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 Lys Histoire

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Si vous rejoignez, Phineas et Ferb on va bien s'amuser !


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Yuuki
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MessageSujet: Lys Histoire   Lun 26 Juin - 19:46

- Dis Lys, tu savais que ton nom, au final, c'était presque celui d'une fleur ?

Elle laissa les yeux bleus se tourner vers lui, pendant quelques secondes.

- Hm ? Ah ouais... C'est...

C'est.
La fin n'arriva jamais.
Sinon le début.
Simplement le bruit. Le choc. Il ferma les yeux, comme pour tenter de ne pas avoir peur et d'oublier le choc.
Il s'entendit hurler. Mais seulement quand il rouvrit les yeux. Seulement quand il s'autorisa à voir.
Il hurla. Priant pour que cela l'achève.

* * *

Né dans une famille heureuse et plutôt riche, Lysander n'eut jamais à prétendre à avoir mal vécu.
Son père était un PDG, certes occupé, mais qui tentait tout de même de se consacrer à sa famille, tout comme sa mère, chanteuse. C'était plutôt difficile pour les deux, mais ils faisaient des efforts.
Pourtant, malgré cela, l'enfant compris rapidement, que la personne sur laquelle il pouvait toujours compter était sa soeur.

Ce fut elle qui lui apprit en partie à parler, et l'encouragea à marcher. Elle avait huit ans de plus que lui, et même si de fait, elle restait jeune quand il n'était qu'un bambin tentant à peine de dire ses premieres mots, elle était d'une maturité et d'une intelligence rare pour son âge.
Peut-être parce qu'elle même s'était élevée seule.
S'accrochant à elle comme à une ancre, ou un poussin à sa mère, Lysander ne lâchait jamais Abigail. Il l'aimait plus que tout, lui donnant une confiance infinie. Il savait que s'il tombait, elle serait derrière lui. Il savait que s'il faisait une bêtise, elle serait derrière lui. Il savait que s'il pleurait, elle serait là pour lui.
Il aimait ses parents, mais pas autant qu'Abigail.
Il aimait ses amis à l'école, quand il fini par y aller, mais pas autant qu'Abigail.

Allant jusqu'à copier sa soeur, quand celle ci ne cessait de se mettre à écrire des poèmes, à dessiner de tout son saoul. Il voulait faire comme elle. Il voulait être comme elle. Elle était son modèle, elle était la perfection même. Et même si parfois, elle l'énervait un peu, il n'arrivait pas à s'empêcher de l'adorer plus que tout au monde.

Et au final, Abigail ne semblait pas s'en offusquer, adorant comme jamais son petit frère, lui apprenant pleins de choses, l'aidant comme elle pouvait.
Lysander et Abigail se fichaient de l'argent que leurs parents pourraient avoir. Ils vivaient de l'amour qu'ils se donnaient mutuellement.

* * *

Plic. Ploc.
Il pouvait presque entendre son nez saigner, sa respiration se faire saccadée. Il pouvait presque sentir les battements de son coeur. Aller de plus en plus vite. L'excitation le gagnait. Comme à chaque fois. Parfois, il avait presque l'impression d'hyperventiler. Parfois, il rêvait de ne plus pouvoir respirer.
C'était dans ces moments là où il l'entendait, bien distinctement.

Il n'entendait même plus les "encouragements". Il entendait juste cette voix.
Très clairement.
Qui lui disait.
"Tu vois, tu es juste bon à crever."
Et parfois, de temps en temps, il se rendait compte.
Que ça ne pouvait pas être elle.
Restait à savoir s'il s'en rendait compte pour les bonnes raisons.
Sûrement les mauvaises.

Plicplocplicplocplicploc.
Il n'avait pas senti le poing venir.

* *

Lysander n'était pas forcément le meilleur en cours. Il s'efforçait pourtant, de faire le maximum d'efforts pour parvenir à obtenir le plus de sourires de sa soeur, pour ne pas la décevoir. Et même si c'était vrai qu'Abigail ne le forçait pas tant, il voulait voir son sourire heureux quand il lui annonçait "regarde je suis premier !"
Et au fond, ses efforts payaient souvent. Quasiment à chaque fois.
Et même si ça n'arrivait pas forcément, ce n'était pas grave. Parce qu'Abigail était toujours là pour l'accueillir avec le sourire.

Et puis, au pire des cas, elle lui apprenait ce qu'il avait raté. Avec Abigail, il aurait été capable de tout faire. Pour Abigail, il aurait pu gravir les montagnes. Même à dix ans. Juste à dix ans.

Au fond, même leurs parents reconnaissaient que cette relation était bénie comme jamais. Après tout, Lysander ne ressentait jamais de vide sentimental, il avait toujours quelqu'un sur qui compter, et sa soeur pareillement. La vie d'Abigail n'était après tout, pas si drôle. Peut-être parce qu'à l'école, les gens la traitaient n'importe comment parce qu'elle était "différente".
C'est vrai. Elle commençait aussi un peu à faire sa crise d'adolescence. Elle commençait à se tatouer. A se faire des piercings. A parler mal. Mais jamais devant Lysander. Elle voulait garder son petit joyau, aussi brillant qu'un printemps merveilleux.

Pourtant, ses parents auraient aimé qu'Abigail cesse de leur parler comme s'ils n'étaient rien.

* *

Ecroulé au sol, il songeait. Il avait beaucoup de choses dans sa tête. Il se rendit compte qu'à nouveau, réviser était un calvaire.

Quinze minutes.

Il avait tenu quinze minutes avant de consulter son téléphone puis, de regarder dehors, puis de s'ouvrir une bière, puis de vérifier internet, puis de se lever, faire le tour, puis... Quinze minutes.
Et maintenant il se sentait épuisé.

Au fond, il n'avait que ce qu'il méritait. Il ne savait pas si c'était lui ou la voix qui lui disait ça.
Mais il se disait que les deux avaient raison.
Pourquoi continuait-il de vivre ? Ah oui. Il savait. Parce qu'il était incapable de se faire mourir.

*

Abigail, cesse donc de nous répondre comme ça. Abigail, tiens toi bien. Abigail, je ne te permets pas de me dire que je suis une mauvaise mère. Abigail, tu as vu tes notes ! Abigail, à quoi penses-tu ? Abigail, tu as vu l'heure qu'il est ?
Puis Abigail voulu souffler. Ses parents la traitaient de sauvage. D'insolente. Une fois, sa mère avait même laissé échapper qu'elle ressemblait à une prostitué. Abigail s'était demandé si sa mère se regardait, vu son maquillage à elle aussi.
Alors Abigail en eut assez.
C'était décidé : elle allait partir.

Et comme elle ne voulait pas partir sans ce petit frère larmoyant en la voyant en colère, elle lui demanda juste d'arrêter de pleurer, qu'il était grand, qu'il avait quatorze ans maintenant, elle prit sa main, rentra dans sa voiture, et roula.

*

Certains diront que c'est parce qu'elle était fatiguée. D'autres qu'elle avait sûrement fumé. D'autres qu'elle conduisait trop vite.
Certains auront peut-être raison. Qu'elle appuyait peut-être trop sur l'accélérateur.

Je ne sais pas. A vrai dire, je n'ai pas envie de savoir, je ne veux pas me rappeler. Pourtant, chaque fois que son visage me reviens en tête, ce n'est pas celui que je veux. Que c'est le dernier que j'ai vu.
Je sais juste qu'après, tout le monde m'a demandé les détails. Les détails. Je les déteste.
Je me rappelle de cette route. Il faisait nuit, je n'avais pas bien compris ce qui lui prenait, à Abi, pour s'énerver d'un seul coup comme ça. Je savais que ce n'était pas la joie avec les parents. Elle se plaignait, et moi, je tentais de la calmer. J'avais même réussi. On parlait d'autre chose. Elle avait même acceptée de faire demi tour. Nous étions en train de rentrer, sagement.
Et puis, je ne sais pas. Peut-être que quelqu'un nous en voulait à tous les deux.
Il a fallu que le pneu explose sans raison, et que ma soeur tente de nous sauver tous les deux.

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé. On me l'a juste décrit "La voiture a quitté la route, a dévalé la pente en faisant des tonneaux et a atterri au sol, dans le mauvais sens". Je songeais juste, sur le coup à : "Pitié que rien n'arrive à ma soeur, après notre discussion"
Je me rappelle juste du moment où j'ai ouvert les yeux. Parce que je ne voulais pas regarder.

Il faisait nuit noire, on ne voyait rien, en fait. Mais moi, j'ai vu. J'ai compris. J'avais mal. J'avais peur. Et ma soeur, ma très chère soeur, Abigail, elle...

-

Je laissais un coup m'atteindre au ventre. J'avais oublié. Je devais me concentrer. Mais ce n'était pas grave. Je n'y arriverais plus jamais, n'est ce pas ? Ca aussi c'était ma faute. Un rire s'échappa de ma bouche déjà en sang.
Je ripostais avec hargne.
Comme si j'allais me laisser abattre. Même si j'en crevais d'envie.

-

Elle était morte. J'en était sûr. Je n'ai pas pu croire qu'elle avait perdu connaissance et que c'était pour ça qu'elle ne répondait pas. Elle avait les yeux grands ouverts. Les yeux rivés sur moi. Comme avant sa mort.
C'est ma faute
J'avais l'impression qu'on me transperçait le ventre. C'était peut-être plus douloureux que le choc à ma tête, à mes bras, à mes jambes. Je n'étais même pas sûr de savoir où j'avais mal. Sauf là. Au ventre.
Je crois que j'ai hurlé une deuxième fois. Puis la suite... Je ne sais plus vraiment, sinon l'hôpital, et la confirmation.

Votre soeur est morte dans l'accident. Je suis désolé, nous n'avons rien pu faire.

Ca, et le regard de mes parents. Comme s'ils le savaient. Comme s'ils s'en doutaient. Comme si, même si ça les blessait, durant un instant, ils étaient devenus méprisants.
Ca, et la culpabilité.
Mais ça, je l'avais déjà dans la voiture. Et qu'importe si les médecins insistèrent "ce n'est pas votre faute".
Je n'ai jamais voulu les croire.

- -
Ne les crois pas
J'étais dans l'amphithéâtre. Mon genou se secouait, mais je devais tenir. Merde, j'avais oublié mes médicaments, bien évidemment. Putain.
Le professeur parlait. Je me fichais de savoir si les archées étaient des procaryotes ou pas. Je me fichaient de savoir ce qu'elles étaient.
Mon genou frappa le bureau. Ca faisait du bien. Mais ça ne me suffit pas. Je lâchais un soupir. Tant pis, je me rattraperais plus tard.

Je me levais, et me dirigeais vers la sortie, ignorant le regard médusé du reste de la salle.

- -

J'avais quatorze ans, quand ma soeur était morte. J'avais le même âge, quand je touchais à mon premier joint. A croire que ça ne me suffit pas. A croire qu'il me fallait autre chose. Plus d'expérience.
J'avais quatorze ans, quand mes parents tentèrent de faire semblant que finalement, la mort d'Abigail, ça les arrangeait bien. J'avais le même âge, quand je devins pire qu'elle. Je me mis à fumer. A boire. A essayer de coucher, tout sexes confondus, avec autant de chiffre possible. A tenter les drogues. Le saut à l'élastique. Le saut en parachute. Le parapente. Le ski hors des pistes. Les combats. Tout ce qui pouvait me faire penser à autre chose qu'à Abigail. Tout ce qui pouvait risquer de me tuer, puisque j'avais résisté à une voiture.
M'en sortant a peine avec une fracture à la jambe, et un traumatisme crânien.
C'était minable, comparé à la mort.

Et puis finalement ce truc. L'uredium. Je ne sais même plus comment j'ai pu m'en procurer. Je me suis démerdé. J'ai donné. J'ai piqué du fric.
J'avoue, pour ça, j'avais au moins quinze ans. Mais faut croire que j'étais encore trop jeune pour en prendre. Parce que même si au début ça m'apportera les prémisses d'un pouvoir hyper fun qui me permit de me laisser mourir un peu plus tout en guérissant, je découvris rapidement, les effets secondaires.

Je voulais juste tester. Je voulais juste...Trouver un moyen de l'oublier. Je savais pas que pour les gens qu'étaient pas majeurs, c'était plutôt la merde.

- - -

Je serais toujours là

Exactement.
Ca, et le fait que je ne pouvais plus me concentrer, c'était un fait. Je terminais mon verre. Où j'étais déjà ? Ah oui avec cette meuf débile trop maquillée.
Pourtant, je n'étais pas tant stressé. Mais chaque fois que je repensais à Abi, ça arrivait. Paf. Trop de pression. "Psychotique" que les psys disaient. Psychotique et trouble de l'attention, comme ça j'avais tout gagné. Encore qu'apparemment j'avais du bol, niveau psychotisme on avait vu pire. Mais j'avais compris que dal à leurs délires.

Faut pas croire que ça m'a fait arrêter l'uredium. D'ailleurs, je laissa ma joue guérir en très peu de temps, quand l'autre conne me gifla. Preuve que j'en prenais encore. Même maintenant.
J'avais besoin de baston. J'avais trouvé le bon filon, et pour le moment, je m'étais pas encore fait choper, alors je pouvais même encore avoir mon uredium à trente dollars et mes études.

Je veux juste crever.
C'est juste que tu vois, grande soeur, je suis trop lâche pour ma laisser mourir comme ça. Pour me tuer. Me laisser tuer par un train. Je préfère crever de ma connerie. Ca sera bien plus drôle comme ça.
Et quitte à faire, je deviendrais médecin, aussi. Parce que si je peux sauver des gens, si je peux empêcher d'autres personnes de devenir un con comme moi, juste parce qu'ils ont perdu leur soeur, alors, allons y.

Faut croire que je suis un peu débile.
Mais ça je le savais. Depuis l'instant où je t'ai laissé tourné mon regard vers moi. Tu sais, j'ai menti, y a des années, quand j'ai dit au monde entier, que je me rappelais plus ce qu'il s'est passé, juste avant que le pneu explose.

- - -

- Tu sais Lys, parfois je me demande ce que je deviendrais sans toi.
- Faut pas dire ça soeurette, j'suis pas si bien que ça.
- Au contraire, Lys. Tu vois, les parents me saoulaient, et toi, tu as été là. Tu as toujours été là.
- Toi aussi, Abi. Je t'aime, tu es ma grande soeur adorée. Je veux qu'on reste toujours ensemble, et qu'on meurs de vieillesse tous les deux.
- Et si je pars avant ?
- Si tu pars avant...Je sais pas ce que je deviendrais. Je crois que...Tu m'as tellement donné de trucs... Je crois que je...Je sais pas.
- Moi tu sais, Lys, si tu disparaissais, je crois que les parents seraient obligés de m'interner.
- Tu déconnes ?
- Non, je tiens trop à toi, je crois.
- Crétine de soeur, faut pas s'en faire pour moi !
- Je te retourne tes paroles !
- Parfait ! Maintenant, change de musique, je déteste celle là !
[...]
- Dis Lys, tu savais que ton nom, au final, c'était presque celui d'une fleur ?

Et pour la dernière fois, ils se croisèrent.

- A-BI-GAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA-IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIL

_________________

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