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 [Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 2)

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Maliae
Messages : 1881
Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 2)   Sam 27 Jan - 23:41

Fandom : Les 100
Prompt : Il lui intima le silence
Note : Jonty, patapouf, pas relu et c'est nul j'en ai marre Very Happy

***

2. Régner avec justice.


Jasper venait de rouler une feuille en un fin tube où il inséra une toute petite boulette de papier. Je le regardai faire sans rien dire, m’interrogeant sur ses intentions. Tandis que le prince faisait ses drôles de manipulation, notre précepteur d’histoire et d’économie faisait sa leçon. Depuis le début du cours, j’étais le seul à prendre des notes. Jasper n’avait fait que rêvasser ou soupirer, se faisant reprendre plusieurs fois par l’homme aux cheveux bouclés qui lui intimait le silence. Il nous racontait l’histoire du monde et d’Arkadia. Personnellement, je m’ennuyais puisque je connaissais déjà cette leçon, mais je me montrai sérieux et attentif, comme je l’avais toujours été. Pourtant mon attention avait fini par être attiré par les mouvements de mains de Jasper sous notre table. C’est là que je le vis fabriquer ce drôle de tube. Il attendit que le précepteur eut le dos tourné pour le sortir et souffler dedans, envoyant la boulette directement sur la nuque de l’homme. Ce dernier se gratta comme si une mouche l’avait gêné. Le prince recommença son manège plusieurs fois avant que le précepteur ne le prenne sur le fait. Aussitôt l’homme lui prit son tube et le broya avant de le jeter à la poubelle :
- Majesté, si vous n’écoutez pas, comment voulez-vous apprendre ?
Le prince fit la moue.
- Prenez donc exemple sur Monty, il prend des notes sérieusement.
- Et bien justement, puisqu’il prend des notes, pas besoin que je le fasse.
- Je ne suis pas ton scribe, rétorquai-je.
Jasper leva un sourcil et j’eus peur d’être allé trop loin.
- Booooon, souffla-t-il simplement.
Il prit une nouvelle feuille, trempa sa plume dans l’encre et attendit que le précepteur parle pour prendre des notes. L’homme reprit son cours et ne vit pas Jasper grimacer dans son dos.
Cela faisait une semaine que j’étais au château et Jasper ne cessait de me surprendre chaque jour. Le prince parlait aux domestiques comme à des amis, il était très expressif et pouvait sourire et s’exaspéré dans la même minute, toutes ses émotions passaient sur son visage. Il riait sans arrêt, faisait des blagues, et taquinait les gens autour de lui. Il aimait faire tourner en bourrique ses précepteurs et sa gouvernante. Il passait dans les cuisines et se servait à même les plats, il avait fait un concours de crachat avec une servante, il adorait aller aux écuries et je l’avais retrouvé en train de dormir roulé comme un chien dans la paille. Hannah le détestait cordialement mais se pliait devant lui à contre cœur, désirant rentrer dans ses bonnes grâces. Elle se vengeait ensuite sur moi quand nous nous retrouvions seuls. Me hurlant dessus que je n’étais qu’un bon à rien, que je n’allais pas assez vite, que je n’en apprenais pas assez sur le prince. Elle aurait voulu que je pusse me débarrasser de Jasper dans la minute, alors qu’elle savait elle-même que cela risquait de prendre des années. Une fois elle m’avait giflé si fort que j’en gardai la marque et dû mentir au prince « je me suis cogné dans une porte ». Je n’en voulais pas à Hannah, je savais qu’elle passait sa frustration comme elle le pouvait et j’étais le seul dans la confidence. Cela ne faisait que me rendre plus déterminé.
À la fin du cours, Jasper bailla outrageusement, et tandis que le précepteur rangeait ses affaires, le prince se leva et se planta devant lui :
- Bellamy, tu veux venir jouer avec nous ?
- Et à quoi voulez-vous jouer Majesté ?
Jasper répondit :
- À cache-cache !
Je ne connaissais pas encore bien le château, certains endroits me restaient pour le moment inconnu, mais j’en savais assez pour ne plus me perdre et retrouver les lieux les plus importants. Ma chambre, celle de Jasper, celle de ma mère et même celle du roi. Les divers salons et salles de séjour, la bibliothèque, la salle de jeux, la salle de cours, les cuisines, l’écurie. Cependant, je ne me voyais guère jouer à cache-cache.
- Je passe mon tour, dis-je.
- Dans ce cas on a qu’à jouer à chat perché.
Je m’approchai du prince et soufflai à son oreille :
- Pourquoi vouloir jouer avec un précepteur Jasper ?
- Parce que Bellamy joue toujours avec moi, hein Bellamy ?
Bellamy hocha la tête.
- Alors c’est d’accord pour chat perché ?
- Je ne connais pas ce jeu, avouai-je.
Jasper me regarda comme si j’étais le dernier des idiots et j’eus envie de lui casser le nez avec mon poing. Je n’avais pas appris à jouer moi, ma mère avait fait en sorte que je sois fort et intelligent pour pouvoir battre Jasper et le tuer, je n’avais pas le temps pour ces frivolités.
- Bon c’est facile, me dit Jasper, c’est le jeu le plus facile du monde. Bellamy doit nous courir après pour nous manger.
- Je n’ai pas envie que l’on me mange !
Jasper ouvrit la bouche, la referma, puis éclata de rire. Je fronçai les sourcils, vexé.
- Pour de faux Monty. Il ne va pas vraiment nous manger, c’est juste pour jouer. Donc il nous court après et s’il arrive à toucher l’un d’entre nous, celui qu’il a touché devient le chat et doit courir après les autres.
- Et pourquoi chat perché et pas chat tout court ?
- Parce que si on se perche, on peut échapper au chat qui n’a plus le droit de nous toucher.
- C’est stupide, m’exclamai-je, les chats savent grimper.
- C’est juste un jeu Monty, sourit Jasper, ne le prends pas trop au sérieux.
Je me contentai d’un haussement d’épaule et acceptai de jouer. Bellamy nous conduisit à l’extérieur et commença à nous courir après. Je courrai très vite, et grimpai sur la première branche que je trouvai où je restai perché tandis que le prince cavalait dans tous les sens comme un idiot. Il finit par se faire toucher, évidemment. Jasper se tourna vers moi les poings sur les hanches :
- Tu triches Monty, t’as pas le droit de rester perché comme ça.
- Et pourquoi pas ?
- Parce que c’est pas du jeu, si tu descends jamais de l’arbre, on peut pas t’attraper.
- C’est pas de la triche, dis-je, c’est juste que je suis plus malin.
- Nouvelle règle, intervint Bellamy, on ne peut pas rester perché plus de dix secondes.
Je comptai jusqu’à dix, descendit de ma branche et couru jusqu’à un autre arbre. Jasper abandonna Bellamy pour courir après moi. Il était aussi petit que je l’étais, mais j’étais plus rapide. Je gaspillais moins mon énergie que lui qui faisait de grands gestes, qui respirait fort, parlait et criait en même temps. Pourtant il ne me lâcha pas d’une semelle. J’étais rapide, mais Jasper était persévérant. Alors que nous nous épuisions, moi à courir me réfugier, lui à me courir après, il n’abandonnait pas quand je sentais ma motivation disparaître petit à petit. À quoi bon courir ainsi pour un jeu stupide ? Il y avait longtemps que Bellamy avait abandonné la partie et nous regardait de loin.
Je soupirai et m’arrêtai finalement, me laissant attraper par Jasper.
- Touché ! S’écria-t-il ! C’est toi le chat.
Et il fila comme le vent, quand bien même il était à bout de souffle. Ne s’arrêtait-il donc jamais ? Assis sur sa branche, il me cria après :
- T’es trop nul Monty, tu cours vite mais t’abandonne vite aussi, tu sauras pas m’attraper.
Et pourquoi aurais-je voulu l’attraper ?
- Je suis bien meilleur que toi à chat perché.
Quelque chose grinça à l’intérieur de moi. Comment ça, il était meilleur que moi ?
- Je suis le meilleur, répéta Jasper en souriant.
Je lui criai :
- Ça fait dix secondes, descend maintenant.
Il descendit et aussi vite j’étais sur lui et le touchai, puis m’enfuit. J’allais lui prouver que j’étais le meilleur. Sans que je m’en rende compte, je me pris au jeu, je courrai de toutes mes forces même quand je me retrouvai à bout. Jasper rigolait sans cesse même quand je réussissais à le toucher et qu’il devenait le chat.
Je fus le premier à m’écrouler, ne sentant plus mes jambes, ni mes poumons. Jasper s’arrêta et se pencha en avant, respirant à grand coup et rigolant tout à la fois.
- J’ai gagné Monty, je suis le meilleur à chat perché.
- Je prendrai ma revanche, grognai-je en me relevant.
Et alors que j’étais le plus rapide, Jasper m’avait montré qu’il pouvait être le plus coriace. Je fus tellement vexé, que je refusai de manger ce soir-là et m’enfermai dans ma chambre.
C’était stupide, j’en avais conscience. Ce n’était qu’un jeu débile, Jasper n’était qu’un môme idiot, un prince stupide, et tout ce que j’avais à faire c’était devenir son ami, m’énerver ne servirait pas mes intérêts, mais je n’y pouvais rien. Je voulais être le meilleur en tout, je voulais humilier le fils de celui qui avait tué mon père et lui prouvé qu’il ne méritait pas d’être prince. Je ne le laisserais pas gagner, je lui montrerais que je pouvais être plus fort que lui. Sur n’importe quel terrain.

Au bout de deux jours, Jasper se lassa de jouer à chat perché, alors que je n’avais toujours pas réussi à le battre. Sentant sans doute que je n’abandonnerais, pas il se laissa tomber sur le sol :
- T’as gagné Monty !
Je savais qu’il avait fait exprès mais je le forçai à reconnaître que j’étais meilleur que lui. Il se releva et me sourit :
- Tu es meilleur que moi.
Je goûtai ses paroles avec satisfaction alors que Jasper passait déjà à autre chose :
- Demain on fait du cheval. T’es déjà monté sur un cheval ?
- Bien sûr que oui.
- Génial ! On pourra faire la course alors.
Je ne le laisserais pas me battre.
Ce soir-là, nous étions assis dans la salle de séjour, au coin du feu. Ma mère était déjà partie se coucher, je la soupçonnai de partir si tôt pour ne pas avoir à supporter Jasper. À la lumière des bougies, Jasper observait les flammes de l’âtre tandis que je lisais un livre. Une petite servante vint nous servir une tisane que j’avais réclamé. Elle ne devait pas avoir plus de six ans, elle avait de long cheveux frisées bruns et un visage poupon. Elle s’appelait Charlotte, et Jasper m’avait confié qu’elle était née dans ce château et que ses parents étaient morts dans un accident, alors qu’elle avait été élevée par les autres domestiques. On lui donnait les tâches les plus faciles, comme celle de servir une simple tisane à des enfants. Il faisait sombre et Charlotte trébucha alors, renversant la théïère pleine d’eau bouillante sur moi. Je me relevai en vitesse, évitant de me faire brûler au dernier moment. Furieux contre cette idiote, je lui attrapai le bras :
- Stupide servante ! Criai-je.
Et je commençai à le lui tordre. J’étais prêt à lui casser, pour lui montrer sa stupidité et lui apprendre à faire attention. C’était comme ça que ma mère m’avait élevé, et c’était comme ça que je me comportai envers les autres. Jasper me retint alors, me poussa brutalement pour que je lâche Charlotte qui se mit à pleurer. Le prince la prit doucement dans ses bras :
- Ne t’en fais pas Charlotte, ce n’est qu’une erreur. Tout va bien. Demande à Becca de nous emmener de l’eau chaude.
La petite hocha la tête, les yeux encore pleins de larmes puis s’enfuit. Jasper se tourna vers moi et secoua la tête :
- Ce n’est pas comme ça que ça marche Monty.
- Cette petite idiote a failli m’ébouillanter et je ne devrais rien dire ?
- Ce n’est pas avec le bâton qu’on se fait respecter, insista Jasper. Tu te feras craindre, c’est tout.
- Alors quoi ? Je la remercie ? Crachai-je.
Jasper s’approcha de moi l’air calme.
- Tu peux être gentil, compréhensif, pardonner l’erreur.
J’eus un ricanement :
- C’est le comportement d’un faible.
- C’est le comportement d’une personne juste.
Je serrai les poings et les dents.
- Ce ne sont que des domestiques, ils savent où est leur place.
- Ce sont des gens comme tout le monde, si tu casses un bras chaque fois que tu es mécontent, tu n’auras bientôt plus personne pour te servir.
Je me rassis à ma place et m’enfonçai le nez dans mon livre, tentant d’échapper à la conversation. Jasper insista pourtant :
- Tu peux régner par la terreur ou par la justice, à toi de choisir qui tu veux être.
Je fermai violemment mon livre et partit me coucher. Je dormis mal cette nuit-là, les paroles du prince tournant sans cesse dans ma tête. En début de soirée, j’étais sûr d’être dans le vrai, ma mère m’avait toujours éduqué avec fermeté et j’étais devenu ce que je suis, fort et intelligent, je lui en étais reconnaissant. Mais plus la nuit passait, et plus je doutais. Jasper était adoré de tout le monde, il agissait avec gentillesse et on le respectait pour ça. Y avait-il une autre façon d’agir plus juste que la mienne ?

Avant notre promenade à cheval, nous avions d’abord un entraînement avec Octavia. Le maître d’arme de Jasper n’avait pas plus de dix-huit ans, et la semaine passée j’avais fait l’erreur de la prendre pour une débutante à cause de son jeune âge. J’aurais dû me douter que l’âge n’avait rien à voir avec l’expérience. Octavia avait dû apprendre avec les meilleures et depuis toute jeune, car elle m’en fit voir de toutes les couleurs. Tandis qu’à la maison j’étais devenu meilleur que mon maître d’arme, ici, je fus jeté au sol, une épée en bois sous le cou.
- Tu es mort Monty, avait-elle froidement annoncé.
J’avais décidé de laisser Octavia me rendre plus fort.
Elle était une des rares à se fiche que Jasper soit prince ou garçon de ferme, elle le traitait comme son élève et puis c’est tout. Pas de vouvoiement, pas de « majesté », elle ne se gênait pas pour l’insulter et lui crier après et avec elle, Jasper marchait droit.
Jasper était doué à l’épée, il était doué pour un garçon de dix ans et je suis sûr et certains qu’il aurait pu se débrouiller pour se défendre comme une personne avec un niveau basique. Il était doué, mais j’étais bien meilleur que lui. Alors que je l’avais humilié la semaine passée, cette fois encore je fus largement vainqueur de nos estocades. J’en tirais orgueil et alors que Jasper se faisait réprimander par Octavia, je me tenais fièrement la tête levée. Mais quand le prince croisa mon regard, il me sourit et me fit un signe de la main. Ses défaites ne l’atteignaient pas et mon arrogance semblait lui passer au-dessus de la tête.
Le maître d’arme ne nous appris pas les mêmes choses, j’étais plus en avance que Jasper, et j’eus le droit d’apprendre des feintes et attaques plus difficiles. J’étais impressionné par la force, la puissance et la vitesse d’Octavia. Elle voyait chaque coup venir, et semblait prévoir à l’avance ce qu’elle allait faire. C’était une bonne tacticienne en plus d’être une combattant hors pair. Avec elle, je savais que j’allais progresser avec elle. Et pour la première fois, j’étais satisfait d’être ici et de devoir me coltiner le plus abruti des princes.
Après notre entraînement, nous mangeâmes un peu, puis nous nous changeâmes pour la balade à cheval. Jasper était impatient et sautillait partout. Un garçon d’écurie devait nous accompagner au cours de notre balade mais Jasper me chuchota à l’oreille que nous le sèmerions.
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
- Et pourquoi pas ?
- Tu es le prince, tu ne peux pas te balader tout seul ainsi.
- Je ne serai pas seul, puisque tu seras avec moi. À moins que tu ais peur.
- Je n’ai peur de rien.
- Dans ce cas c’est décidé.
J’aurais voulu protester, mais nous arrivions dans l’écurie et il était trop tard. Jasper avait une jument blanche dont j’ignorais la race. Je n’y connaissais rien en chevaux, je savais juste les monter et je ne voyais pas l’intérêt d’en apprendre plus à leur sujet.
- Elle s’appelle Chocolat, m’indiqua-t-il.
À ma tête, il comprit que je me posais des questions sur l’origine du nom
- C’est parce que j’adore le chocolat, expliqua Jasper, et que j’adore ma jument.
Je trouvais ça stupide mais bien digne du prince.
- C’est une pur sang arabe, continua-t-il, elle est hyper affectueuse et c’est la meilleure à la course. Elle adore les carottes aussi.
Je le laissai parler en silence. Il finit par me présenter le cheval que j’allais monter. Sa robe était blanche tacheté de noirs, il était très beau.
- Il s’appelle Alphard, c’est un Apaloosa. Il est un peu grognon, du coup je trouve qu’il te va bien.
- Je ne suis pas grognon, je suis juste calme, c’est différent.
Jasper eut un sourire jusqu’aux oreilles et se frotta les mains :
- Vous allez vous adorer.
- C’est ça.
- Tu sais préparer ton cheval ? Demanda-t-il.
- Je n’ai fait que les monter.
- D’accord, dans ce cas, je vais te montrer.
Jasper s’occupa d’abord de Chocolat et me montra ce qu’il fallait faire. Très vite j’enregistrai les gestes, il me laissa essayer de préparer Alphard et m’aida en même temps. Le garçon d’écurie qui devait nous accompagner prenait un cheval tout noir, Jasper m’indiqua que son nom était Nesache et que c’était un frison. Je ne comprenais pas la différence entre le pur-sang arabe, l’Apaloosa, et le frison, si ce n’était la couleur de leurs robes. Pour Jasper, cela semblait pourtant avoir son importance. Il vint me chuchoter à l’oreille :
- Le frison est moins rapide, nos chevaux vont vite le semer.
Je fronçai les sourcils et il me fit un clin d’œil. Je n’étais pas d’accord avec son envie de fuir, mais Jasper n’avait pas l’air de vouloir m’écouter.
- Tu sais bien galoper ? Chuchota-t-il encore.
- Oui.
- Tout va bien se passer alors.
- On ne devrait pas faire ça.
- Tu as peur ? Redemanda-t-il.
- Non.
- Alors on le fait.
Je soupirai. Nous montâmes sur nos chevaux et fîmes un bout de route accompagné du garçon d’écurie. Je ne savais même pas son prénom. Il ne parla pas de tout le trajet que nous fîmes ensemble. Jasper ralentit à un moment et je fis ralentir Alphard pour être à ses côtés.
- Tu es prêt ? Demanda-t-il.
Je ne répondis pas.
- Je prends ça pour un oui. À trois on part.
J’attendis le décompte.
- Un. Deux.
Jasper se mit en position, moi aussi.
- Trois, cria-t-il.
Nous partîmes tous les deux au galop sans laisser le temps au garçon d’écurie de réagir. Je suivis Jasper, ne connaissant pas le chemin. Nous semâmes facilement le garçon d’écurie et Jasper finit par faire ralentir Chocolat. Alphard marcha à ses côtés et Jasper me fit un immense sourire :
- Nous avons réussi notre mission !
Je ne répondis rien. Jasper finit par nous emmener au bord de l’océan qui se trouvait très proche du château. Il accrocha Chocolat à un arbre et je fis de même avec Alphard. Le prince alla s’allonger sur le sable et fit l’étoile de mer. Je vins m’asseoir près de lui.
- Ce garçon d’écurie doit avoir l’habitude de vous voir fuir, je ne comprends pas pourquoi il ne l’a pas vu venir.
- Parce que je n’ai jamais fui, sourit Jasper.
- Vraiment ? Demandai-je avec étonnement.
- Vraiment.
- Alors pourquoi fuir aujourd’hui ?
- Parce que tu es avec moi !
Jasper se redressa et me donna une petite tape dans le dos :
- Si tu savais comme je me sentais seul avant que tu arrives.
Je me souvins soudainement de ma maison et de son silence. Je vivais avec ma mère ainsi que mon précepteur Pike qui était dans le même temps mon maître d’arme. C’était également lui qui m’avait appris à monter à cheval. À part Hannah et Pike, nous n’avions que deux serviteurs, qui s’occupaient à la fois des chevaux, de la cuisine, et du ménage. Je me retrouvai souvent seul quand ma mère et Pike étaient occupés ailleurs.
À l’inverse, le prince était sans cesse accompagné, de sa gouvernante, de ses précepteurs, des serviteurs. Tous ces gens grouillaient autour de lui, aussi je ne comprenais pas comment il pouvait se sentir seul en étant entouré d’autant de monde.
- Il y a pourtant toujours des gens avec toi, dis-je à Jasper.
Le prince soupira.
- C’est vrai, mais parfois c’est comme si personne n’était réellement présent. Papa s’absente souvent et les autres sont là pour me servir ou m’éduquer. Quand je dis que je veux quelque chose, on me l’accorde bien souvent et personne ne veut discuter avec moi. Bellamy joue avec moi et Octavia n’hésite pas à m’insulter, mais ils sont occupés ailleurs et n’ont aucune raison de devenir proches de moi. Je n’ai pas de véritables amis.
- Et Charlotte ?
- C’est une servante comme les autres malgré son jeune âge, elle me traite comme le prince que je suis.
Il tourna ses yeux vers moi, sa main s’enfouissant dans le sable et ses doigts jouant avec les grains.
- Mais depuis que tu es là, c’est différent.
- Ah bon.
- Tu joues avec moi, tu me dis ce que tu penses, tu t’énerves contre moi.
- Quand me suis-je énervé contre toi ?
- Hier soir par exemple.
- Je ne veux pas parler d’hier soir, dis-je.
- Tu me dis ce que tu veux et ce que tu ne veux pas, continua alors Jasper, tu me contredis, tu me défies, tu me parles.
- Et je fuis avec toi.
- Et tu fuis avec moi, sourit Jasper.
- Qu’est-ce que tu cherches à me dire ?
- Juste que j’ai trouvé un ami. Tu n’es pas d’accord ?
J’aurais pu avoir un sourire satisfait par ses paroles mais je le retins pour ne pas éveiller ses soupçons. J’avais réussi, j’avançais. Jasper me considérait comme un ami, après aussi peu de temps passé ensemble. Il n’était qu’une cible pour moi, et j’étais devenu son ami. C’était un premier pas vers ma trahison, et j’en étais heureux. Hannah serait enchanté d’apprendre mon avancement et cela la calmerait peut-être, au moins pour un temps. Je voulais lire la fierté dans le regard de ma mère, et l’entendre m’encourager.
- Si Jasper, murmurai-je. Je suis d’accord.
Le prince se jeta alors à mon cou et je me retrouvai paralysé. Personne ne m’avait jamais serré dans ses bras et voilà que celui que je détestais le plus au monde se le permettait. Je savais que je ne devais pas le repousser, à cause du plan, mais ce n’était pas vraiment le problème.
Le problème, c’est que je me rendis compte que je n’en avais pas envie.
C’était agréable un câlin en fait, un corps chaud contre le mien, des bras serré autour de mon dos. Je restai immobile jusqu’à ce que Jasper me relâche.
- Ne refais plus ça, dis-je.
- Quoi ? Un câlin ? Pourquoi ?
- Ne le refait plus, c’est tout.
- T’aime pas les câlins ?
Je crois qu’en fait c’était tout l’inverse, j’avais peur d’y prendre goût.
- Je déteste, répondis-je. On n’est plus des bébés.
Le prince haussa les épaules et se releva. Je fis de même.
- Tu te souviens du chemin qu’on a pris pour venir jusqu’ici ? Me demanda-t-il.
- Oui.
- Dans ce cas, on rentre en faisant la course, le premier à l’écurie a gagné.
Bien qu’Alphard soit très rapide, ce fut Chocolat et Jasper qui arrivèrent les premiers. Le prince se tourna vers moi tout sourire et s’exclama :
- Je suis le meilleur à la course à cheval.
Je l’aurais étranglé.

Jasper s’occupa de Chocolat et me montra ce que je devais faire. J’imitai ces gestes sur Alphard mais me montrai beaucoup plus maladroit et empoté. Quand je voulu faire avancer le cheval, il refusa d’obéir et j’eu beau le tirer en avant, il ne bougea pas. Il secoua la tête d’un air énervé.
- Mais tu vas faire ce que je te dis espèce de sale bourrique ? M’écriai-je.
Jasper secoua la tête comme il l’avait fait la veille et vint se mettre derrière moi.
- Monty, plus tu t’énerves et plus tu l’énerves.
- Mais il ne fait rien de ce que je lui dis ce satané cheval !
Jasper attrapa ma main, la leva et la posa doucement sur l’encolure de l’animal.
- Parle-lui doucement, chuchota-t-il. Pour le calmer.
Le prince bougea ma main, qui se mit à caresser le cou du cheval. Je ne savais pas quoi dire alors je restai silencieux. Il murmura à ma place, ses mots atterissant aussi bien dans mon oreille que dans celles d’Alphard :
- Chuuut tout va bien se passer, calme-toi.
Je me laissai complètement faire par Jasper, nos deux mains, l’une sur l’autre, caressant la bête jusqu’à ce qu’elle se calme et accepte enfin d’avancer.
Jasper me sourit et me dit :
- Tu vois, parfois quelques caresses suffisent.
Je hochai la tête. C’était bizarre, mais je crois que je venais de comprendre.

Plus tard, quand Charlotte trébucha et cassa ma tasse, elle cacha ses bras derrière son dos et s’excusa la tête baissée, tremblante de peur. Je me levai, prêt à la gifler pour sa maladresse, mais je surpris le regard de Jasper sur moi et baissai le bras.
- C’est bon, dis-je. Ce n’est qu’une tasse. Ramasse et va en chercher une autre.
Le prince me sourit.
Et sans m’en rendre compte, mes lèvres s’étirèrent elles aussi, pour lui rendre son sourire.

À suivre.

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CacheCoeur
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MessageSujet: Re: [Les 100 - UA] Le prince et l'assassin (chapitre 2)   Mar 30 Jan - 9:56

AH J'AI LA HAINE J'AI FAIT UNE FAUSSE MANIP ET MA REVIEW ELLE A DISPARU :''''(
Bon je vais faire un bref résumé :
Monty a une sacrée répartie, trés intéressante ! Je n'aime définitivement pas Hannah ! Wesh, cette meuf elle martèle le crâne de son fils en lui disant que ça prendra du temps, et elle se permet de le réprimander et d'être mauvaise avec lui ? C'est plus de la frustration à ce train-ci ! Faut qu'elle se détende, trouve une occupation... Genre, le point de croix ?

"-T’es trop nul Monty, tu cours vite mais t’abandonne vite aussi, tu sauras pas m’attraper." J'adore cette phrase, je pense que ça va en dire long... le terme "Savoir jouer" aussi, criant de vérité ! Un enfant qui ne sait pas jouer... Le 1er degré de Monty est à mourir de rire !
Et cette scène avec la petite Charlotte : on sent l'ombre de la mère de Monty, quand bien même elle est sortie juste avant... Jasper a vraiment du bon sens, ce qui m'amène à penser que son père es peut-être pareil, et que l'histoire est loin d'être aussi tranchée que ce que Monty pense... Son propre père avait sûrement des torts... Cette scène est d'autant plus intéressante, qu'elle aboutit sur les premiers doutes concrets de Monty !
ON A L"APPARITION DE NESACHE ET ALPHY !!!! C'est magique, j'aime, j'adore, j'adhère ! Monty a tout de même un sacré orgueil ! Qui ne trouve aucun écho chez Jasper au final ! On a deux visions de la solitude, c'est assez intéressant ! E cette scène finale clôt parfaitement ton chapitre : Monty change pour Jasper... Et comprend, je pense...
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