais le venger.
- Mère, j’ai une bonne nouvelle, dis-je.
- Je vous ai vu, coupa-t-elle brutalement ne me laissant pas continuer.
- Vu ?
- Monty, dois-je te rappeler ton rôle ?
- Non. Je le connais.
- Sais-tu pourquoi tu es là ?
- Pour tuer le prince.
- Je n’en ai pas l’impression.
- Pourquoi dites-vous cela ?
Son visage était fermé, impossible d’y lire la moindre émotion.
- Je vous ai observé en train de caresser ce cheval.
- Ah.
- Dis-moi, qu’est-ce que cela va t’apporter d’agir ainsi ? Les chevaux sont là pour nous servir, pas pour devenir nos amis.
- Je sais bien.
- Dans ce cas, pourquoi laisser le prince te toucher ainsi ?
Je me mordis les lèvres avant de répondre.
- Mère, tout ceci n’est qu’une stratégie.
- Explique-moi.
- Il s’avère que l’image que nous avions du prince est totalement fausse. Il est loin du prince arrogant et froid que je devais charmer. Aussi dois-je revoir ma façon d’agir avec lui. Ce prince-là s’attend à ce que je me laisse approcher, que je caresse les chevaux et ce genre de choses. Je ne fais que ce qu’il faut pour qu’il ait confiance en moi.
- Vraiment ? Tu n’es pas en train de te ramollir ?
J’eus un haussement de sourcil méprisant.
- Jamais, dis-je froidement.
- C’est bien. Que voulais-tu m’annoncer ?
- Je voulais vous parler du prince justement, il a dit que j’étais son ami.
Ma mère se détendit un peu.
- Il a vraiment dit ça ?
Je hochai la tête.
- Parfait. Fais en sorte qu’il n’en ait pas d’autres.
- Bien.
- Il faut qu’il n’y ait que toi Monty, et que tu deviennes son héritier.
- Oui. Je sais.
Mère se leva et posa sa main sur mon épaule :
- Je suis fière de toi, tu as bien avancé et plus vite qu’on ne le pensait.
Je savais que ma mère serait contente, qu’elle se montrerait fière de moi et j’en étais satisfait. Je ne cherchais que son approbation.
- Bien s’il faut que tu fasses toutes ces choses stupides pour plaire au prince, continue ainsi.
- Oui mère.
Ses doigts se plantèrent un peu plus fort dans mon épaule :
- Et n’oublie pas ta mission.
- Jamais.
Elle hocha la tête et me relâcha.

En sortant de la chambre de ma mère, un serviteur me bouscula. Peu importe ce que disait le prince, les serviteurs n’étaient là que pour nous servir, ils devaient connaître leur place. Je n’avais que dix ans et il était plus âgé que moi, mais je frappai celui-ci si fort que je le fis tomber par terre. Je l’écrasai de mon pied.
- N’oublie pas ta place, crachai-je.
- Pardonnez-moi monsieur.
Je le regardai avec mépris puis le laissai partir. Voilà, ce que mère attendait de moi, je ne l’oubliais pas, je faisais juste semblant devant Jasper pour lui plaire. Traiter les chevaux ou les serviteurs avec douceur étaient ineptes.
Je m’étais levé tôt pour pouvoir parler à ma mère, mais je dû rejoindre Jasper à notre cours de la matinée. Nous avions mathématiques. Le prince semblait apprécier cette matière plus que les autres, ce qui ne l’empêcha pas de renverser six fois son boulier. Contrairement à Bellamy cependant, ce précepteur-là, léchait les bottes du prince et ne s’énervait pas contre lui :
- Oh majesté, venez je vais vous aider, vous devez être fatigué aujourd’hui.
Jasper me fit un clin d’œil, pas du tout fatigué et laissa le précepteur faire l’exercice à sa place. Une fois sortie de notre salle de cours, je lui fis remarquer :
- Comment veux-tu apprendre si tu laisses les autres faire à ta place ?
- Je compte sur toi pour apprendre pour moi, me lança-t-il.
Je levai les yeux au ciel alors qu’il se marrait.
- Puisqu’on est libre, t’as envie de faire quoi ?
- Allons manger d’abord.
- Et ensuite ?
- Et toi ?
- Non, tu choisis, insista Jasper.
Je ne savais que répondre. Je ne connaissais que deux jeux. Cache-cache et chat perché. Monter à cheval était proscrit, puisque le garçon d’écurie refuserait sans doute de nous accompagner cette fois-ci.
- Aller marcher, finis-je par dire.
- Se promener ?
- Oui.
- D’accord, je vais demander à Becca pour venir avec nous.
Jasper ne pouvait aller nulle part seul.
- Nous ne pourrions pas y aller rien que tous les deux ?
Le prince sembla s’illuminer à ma demande mais secoua la tête :
- J’ai dix ans et il semblerait que je ne puisse me déplacer sans une armée d’adulte pour me protéger. Et ce sera sans doute toujours comme ça.
- Tu es le prince, c’est normal qu’on te protège, tu es important pour ce pays.
- Oui, répondit-il, je suis le prince.
Et cela ne semblait pas vraiment le rendre heureux. Il n’avait cependant aucune inquiétude à avoir, je lui ravirais bientôt la place qu’il m’avait volée.

Becca marchait à quelques mètres derrière nous, ainsi qu’un garde. Le prince faisait semblant de ne pas les voir et sautillait à côté de moi.
- Tu veux qu’on leur échappe ? Chuchotai-je.
Il me fit un sourire malicieux mais secoua la tête.
- Si je m’échappe trop souvent, je n’aurai plus le droit de sortir. On me tiendra enfermé dans le château.
- Personne ne peut te tenir enfermé.
- Je ne parierais pas là-dessus, répondit Jasper.
- Mais ils t’obéissent.
- Ils obéissent à mon père en premier, et s’ils perdent son fils, sa colère sera sans pareil. Ils préféreront m’enfermer.
Je hochai la tête.
- Je vois.
- Faisons juste semblant d’être seuls.
- D’accord.
Nous marchâmes un moment avant que Jasper décide que monter aux arbres seraient une activité bien plus marrante. Je grimpai avec lui et nous nous assîmes sur une branche. Le prince se laissa alors tout à coup tomber en arrière, se retrouvant la tête à l’envers, seuls ses jambes tenant la branche.
- Tu es fou ? Qu’est-ce que tu fais ?
- Le cochon pendu, fais-le aussi, tu vas voir ça permet de voir le monde autrement.
- Jasper tu risques de tomber.
Il rigola mais ne bougea pas d’un pouce. Je commençai à me dire que je n’allais pas avoir besoin de le tuer, il y arriverait tout seul.
- Allez Monty, laisse-toi aller.
- Je n’ai pas envie de me tuer.
Jasper se redressa et se rassit sur la branche.
- Est-ce que tu te lâches des fois ? Demanda-t-il.
- Je ne vois pas ce que tu veux dire.
- Je ne te connais pas depuis longtemps, mais tu es toujours si sérieux. Tu ne ris jamais, tu souris à peine, tu n’avais jamais joué à chat perché, est-ce que tu connais des jeux au moins ?
Je préférai ne pas lui répondre que non.
- Quand on a joué à chat perché, tu as laissé tomber très vite, il n’y a que quand je t’ai provoqué un peu que tu as commencé à t’y mettre et après c’est devenu une compétition pour toi, plutôt qu’un jeu.
En quelques jours, il avait réussi à comprendre tout ça. Je me crispai sur ma branche, mal à l’aise.
- Ce n’est pas que tu as peur de te tuer, dit-il, c’est que tu ne lâches jamais prise.
Je le fixai un moment sans savoir pourquoi ses paroles m’atteignaient. Je sentis mon corps basculer en arrière avant de comprendre ce que je faisais. Je me retrouvai la tête à l’envers, mes jambes se retenant à la branche, je lâchai mes mains et les tendit vers le sol. Jasper fit de même et me regarda en souriant :
- Alors ? Ça fait du bien de se lâcher non ?
Ce n’était pas à lui de m’atteindre, je ne pouvais pas le laisser faire. Je me redressai aussitôt et commençai à descendre de l’arbre.
- Monty, attends-moi !
Mais je ne voulais pas l’attendre, je ne voulais plus l’entendre. Il n’avait aucun droit sur moi. C’était à moi de faire en sorte qu’il soit mon ami, je ne pouvais pas réellement devenir le sien. J’étais déjà en bas de l’arbre quand j’entendis le cri du prince. Becca se précipita vers nous, tandis que je me retournai à toute vitesse. Jasper avait sans doute essayé de me suivre et de descendre à toute vitesse, mais j’imagine qu’il avait dû glisser et était tombé de l’arbre. Le prince était sur le ventre, son bras en dessous de lui. Je ne voyais pas son visage mais je l’entendais pleurer. Je m’accroupis à ses côtés alors que la gouvernante apeurée s’exclamait :
- Majesté ? Vous allez bien ? Vous êtes blessé ?
Elle tenta de le toucher pour le relever mais il se mit à crier de douleur et elle le relâcha. Jasper tourna des yeux humides vers moi et je me dis que c’était une nouvelle occasion de créer des liens avec lui, de gagner sa confiance.
- Je vais t’aider à te tourner sur le dos, dis-je. D’accord ?
Il hocha doucement la tête et sans me lâcher des yeux me laissa faire. Il grimaça à cause de la douleur, mais réussi à ne pas crier.
- Je vais chercher le médecin, fit Becca, ne bougez pas d’ici.
Le garde resta à notre côté sans bouger, pendant que je parlais à Jasper pour le rassurer.
- Voilà ce qui arrive quand on fait le singe.
Jasper me tira la langue :
- Si tu as la force de tirer la langue, c’est que tu dois être presque guéri, dis-je.
Il sourit. Ses larmes étaient oubliées.
- Où as-tu mal ? Demandai-je.
- Au bras surtout.
- Tu peux bouger tes jambes ?
Il les plia et hocha la tête.
- Et tes bras ?
Il plia le gauche mais ne réussit pas à bouger le droit.
- Je pense que tu as dû te le casser, ce n’est rien.
- Ça fait mal, dit-il.
- Je sais.
- Pourquoi ? Tu te l’ais déjà cassé ?
Je hochai la tête.
Je ne devais pas avoir plus de cinq ans, Pike m’entraînait au combat depuis des heures et j’étais épuisé. Je n’arrivais plus à soulever l’épée en bois qu’il m’avait confié. J’avais pourtant été vraiment heureux quand il me l’avait donné, et j’étais prêt à faire tous les efforts pour devenir le plus fort. Mais cela faisait une éternité que nous nous entrainions, que je tombais, qu’il me frappait avec sa propre épée en bois, que je me relevais pour lui faire face. Il pleuvait, j’avais mal aux jambes, je ne sentais plus mes bras, j’étais mouillé et je ne savais plus bien pourquoi j’avais été si heureux de posséder une épée en bois. J’avais lâché l’arme et il m’avait crié de la ramasser. Je n’avais pas obéi tout de suite, je n’en pouvais plus, il prit cela pour de l’insolence à son égard et il me frappa le bras si fort avec son épée que j’avais entendu l’os craquer avant de ressentir la douleur dans tout mon bras. J’avais crié et pleuré et ma mère était arrivé sous la pluie en courant. Je pensais qu’elle venait me consoler. Elle ne le fit pas. Elle attrapa mon bras cassé et appuya fort dessus, me faisant crier de plus belle :
- Ça Monty, c’est le prix à payer pour devenir fort, arrête de crier !
Son ton était sans appel, si je continuais, je savais qu’elle continuerait d’appuyer. J’ai serré les dents de toutes mes forces, tandis que Pike expliquait que je n’avais pas voulu ramasser mon épée. Ma mère me relâcha le bras mais me gifla :
- La prochaine fois, tu ramasseras ton épée.
Le lendemain, Pike m’entrainait à me battre tandis que je soulevais l’épée de ma seule main valide, même épuisé et perclus de douleur, je ne la lâchai pas, m’accrochant à elle comme si ma vie en dépendait.  
- Monty ?
Je revins au moment présent, Jasper me regardait toujours.
- Oui ?
- Tu es tellement fort, je suis sûr que tu n’as pas pleuré quand tu t’ais cassé le bras.
- J’ai crié et j’ai pleuré de toutes mes forces, avouai-je sans savoir pourquoi.
- C’est vrai ?
- Oui.
Jasper eut un petit gloussement et je fronçai les sourcils :
- Tu te moques de moi.
- Non, mais j’ai du mal à t’imaginer en train de pleurer et crier, dit-il.
Je haussai les épaules.
- Ça a vraiment l’air de te faire plaisir.
Et Jasper gloussa de plus belle :
- Au moins ça prouve que tu n’es pas en pierre.
Non, je ne l’étais pas. Et pourtant j’aurais voulu l’être, ça aurait été beaucoup plus simple. Je restai silencieux et m’assit à ses côtés en attendant que Becca revienne avec le médecin.

Jasper eut le bras immobilisé et comme il était droitier, ses précepteurs me considérèrent réellement comme son scribe. Cela semblait beaucoup amuser Jasper qui en profitait pour inventer mille nouvelles bêtises. Il en profitait même un peu trop, et croyait pouvoir m’utiliser aussi.
- Allez Monty, aide-moi à manger.
- Mange avec ton autre main.
- C’est trop dur. S’il te plaît, aide-moi.
Je savais qu’il faisait ça uniquement pour m’embêter.
- Non.
- Qu’en est-il de tes « comme vous voulez majesté » ?
- Je pensais que tu détestais ça.
Jasper ricana, attrapa sa fourchette avec sa mauvaise main et commença à manger tant bien que mal.
- J’aime bien ça quand ça m’arrange, avoua-t-il.
- Tu ne vas pas me faire mettre aux cachots parce que j’ai refusé de te nourrir.
- Je devrais, plaisanta-t-il.
Tu devrais, pensai-je, avant que je te poignarde.
Jasper mangea mal, il renversa la plupart de ses légumes en dehors de son assiette, et en roulant des yeux, j’attrapai sa fourchette et lui donnai la becquée. Il me sourit comme si je lui avais décroché la lune, et je lâchai la fourchette dans sa bouche, me levai et le plantai là. Ce prince n’était qu’un idiot. Il se réjouissait pour rien, s’amusait de tout, rigolait sans raison. Il était insupportable, si j’avais pu mettre fin à ses jours maintenant, je l’aurais fait.
J’allai voir ma mère, elle mangeait rarement avec nous, le prince usait ses nerfs et elle préférait être seule. Voir Hannah me permettrait de me recentrer sur mes objectifs. Son visage était aussi fermé que d’habitude, elle me dit se réjouir de voir Jasper blessé et je lui avouai que c’était en parti ma faute :
- Tu peux bien le torturer un peu, qu’il souffre un peu avant de mourir. Tâche juste de faire en sorte qu’il ne s’en rende pas compte.
- Bien mère.
Elle se rapprocha de moi et demanda :
- Il a souffert ?
- Oui.
- Tant mieux.
Je ne lui dis pas que j’avais réussi à le consoler. Je n’avais fait ça que pour gagner sa confiance, c’était tout.
Je sortie de la chambre de ma mère pour y trouver Jasper devant la porte. Je fronçai les sourcils :
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je savais que je te trouverais ici, dit-il. Quand tu n’es pas avec moi, c’est que tu es avec ta mère.
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Je suis juste venu te chercher.
Je n’aimais pas l’idée qu’il ait été derrière la porte pendant tout ce temps, j’avais peur qu’il ait pu entendre tout ce que ma mère pouvait dire et c’était dangereux. Il ne fallait pas que Jasper se doute de quelque chose, il fallait que personne ne sache. Je posai mes mains sur les épaules du prince et le poussai en avant pour l’éloigner :
- Ne viens plus ici, dis-je.
- Pourquoi ?
- Ma mère n’aime pas qu’on fouine du côté de sa chambre.
- Je ne fouinais pas, je t’attendais.
- Ma mère ne le verrait pas comme ça.
Jasper s’arrêta et tourna les yeux pour me regarder :
- Elle veut interdire au prince de se promener dans une partie de son château ?
Je soupirai :
- Elle ne t’interdit rien du tout, tu es le prince. Elle n’aime simplement pas qu’on se mêle de ses affaires, voilà tout.
Jasper hocha la tête et recommença à avancer.

Malgré son bras cassé, Jasper m’apprit de nouveau jeu. La plupart consistait à courir dans tous les sens. Jeux de courses, jeux de balles, je n’avais jamais autant joué de toute ma vie. Le soir au coin du feu, je me sentais éreinté même si je n’en montrais rien, tandis que Jasper paraissait toujours pleins d’énergie.
Je lisais tranquillement quand Jasper s’exclama :
- Je vais te faire un tour de magie.
L’une des bougies avait presque entièrement fondue et était si petite que Jasper réussi à l’enfermer sous un des verres transparents qu’il possédait.
- Qu’est-ce que tu fais ? Demandai-je.
- Tu vas voir.
Quelques secondes plus tard, la bougie s’éteignit.
- Elle est morte, dis-je, ne voyant là-dedans aucun tour de magie.
Jasper la ralluma prouvant le contraire et recommença son manège. Une nouvelle fois, la bougie s’éteignit. Je fronçai les sourcils.
- Comment fais-tu ça ?
Jasper le fit une nouvelle fois. Est-ce que le prince possédait une sorte de magie noire ? Je n’étais pas superstitieux, mais il était évident qu’il arrivait à éteindre cette bougie sans la toucher.
- Je ne comprends pas, fis-je, possèdes-tu réellement des pouvoirs ?
Il rit.
- C’est un peu ça, je suis un peu sorcier.
Puis il me tendit le verre et ralluma la bougie :
- Tiens, essaye. Qui sait, tu as peut-être des pouvoirs toi aussi.
Je n’avais aucun pouvoir mais je posai le verre sur la bougie et très vite elle s’éteignit.
- Comment… ?
Jasper s’esclaffa carrément et je me sentis vexé. Le prince finit par m’expliquer :
- C’est simple Monty, le feu a besoin d’oxygène pour brûler, si tu le prives d’oxygène, alors il s’épuise et s’éteint.
- Ça n’a rien de magique alors, tu n’es pas sorcier !
- Non pas du tout, sourit-il.
- Et comment est-ce que tu sais ça ?
- Malgré les apparences, répondit-il, j’écoute ce qu’on m’apprend. Un de mes précepteurs m’a montré ce petit tour.
- Le mien ne m’a jamais appris ça.
Sans doute Pike ne pensait pas qu’il était utile de savoir ça, peut-être même que lui-même l’ignorait. Jasper ralluma la bougie et fasciné, je posai le verre dessus pour l’éteindre.
- Ça fonctionne vraiment à chaque fois ?
- À chaque fois, me répondit Jasper.
- Intéressant, admis-je.
Je ne pensais pas que Jasper avait quelque chose à m’apprendre, quelque chose que j’ignorais.  J’aurais dû être vexé, étrangement je ne l’étais pas. Je recommençai le tour et Jasper s’en amusa :
- Tu aimes ça n’est-ce pas ?
Je ne pus que hocher la tête.

Je passai tout mon temps avec Jasper tout au long de sa convalescence, qui n’en était pas vraiment une. Nous relisions ensemble les notes que je prenais :
- Tu écris vraiment bien, me dit-il.
- Rien à voir avec toi, lui rétorquai-je.
Cela l’amusa. Nous jouions aux jeux qu’il m’avait appris. Je l’aidais parfois à manger quand il prenait trop de temps. Il me taquinait en me menaçant de m’envoyer au cachot sans la moindre raison valable, et je commençais à rentrer dans son jeu à force d’être avec lui. J’avais pris un certain rythme de vie, je me levai très tôt pour aller voir ma mère, me donner de la motivation pour la journée à venir avec le prince, elle me rappelait sans cesse ma mission et si au début cela m’encourageait dans la voie que je m’étais choisie, cela commençait à me faire perdre patience.
- J’ai compris mère, je vais tuer Jasper, inutile de me le rappeler à chaque fois !
- Ne me parle pas sur ce ton Monty !
Je baissai la tête.
- Désolé mère.
Ensuite je prenais le petit déjeuner en compagnie du prince et de la gouvernante. Nous allions voir les précepteurs ou Octavia. Jasper ne pouvait plus participer à l’entraînement, mais je continuais d’apprendre avec le maître d’arme. Le prince se contentait de m’encourager en criant très fort des bêtises.
- Monty t’es le plus fort ! Allez Monty ! Monty tu vas battre Octavia !
Octavia finit par aller lui mettre un petit coup d’épée sur la tête pour le calmer :
- La ferme Jasper, Monty a besoin de silence pour se concentrer ! Si tu t’ennuies, va faire un tour avec Becca.
Jasper fit la moue, mais fit signe qu’il allait se taire.
Jusqu’à la fois d’après où il recommençait.
L’après-midi nous étions encore ensemble, nous jouions ou allions marcher, une fois nous nous occupâmes des chevaux. Jasper brossa Chocolat en lui chantant des chansons, pendant que je m’occupais d’Alphard. Quand bien même j’avais dit à ma mère qu’il était inutile de caresser un cheval, je ne pouvais m’empêcher de passer ma main sur ses poils et sentir la chaleur se dégager de son corps. Alphard approcha sa tête de la mienne et il posa sa bouche sur mes cheveux.
- Mais qu’est-ce que tu fais ?
Jasper le vit faire et se marra :
- Il te prend pour une carotte géante.
Je poussai la tête du cheval et décidai de le brosser au lieu de le caresser. Il revint à la charge, et frotta à nouveau sa bouche sur mes cheveux.
- Alphard !
Jasper se plia en deux de rire.
- Ce n’est pas drôle Jasper, dis-lui d’arrêter.
- Je ne pense pas qu’il va m’écouter.
J’essayai de repousser une nouvelle fois le cheval, mais une minute plus tard, il recommençait, et le prince n’arrêtait plus de rire.
- Lâche-moi la grappe. Grognai-je.
Je finis par m’écarter complètement d’Alphard :
- Puisque c’est comme ça, je ne te brosse pas, dis-je.
Jasper se calma un peu.
- C’est parce qu’il t’aime bien.
- Ben c’est pas réciproque, grommelai-je.
- Attends-moi, je reviens, dit-il.
Le prince sortit de l’écurie pour revenir quelques instant plus tard avec des carottes. Il m’en lança une que je rattrapai :
- Tiens donne lui ça, il sera content.
Je tendis la carotte à Alphard qui la dévora, allant jusqu’à me lécher les doigts. Je grimaçai de dégoût, et essuyai mes doigts sur ses poils. Puis je recommençai à le brosser. Un peu plus loin, Jasper parlait à Chocolat, la caressait et lui fit même un câlin avec son bras valide. Je fixai Alphard, et imitant le prince, je passai timidement mes deux bras autour de son encolure pour me serrer contre lui. Le cheval ne bougea pas et je fermai les yeux, ma joue contre son cou. Je n’eus pas l’impression de rester longtemps ainsi mais quand j’entendis la voix de Jasper proche de moi, je faillis sursauter.
- C’est agréable, n’est-ce pas ? Me dit-il.
Je secouai la tête en me reculant :
- Pas spécialement.
Je donnai la brosse au garçon d’écurie :
- Tenez, c’est votre boulot, dis-je. Pas le mien.
Et je sorties des écuries. Jasper sur mes talons.
Le soir nous le passions aussi ensemble, au coin du feu, à lire ou à discuter. Il arriva qu’une fois Jasper s’endorme sur son siège et plutôt que d’en profiter pour le réveiller violemment, je posai une couverture sur lui.  Je n’oubliais pas mon objectif, je devais tuer le prince au final, il le méritait. Et pourtant, je n’arrivais pas à faire ce que ma mère m’avait dit, le faire souffrir. D’ailleurs, comment aurais-je pu gagner sa confiance en faisant ça ?
Avec Jasper, je me montrai assez correct avec les serviteurs, mais pas autant que lui. Je ne leur parlais jamais sauf pour leur donner des ordres, et la plupart du temps je les ignorais. Les rares fois où j’étais seul avec eux, je leur rappelais où était leur place. Je fis tomber une servante, j’en giflai une autre, quant au troisième, qui lui avait osé me répondre, j’étais sûr d’avoir laissé un beau bleu là où je l’avais frappé. Je ne voulais pas oublier tout ce que ma mère m’avais appris, sous prétexte que Jasper faisait de beaux discours. Pourtant, quelque part au fond de moi, je ne prenais aucun plaisir à cette violence. Je le faisais uniquement parce que ça me semblait normal, voilà tout.

Au bout d’un mois, Jasper put à nouveau bouger son bras, mais il fit semblant du contraire à table.
- Nourriiiiis-moi.
- Utilise ta main.
- Je ne peux pas.
- Menteur.
- Non, regarde !
Il fit semblant de ne pas pouvoir bouger la main et je roulai des yeux. Je pris son assiette et l’approchai de moi :
- Puisque tu n’as pas faim, je vais manger à ta place.
Aussitôt il bougea son bras :
- Ooooh je me sens drôlement mieux tout à coup. Tu peux me rendre mon assiette, je pense que je vais manger tout seul.
Je repoussai l’assiette vers lui.
- Tu ne sais pas mentir, dis-je.
- Je mens très bien.
- Et pourquoi voulais-tu que je te nourrisse ?
- Parce que c’était amusant.
- Tu trouves ça amusant d’être réduit à faire le bébé et à ouvrir le bec ?
- Non, ce qui est amusant, c’est te voir froncer les sourcils et avoir l’air très en colère alors que tu plantes la fourchette dans les aliments pour me nourrir.
- Je suis donc une source d’amusement pour toi.
- Je crois bien que oui.
Cela ne m’amusait pas beaucoup. Je venais de perdre l’appétit et me levai de table pour m’en aller. Je ne voulais pas être amusant aux yeux de Jasper. Je n’avais rien d’amusant. Je ne voulais pas qu’il me tourne ainsi au ridicule.
Serrant les poings je marchai sans regardai où j’allai et passai devant la loge des domestiques sans y penser, je m’arrêtai en entendant mon prénom.
- Monty est vraiment un sale gamin.
- C’pas comme le prince, ce môme a dû être pourri gâté, y s’comporte comme si c’était lui le prince.
- Je l’supporte vraiment pas.
- Moi non plus. Il est pas du tout comme son père.
Je sentis un grand froid m’envahir à cette mention.
- Je ne l’ai jamais connu.
- Moi si, et c’était un grand homme, il n’avait jamais un mot plus haut qu’l’autre, c’tait quelqu’un de bien. Je l’aimais beaucoup. Mais son fils n’est qu’un sale chiard égoïste et violent. J’ai du mal à croire qu’ils sont de la même famille.
J’avais envie de fuir le plus loin possible de ces paroles qui me faisaient tellement mal, mais quelqu’un attrapa mon bras. Jasper était là, à côté de moi, depuis quand ?
- Je suis heureux de savoir que Jasper est notre prince, je ne voudrais pas de Monty, continuèrent les voix dans la loge me blessant un peu plus.
J’essayai de m’éloigner mais Jasper me retint à nouveau.
- Lâche-moi, chuchotai-je.
- Ça va aller, dit-il.
Puis il me relâcha enfin et entra dans la loge.

À suivre.

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CacheCoeur
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 3)   Mar 30 Jan - 13:56

1- Première fois que Monty appelle sa mère "mère"... Intriguant ! Tu es fan de zeugma dans ce petit paragraphe ! Autre point intéressant : si Monty n'ose pas se comparer à son père, qu'il n'a pas connu, il se compare avec Jasper, au niveau de leurs cheveux... Intéressant, intéressant !
2-Oh bah non ! Monty ! On t'avait laissé sur une note positive, avec une remise en question. Je pensais que tu avais agit avec Charlotte de manière sincère... Smoche... Dès qu'il quitte sa mère, c'est infernal !
3-Première mention du fait que Jasper n'aime pas vraiment son rôle de prince ... C'est drôle qu'il en parle à Monty et plutôt cocasse était donné qu'il pense que sa destinée est de prendre sa place;
4- Mais... Ce souvenir est atroce ! Quelle mère inflige ça à son fils ? Le prix à payer mais de quoi ? Grrrrrr GROGNIASSE
5-  "Il se réjouissait pour rien, s’amusait de tout, rigolait sans raison. Il était insupportable". Je sais pas pourquoi, mais j'adore cette phrase !
6-Ce petit tour de magie est tellement cute ! Cette scène est attendrissante.
7- C'est marrant... (non en fait pas du tout) Mais Monty fait un parfait copié-collé de ce que sa mère lui fait subir avec les servants... Un dangereux mimétisme !
8 - OH ! Alors comme ça, le père de Monty était un bon roi... Humhum... Ca fout en l'air toutes mes hypothèses... Je pense qu'Hannah est responsable de sa mort, ça me paraît évident. Cette conversation ne va faire que conforter Monty dans son idée que son père a été injustement trahi par son meilleur-ami... Encore une fois, il rejette ce pauvre Jasper... C'est un peu le chat et la souri ces deux-là ! Un pas en avant, deux en arrière ! Ce chapitre est assez "calme" et pourtant, on a pas mal de nouveaux éléments je trouve !
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[Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 3)
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