AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 [The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (2)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Piou piou piou piou piou piou piou piou piou piou


avatar

Maliae
Messages : 1905
Date d'inscription : 30/07/2012

MessageSujet: [The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (2)   Sam 16 Sep - 19:40

Fandom : Les 100
Prompt : Se tenir éveillé à tout prix.
Note : pas relu comme d'hab, et désolé j'ai peur que les persos soit un peu trop ccaricaturaux Sad

***

2. Peur.


Monty avait entendu son doigt craquer avant de ressentir la douleur. Il avait eu l’impression qu’on cassait une branche. Crak ! Puis ça avait fait mal, très mal, comme si son doigt le brûlait ou tombait, ou les deux en même temps. Comme si quelqu’un lui arrachait. La deuxième fois, il avait eu peur, il avait serré les dents, et il avait souffert. Il s’était dit qu’il s’habituerait au fur et à mesure, mais chaque doigt brisé lui arrachait des hurlements de douleur.
Quand ils étaient arrivés au dixième doigt, Monty avait l’impression qu’il ne le supporterait tout simplement pas, que ça allait le tuer sur le coup, comme si on lui brisait le cœur plutôt que l’auriculaire. Il avait supplié, il avait même pleuré, pour que ça s’arrête, mais sa mère n’avait pas payé, et c’était le châtiment.
Son dernier doigt y passa, Monty n’en mourut pas, et les tortures purent continuer.
Les ravisseurs ne faisaient pas que le blesser, ils lui hurlaient dessus aussi. Au début, ils s’étaient simplement moqué de lui « fils de riche » « petite tapette tu vas te pisser dessus tellement t’as les chocottes hein ? », ce genre de trucs qui ne touchèrent pas Monty parce qu’il était terrifié et que des moqueries ne pouvaient pas l’atteindre. Quand sa mère avait refusé de payer la rançon, plusieurs fois, les moqueries s’étaient transformés en colère, en rage même. Et ils criaient :
- Pourquoi elle ne paye pas hein ? Elle s’en fout que tu crèves c’est ça ?
Et Monty n’avait pas de réponse à ça, il ne pouvait rien dire, les ravisseurs n’auraient pas compris, lui-même alors qu’on lui pétait tous les doigts avait du mal à comprendre. Elle ne s’en foutait pas qu’il crève, mais elle ne voyait sans doute pas pourquoi elle donnerait de l’argent pour le sauver. Monty savait, il savait que sa mère ne donnerait rien, et il pleurait de peur parce qu’il allait continuer à souffrir, parce qu’il allait peut-être mourir et qu’il ne voulait pas. Pour pleins de raisons.
Il aimait vivre, il aimait ses études, il voulait revoir Jasper au moins une fois.
- Supplie ta mère au téléphone, lui cria-t-on.
Monty supplia :
- Maman, paye-les, paye-les je t’en supplie, sinon ils vont me crever les yeux.
- Au lieu de chouiner, dis-moi où tu es, avait-elle rétorqué.
Ils avaient raccroché et frapper Monty pour se venger sur lui.
Heureusement, ils ne lui avaient pas crevé les yeux, ils s’étaient contenté de les asperger d’aérosol. Ce qui avait fait mal, ce qui avait brûlé.
Ce qui l’avait rendu quasiment aveugle.

Monty avait peut-être été sauvé, mais qui le sauverait de ses souvenirs ? Il entendait encore le crak à ses oreilles, il sentait l’odeur de la cave dans laquelle on l’avait enfermé, il avait peur la nuit quand on le laissait seul, et il faisait des cauchemars sans fin si bien qu’il avait même la trouille de dormir et qu’il se tenait éveillé à tout prix. Un psy venait le voir régulièrement pour lui parler, lui donner des médicaments pour le calmer, mais ce qui lui faisait le plus de bien, c’était Jasper.
Son meilleur ami ne prenait pas de pincettes pour lui parler, il ne le traitait pas comme un enfant, et il le faisait rire. Il portait des couleurs hyper vives et Monty pouvait l’apercevoir dès qu’il bougeait, ce qui était rassurant. Comme s’il sortait des ténèbres.
Ce n’était pourtant pas suffisant. Il était parfois encore enfermé dans cette cave, il y était condamné, et il y mourrait. Ses yeux défaillant, ses doigts qu’il ne pouvait pas bouger, ses jambes plâtrées contribuait à le ramener là-bas. Le médecin aussi. Il lui disait qu’il ne pourrait plus jamais bouger totalement les doigts comme avant, que marcher serait très difficile, surtout au début, que peut-être il boiterait toute sa vie.
- Et bien sûr vos yeux…
Bien sûr, ses yeux.
Monty avait parfois envie de hurler, de pleurer, de frapper avec ses mains défaillantes, il n’en faisait rien, il gardait tout au fond de lui, il souriait, il faisait comme si tout allait bien. Et tout allait bien non ? Il était vivant et sa mère n’avait pas déboursé un centime pour ces affreux malfrats. C’était ce qu’elle lui avait dit, la première fois qu’il l’avait revu :
- Je suis fier de toi, tu as été courageux, avait-elle dit, tu t’en es sorti vivant et ces affreux malfrats n’ont pas eu un centime de ma part. Nous avons gagné.
Gagné quoi exactement ? Monty se le demandait encore. Il n’avait pas l’impression d’avoir gagné quoi que ce soit, il ne s’était pas sentit courageux non plus. Il s’était littéralement pissé dessus là-bas, et ils ne l’avaient pas changé, ils avaient ris « il s’est vraiment pissé dessus oh putain le con ». Monty avait hoché la tête et avait souri à sa mère.
- Merci, avait-il dit, tu as tout fait pour qu’on me retrouve.
- Bien sûr, je n’allais pas laisser des déchets me prendre mon héritier. Ça a pris du temps parce que les policiers sont complètement incompétents, mais on t’a sorti de là.
- Oui.
On l’avait sorti de là, mais dans le fond, il y était toujours.

Hannah ne venait pas souvent, mais tous les jours, Monty recevait la visite de Harper et de Jasper. La première était hyper protectrice avec lui, elle le nourrissait, elle s’occupait de lui comme s’il allait se briser devant elle, elle ne prononçait jamais les mots « aveugle » ou « malvoyant », elle ne touchait que son visage, jamais ses mains. Elle faisait comme s’il n’y avait aucun problème et c’était encore plus pesant pour Monty. Elle se comportait avec lui comme s’ils étaient réellement fiancés, alors qu’il l’avait déjà repoussé plusieurs fois. Comme si le fait qu’il soit condamné à rester sur ce foutu lit et à être aidé même pour aller au chiotte, donnait le droit à Harper de s’approprier Monty. Comme si elle disait « maintenant que tu es complètement impotent, il est évident que tu as besoin d’une femme pour prendre soin de toi, et cette femme c’est moi ». Parfois Monty avait l’impression de ne plus s’appartenir.
Jasper était protecteur aussi mais d’une autre façon, il disait les choses en face, il utilisait les mots « aveugle » « douleur » « brisé » « cicatrice », il touchait aussi bien son visage que ses doigts, il le sortait de sa chambre, et bien sûr il s’occupait de Monty comme d’un impotent, mais parce que Monty l’était voilà tout. Pourtant par moment, la présence de Jasper lui pesait aussi, comme si là aussi il devait continuer à sourire, à faire semblant, à plaire. Tout va bien, je suis vivant, je m’en suis sorti.
Seulement il n’était pas mieux quand il était seul, c’était même pire. Il préférait encore supporter Harper et sa façon de parler gentiment et de le materner, ou de devoir sourire pour ne pas inquiéter Jasper, plutôt que quand sa chambre se vidait du monde et que sa tête se rappelait de ses souffrances vécues.

Il fut donc heureux de jour-là quand la porte s’ouvrit. Il sourit à la personne, ce n’était pas Jasper, parce qu’elle n’en avait pas les couleurs. Peut-être Harper ? Les talons claquaient sur le sol. Mais ce fut la voix d’Hannah qui résonna dans la pièce.
- Bonjour Monty, dit-elle.
- Bonjour maman.
- Tes yeux comment ça va ? Une amélioration ?
- Pas tellement.
- Et tes doigts, tu peux les bouger ?
- Sans doute pas avant la rééducation.
Il l’entendit soupirer, pas d’inquiétude, mais plutôt d’impatience.
- Est-ce que tu te rends compte que ce temps est du temps de perdu ?
- J’en ai conscience.
- Alors rétablis toi vite.
- Je fais de mon mieux. Je n’y peux rien si mes os sont long à se ressouder et si ma vue ne veut pas revenir comme par magie.
- Ne sois pas sarcastique, je ne t’ai pas élevé comme ça.
- Pardon maman.
Hannah marcha dans la pièce et il l’entendit s’asseoir sur le siège près du lit. Si elle s’asseyait, peut-être allait-elle rester plus longtemps que d’habitude.
- Je me fais du souci pour toi, dit-elle.
- Je sais.
- Quel sera ton avenir si tu ne te remets pas ?
Monty resta silencieux :
- Tu as beaucoup de potentiel Monty, alors fais en sorte de te remettre au plus vite.
- Oui maman.
- J’ai prévu de grandes choses pour toi, tu es mon fils après tout.
Monty lui sourit.
- Bien, je suis sûre que tu vas tout mettre en œuvre pour t’en sortir, tu as toujours été très intelligent.
- Oui.
Et pourquoi ne voudrait-il pas s’en sortir de toute façon ?
- Cependant, quelque chose me chiffonne.
- Quoi donc ?
- Ta relation avec Jasper.
- C’est mon meilleur ami, dit Monty.
- Oui oui, je sais bien. Mais bon, c’est le fils d’une servante et d’un handicapé, tu sais bien, il est pauvre et risque de te tirer vers le bas. Je n’ai rien dit quand vous étiez jeune, parce que c’était bon pour toi d’apprendre un peu à connaître les pauvres, mais maintenant Monty, je m’inquiète.
- Son père n’a pas toujours été handicapé, dit Monty sans savoir quoi dire d’autre.
- Oui certes.
- Et sa mère travaillait pour nous avant de décéder…
- Je sais tout ça.
- Il est mon meilleur ami, conclue Monty.
- J’ai bien entendu. Il paraît qu’il vient ici tous les jours.
- Oui.
- Tu ne t’es jamais demandé s’il ne traînait pas avec toi pour ton argent ?
- Et bien s’il le faisait ça, il s’y prend vraiment très mal, puisqu’il lui arrive de me payer le cinéma ou à boire.
- Hmmm. Bon en tout cas il ne pense vraiment pas à ta réputation. C’est le problème avec les pauvres, ils ne pensent qu’à eux.
Monty sourit, amusé par ce que disait sa mère. Les pauvres ne pensaient qu’à eux ? C’était une blague non ?
- Et bien il s’arrange pour que je me sente bien, dit Monty.
- Oui oui, c’est très bien tout ça, demande-lui simplement de passer un peu moins. Une fois par mois sera largement suffisante, et t’habituerait aussi à te passer de sa présence, pour quand tu n’auras plus du tout besoin de lui.
- Quand je n’aurai plus besoin de lui ?
- C’est évident Monty, il ne va pas être ton ami toute la vie, bientôt tu devras avoir des amis sérieux et riches afin d’entretenir les meilleures relations possibles et faire des bons placements pour l’entreprise.
- Il sera mon ami toute la vie, lâcha simplement Monty se rebellant un peu contre sa mère.
- Ne dis pas de bêtise.
- Je suis sincère maman, Jasper est mon meilleur ami, je ne vais pas l’abandonner comme ça !
La mère resta silencieuse un moment puis finit par dire :
- Bon, bon. D’accord. Je ne veux pas te contrarier.
Monty fut soulagé qu’elle n’insiste pas.
- Et sinon, comment se passe les choses avec Harper ? Ça avance ?
Monty haussa les épaules :
- Ça devrait ?
- C’est tout de même ta fiancée !
- Eh bien, si elle l’est déjà, ça n’a pas besoin d’avancer, non ?
- Je n’aime pas ton ton, jeune homme.
- Harper vient me voir tous les jours, dit-il, et elle m’aide à manger de temps à autre.
- Quelle bonne petite.
- Oui, sans doute.
Elle était toujours là quand Jasper entra dans la chambre. Monty sut que c’était Jasper pour deux raisons, les couleurs et parce qu’il rentra en sifflotant totalement faux l’air de Twisted Nerve.
- Hey Montydroïde, s’exclama-t-il.
Hannah toussota et Jasper se tourna vers la mère de Monty :
- Oh vous êtes là ! Bonjour.
- Bonjour Jasper, dit-elle, vous venez voir Monty.
- Comme vous pouvez le voir.
- J’aimerais vous dire deux à mot à ce sujet, d’ailleurs.
- Je vous écoute.
- Avez-vous pensez à la réputation de mon fils alors que…
- Stop, s’écria Jasper.
- Pardon ?
- Vous m’avez dit onze mots là, je pensais que vous n’alliez en dire que deux.
Hannah n’apprécia pas l’humour :
- Soyez sérieux un instant. Je vous parle de la réputation de mon fils.
- Et vous pensez que c’est sain pour la réputation de votre fils, si l’on apprend que sa mère ne sait même pas compter ?
Monty dû poser sa main sur sa bouche pour s’empêcher de rire.
- Jasper, ne soyez pas si malpolie.
- Je vous prie de m’excuser, vous vouliez me dire quelque chose ?
- J’aimerais que vous veniez moins. Qu’un pauvre ose passer autant de temps avec le futur héritier des entreprises Green nuit considérablement à son image.
- Oh c’est gentil de vous inquiéter pour mon image, mais ne vous en faites pas, les autres pauvres ne m’enverrons pas de cailloux.
- Je parlais de l’image de mon fils, s’énerva pour de bon Hannah.
- Oui oui, évidemment, sourit Jasper en se frottant la nuque.
- Vous avez compris ce que je vous disais ? Demanda Hannah.
- Oui oui bien sûr, vous vous inquiétez qu’on puisse penser du mal de Monty parce qu’un pauvre vient tous les jours le voir et qu’à cause de ça vous gagniez moins d’argent. Je comprends.
- Alors vous allez faire quelque chose pour ça ?
Jasper hocha la tête :
- Pour sûr. Le mieux serait que je reste ici.
- Quoi ?
- Ben oui, si je m’installe dans la chambre, personne ne verra entrer et sortir, et l’image sera sauf.
- Comment ça ? Hurla la mère de Monty.
Hannah allait s’arracher les cheveux si Jasper continuait, alors Monty intervint :
- Maman, il plaisante. Il ne va pas s’installer dans ma chambre. Tu sais bien qu’il doit s’occuper de son père et puis il n’y a pas de place pour lui ici.
Grâce aux paroles de son fils, Hannah retrouva un visage figé. Elle se leva et regarda Jasper de haut, alors qu’elle était plus petite que lui. Était-ce quelque chose qui venait des personnes dont le prénom commençait par H ? Se demanda Jasper.
- Pensez à mon fils, si vous n’êtes pas égoïste, je suis sûre que vous réfléchirez à vos actes et les changerez en conséquence.
- Bien sûr, répondit Jasper sans rien ajouter.
Hannah le fixa avec mépris, puis passa à côté de lui en levant une tête fière. Elle salua son fils et sortit de la chambre.
- Eh ben, ta mère n’a rien à envier à la reine d’Angleterre. Elle a le port altier.
Monty s’autorisa enfin à éclater de rire.
- T’es une andouille, tu la rendus furieuse.
- Mais avoue que ça t’a fait du bien !
Monty acquiesça. La visite de sa mère avait été hyper stressante, il était sur les nerfs plus elle parlait, il sentait bien dans son ton que rien n’était jamais assez bon pour elle, et ça le crispait. L’arrivée de Jasper l’avait détendu et déculpabilisé de ne pas être le fils parfait qu’elle aurait voulu, surtout depuis qu’il était à moitié aveugle.
- Bon on va faire un tour, décida Jasper, ça va te faire du bien de prendre l’air après avoir supporté une atmosphère empoisonnée.
- Tu parles de ma mère, dit Monty.
- Oui, c’est ce que je dis.
- Jasper… Elle reste ma mère.
Jasper ronchonna mais ne fit plus de commentaire. Il aida Monty à s’asseoir dans son fauteuil, puis il le poussa dans l’hôpital. Il allait passer un virage quand il vit Hannah debout dans le couloir en train de parler au téléphone. Il recula et murmura :
- On va attendre qu’elle s’en aille.
Monty hocha la tête. La voix de la mère se fit plus forte au bout du fil et Jasper et Monty n’en ratèrent pas une miette.
- Non, il y a plus important pour le moment…. Oui… Oui… Bien sûr que c’est à propos de Monty, il est devenu inutile à la société… Que veux-tu qu’il fasse alors qu’il ne peut plus voir ni marcher ? Il n’est plus bon à rien !... Je ne suis pas dur, je suis réaliste, donc pour le moment il faut que je trouve quelqu’un d’autre pour le remplacer… Tu es drôle toi, un autre fils ça ne se fait pas du jour au lendemain… Non… Et bien de toute façon pour le moment c’est le meilleur choix, trouve quelqu’un d’autre. C’est un ordre… Bien… Je te rappelle.
Malheureusement, si Monty ne voyait presque plus rien, son ouïe restait très développée et il n’en rata pas une miette. Jasper fit un geste pour aller voir la mère, Monty le vit bouger et murmura :
- Non Jasper…
- Attend, faut que j’aille lui dire ses quatre vérités là Monty, tu te rends compte de ce qu’elle dit ?
- Oui je me rends compte… S’il te plaît… Juste… Allons-nous-en okay ?
Jasper poussa un grondement de frustration, mais obéis. Quand la mère s’en alla, il poussa Monty jusqu’au jardin de l’hôpital. C’était un jardin intérieur, donc les fleurs étaient écloses et Monty pouvait apercevoir leur couleur. C’était son endroit préféré dans l’hôpital et Jasper le savait. Monty resta silencieux et Jasper fut incapable de déboiser un mot pour lui décrire quelque chose. Monty l’entendait grincer des dents.
Il soupira et Jasper choisit ce moment pour s’énerver :
- Je te jure quelle garce ta mère, je sais que c’est ta mère et tout ça, mais comment ose-t-elle dire ça ?
- Elle a raison, murmura Monty.
- Quoi ? Cria Jasper.
- Je suis bon à rien comme ça, je suis inutile.
- C’est des conneries ça Monty, c’est complètement con franchement.
Monty secoua la tête :
- Je ne sers à rien dans cet état, je ne peux plus rien faire.
- Bien sûr que tu peux faire pleins de trucs.
Monty sourit :
- Tu racontes vraiment n’importe quoi.
- Arrête de sourire, je sais que ses paroles t’ont blessé ! S’énerva Jasper. Lâche ce que tu as sur le cœur sinon à force ça va pourrir.
Ces paroles tranchèrent Monty. Pour qui souriait-il hein ? S’il ne faisait pas ça, ils seraient tous inquiets (sauf peut-être Hannah qui le trouverait simplement lâche ou bien pitoyable) et surtout Jasper. Et puis il ne pouvait pas avouer qu’il avait encore l’impression d’être dans cette maudite cave, à la merci de ses kidnappeurs, il ne pouvait pas dire qu’il était mort de peur quand il se retrouvait seul, il ne pouvait pas parler de ses cauchemars. Alors oui, il souriait, il souriait parce que c’était la meilleure chose à faire. Alors Jasper ne pouvait pas lui dire ça. Monty s’énerva à son tour :
- Je te dis que je ne sers plus à rien maintenant, je peux plus rien faire tout seul, même pour aller chier j’ai besoin d’aide ! Alors elle a bien raison de me remplacer, puisque je ne lui suis plus utile à rien.
- Tu n’es pas un outil, s’exclama Jasper.
- Et bien je suis quoi alors ? Cria Monty. J’en peux plus de ta pitié Jasper, tu devrais simplement m’abandonner alors que je ne vaux plus rien.
- Je n’ai pas pitié de toi, murmura Jasper.
- Bien sûr que si, je le sais bien, je te fais pitié, c’est pour ça que tu viens tous les jours et que tu t’occupes de moi, tu te dis « pauvre Monty » et tu penses que je suis pitoyable, et tu as raison, je ne peux plus rien faire tout seul maintenant, je suis bon à rien, je suis inuti…
Monty ne termina pas sa phrase, Jasper venait de claquer ses deux mains contre ses joues.  
- Regarde-moi, dit Jasper en tirant son visage en avant.
- Je ne te vois même pas.
- Regarde-moi, insista Jasper.
Monty fixa ses yeux sur les couleurs de Jasper et celui-ci gronda :
- Je n’ai pas pitié de toi, c’est bien clair ? Je ne te trouve pas pitoyable et je ne viens pas te voir parce que tu me fais pitié. Et si tu continues à penser comme ça, je te botte le cul !
- Mais…
- Oui c’est vrai, je suis inquiet pour toi, je suis triste aussi, pourquoi je ne le serais pas ? Tu souffres et tu ne veux rien me dire. Je ne sais même pas ce que tu ressens, est-ce que tes doigts te font mal ? À quel point c’est horrible de ne plus pouvoir apercevoir que des couleurs ? Mais ce n’est pas de la pitié tu m’entends ? C’est parce que je t’adore, parce que tu es mon meilleur ami !
- Je suis inutile, murmura Monty.
- Pas du tout, s’écria Jasper. Tu es utile ! Tu es gentil, tu es drôle, tu es intelligent. Ce n’est pas parce que pour le moment tu ne peux pas marcher, ni écrire, ni même voir, que ton cerveau s’est ramollis non ? Tu n’as pas perdu tes connaissances. Tu n’as pas perdu ta capacité de réfléchir ou à faire rire. Tu ne t’es pas non plus transformé en tyran. Tu es courageux aussi.
- Je ne suis pas courageux, gémit Monty.
- Bien sûr que si, tu continues à sourire pour qu’on ne s’inquiète pas, tu gardes tout pour toi et tu t’inquiètes encore pour nous, si ça ce n’est pas du courage, alors c’est quoi le courage ?
- Mais quand j’étais là-bas, j’ai pleuré, j’ai hurlé de peur, je me suis réellement pissé dessus.
- Qui ne l’aurait pas fait ? Tu étais dans une situation extrêmement stressante, dangereuse et douloureuse, bien sûr que tu as été effrayé.
- Et maintenant j’ai encore peur, peur de retourner là-bas, peur de souffrir, je ne veux plus avoir mal. Et puis j’ai peur de ne jamais retrouver la vue, d’être dans le noir tout le reste de ma vie.
- Tu n’es pas totalement dans le noir, dit Jasper d’un ton rassurant, tu vois les couleurs.
- Ce n’est pas suffisant.
- Et c’est normal d’avoir peur. C’est normal d’être triste aussi. Ce qui n’est pas normal Monty c’est de continuer à sourire comme ça.
Jasper tenait toujours les joues de Monty et il sentit les larmes couler le long de ses doigts. Monty se lâchait enfin. Il pleura doucement au début, puis de plus en plus fort. Jasper relâcha ses joues pour prendre ses mains et les poser sur son visage.
- Je ne peux même pas bouger mes doigts, gémit Monty.
- Je sais.
- Je ne vois même pas tes yeux, ni même ton visage.
- Oui.
- Je me sens impotent de ne rien pouvoir faire seul. Je déteste quand Harper me nourris.
Monty sentit Jasper sourire sous ses doigts et pleura de plus belle.
- Je ne te vois même pas sourire, c’est horrible, c’est horrible.
- Tu me vois sourire, murmura Jasper, tu le vois avec tes doigts.
Les larmes de Monty continuèrent de couler et il sentit sous doigts les larmes de Jasper qui le rejoignirent.
- Tu pleures maintenant.
- Ouais, renifla Jasper.
- Désolé c’est ma faute.
- C’est pas ta faute.
Monty pleura encore et encore et encore. Et Jasper resta près de lui, mêlant ses larmes aux siennes. Monty se plaignit de sa peur, de sa souffrance, il raconta ses sentiments, ses émotions, il vida son sac devant Jasper. Tout ce qui lui faisait mal, tout ce qui l’effrayait. Et Jasper resta calmement près de lui, caressa ses doigts, toucha ses joues, pleura avec lui.
- Je ne suis pas la poupée de Harper, sanglota Monty finalement.
Jasper passa la main dans ses cheveux et rigola :
- C’est tes airs de porcelaine qui prêtent à confusion.
Les lèvres de Monty s’étirèrent un peu à travers ses larmes. Jasper enroula ses bras autour du cou de Monty et le prit doucement contre lui.
- Tu n’es la poupée de personne, souffla Jasper. Ni de Harper, ni de Hannah. Tu n’es pas un outil qui devrait combler leurs besoins. Tu es simplement Monty.
La joue de Monty était posée contre le torse de Jasper et son oreille entendait les battements rapides de son cœur. Il ferma les yeux. Les larmes se tarirent doucement. Pour la première fois depuis des jours, il se sentit en sécurité.
- Je suis désolé, souffla-t-il, d’avoir pensé que tu avais pitié de moi.
Jasper caressa doucement son dos :
- T’as bien raison de t’excuser, sinon je ne t’aurais jamais pardonné, répondit Jasper avec ironie.
Monty sourit.

À suivre.

_________________
I'm Sexy

Un koala équivaut à deux Sam Rodrick Jonty. (Plus du Galek qui reste haha)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
[The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (2)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Modif grand feux ---> petit feux
» Un grand père et son petit fils
» Assortiment de petits gateaux sans oeufs :
» Transporter ses montres ...
» Quand le raton-laveur fait office de "Petit Chaperon Rouge" pour le "Grand Méchant Loup"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Maliae-
Sauter vers: