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 [The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (1)

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Maliae
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MessageSujet: [The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (1)   Sam 16 Sep - 16:48

Fandom : Les 100
Prompt : Je me sens mieux.
Note : Pas relu, pas le temps, mais j'espère que ce premier chapitre ne sera pas trop nul

***

1. Cicatrices.


Jasper aurait voulu le voir tout de suite. Il aurait voulu plaquer le médecin contre le sol et courir jusqu’à sa chambre, sans se préoccuper du reste. Dans ses délires, il se voyait filer comme un fou, rentrant dans les gens qui voudraient l’en empêcher tel un rugbymen qui fonce dans le tas. La réalité était beaucoup plus chiante.
C’était la mère qui avait tous les droits. Le droit de savoir, le droit de le voir immédiatement. Jasper regarda Hannah, accompagné du médecin et d’un policier, disparaître dans un couloir, la tête haute, comme si le monde lui appartenait. Il soupira et se rassit sur la chaise de la salle d’attente. Il ne voyait pas pourquoi cette mégère avait le droit de voir son fils en premier, puisqu’elle ne le méritait absolument pas.
Le temps d’attente lui parut infini, il s’allongea encore un peu quand Harper arriva en trombe, dans son tailleur à dix mille euros (au moins), coiffée et maquillée comme si elle allait passer à la télé. Elle ordonna à voir son fiancé tout de suite et Jasper lui fit un croche-pied quand elle passa près de lui sans le remarquer.
- C’est pas ton fiancé, lâcha-t-il alors qu’elle récupérait tant bien que mal son équilibre sur ses talons aiguilles.
Harper lui jeta un regard noir, qui déforma un instant son visage.
- Il l’est, clama-t-elle.
- Pas officiellement, insista Jasper.
- C’est tout comme.
Jasper se leva pour lui faire face. Même avec ses talons d’au moins dix centimètres, Harper restait plus petite que lui, et même comme ça, elle le regardait comme s’il était minuscule et ne valait pas un pet de coucou.
- Où t’étais ? Demanda-t-il. Quand on a retrouvé ton soi-disant fiancé pour l’emmener d’urgence à l’hôpital.
- J’étais là, répondit-elle, on m’a tout de suite mis au courant.
Ce qui était encore une fois une injustice, puisque personne n’avait prévenu Jasper, il l’avait su uniquement parce qu’il faisait les cent pas devant la maison d’Hannah. Personne n’aurait songé à lui dire, sinon.
Jasper la regarda de haut en bas, Harper était impeccable, parfaite, même son style « un peu décoiffé » était savamment calculé. Elle ne transpirait pas.
- Tu n’as pas l’air d’avoir beaucoup couru pour venir.
- Pourquoi courir quand mon chauffeur peut m’emmener ?
- Ce que je veux dire, fit Jasper, c’est que tu n’as pas l’air de t’être pressé pour arriver.
- Pourquoi se presser alors que mon fiancé est entre de bonnes mains ?
- Pour venir le voir parce que tu mourrais d’inquiétude ? Répondit Jasper. Ah mais j’oubliais, tu ne sais pas t’inquiéter pour les autres.
- Bien sûr que je m’inquiétais, dit-elle. Tu es simplement jaloux parce que moi, je suis classe dans toutes circonstances, et pas dans mon tee-shirt dégueulasse puant la transpiration.
Jasper fronça les sourcils et jeta un coup d’œil à son tee-shirt, il n’était pas sale, mais oui il était un peu mouillé, parce qu’il avait couru, lui. Jasper ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, mais ils furent coupés par Hannah qui revenait – déjà – de sa visite.
- Harper, s’exclama-t-elle en s’approchant de la blonde aux cheveux longs.
Jasper s’avança et se retrouva presque nez à nez avec Hannah :
- Laissez-moi le voir, dit-il.
La mère eut un air de mépris avant de se reculer comme s’il l’avait sali.
- Jasper, tu es là, lâcha-t-elle en grinçant des dents.
- Depuis le début.
Cette vieille peau, comme si elle ne l’avait pas remarqué.
- Oh je vois. Eh bien, tu iras le voir bien sûr, mais pour le moment seul la famille est autorisé à lui rendre visite.
Elle tourna donc la tête vers Harper :
- Ma chère, si tu veux venir le voir…
- Seul la famille est autorisée, lâcha Jasper.
Hannah éclata d’un faux rire hypocrite :
- Bien entendu, mais Harper fait presque partie de la famille.
- Presque, insista Jasper.
Hannah l’ignora et s’adressa à Harper :
- Viens, je vais te conduire jusque dans la chambre. Il sera heureux de ta présence.
Harper fit un sourire éclatant et tapota l’épaule de Jasper d’un air condescendant :
- C’est dommage hein, que tu ne sois pas de sa famille.
Dans sa tête, Jasper la giflait, lui tirait les cheveux et lui faisait manger le mur. À la place, il resta planté là, l’observant s’éloigner avec Hannah sans rien pouvoir faire.
- La famille hein ? Murmura-t-il pour lui-même.
Puis il donna un coup de pied dans le vide :
- Je suis la famille de Monty, bien plus que vous ne le serez jamais, beugla-t-il en vain.

xxx

Bien sûr, Hannah avait ralenti les démarches. Selon elle, il était plus prudent que seul la famille voit Monty dans l’était où il se trouvait. Prudent pour qui ? Hannah ne voulait tout simplement pas que Jasper puisse constater les dégâts, voilà tout. Il avait bien essayé de demander à Harper, comment allait Monty, quand elle était sortie en pleurant de la chambre de Monty, mais elle avait essuyé ses yeux avec un mouchoir, reniflé doucement, puis murmuré :
- Je ne peux rien te dire.
Elle pouvait évidemment, elle aurait été plus honnête avec un « je ne veux rien te dire ».
Jasper passa deux journées complètes à l’hôpital, dormant sur les chaises de la salle d’attente, dans des positions absolument inconfortables et se fichant des gens qui lui disaient de rentrer chez lui. Il perdit patience au soir du deuxième jour, se releva, s’étira puis s’engouffra dans les toilettes pour aller pisser. Hannah n’était pas repassé voir Monty, elle avait sans doute bien plus important à faire que voir son fils, comme son travail par exemple. Harper était revenue aujourd’hui, toujours aussi parfaite, elle était restée plus d’une heure dans la chambre avant de repartir, une nouvelle fois en pleurant.
Jasper la soupçonnait de faire semblant, mais il ne pouvait pas le prouver, et il avait beau la détester, il savait qu’elle n’était pas non plus totalement insensible au sort de Monty. Juste pourrie gâtée.
Tout en se lavant les mains, il prit la décision d’aller voir Monty avec ou sans autorisation, tant pis pour ce qui arriverait ensuite, il avait besoin de le voir, besoin de savoir. Pour ce qu’il en savait, Monty pouvait bien être mort sur son lit d’hôpital et personne ne lui dirait. Il frissonna à cette pensée, secoua la tête puis chercha une idée. Réfléchir ce n’était pas trop son truc de toute façon, d’habitude c’était réservée à Monty ça. Lui il était plutôt du genre à agir et à comprendre ensuite qu’il s’était peut-être mis dans la merde.
C’est pour ça qu’avant que son cerveau n’ait le temps de réagir, son corps avait déjà bougé tout seul et il explosait le miroir avec sa tête.
Il sortit des toilettes la gueule en sang, et il fut pris en charge assez rapidement. Plus tard il se dirait qu’il avait peut-être été un peu extrême, que simplement se blesser la main aurait suffi, mais c’était trop tard.
Jasper se retrouva dans une pièce où une doctrice s’occupa de lui, lui expliquant qu’elle allait lui recoudre le front et lui demandant ce qu’il avait fait pour se l’ouvrir :
- C’est une belle histoire, le coup de foudre entre mon front et un miroir, répondit-il tout sourire.
La doctrice lui rendit son sourire et commença à lui recoudre le front.
- Vous n’avez pas l’air douillet, commenta-t-elle.
- En fait je suis mort de peur, répondit-il sur un ton amusé.
- Ne vous inquiétez pas j’ai déjà fait ça pleins de fois.
- Je vais garder une cicatrice ? Demanda-t-il.
- Une petite sans doute, mais ce sera recouvert par vos cheveux, on ne la verra pas beaucoup.
- Sauf si je me rase la tête, commenta Jasper.
- Effectivement. Vous comptez vous raser la tête ?
- Pas prochainement.
- Tant mieux, dit-elle gentiment, vous avez de très beaux cheveux.
Jasper eut un petit rire et dit :
- Mais super chiant à coiffer.
Ils discutèrent le temps de l’opération de couture. Jasper se retrouva avec un gros pansement sur le front à la fin. Juste à ce moment-là, elle fut appelée pour une autre urgence et lui somma de se reposer :
- Je reviens plus tard, assura-t-elle.
Jasper hocha la tête et la regarda partir. Il avait espéré que quelque chose comme ça arriverait. Il était déjà allé à l’hôpital, et la plupart du temps les médecins étaient débordés et il y avait très souvent un moment où le patient se retrouvait seul. Jasper compta jusqu’à dix dans sa tête, puis il se leva, ouvrit la porte de la chambre et commença à marcher dans les couloirs. Il évitait le plus possible les soignants, mais ceux-ci étaient tellement occupés que la plupart ne l’aperçue même pas. Une seule personne l’arrêta et il réussit à lui faire croire qu’il s’était perdu, l’autre lui indiqua le chemin de la sortie, sans avoir le temps de le raccompagner. Jasper le remercia, puis s’éloigna dans la direction indiquée, avant de faire demi-tour quand l’autre disparu dans un couloir. Il savait dans quelle chambre se trouvait Monty et dans quelle aile (il avait écouté la conversation d’Hannah et du médecin), maintenant qu’il était sur les lieux, qu’il avait l’air d’un blessé comme les autres, il pourrait peut-être l’atteindre. Jasper prit un ascenseur, tourna en rond un moment, puis se retrouva devant la bonne porte.
Et personne ne l’avait arrêté.

Il prit une inspiration et l’ouvrit. La chambre de Monty n’était composée que d’un lit, d’un siège pour s’asseoir, d’un bureau et d’une petite télé qui était éteinte. Il faisait sombre dans la pièce mais Jasper n’osa pas allumer la lumière, peut-être que Monty dormait et qu’il allait le réveiller.
- Qui est là ? Demanda la voix de Monty.
Bon. Il ne dormait pas.
- C’est Jasper, répondit celui-ci, je peux allumer ?
- Parce que c’est éteint ? Interrogea Monty.
Jasper fronça les sourcils et appuya sur l’interrupteur. Monty était couché sur son lit et Jasper s’approcha de lui, et ce qu’il vit lui fit mal au cœur. Ses deux jambes étaient plâtrées et ses yeux étaient recouvert d’un bandage. En regardant mieux, il put voir qu’il avait pleins de pansements sur les doigts.
- Hey mon pote, lâcha-t-il d’un petit ton triste.
Monty sourit :
- Jasper, qu’est-ce que tu foutais hein ? Tu voulais pas me rendre visite c’est ça ?
- Ben si, mais seul la famille pouvait venir.
- Ah bon ? Demanda Monty.
- Ouais, du coup j’ai dû gruger pour venir quand même.
- Tu t’es fait passer pour mon frère ?
- Aucune chance qu’on me croit.
- Ouais je suis beaucoup trop sexy pour être ton frère, lâcha Monty.
Ils rirent tous les deux. Jasper posa sa main sur le bras de Monty et celui-ci tressaillit, parce que bien entendu, il ne l’avait pas vu faire.
- Comment tu te sens ? Demanda bêtement Jasper.
- Je me porte comme un charme, répondit Monty.
- Tu en as l’air, mentit Jasper.
Monty garda son sourire. Jasper se sentit encore plus triste. Monty aurait eu le droit de pleurer, de se plaindre, de s’énerver, ou les trois en même temps. À la place il souriait et faisait des blagues débiles, comme s’il ne s’était rien passé, comme s’il n’était pas là, couché sur un lit d’hôpital, sans doute presque aveugle et blessé.
- Je me demandais vraiment pourquoi tu ne venais pas.
- T’aurais dû demander à Hannah ou Harper, remarqua Jasper.
- Pour qu’elle me réponde un truc méprisant à ton encontre ? Non merci.
- Pourtant ta fiancée m’aime tellement, lança Jasper avec ironie.
- Elle n’est pas ma fiancée, lâcha Monty.
- C’est ce que je lui ai dit, elle n’a pas voulu me croire. Il faudrait que je t’enregistre.
- Elle ne te croirait pas quand même, s’amusa Monty. En tout cas je suis vraiment content de te voir… Enfin, de t’entendre.
Pendant une seconde, le sourire de Monty s’affaissa un peu, mais il soupira et se reprit. Jasper ronchonna :
- T’es pas obligé de te retenir, dit-il.
- Pardon ?
- Ben si tu te sens mal, tu peux le montrer.
- Et pourquoi je me sentirais mal alors que mon meilleur ami vient me rendre visite.
- Monty…
- Tout va bien, insista-t-il. Mieux encore depuis que tu es là.
- Ouais enfin t’es quand même cassé de partout et tu as un bandage sur les yeux. Tu risques d’être aveugle ?
- C’est ce qu’a dit le médecin, répondit Monty sans se départir de son sourire.
- Et ça te fait sourire ça ? Moi à ta place je serais en train de chialer et de maudire le monde.
- Et ça changerait quelque chose ?
- Non pas spécialement, admit Jasper.
- Dans ce cas, inutile de perdre mon temps. Explique-moi plutôt comment tu as grugé pour venir me voir.
Jasper raconta ce qu’il avait fait et conclue :
- Il doit y avoir une doctrice qui me cherche partout à l’heure qu’il est.
- La pauvre. Tu te rends compte que ça aurait été moins douloureux de simplement gruger depuis l’accueil ? Pas besoin de te blesser pour ça.
- J’ai bien essayé une fois mais à croire que t’as des chiens de garde, personne ne voulait me laisser passer. Mais une fois introduit à l’intérieur, ça a été un jeu d’enfant.
- M’man n’a pas laissé deux gros baraqués devant ma porte ?
- Ben s’il l’a fait, soit ils sont invisibles, soit ils sont partis boire un café.
- Je vois… Enfin tu comprends ce que je veux dire, siffla Monty.
- Yep.
- Je n’ai donc pas de garde du corps pour me protéger.
- Nope.
Monty eut un petit ricanement :
- Ce n’est pas comme si je venais de me faire kidnapper et torturer, je n’ai aucunement besoin de protection.
Jasper resserra plus fort ses doigts sur le bras de Monty et celui-ci ajouta :
- Ah ben si, c’est exactement ce qu’il vient de se passer !
Jasper sentit les larmes lui monter aux yeux, et il en avait rien à foutre d’avoir dix-neuf ans et de ne plus être un bébé, il avait carrément envie de chialer là. Il sentait bien que Monty avait beau sourire, il allait mal, il était triste et blessé, et il avait besoin de réconfort. Après ce qu’il venait de vivre ? Normal.
- Je suis ton garde du corps, souffla Jasper.
- Tout de suite je me sens rassuré, s’amusa Monty, je suis sûr qu’un gringalet comme toi va me protéger.
Jasper pinça gentiment son bras :
- Tu sous entends quoi là monsieur Green ?
- Je sous entends rien du tout, monsieur le maigrichon.
- Tu peux parler toi, où sont tes muscles hein ?
Monty leva son bras pour pointer son crâne avec sa main toute entière, ne pouvant plier les doigts.
- Là-dedans.
- Aha, j’en ai un au même endroit.
- Mais tu sais juste pas t’en servir.
Jasper fit semblant de s’offusquer :
- Langue de vipère ! S’exclama-t-il.
Monty se mit à rire et Jasper se mit à pleurer. Mais en silence, laissant seulement les larmes couler de ses yeux. Un petit silence s’installa, sans qu’il ne soit gênant. Jasper essuya ses larmes avec ses mains et reposa sa paume mouillée sur le bras de Monty.
- Tu chouines ? Demanda-t-il.
- Pas du tout, renifla Jasper.
Monty pencha sa tête en avant et leva la main dans le vide :
- Je peux pas vraiment te toucher pour vérifier dit-il.
Jasper ignora sa main, il appuya sa joue encore pleine de larmes contre celle de Monty et murmura :
- Si tu peux.
Ils restèrent un instant comme ça, et quand Jasper se recula, la joue de Monty était toute humide aussi. Un peu comme s’il avait pleuré lui aussi, même si ce n’était pas le cas.
- T’as eu peur ? Demanda Monty.
- Je me suis fait pipi dessus et toi ?
- J’ai cru que j’allais mourir, lâcha Monty, j’étais mort de trouille.
Jasper ne demanda pas s’il avait eu mal, c’était plutôt évident.
- Tu veux me raconter ce qu’il s’est passé ?
- J’ai déjà tout dit aux flics.
- Et à ta mère ?
- Elle n’a pas demandé. Et Harper ne m’a pas laissé en placer une, elle a pleuré et n’a pas cessé de me plaindre.
Cela n’avait pas l’air de lui faire plaisir.
- Tu veux m’en parler quand même ? Demanda Jasper. Je suis sûr que même si tu l’as raconté aux flics, tu n’as rien dit sur ce que tu as ressentis.
Monty soupira :
- Et si j’ai envie d’oublier ?
- Alors ne m’en parle pas, répondit Jasper. Mais je suis là si jamais…
Monty hocha la tête et demanda :
- Qu’est-ce que tu sais toi ?
- Pas grand-chose. Tu t’es fait kidnapper à la sortie de la fac, ils ont demandé une rançon, ta mère a refusé de payer.
- Elle a dit pourquoi ?
- Quand je lui ai demandé pourquoi elle ne payait pas pour te sortir de là, elle a répondu « si je le fais ce sera la porte ouverte à tous ceux qui voudront kidnapper mon fils pour de l’argent ».
- Elle n’avait pas tort, répondit Monty.
- C’est trop pragmatique comme raisonnement, se fâcha Jasper, t’es son fils merde, elle aurait pu payer.
Monty haussa les épaules et demanda :
- Tu sais quoi d’autre ?
- Qu’au bout de trois jours, ils ont menacé de te casser un doigt toutes les deux heures jusqu’à ce qu’elle paye. Et qu’elle a continué à refuser.
Monty hocha la tête, peu étonné. Jasper se passa une main dans les cheveux et la voix tremblante, il dit :
- Et après ça, les flics ont encore mis deux jours pour te retrouver…
Et tous les doigts de Monty étaient déjà cassés. Mais pas que.
Jasper n’avait pas pu tout suivre de près, mais il s’était arrangé pour en savoir le plus possible quand même. À partir du moment où Monty avait été kidnappé quasiment juste sous son nez jusqu’à ce que les flics le retrouvent, arrêtent les kidnappeurs et conduisent Monty à l’hôpital. Hannah ne l’avait pas laissé participer aux opérations, mais Jasper connaissait assez bien le personnel de maison pour qu’on vienne lui dire ce qu’il était en train de se passer. Il avait même fini par rentrer dans la maison pour supplier Hannah de payer, mais elle ne voulait rien entendre et avait demandé à ce qu’on le raccompagne jusqu’à la porte.
Pas même quand ils ont cassé les doigts de son fils un par un, pas même quand ils lui ont brisés les jambes, pas même quand ils ont menacé d’asperger ses yeux d’aérosols.
Et vu le bandage sur les yeux de Monty, les flics étaient arrivés trop tard pour les sauver.
- Et j’en suis sorti vivant, sourit Monty.
- Ouais et je l’ai appris quand j’ai vu les flics et ta mère sortir en trombe de la maison devant laquelle je campais.
- Tu sais déjà tout en fait, dit Monty.
- Je ne sais pas ce que tu as ressentis, souffla Jasper.
- De la peur et de la douleur, répondit Monty. Tu voudrais que je ressente quoi d’autre ?
- Je ne sais pas, fit Jasper. J’en sais rien. Je suis désolé.
- Désolé pour quoi ?
- Si j’avais eu de l’argent j’aurais payé ta rançon, je te le jure.
Monty secoua la tête.
- Ne culpabilise pas à propos de ça, tu n’y pouvais rien.
- J’aurais dû au moins tenter de te sauver.
- Tu as essayé, tu te souviens ? Quand ils sont arrivés pour me kidnapper tu leur as sauté dessus.
- Et ils m’ont assommé.
- Oui.
- Tu as raison, je crains comme garde du corps, soupira Jasper.
Monty se pencha en avant, dans la direction où il supposait que se tenait Jasper :
- Jasper, ne te prends pas la tête, tu as fait tout ce que tu pouvais faire même si c’était pas grand-chose, ça arrive des fois.
- T’es en train de me consoler là, ça craint, souffla Jasper.
Il soupira puis posa son front sur le lit, près du bras de Monty. Ce dernier leva le bras et réussis sans trop de difficultés à trouver la tête de Jasper, sur laquelle il posa sa paume de main. Elle était raide, presque sans vie, Monty ne pouvait pas perdre ses doigts comme il le désirait dans la chevelure de Jasper, il pouvait juste poser sa main là, c’était tout.
- Tu sais qu’ils ont mis des broches dans mes doigts ? Fit Monty. Je suis devenu à moitié cyborg mec.
Jasper savait qu’il disait ça pour détendre l’atmosphère. Mais c’était pas à lui de le faire et ça rendit Jasper encore plus triste. Pourtant il essaya de ne rien en montrer.
- Je vais devoir t’appeler Robocop.
- Je préférerais un nom plus classe.
- Du genre ?
- Montydroïde !
Jasper sourit, il tourna la tête et la main de Monty glissa sur sa joue. Jasper posa doucement sa main sur celle de son ami et la fit glisser jusqu’à sa bouche où il embrassa sa paume, faisant frissonner Monty :
- Jasper, qu’est-ce que tu fais ?
- Rien du tout, souffla Jasper et il embrassa le bout de ses doigts.
- Je sens ta bouche, menteur, fit Monty.
- Je croyais que tu ne sentais plus rien.
- Je n’ai jamais dit ça.
- Ah bon ? J’ai cru l’entendre, plaisanta Jasper.
- Tu as des hallucinations, crétin.
Jasper reposa la main de Monty sur le lit, délicatement, puis il releva la tête et prit son ami dans ses bras :
- Et là ? Tu as des sensations ?
- Bien sûr, répondit Monty.
Jasper le serra alors un peu plus fort et, son visage enfouit dans le cou de Monty, il se remit à pleurer :
- Je suis heureux que tu sois vivant, gémit-il. Je suis désolé que tu ais souffert.
- J’ai tenu bon, murmura Monty. Tu sais pourquoi ?
- Non pourquoi ?
- Parce que je savais que sinon il y avait un crétin qui allait pleurer.
Jasper rit entre ses larmes et garda Monty dans ses bras, jusqu’à ce qu’on le surprenne dans la chambre et qu’on les sépare de force.
- Je reviendrai, promis Jasper avant qu’on ne le foute hors de la chambre.
- Ne casse pas d’autres miroir, lui lança Monty.
Et la porte se referma entre eux.

Il fallut une semaine (très longue semaine) pour que les médecins autorisent les visites aux autres personnes que la famille. Hannah ne vint que deux fois, Harper tous les jours, Jasper sécha tous ses cours pour passer quasiment tout son temps à l’hôpital à attendre, il n’en sortait que pour aller manger, se laver, s’occuper un peu de son père et dormir. Quand il revit enfin Monty, celui-ci n’avait plus de bandage sur les yeux et tourna la tête vers lui. Harper était dans la chambre mais Jasper l’ignora et demanda :
- Tu me vois ?
- Pas vraiment répondit Monty.
- T’es aveugle ? Demanda Jasper sans tact.
- Pas complètement, j’aperçois les couleurs, surtout les plus vives.
- Il a dit quoi le docteur ?
Harper intervint :
- T’as fini avec tes questions ? T’as pas conscience que tu peux le blesser en étant aussi direct ?
Jasper demanda à Monty :
- Je t’ai blessé ?
- Non. Le docteur a dit que ma vue avait peu de chance de s’améliorer, répondit Monty.
- D’accord, ça veut dire qu’on va devoir te trouver un chien d’aveugle.
Monty sourit et Harper leva les bras au ciel :
- Mais bon sang Jasper, on ne t’a jamais appris le tact ou quoi ?
Jasper se renfrogna, il aurait préféré se retrouver seul avec Monty, mais il avait fallu que l’autre blondasse soit présente.
- Ben quoi ? Marmonna Jasper. Monty aime bien les chiens.
- C’est vrai, dit Monty. C’est une bonne occasion pour en réclamer un.
Jasper retrouva son sourire et tira puérilement la langue à Harper. Celle-ci roula des yeux exaspérée par son comportement. Monty tourna les yeux vers elle, Harper portait surtout du noir, alors Jasper était persuadé qu’il ne faisait que deviner où elle devait se trouver :
- Tu peux aller me chercher quelque chose à boire s’il te plaît.
- Bien sûr Monty, dit-elle d’une voix douce.
Jasper grimaça, le comportement de Harper avec Monty était radicalement à l’opposée d’avec Jasper. C’était écœurant. Elle sortit de la chambre en jetant un regard de tueur à Jasper et referma la porte.
- Enfin seul, sourit Jasper. On va pouvoir manquer de tact autant qu’on veut. Comment tu te sens ?
- Parfait.
- Je t’ai manqué ?
- Bof.
Jasper fit semblant de s’offusquer et Monty rit :
- Je plaisante, je suis content que tu sois là.
Jasper s’approcha du lit pour mieux voir Monty :
- Comment vont tes doigts ?
- Figé, répondit Monty, il va falloir que je fasse de la rééducation pour les bouger et je ne pourrai jamais devenir un grand musicien, apparemment.
- Fini la guitare ?
- De toute façon je n’en jouais pas si bien.
Jasper pinça son poignet :
- Raconte pas de conneries. Et les jambes ?
- Plâtré au moins pour un mois.
- Okay, je ramènerai des crayons pour les tagguer. Autre chose ?
- Je crois que c’est tout.
- C’est déjà pas mal.
- Comment va ton front ?
- Aucun bout de cervelle n’a réussi à passer entre les points de suture, je suis sauvé.
Monty rit et Jasper en fit autant. Il était toujours en train de se marrer quand Harper rentra de nouveau dans la chambre. Si elle avait pu le tuer avec ses yeux, elle l’aurait fait :
- Pourquoi tu te marres crétin, tu trouves cette situation marrante ?
- Ouaip, répondit Jasper par pur provocation, Monty prend des vacances, va avoir un chien rien que pour lui et des plâtres tout taggués. Y a pire comme situation non ?
Elle planta son talon aiguille dans le pied de Jasper, qui dut serrer les dents pour ne pas hurler. Puis elle se rapprocha de Monty, s’assit au bord du lit, à côté de lui :
- Je vais t’aider à boire.
Il grimaça, mais la laissa faire.
- C’est ton café préféré, au caramel.
Monty lui sourit et prit une gorgée alors qu’elle appuyait le gobelet sur ses lèvres. Jasper, tout en se tenant le pied, observa la scène. Comme ça, Harper et Monty avaient l’air d’un vrai couple. Monty but doucement et finit par repousser le gobelet. Harper recula un peu ses mains et demanda :
- C’est bon ?
- Oui.
Elle sourit, passa sa main sur les cheveux de Monty et embrassa sa tempe.
- Harper, se plaignit Monty.
- Quoi ? Je prends juste soin de toi.
- Je suis pas un bébé, me materne pas.
Jasper vint s’asseoir sur l’autre bord du lit et Monty ronchonna :
- Jasper, t’y met pas aussi !
- Moi j’allais rien faire, je m’assois c’est tout, j’ai mal aux jambes.
- T’as qu’à t’asseoir sur le siège, lança Monty.
- Comment tu sais que y en a un, puisque tu vois que dalle ?
Harper grogna, absolument furieuse :
- Mais tu vas te la fermer ? Tu te rends compte de ce que tu dis ?
- C’est rien Harper, tenta de la calmer Monty avant de dire à Jasper, je devine c’est tout, utilise le siège.
Jasper soupira puis alla s’asseoir sur le siège. Harper était tellement énervée, qu’elle fut un peu brusque en faisant boire Monty et celui-ci avala de travers.
- Désolée, s’excusa-t-elle avant de tapoter son dos et de le frotter pour l’aider.
Monty repoussa sa main avec son bras pour qu’elle arrête :
- Je suis pas en sucre, s’exclama-t-il entre deux quintes de toux, c’est bon.
Quand elle voulut le faire boire à nouveau il refusa :
- J’ai plus soif, t’as qu’à le finir.
Mais elle haïssait ce café, alors elle le reposa sur la table de nuit à côté du lit.
- Harper t’a pas autre chose à faire ? Demanda Jasper au bout d’un moment.
- Non rien.
- Les riches ont pourtant toujours mille obligations, t’a personne à virer ou aucun nouveau super contrat à signer ?
- Et toi le pauvre ? Tu ne devrais pas t’occuper de ramasser la merde des autres ?
Monty poussa un grognement :
- Arrêtez, j’ai l’impression d’être pris dans un combat de chien.
Harper et Jasper fermèrent leurs bouches tous les deux, mais se fusillèrent du regard. Monty tourna sa tête vers Harper :
- Tu veux bien nous laisser ? Demanda-t-il. J’ai pas vu Jasper depuis une semaine, j’aimerais passer un moment avec lui.
Harper fut prise entre deux feux, son envie de faire plaisir à Monty et celle de ne pas le laisser seul avec Jasper.
- S’il te plaît, insista Monty.
Elle soupira puis hocha la tête. Elle embrassa la joue de Monty :
- D’accord, j’y vais, je reviens demain.
Monty hocha la tête et la blonde quitta enfin la chambre, non sans avoir jeté un dernier regard assassin à Jasper.
- Quel pot de glue, marmonna Jasper quand elle ferma la porte.
- Elle n’est pas si mauvaise, répondit Monty
Jasper se releva de son siège, vint essuyer la joue et la tempe de Monty avec sa manche, pour effacer les traces de rouge à lèvre.
- Et ben moi je la déteste.
- C’est réciproque, s’amusa Monty en le repoussant.
Jasper soupira, attrapa le gobelet de café abandonné et but dedans, en s’asseyant sur le lit.
- Tu dois rester combien de temps à l’hôpital ?
- Aucune idée, répondit Monty.
- Tu vas reprendre les cours ?
- Ça m’étonnerait, grimaça Monty, je suis incapable de prendre des notes ou de me repérer à la fac dans cette situation.
- N’oublie pas que tu auras un chien d’aveugle.
- Les chiens ne savent pas écrire, renchérit Monty.
- Je le ferai pour toi.
Monty secoua la tête :
- D’une, nous n’avons pas que des cours en commun et de deux je ne pourrai pas relire tes notes et pas seulement parce que tu écris mal.
- On trouvera une solution, dit Jasper.
- Ou bien je vais arrêter les cours.
Jasper termina le café dans le gobelet.
- Qu’est-ce qu’en dis ta mère ?
- Pour le moment, on n’en a pas parlé.
- Et vous avez parlé de quoi quand elle est venue ?
- De mon état de santé, du sort réservé à mes kidnappeurs, et de tout le boulot qu’elle avait.
- Et qu’est-ce qu’ils vont devenir ?
- Je vais devoir témoigner pour qu’ils soient condamnés à une peine de prison, dit Monty.
- Et c’est tout ce qu’elle a dit ?
- Elle n’est pas restée bien longtemps et elle n’est pas venue très souvent.
Jasper s’allongea sur le coin du lit et Monty demanda :
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Une sieste.
- C’est mon lit.
- Partage.
- Et ne fais pas une sieste alors que je suis éveillé !
- Bon on va continuer à discuter alors. Quelle couleur tu vois le mieux ?
- Le rouge, répondit Monty.
- Pas le vert, monsieur Green ?
- Je meurs de rire.
Jasper, lui, se mit à rire avant d’être rejoins par Monty. Ils discutèrent comme ça pendant un moment. C’était comme si, pendant cet instant, tout était comme avant. Comme si Monty n’avait jamais été kidnappé et torturé, comme s’il n’était pas dans un lit d’hôpital, mais dans sa chambre avec Jasper, en train de refaire le monde. C’était agréable. Pour les deux.
Au final, c’est Monty qui s’endormit. Jasper se pencha vers lui et embrassa son front. Il finit par quitter la chambre de lui-même, après avoir bien remonté la couverture sur Monty et l’avoir bordé. Il sortit finalement de l’hôpital pour rentrer chez lui.
Son père l’accueillit en faisant rouler sa chaise jusqu’à lui :
- Alors tu as pu voir Monty ?
Jasper se mit derrière son père et roula sa chaise jusque dans le salon, il vint s’asseoir sur le canapé à côté de lui.
- Oui.
- Comment il va ?
Les épaules de Jasper s’affaissèrent :
- Pas très bien je pense. Il ne veut rien lâcher, mais c’est juste une façade, je le sais. Sauf que je ne sais pas quoi faire pour le soulager un peu.
- Tu es là pour lui, je suis sûr que rien que ça, ça le soulage.
- Ouais et Hannah sape tous mes efforts en étant une sale mégère avec son fils.
- Et Harper ?
- Elle prend soin de lui comme s’il allait se briser, c’est encore plus énervant.
Le père de Jasper se pencha vers lui et prit sa main dans la sienne.
- Mais tu es là, insista-t-il, c’est important pour Monty.
- Ouais, j’ai sans arrêt envie de pleurer en le voyant et lui, il sourit. Si je pleure ça sera pire alors je me retiens et je raconte n’importe quoi, et on se marre comme si de rien n’était.
- Je suis sûr qu’il est content de pouvoir faire comme si de rien n’était. Il n’a sans doute pas envie de passer son temps à se souvenir de ce qu’il s’est passé et de ses blessures.
- J’imagine que non.
- Continue de l’accompagner, insista le père.
- T’inquiète pas pour ça, je vais pas l’abandonner.
Le père de Jasper relâcha sa main et Jasper alluma la télé.

Les jours suivants, Jasper rendit visite à Monty, s’arrangeant pour y aller à des horaires différents de ceux de Harper, pour ne pas être dérangé par la blonde. Il s’habillait en rouge, et avec d’autres couleurs vives, il s’était même acheté un gros bracelet arc-en-ciel, et détonnait totalement. À la fac quelqu’un lui avait faire remarquer que le regarder donnait mal aux yeux, et Jasper avait souri en répondant « c’est le but ». Et Monty ne le ratait jamais, parce que ses couleurs, il pouvait les apercevoir. Contrairement à Harper qui ne portait quasiment pas de couleur et à Hannah qui n’aurait porté des couleurs vives pour rien au monde, pas même pour que son fils l’aperçoive.
- T’es comme un phare de voiture, s’amusa Monty une fois, et moi je suis le petit lapin qui va se faire écrabouiller.
- T’as rien d’un lapin, le rassura Jasper. Tu serais plutôt un genre de raton laveur, ou un panda roux.
- Je suis pas roux.
- C’est mignon les pandas roux, argumenta Jasper.
- Ton argument est stupide.
- Donc tu préfères être un raton laveur, je note.
- Je ne comprends pas comment on en est venu à conclure ça, s’amusa Monty.
- Moi non plus.
Comme Monty commençait à étouffer dans sa chambre d’hôpital, Jasper eut l’idée d’emprunter une chaise roulante et de l’emmener à l’extérieur. Il le fit plusieurs fois et chaque fois il s’amusait à pousser Monty à toute vitesse en courant, ou à lui décrire n’importe quoi :
- Y a un dragon qui vole dans le ciel et qui est en train de courser un pigeon pour le manger.
- Tu sais que normalement, on raconte aux aveugles la vérité.
- Ben c’est la vérité, lâcha innocemment Jasper.
- Bon alors tu vois quoi d’autres ?
- Un centaure.
- Tu as trop regardé Harry Potter.
- Non non, celui-là porte une blouse de médecine.
Monty éclata de rire et Jasper fut plutôt fier de lui, parce que son rire était de plus en plus sincère.

Lui-même dût se faire enlever ses points sur le front, et ce fut un autre docteur qui s’occupa de lui. Il ne revit pas celle qui s’était occupée de lui à la base, et c’était sans doute mieux ainsi, parce qu’il lui avait fait faux bond et qu’elle devait être en colère contre lui. Ou bien elle l’avait oublié, ce qui était mieux. On s’occupa aussi des doigts de Monty, qui gardèrent des cicatrices de ses sutures. Jasper passa au moins une demi-heure à les lui tripoter :
- Mais t’as bientôt fini.
- Mais j’aime bien toucher !
- Ouais ben est-ce que je te tripote le front ?
- Tu peux si tu veux.
Et il mit les doigts de Monty sur sa cicatrice sur son front. Celui-ci ne pouvait bouger que sa main mais il put sentir la cicatrice sous ses doigts.
- Alors t’en pense quoi ?
- J’en pense que t’es devenu laid.
Jasper sourit :
- Ah ouais, ça veut dire qu’avant tu me trouvais beau ?
- Peut-être, répondit Monty en restant vague.
- Mais plus maintenant ?
Monty ne répondit pas, il ne souriait plus du tout. Il garda ses doigts sur la cicatrice de Jasper.
- Je peux même plus te voir, finit-il par lâcher, comment je le saurais ?
- Tu n’as qu’à deviner. Comme pour le siège. Et puis tu mens, tu peux très bien me voir.
- Non, s’agaça Monty.
Jasper enleva sa main et se mit bien en face de lui, il portait un pull rouge vif, un baggy de la même couleur, son bracelet arc-en-ciel, et sur sa tête il avait mis un bonnet rose.
- Alors ? Alors tu ne me vois pas ?
Monty comprit où il voulait en venir et hocha la tête :
- Si… Si je te vois.
- Donc je suis devenu laid ?
- Non ! S’écria Monty. Non, tu es juste devenu très coloré !
Jasper sourit et se pencha vers lui, puis recommença à caresser ses doigts.
- Je ne vois même pas ton visage, ronchonna Monty, juste des couleurs.
- Ça me va d’être juste très coloré, sourit Jasper.
- Et pourquoi tu me caresses sans arrêt les doigts.
- J’aime bien tes cicatrices, ça fait des petites bosses, c’est agréable à toucher.
- C’est moche.
- Tu n’en sais rien, tu ne les vois pas.
Monty retrouva son sourire.
- Espèce d’abruti.
Jasper lui frotta les cheveux. Son père avait peut-être raison, tant qu’il était là, il pouvait peut-être apporter un peu de réconfort à Monty.


À suivre.

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MessageSujet: Re: [The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (1)   Dim 17 Sep - 22:51

C'est trop mignon purée, j'adore ton Jasper <3
J'adore toutes les attentions qu'il a pour Monty, c'est trop adorable, le fait de s'habiller en couleur, puis de tout faire pour le voir, de le faire sortir, de lui raconter des bétises pour le faire sourire ... <3

Bref, je le trouve trop attendrissant et j'adore !

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[The 100 - UA] Le petit pot de beurre et mère-grand aux dents immenses (1)
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